300519


Je commence à lire un truc jusqu’à ce que je me rende compte, au tiers de ça, que je l’ai déjà lu il y a plusieurs années. Je fais chauffer des pâtes et, une fois que l’eau boue, j’ai pas envie de manger des pâtes, d’ailleurs j’ai même pas faim. Quand je dis quelque chose on ne m’écoute pas, ou alors si mais on passe outre, c’est à se demander pourquoi on me demande mon avis. Je me lance dans l’écoute d’une série d’émission de feu « Pas la peine de crier » sur le silence, qui date de 2013 et je me dis voilà où j’aurais mieux fait de faire mon nid, dans le silence, et fatalement j’en viens à ne rien écouter du tout de cette parole continue sur le silence, qui n’est donc pas le silence, et c’est comme un bruit de fond derrière les bruits de fond de la vie, ça (ou bien, qui sait, de la ville ?). Peut-être qu’être heureux, c’est pouvoir saisir le silence. Non pas nécessairement n’entendre que lui mais le distinguer de tous les autres sons, et surtout le distinguer de tout le rouage permanent de notre monde. J’arrive à être bien quand je peux me situer par rapport à lui et donc, fatalement, à savoir où (ou quand) il se trouve. Là seulement, on peut être, je ne sais pas, léger peut-être ? C’est comme cette phrase de Rick Bass au sujet d’Amy Hempel, tirée de son livre Sur la route et en cuisine avec mes héros, et dont Franck Queyraud me fait l’amitié de me recopier un passage entier qui lui est consacré : Pour être un grand écrivain, il faut posséder la psyché d’un bœuf ou d’une mule, mais vous aurez aussi tout avantage à être joyeux, sans poids. Amy, sans conteste, a eu sa part de joie. Mais là, j’en suis surtout à un point où j’ai besoin de ressentir rien (ce qui est encore différent de ne rien ressentir). C’est une nécessité après des fortes périodes de douleur, besoin de rééquilibrer la balance. Là : balance des émotions et, à bien y réfléchir, il suffirait plutôt de prendre de la distance avec tout, ne rien attendre de rien, ne rien espérer, ne rien désirer, et s’en remettre à un flux continu, par exemple, celui du Canto Ostinato repensé pour le synthétiseur, qui est un truc assez étrange, en constante métamorphose de lui-même, jamais là où on croit qu’il est et, il faut bien le dire aussi, assez argenté, new-age. Et voilà ce que je tente d’expliquer assez maladroitement à H., d’une voix la plus monocorde possible pour ne surtout pas déborder ni d’un côté ni de l’autre (mais de quoi ? d’une ligne de crête ? d’une sensibilité ? d’affects ?), le plus froidement possible donc, sur les marches de la BNF en mangeant un hot-dog au guacamole malheureusement noyé sous de la mayonnaise industrielle et blanche, deux heures après qu’une dernière émotion soit comme montée en moi et que je l’ai laissée là, quelque part engluée dans le temps.

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300519, version 10 (30 juin 2019)

Je commence à lire un truc jusqu’à ce que je me rende compte, au tiers de ça, que je l’ai déjà lu il y a plusieurs années. Je fais chauffer des pâtes et, une fois que l’eau boue,  : j’ai pas envie de manger des pâtes, d’ailleurs j’ai même pas faim. Quand je dis quelque chose on ne m’écoute pas, ou alors si mais on passe outre, c’est à se demander pourquoi pour quoi on me demande mon avis. Je me lance dans l’écoute d’une série d’émission de feu « Pas la peine de crier » [sur le silence->https://www.franceculture.fr/emissions/pas-la-peine-de-crier/silences-15-une-anthropologie-du-silence]Je me lance dans l’écoute d’une série d’émission de feu «  Pas la peine de crier  » sur le silence , qui date de 2013 et je me dis voilà où j’aurais mieux fait de faire mon nid, dans le silence, et fatalement j’en viens à ne rien écouter du tout de cette parole continue sur le silence, qui n’est donc pas le silence, et c’est comme un bruit de fond derrière les bruits de fond de la vie, ça (ou bien, qui sait, de la ville ?). Peut-être qu’être heureux, c’est pouvoir saisir le silence. Non pas nécessairement n’entendre que lui mais le distinguer de tous les autres sons, et surtout de le distinguer de tout le rouage permanent de notre monde. J’arrive à être bien quand je peux me situer par rapport à lui et donc, fatalement, à savoir où (ou quand) il se trouve. Là seulement, on peut être, je ne sais pas, léger peut-être ? C’est comme cette phrase de Rick Bass au sujet d’Amy Hempel, tirée de son livre [Sur la route et en cuisine avec mes héros->https://www.christianbourgois-editeur.com/fiche-livre.php  ? et B . Id=1846], et dont [Franck Queyraud->https://flaneriequotidienne.wordpress.com] C’est comme cette phrase de Rick Bass au sujet d’Amy Hempel , tirée de son livre Sur la route et en cuisine avec mes héros , et dont Franck Queyraud me fait l’amitié de me recopier un passage entier qui lui est consacré : Pour être un grand écrivain, il faut posséder la psyché d’un bœuf ou d’une mule, mais vous aurez aussi tout avantage à être joyeux, sans poids. Amy, sans conteste, a eu sa part de joie. Mais là, j’en suis surtout à un point où j’ai besoin de ressentir rien (ce qui est encore différent de ne rien ressentir). C’est une nécessité après des fortes périodes de douleurJ’éprouve ça d’ordinaire après des fortes périodes de douleur , quand j’ai besoin de rééquilibrer la balance. Là : balance des émotions et, à bien y réfléchir, je traverse en réalité un tunnel de négativité assez pesant. Hier chez T. j’ai fait étalage de toute cette négativité alors que j’aurais mieux fait, en réalité, d’y croire. Hier, j’en étais incapable. Aujourd’hui oui ?  : balance des émotions et , à bien y réfléchir , il Il suffirait plutôt de prendre de la distance avec tout ses émotions , ne rien attendre de rien, ne rien espérer, ne rien désirer, et s’en remettre à un flux continu, par exemple, celui du Canto Ostinato repensé pour le synthétiseur, qui est un truc assez étrange, en constante métamorphose de lui-même, jamais là où on croit qu’il est et, il faut bien le dire aussi, assez argenté, new-age. Et voilà ce que je tente d’expliquer assez maladroitement à [H H .->mot59], d’une voix la plus monocorde possible pour ne surtout pas déborder ni d’un côté ni de l’autre (mais de quoi ? d’une ligne de crête ? d’une sensibilité ? d’affects ?), le plus froidement possible donc, sur les marches de la BNF en mangeant un hot-dog au guacamole malheureusement noyé sous de la mayonnaise industrielle et blanche, deux heures après qu’une dernière émotion soit comme montée bande annonce inopinée en moi et japonais sous-titrée au MK2 Bibliothèque m’a particulièrement émue sans que je m’y attende , tout simplement car la langue m’a ramené au fond d’où je l’ai laissée ne suis jamais revenu , comprendre non quelque part engluée dans mais dans le temps. .
Paris, Vide, H., Amy Hempel, Simeon ten Holt, Jim Jarmusch, Rick Bass, Franck Queyraud
jpg/the-dead-dont-die-trailer-red-band.jpg
<img2910|center > the dead don’t die

300519, version 9 (27 juin 2019)

Je commence à lire un truc jusqu’à ce que je me rende compte, au tiers de ça, que je l’ai déjà lu il y a plusieurs années. Je fais chauffer de l’eau pour des pâtes et, une fois que l’eau boue : , réalise que j’ai pas envie de manger des pâtes, d’ailleurs j’ai même pas faim. Quand je dis quelque chose on ne m’écoute pas, ou alors si mais on passe outre, c’est à se demander pour quoi on me demande mon avis. Je me lance dans l’écoute d’une série d’émission de feu «  Pas la peine de crier » sur le silence, qui date de 2013 et je me dis voilà où j’aurais mieux fait de faire mon nid, dans le silence, et fatalement j’en viens à ne rien écouter du tout de cette parole continue sur le silence, qui n’est donc pas le silence, et c’est comme un bruit de fond derrière les bruits de fond de la vie, ça (ou bien, qui sait, de la ville ?). Peut-être qu’être heureux, c’est pouvoir saisir saisir le silence. Non pas nécessairement n’entendre que lui mais le distinguer de tous les autres sons, et surtout de le distinguer de tout le rouage permanent de notre monde. J’arrive à être bien quand je peux me situer par rapport à lui et donc, fatalement, à savoir où (ou quand) il se trouve. Là seulement, on peut être, je ne sais pas, léger peut-être ? C’est comme cette phrase de Rick Bass au sujet d’Amy Hempel, tirée de son livre Sur la route et en cuisine avec mes héros, et dont Franck Queyraud me fait l’amitié de me recopier un passage entier qui lui est consacré : Pour être un grand écrivain, il faut posséder la psyché d’un bœuf ou d’une mule, mais vous aurez aussi tout avantage à être joyeux, sans poids. Amy, sans conteste, a eu sa part de joie. Mais là, j’en suis surtout à un point où j’ai besoin de ressentir rien (ce qui est encore différent de ne rien ressentir). J’éprouve C’est souvent que j’éprouve ça d’ordinaire , le plus souvent après des fortes périodes de douleur, quand j’ai besoin de rééquilibrer la balance. Là : balance des émotions et, à bien y réfléchir, je traverse en réalité un tunnel de négativité assez pesant, et hier chez T . Hier chez T. et B. j’ai fait étalage de toute cette négativité alors que j’aurais mieux fait, en réalité, d’y croire. Hier, j’en étais incapable. Aujourd’hui oui ? Il suffirait plutôt de prendre de la distance avec ses émotions, ne rien attendre de rien, ne rien espérer, ne rien désirer, et s’en remettre à un flux continu, par exemple, celui du Canto Ostinato repensé pour le synthétiseur, qui est un truc assez étrange, en constante métamorphose de lui-même, jamais là où on croit qu’il est et, il faut bien le dire aussi, assez argenté, new-age. Et voilà ce que je tente d’expliquer assez maladroitement à H., d’une voix la plus monocorde possible pour ne surtout pas déborder ni d’un côté ni de l’autre (mais de quoi ? d’une ligne de crête ? d’une sensibilité ? d’affects ?), , d’une voix la plus monocorde possible pour ne surtout pas déborder ni d’un côté ni de l’autre de ma ligne de crête , de ma sensibilité , de mes affects , le plus froidement possible donc, sur les marches de la BNF en mangeant un hot-dog au guacamole malheureusement noyé sous de la mayonnaise industrielle et blanche, deux heures après qu’une bande annonce inopinée en japonais sous-titrée au MK2 Bibliothèque m’a particulièrement émue sans que je m’y attende, tout simplement car la langue m’a ramené au fond d’où je ne suis jamais revenu, comprendre non quelque part mais dans le temps.

300519, version 8 (22 juin 2019)

Je commence à lire un truc jusqu’à ce que je me rende compte, au tiers de ça, que je l’ai déjà lu il y a plusieurs années. Je fais chauffer de l’eau pour des pâtes et, une fois que l’eau boue, réalise que j’ai pas envie de manger des pâtes, d’ailleurs j’ai même pas faim. Quand je dis quelque chose on ne m’écoute pas, ou alors si mais on passe outre, c’est à se demander pour quoi on me demande mon avis. Je me lance dans l’écoute d’une série d’émission de feu Pas la peine de crier sur le silence, qui date de 2013 et je me dis voilà où j’aurais mieux fait de faire mon nid, dans le silence, et fatalement j’en viens à ne rien écouter du tout de cette parole continue sur le silence, qui n’est donc pas le silence, et c’est comme un bruit de fond derrière les bruits de fond de la vie, ça (ou bien, qui sait, de la ville ?). Peut-être qu’être On pourrait poser quelque chose ici  : être heureux, c’est pouvoir saisir le silence. Non pas nécessairement n’entendre que lui mais le distinguer de tous les autres sons, et surtout de le distinguer de tout le rouage permanent de notre monde. J’arrive à être bien quand je peux me situer par rapport à lui et donc, fatalement, à savoir où (ou quand) il se trouve. Là seulement, on peut être, je ne sais pas, léger peut-être ? C’est comme cette phrase de Rick Bass au sujet d’Amy Hempel, tirée de son livre Sur la route et en cuisine avec mes héros, et dont Franck Queyraud me fait l’amitié de me recopier un passage entier qui lui est consacré : Pour être un grand écrivain, il faut posséder la psyché d’un bœuf ou d’une mule, mais vous aurez aussi tout avantage à être joyeux, sans poids. Amy, sans conteste, a eu sa part de joie. Mais là, j’en suis surtout à un point où j’ai besoin de ressentir rien (ce qui est encore différent de ne rien ressentir). C’est souvent que j’éprouve ça cette nécessité , le plus souvent après des fortes périodes de douleur, quand j’ai besoin de rééquilibrer la balance. Là : balance des émotions et, à bien y réfléchir, je traverse en réalité un tunnel de négativité assez pesant, et hier chez T. et B. j’ai fait étalage de toute cette négativité alors que j’aurais mieux fait, en réalité, d’y croire. Hier, j’en étais j’étais incapabled’y croire . Aujourd’hui oui ? Il C’est que je me suis fait avoir encore par la mécanique des urgences et des impondérables , alors qu’en définitive il n’existe pas d’impondérable impondérable , il suffirait plutôt de prendre de la distance avec ses émotions, ne rien attendre de rien, ne rien espérer, ne rien désirer, et s’en remettre à un au flux continu, par exemple, celui du Canto Ostinato repensé pour le synthétiseur, qui est un truc assez étrange, en constante métamorphose de lui-même, jamais là où on croit qu’il est et, il faut bien le dire aussi, assez argenté, new-age. Et voilà ce que je tente d’expliquer assez maladroitement à H., d’une voix la plus monocorde possible pour ne surtout pas déborder ni d’un côté ni de l’autre de ma ligne de crête, de ma sensibilité, de mes affects, le plus froidement possible donc, sur les marches de la BNF en mangeant un hot-dog au guacamole malheureusement noyé sous de la mayonnaise industrielle et blanche, deux heures après qu’une bande annonce inopinée en japonais sous-titrée au MK2 Bibliothèque m’a m’ait particulièrement émue sans que je m’y attende, tout simplement car la langue m’a ramené au fond d’où je ne suis jamais revenu, comprendre non quelque part mais dans le temps . dans les bras de quelqu’un .

300519, version 7 (21 juin 2019)

Je commence à lire un truc jusqu’à ce que je me rende compte, au tiers de ça, que je l’ai déjà lu il y a plusieurs années. Je fais chauffer de l’eau pour des pâtes et, une fois que l’eau boue, réalise que j’ai pas envie de manger des pâtes, d’ailleurs j’ai même pas faim. Quand je dis quelque chose on ne m’écoute pas, ou alors si mais on passe outre, c’est à se demander pour quoi on me demande mon avis. Je me lance dans l’écoute d’une série d’émission de feu Pas la peine de crier sur le silence, qui date de 2013 et je me dis voilà où j’aurais mieux fait de faire mon nid, dans le silence, et fatalement j’en viens à ne rien écouter du tout de cette parole continue sur le silence, qui n’est donc pas le silence, et c’est comme un bruit de fond derrière les bruits de fond de la vie, ça (ou bien, qui sait, de la ville ?). On pourrait poser quelque chose ici : être heureux, c’est pouvoir saisir le silence. Non pas nécessairement n’entendre que lui mais le distinguer de tous les autres sons, et surtout de le distinguer de tout le rouage permanent de notre monde. J’arrive à être bien quand je peux me situer par rapport à lui et donc, fatalement, à savoir où (ou quand) il se trouve. Là seulement, on peut être, je ne sais pas, léger peut-être ? C’est comme cette phrase de Rick Bass au sujet d’Amy Hempel, tirée de son livre Sur la route et en cuisine avec mes héros, et dont Franck Queyraud me fait l’amitié de me recopier un passage entier qui lui est consacré : Pour être un grand écrivain, il faut posséder la psyché d’un bœuf ou d’une mule, mais vous aurez aussi tout avantage à être joyeux, sans poids. Amy, sans conteste, a eu sa part de joie. Mais là, j’en suis surtout à un point où j’ai besoin de ressentir rien (ce qui est encore différent de ne rien ressentir). C’est souvent que j’éprouve cette nécessité, le plus souvent après des fortes périodes de douleur, quand j’ai besoin de rééquilibrer la balance. Là : balance des émotions et, à bien y réfléchir, je traverse en réalité un tunnel de négativité assez pesant, et hier chez T. et B. j’ai fait étalage de toute cette négativité alors que j’aurais mieux fait, en réalité, d’y croire. Hier, j’étais incapable d’y croire. C’est que je me suis fait avoir encore par la mécanique des urgences et des impondérables, alors qu’en définitive il n’existe pas d’impondérable impondérable, il suffirait plutôt de prendre de la distance avec ses émotions, ne rien attendre de rien, ne rien espérer, ne rien désirer, et s’en remettre au flux continu, par exemple, du Canto Ostinato repensé pour le synthétiseur, qui est un truc assez étrange, en constante métamorphose de lui-même, jamais là où on croit qu’il est et, il faut bien le dire aussi, assez argenté, new-age. Et voilà ce que je tente d’expliquer assez maladroitement à H., d’une voix la plus monocorde possible pour ne surtout pas déborder ni d’un côté versant ni de l’autre de ma ligne de crête, de ma sensibilité, de mes affects, le plus froidement possible donc, sur les marches de la BNF en mangeant un hot-dog au guacamole malheureusement noyé sous de la mayonnaise industrielle et blanche, deux heures après qu’une bande annonce inopinée en japonais sous-titrée au MK2 Bibliothèque m’ait particulièrement émue sans que je m’y attende, tout simplement car la langue m’a ramené au fond d’où je ne suis jamais revenu, comprendre non quelque part mais dans les bras de quelqu’un.

300519, version 6 (18 juin 2019)

Je commence à lire un truc jusqu’à ce que je me rende compte, au tiers de ça, que je l’ai déjà lu il y a plusieurs années. Je fais chauffer de l’eau pour des pâtes et, une fois que l’eau boue, je réalise que j’ai pas envie de manger des pâtes, d’ailleurs j’ai même je n’ai pas faim. Quand je dis quelque chose on ne m’écoute pas, ou alors si mais on passe outre, c’est à se demander pour quoi on me demande mon avis. Je me lance dans l’écoute d’une série d’émission de feu Pas la peine de crier sur le silence, qui date de 2013 et je me dis voilà où j’aurais mieux fait de faire mon nid, dans le silence, et fatalement j’en viens à ne rien écouter du tout de cette parole continue sur le silence, qui n’est donc pas le silence, et c’est comme un bruit de fond derrière les bruits de fond de la vie, ça (ou bien, qui sait, de la ville ?). On pourrait poser quelque chose ici : être heureux, c’est pouvoir saisir le silence. Non pas nécessairement n’entendre que lui mais le distinguer de tous les autres sons, et surtout de le distinguer de tout le rouage permanent de notre monde. J’arrive à être bien quand je peux me situer par rapport à lui et donc, fatalement, à savoir où (ou quand) il se trouve. Là seulement, on peut être, je ne sais pas , léger peut-être  ? léger . C’est comme cette phrase de Rick Bass au sujet d’Amy Hempel, tirée de son livre Sur la route et en cuisine avec mes héros, et dont Franck Queyraud me fait l’amitié de me recopier un passage entier qui lui est consacré : Pour être un grand écrivain, il faut posséder la psyché d’un bœuf ou d’une mule, mais vous aurez aussi tout avantage à être joyeux, sans poids. Amy, sans conteste, a eu sa part de joie. Mais là, j’en suis surtout à un point où j’ai besoin de ressentir rien (ce qui est encore différent de ne rien ressentir). C’est souvent que j’éprouve cette nécessité, le plus souvent après des fortes périodes de douleur, quand j’ai besoin de rééquilibrer la balance. Là : balance des émotions et, à bien y réfléchir, je traverse en réalité un tunnel de négativité assez pesant, et hier chez T. et B. j’ai fait étalage de toute cette négativité alors que j’aurais mieux fait, en réalité, d’y croire. Hier, j’étais incapable d’y croire. C’est que je me suis fait avoir encore par la mécanique des urgences et des impondérables, alors qu’en définitive il n’existe pas d’impondérable impondérable, il suffirait plutôt de prendre de la distance avec ses émotions, ne rien attendre de rien, ne rien espérer, ne rien désirer, et s’en remettre au flux continu, par exemple, du Canto Ostinato repensé pour le synthétiseur, qui est un truc assez étrange, en constante métamorphose de lui-même, jamais là où on croit qu’il est et, il faut bien le dire aussi, assez argenté, new-age. Et voilà ce que je tente d’expliquer assez maladroitement à H., d’une voix la plus monocorde possible pour ne surtout pas déborder ni d’un versant ni de l’autre de ma ligne de crête, de ma sensibilité, de mes affects, le plus froidement possible donc, sur les marches de la BNF en mangeant un hot-dog au guacamole malheureusement noyé sous de la mayonnaise industrielle et blanche, deux heures après qu’une bande annonce inopinée en japonais sous-titrée japonaise au MK2 Bibliothèque m’ait particulièrement émue sans que je m’y attende, tout simplement car la langue m’a ramené au fond d’où je ne suis jamais revenu, comprendre non quelque part mais dans les bras de quelqu’un.

300519, version 5 (8 juin 2019)

Je commence à lire un truc jusqu’à ce que je me rende compte, au tiers de ça, que je l’ai déjà lu il y a plusieurs années. Je fais chauffer de l’eau pour des pâtes et, une fois que l’eau boue, je réalise que j’ai je n’ai pas envie de manger des pâtes, d’ailleurs je n’ai pas faim. Quand je dis quelque chose on ne m’écoute pas, ou alors si mais on passe outre, c’est à se demander pour quoi on me demande mon avis. Je me lance dans l’écoute d’une série d’émission de feu Pas la peine de crier sur le silence, qui date de 2013 et je me dis voilà où j’aurais mieux fait de faire mon nid, dans le silence, et fatalement j’en viens à ne rien écouter du tout de cette parole continue sur le silence, qui n’est donc pas le silence, et c’est comme un bruit de fond derrière les bruits de fond de la vie (ou bien, qui sait, de la ville ?). On pourrait poser quelque chose ici : être heureux, c’est de pouvoir saisir le silence. Non pas nécessairement n’entendre que lui mais le distinguer de tous les autres sons, et surtout de le distinguer de tout le rouage permanent de notre monde. J’arrive à être bien heureux quand je peux j’arrive à me situer par rapport à lui et donc, fatalement, à savoir où (ou quand) il se trouve. Là seulement, on peut être bien , léger. C’est comme cette phrase de Rick Bass au sujet d’Amy Hempel, tirée de son livre Sur la route et en cuisine avec mes héros, et dont Franck Queyraud me fait l’amitié de me recopier un passage entier qui lui est consacré : Pour être un grand écrivain, il faut posséder la psyché d’un bœuf ou d’une mule, mais vous aurez aussi tout avantage à être joyeux, sans poids. Amy, sans conteste, a eu sa part de joie. Mais là, j’en suis surtout à un point où j’ai besoin de ressentir rien (ce qui est encore différent de ne rien ressentir). C’est souvent que j’éprouve cette nécessité, le plus souvent après des fortes périodes de douleur, quand j’ai besoin de rééquilibrer la balance. Là : , c’est la balance des émotions qui me préoccupent et, à bien y réfléchir, je traverse en réalité un tunnel de négativité assez pesant, et hier chez T. et B. j’ai fait étalage de toute cette négativité alors que j’aurais mieux fait, en réalité, d’y d’y croire. . Hier, j’étais incapable d’y croire. C’est que je me suis fait avoir encore par la mécanique des urgences et des impondérables, alors qu’en définitive il n’existe pas d’impondérable impondérable, il suffirait plutôt de prendre de la distance avec ses émotions, ne rien attendre de rien, ne rien espérer, ne rien désirer, et s’en remettre au flux continu, par exemple, du Canto Ostinato repensé pour le synthétiseur, qui est un truc assez étrange, en constante métamorphose de lui-même, jamais là où on croit qu’il est et, il faut bien le dire aussi, assez argenté, assez new-age. Et voilà ce que je tente d’expliquer assez maladroitement à H., d’une voix la plus monocorde possible pour ne surtout pas déborder ni d’un versant ni de l’autre de ma ligne de crête, de ma sensibilité, de mes affects, le plus froidement possible donc, sur les marches de la BNF en mangeant un hot-dog au guacamole malheureusement noyé sous de la mayonnaise industrielle et blanche, deux heures après qu’une bande annonce inopinée japonaise au MK2 Bibliothèque m’ait m’est particulièrement émue sans que je m’y attende, tout simplement car la langue m’a ramené au fond d’où je ne suis jamais revenu, comprendre non quelque part mais dans les bras de quelqu’un.

300519, version 4 (31 mai 2019)

Gordon Lish a la réputation – et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement – d’avoir sculpté et lancé Carver qui, lorsque Gordon l’a rencontré, était seulement un poète et un nouvelliste peu publié et relativement inconnu, porté sur la bouteille. Gordon est une personnalité controversée, mais à l’époque où il éditait, élaguait, comprimait un texte jusqu’à obtenir une sorte de supraconductivité électrique – localisant ainsi le cœur du courant qui traversait l’âme et le cœur de Carver –, les lecteurs ne se sont pas plaints et l’on a à juste titre comparé Carver à Tchekhov. Les critiques ont qualifié le style de Carver – et celui de Lish – de minimaliste et insisté sur l’aspect technique de cette écriture. Mais ils ont ainsi escamoté la nécessité de ces prouesses techniques qui dissimulent un grand cœur.

300519, version 3 (30 mai 2019)

Je commence à lire un truc jusqu’à ce que je me rende compte, au tiers de ça, que je l’ai déjà lu il y a plusieurs années. Je fais chauffer de l’eau pour des pâtes et, une fois que l’eau boue, je réalise que je n’ai pas envie de manger des pâtes, d’ailleurs je n’ai pas faim. Quand je dis quelque chose on ne m’écoute pas, ou alors si mais on passe outre, c’est à se demander pour quoi on me demande mon avis. Je me lance dans l’écoute d’une série d’émission de feu Pas la peine de crier sur le silence, qui date de 2013 et je me dis voilà où j’aurais mieux fait de faire mon nid, dans le silence, et fatalement j’en viens à ne rien écouter du tout de cette parole continue sur le silence, qui n’est donc pas le silence, et c’est comme un bruit de fond derrière les bruits de fond de la vie (ou bien, qui sait, de la ville ?). On pourrait poser quelque chose ici : être heureux, c’est de pouvoir saisir le silence. Non pas nécessairement n’entendre que lui mais le distinguer de tous les autres sons, et surtout de le distinguer de tout le rouage permanent de notre monde. J’arrive à être heureux quand j’arrive à me situer par rapport à lui et donc, fatalement, à savoir où (ou quand) il se trouve. Là seulement, on peut être bien, léger. C’est comme cette phrase de Rick Bass au sujet d’Amy Hempel, tirée de son livre Sur la route et en cuisine avec mes héros, et dont Franck Queyraud me fait l’amitié de me recopier un passage entier qui lui est consacré : Pour être un grand écrivain, il faut posséder la psyché d’un bœuf ou d’une mule, mais vous aurez aussi tout avantage à être joyeux, sans poids. Amy, sans conteste, a eu sa part de joie. Mais là, j’en suis surtout à un point où j’ai besoin de ressentir rien (ce qui est encore différent de ne rien ressentir). C’est souvent que j’éprouve cette nécessité, le plus souvent après des fortes périodes de douleur, quand j’ai besoin de rééquilibrer la balance. Là, c’est la balance des émotions qui me préoccupent et, à bien y réfléchir, je traverse en réalité un tunnel de négativité assez pesant, et hier chez T. et B. j’ai fait étalage de toute cette négativité alors que j’aurais mieux fait, en réalité, d’y croire. Hier, j’étais incapable d’y croire. C’est que je me suis fait avoir encore par la mécanique des urgences et des impondérables, alors qu’en définitive il n’existe pas d’impondérable impondérable, il suffirait plutôt de prendre de la distance avec ses émotions, ne rien attendre de rien, ne rien espérer, ne rien désirer, et s’en remettre au flux continu, par exemple, du Canto Ostinato repensé pour le synthétiseur, qui est un truc assez étrange, en constante métamorphose de lui-même, jamais là où on croit qu’il est et, il faut bien le dire aussi, assez argenté, assez new-age. Et voilà ce que je tente d’expliquer assez maladroitement à H., d’une voix la plus monocorde possible pour ne surtout pas déborder ni d’un versant ni de l’autre de ma ligne de crête, de ma sensibilité, de mes affects, le plus froidement possible donc, sur les marches de la BNF en mangeant un hot-dog au guacamole malheureusement noyé sous de la mayonnaise industrielle et blanche, deux heures après qu’une bande annonce inopinée japonaise au MK2 Bibliothèque m’est particulièrement émue sans que je m’y attende, tout simplement car la langue m’a ramené au fond d’où je ne suis jamais revenu, comprendre non quelque part mais dans les bras de quelqu’un.
Gordon Lish a la réputation – et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement – d’avoir sculpté et lancé Carver qui, lorsque Gordon l’a rencontré, était seulement un poète et un nouvelliste peu publié et relativement inconnu, porté sur la bouteille. Gordon est une personnalité controversée, mais à l’époque où il éditait, élaguait, comprimait un texte jusqu’à obtenir une sorte de supraconductivité électrique – localisant ainsi le cœur du courant qui traversait l’âme et le cœur de Carver –, les lecteurs ne se sont pas plaints et l’on a à juste titre comparé Carver à Tchekhov. Les critiques ont qualifié le style de Carver – et celui de Lish – de minimaliste et insisté sur l’aspect technique de cette écriture. Mais ils ont ainsi escamoté la nécessité de ces prouesses techniques qui dissimulent un grand cœur.
the dead don’t die

300519, version 2 (30 mai 2019)

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