180619


Le Macbook plante. Et plusieurs fois de suite. C’est préoccupant. C’est pas un haïku, c’est la réalité. Je veux dire, c’est dans les pièces jointes. Ou dans l’ouverture d’X fichier. Ou dans la sortie de veille, il est lent à se rallumer dans ce genre de cas. Peut-être je suis au bout de ma vie avec lui. Peut-être il convient d’envisager de le remplacer par un autre. J’aimerais mieux pas. J’aimerais qu’il dure encore. J’aimerais que tout (à commencer par moi) dure. Mais on n’est jamais sûr de rien là-dessus. On ne peut que subir ce que d’autres ont appelé ou appellent l’impermanence. Ou, en ce qui concerne un Macbook dans notre monde doré, l’obsolescence programmée. Mais je suis mauvaise langue. Voilà quelque chose que je devrais savoir, depuis le temps : combien de temps précisément il faut pour rallier la place de la Nation à pied. Moins de vingt minutes, dixit une application de cartographie en ligne dont la maison mère a pour objectif de n’être pas le mal. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Surtout, je me dirai : la dernière fois je suis arrivé avant T. (puisque c’est de T. qu’il s’agit) alors, cette fois, je peux me permettre de le faire attendre lui, ce qui est en soi une pensée étrange, étrange mais pas inhospitalière, je trouve. Tout est une question d’équilibre. Bon, là je ne ressemble à rien. Ai-je besoin de ressembler à quoi que ce soit pour voir T. ? Mais alors, si je ne ressemble à rien, comment fera-t-il pour me reconnaître ? Peut-être que ce sera à moi de me signaler à lui. Mais alors, si lui-même ne ressemble à rien (ce qui est après tout une probabilité certes pas ouf, comme disent les jeunes, mais enfin ce n’est pas absurde de l’imaginer non plus), comment ferons-nous pour nous retrouver, j’ai envie de dire mutuellement ? Peut-être tournerons-nous autour de la place en nous envoyant des messages qui diraient : je porte telle couleur de vêtement aujourd’hui. Ou alors : je me suis accoudé à un feu rouge. À supposer seulement que ce feu, qui n’est pas tout le temps rouge, le soit au moment où l’autre s’arrêtera sur lui. Voilà le genre de trucs auxquels je pense alors que je ne me suis même pas encore mis en marche pour y aller, cultivant un léger retard sympathique mais non contraignant pour autrui, puisque c’est comme ça que les gens font, du moins à Paris. Ailleurs non ? Peut-être qu’ailleurs oui. Mais à ce moment précis dans l’espace et dans le temps, ailleurs ne me concernait pas. Nous ne nous sommes pas pas reconnus finalement. Et en définitive ce qu’il m’a dit ici, c’est que je ressemblais plutôt à quelqu’un dont je n’oserais même pas rêver de ressembler (sans doute n’avait-il pas les yeux bien en face des trous). Et c’est un moment doux, je trouve, au cours duquel il me dira, en réponse au récit que je lui fais d’un passage bien précis de nos derniers mois sur Terre, on dirait une nouvelle d’Amy Hempel. D’ailleurs, il veut savoir si je l’ai jamais contactée pour lui dire, eh bien, que j’avais traduit l’un de ses livres, et que j’avais gagné un prix pour ça. Non. Et je n’en vois pas l’intérêt. Exception faite évidemment de celles et ceux avec qui je travaille au quotidien, ou des amis, les auteurs que j’admire, j’aimerais qu’il n’y ait entre elles ou eux et moi que l’épaisseur d’un texte.

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180619, version 8 (13 juillet 2019)

Le Macbook plante. Et plusieurs fois de suite. C’est [préoccupant->article4456 ]. préoccupant . C’est pas un haïku, c’est la réalité. Je veux dire, c’est dans les pièces jointes. Ou dans l’ouverture d’X fichier. Ou dans la sortie de veille, il est lent à se rallumer dans ce genre de cas. Peut-être je suis au bout de ma vie avec lui. Peut-être il qu’il convient d’envisager de le remplacer par un autre. J’aimerais mieux pas. J’aimerais qu’il dure encore. J’aimerais que tout (à commencer par moi) dure. Mais on n’est jamais sûr de rien là-dessus. On ne peut que subir ce que d’autres ont appelé ou appellent l’impermanence. Ou, en ce qui concerne un Macbook dans notre monde doré, l’obsolescence programmée. Mais je suis mauvaise langue. Voilà quelque chose que je devrais savoir, depuis le temps : combien de temps précisément il faut pour rallier la place de la Nation à pied. Moins de vingt minutes, dixit une application de cartographie en ligne dont la maison mère qui a pour objectif de n’être pas le mal. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Surtout, je me dirai : la dernière fois je suis arrivé avant T. (puisque c’est de T. qu’il s’agit) alors, cette fois, je peux me permettre de le faire attendre lui, ce qui est en soi une pensée étrange, étrange mais pas inhospitalière, je trouve. Tout est une question d’équilibre. Bon, là je ne ressemble à rien. Ai-je besoin de ressembler à quoi que ce soit pour voir T. ? Mais alors, si je ne ressemble à rien, comment fera-t-il pour me reconnaître ? Peut-être que ce sera à moi de me signaler à lui. Mais alors, si lui-même ne ressemble à rien (ce qui est après tout une probabilité certes pas ouf, comme disent les jeunes, mais enfin ce n’est pas absurde de l’imaginer non plus), comment ferons-nous pour nous retrouver, j’ai envie de dire mutuellement ? Peut-être tournerons-nous autour de la place en nous envoyant des messages qui diraient : je porte telle couleur de vêtement aujourd’hui. Ou alors : je me suis accoudé à un feu rouge. À supposer seulement que ce feu, qui n’est pas tout le temps rouge, le soit au moment où l’autre s’arrêtera sur lui. Voilà le genre de trucs auxquels je pense alors que je ne me suis même pas encore mis en marche pour y aller, cultivant un léger retard sympathique mais non contraignant pour autrui, puisque c’est comme ça que les gens font, du moins à Paris. Ailleurs non ? Peut-être qu’ailleurs oui. Mais à ce moment précis dans l’espace et dans le temps, ailleurs ne me concernait pas. Nous ne nous sommes pas pas reconnus finalement. Et en définitive ce qu’il m’a dit ici, c’est que je ressemblais plutôt à quelqu’un dont je n’oserais même pas rêver de ressembler (sans doute n’avait-il pas les yeux bien en face des trous). Et c’est un moment doux, je trouve, au cours duquel il me dira, en réponse au récit que je lui fais d’un passage bien précis de nos derniers mois sur Terre, on dirait une nouvelle d’Amy Hempel. D’ailleurs, il veut savoir si je l’ai jamais contactée pour lui dire, eh bien, que j’avais traduit l’un de ses livres, et que j’avais gagné un prix pour ça. Non. Et je n’en vois pas l’intérêt. Exception faite évidemment de celles et ceux avec qui je travaille au quotidien, ou des amis , les auteurs que j’admire, j’aimerais qu’il n’y ait entre elles ou eux et moi que l’épaisseur d’un texte.C’est déjà énorme.

180619, version 7 (7 juillet 2019)

Le Macbook plante. Et plusieurs fois de suite. C’est préoccupant. C’est Ce n’est pas un haïku, c’est la réalité. Je veux dire, c’est dans les pièces jointes. Ou dans l’ouverture d’X fichier. Ou dans la sortie de veille, il est lent à se rallumer dans ce genre de cas. Peut-être je suis au bout de ma vie avec lui. Peut-être qu’il convient d’envisager de le remplacer par un autre. J’aimerais mieux pas. J’aimerais qu’il dure encore. J’aimerais que tout (à commencer par moi) dure. Mais on n’est jamais sûr de rien là-dessus sur ça . On ne peut que subir ce que d’autres ont appelé ou appellent l’impermanence. Ou, en ce qui concerne un Macbook dans notre monde doré donné , l’obsolescence programmée . , l’obsolescence programmée. Mais je suis mauvaise langue. Voilà quelque chose que je devrais savoir, depuis le temps : combien de temps précisément il faut pour rallier la place de la Nation à pied. Moins Cette représentation du monde qui s’est gorgée de nos vies ( ou le contraire ) pour représenter nos parcours sur un plan numérique en deux dimensions me dit moins de vingt minutes, dixit une application en ligne qui a pour objectif de n’être pas le mal . . Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Surtout, , je me dirai : la dernière fois je suis arrivé avant [T T .->mot503] (puisque c’est de [T T .->mot503] qu’il s’agit que je m’en vais retrouver ) alors, cette fois, je peux me permettre de le faire attendre lui, ce qui est en soi une pensée étrange, étrange mais pas inhospitalière, je trouve. Tout est une question d’équilibre. Bon, là je ne ressemble à rien. Ai-je besoin de ressembler à quoi que ce soit pour voir [T rejoindre T .->mot503]  ? Mais alors, si je ne ressemble à rien, comment fera-t-il pour me reconnaître ? Peut-être que ce sera à moi de me signaler à lui. Mais alors, si lui-même ne ressemble à rien (ce qui est après tout une probabilité certes pas ouf, comme disent les jeunes, mais enfin ce n’est pas absurde de l’imaginer non plus), comment ferons-nous pour nous retrouver, j’ai envie de dire mutuellement ? Peut-être tournerons-nous autour de la place en nous envoyant des messages qui diraient : je porte telle couleur de tel ou tel vêtement aujourd’hui. Ou alors : je me suis accoudé à contre un feu rouge. À supposer seulement que ce feu, qui n’est pas tout le temps rouge, le soit au moment où l’autre s’arrêtera sur lui. Voilà le genre de trucs auxquels je pense alors que je ne me suis même pas encore mis en marche pour y aller, cultivant un léger retard sympathique mais non contraignant pesant pour autrui, puisque c’est comme ça que les gens font, et vivent , ici , du moins à Paris. Ailleurs non ? Peut-être qu’ailleurs ailleurs que oui. Mais à ce moment précis dans l’espace et dans le temps, ailleurs ne me concernait pas. Ailleurs était trop loin. Nous ne nous sommes pas pas reconnus reconnus finalement. Et en définitive ce qu’il m’a dit ici, c’est que je ressemblais plutôt à quelqu’un dont je n’oserais même pas rêver c’est particulièrement flatteur de ressembler (sans doute n’avait-il pas les yeux bien en face des trous). Et c’est un moment doux, je trouve, au cours duquel il me dira, en réponse au récit que je lui fais d’un passage bien précis de nos derniers mois sur Terre cette terre , on dirait une nouvelle d’Amy Hempel. D’ailleurs, il veut savoir si je l’ai jamais contactée pour lui dire, eh bien, que j’avais [traduit traduit l’un de ses livres->article4124] ces livres , et que j’avais gagné un prix pour ça . , et que j’avais gagné un prix pour ça. Non. Et je n’en vois pas l’intérêt. Exception faite évidemment de celles et ceux avec qui je travaille au quotidien, les auteurs que j’admire, j’aimerais qu’il n’y ait entre elles ou eux et moi que [l’épaisseur->https://www l’épaisseur du texte .publie.net/livre/lepaisseur-du-trait-antonin-crenn/] d’un texte. C’est déjà énorme.
Paris, Amy Hempel, T.
jpg/dsc_1761.jpg

180619, version 6 (19 juin 2019)

Le Macbook plante. Et plusieurs fois de suite. C’est préoccupant. Ce n’est pas un haïku, c’est la réalité. Je veux dire, c’est dans les pièces jointes. Ou dans l’ouverture d’X fichier. Ou dans la sortie de veille, il est lent à se rallumer dans ce genre de cas. Peut-être je suis au bout de ma vie avec lui. Peut-être qu’il convient d’envisager de le remplacer par un autre. J’aimerais mieux pas. J’aimerais qu’il dure encore. J’aimerais que tout (à commencer par moi) dure. Mais on n’est jamais sûr de rien sur ça. On ne peut que subir ce que d’autres ont appelé ou appellent l’impermanence. Ou, en ce qui concerne un Macbook dans notre monde donné, l’obsolescence programmée. Mais je suis mauvaise langue. Voilà quelque chose que je devrais savoir, depuis le temps : combien de temps précisément il faut pour rallier la place de la Nation à pied. Cette représentation du monde qui s’est gorgée de nos vies (ou le contraire) pour représenter nos parcours sur un plan numérique en deux dimensions me dit moins de vingt minutes. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Surtout, là, je me dirai : la dernière fois je suis arrivé avant T. (puisque c’est T. que je m’en vais retrouver) alors, cette fois, je peux me permettre de le faire attendre lui, ce qui est en soi une pensée étrange, étrange mais pas inhospitalière, je trouve. Tout est une question d’équilibre. Bon, là je ne ressemble à rien. Ai-je besoin de ressembler à quoi que ce soit pour rejoindre T. ? Mais alors, si je ne ressemble à rien, comment fera-t-il pour me reconnaître ? Peut-être que ce sera à moi de me signaler à lui. Mais alors, si lui-même ne ressemble à rien (ce qui est après tout une probabilité certes pas ouf, comme disent les jeunes, mais enfin ce n’est pas absurde de l’imaginer non plus), comment ferons-nous pour nous retrouver, j’ai envie de dire mutuellement ? Peut-être tournerons-nous autour de la place en nous envoyant des messages qui diraient : je porte tel ou tel vêtement aujourd’hui. Ou alors : je me suis accoudé contre un feu rouge. À supposer seulement que ce feu, qui n’est pas tout le temps rouge, le soit au moment où l’autre s’arrêtera sur lui. Voilà le genre de trucs auxquels je pense alors que je ne me suis même pas encore mis en marche pour y aller, cultivant un léger retard sympathique mais non pesant pour autrui, puisque c’est comme ça que les gens font, et vivent, ici, à Paris. Ailleurs non ? Peut-être ailleurs que oui. Mais à ce moment précis dans l’espace et dans le temps, ailleurs ne me concernait pas. Ailleurs était trop loin. Nous ne nous sommes pas pas reconnus finalement. Et en définitive ce qu’il m’a dit ici c’est que je ressemblais plutôt à quelqu’un dont c’est particulièrement flatteur de ressembler (sans doute n’avait-il pas les yeux bien en face des trous). Et c’est un moment doux, je trouve, au cours duquel il me dira, en réponse au récit que je lui fais d’un passage bien précis de nos derniers mois sur cette terre, on dirait une nouvelle d’Amy Hempel. D’ailleurs, il veut savoir si je l’ai jamais contactée pour lui dire, eh bien, que j’avais traduit l’un de ces livres, et que j’avais gagné un prix pour ça. Non. Et je n’en vois pas l’intérêt. Exception faite évidemment de celles et ceux avec qui je travaille au quotidien, les auteurs que j’admire, j’aimerais qu’il n’y ait entre elles ou eux et moi que l’épaisseur du texte. C’est déjà énorme.

180619, version 5 (19 juin 2019)

Le Macbook plante. Et plusieurs fois de suite. C’est préoccupant. Ce n’est pas un haïku, c’est la réalité. Je veux dire, c’est dans les pièces jointes. Ou dans l’ouverture d’X fichier. Ou dans la sortie de veille, il est lent à se rallumer dans ce genre de cas. Peut-être je suis au bout de ma vie avec lui. Peut-être qu’il convient d’envisager de le remplacer par un autre. J’aimerais mieux pas. J’aimerais qu’il dure encore. J’aimerais que tout (à commencer par moi) dure. Mais on n’est jamais sûr de rien sur ça. On ne peut que subir ce que d’autres ont appelé ou appellent l’impermanence. Ou, en ce qui concerne un Macbook dans notre monde donné, l’obsolescence programmée. Mais je suis mauvaise langue. Voilà quelque chose que je devrais savoir, depuis le temps : combien de temps précisément il faut pour rallier la place de la Nation à pied. Cette représentation du monde qui s’est gorgée de nos vies (ou le contraire) pour représenter nos parcours sur un plan numérique en deux dimensions me dit moins de vingt minutes. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Surtout, là, je me dirai : la dernière fois je suis arrivé avant T. (puisque c’est T. que je m’en vais retrouver) alors, cette fois, je peux me permettre de le faire attendre lui, ce qui est en soi une pensée étrange, étrange mais pas inhospitalière, je trouve. Tout est une question d’équilibre. Bon, là je ne ressemble à rien. Ai-je besoin de ressembler à quoi que ce soit pour rejoindre T. ? Mais alors, si je ne ressemble à rien, comment fera-t-il pour me reconnaître ? Peut-être que ce sera à moi de me signaler à lui. Mais alors, si lui-même ne ressemble à rien (ce qui est après tout une probabilité certes pas ouf, comme disent les jeunes, mais enfin ce n’est pas absurde de l’imaginer non plus), comment ferons-nous pour nous retrouver, j’ai envie de dire mutuellement ? Peut-être tournerons-nous autour de la place en nous envoyant des messages qui diraient : je porte tel ou tel vêtement aujourd’hui. Ou alors : je me suis accoudé contre un feu rouge. À supposer seulement que ce feu, qui n’est pas tout le temps rouge, le soit au moment où l’autre s’arrêtera sur lui. Voilà le genre de trucs auxquels je pense alors que je ne me suis même pas encore mis en marche pour y aller, cultivant un léger retard sympathique mais non pesant pour autrui, puisque c’est comme ça que les gens font, et vivent, ici, à Paris. Ailleurs non ? Peut-être ailleurs que oui. Mais à ce moment précis dans l’espace et dans le temps, ailleurs ne me concernait pas. Ailleurs était trop loin. Nous ne nous sommes pas pas reconnus finalement. Et en définitive ce qu’il m’a dit ici c’est que je ressemblais plutôt à quelqu’un dont c’est particulièrement flatteur de ressembler (sans doute n’avait-il pas les yeux bien en face des trous). Et c’est un moment doux, je trouve, au cours duquel il me dira , que ces quelques heures passées en réponse au récit que je lui fais d’un passage bien précis la compagnie l’un de nos derniers mois sur cette terre , on dirait une nouvelle d’Amy Hempel . l’autre .

180619, version 4 (19 juin 2019)

Le Macbook plante. Et plusieurs fois de suite. C’est préoccupant. Ce n’est pas un haïku, c’est la réalité. Je veux dire, c’est dans les pièces jointes. Ou dans l’ouverture d’X fichier. Ou dans la sortie de veille, il est lent à se rallumer dans ce genre à la sortie de cas ça , la veille . Peut-être je suis au bout de ma vie avec lui. Peut-être qu’il convient d’envisager de le remplacer par un autre. J’aimerais mieux pas. J’aimerais qu’il dure encore. J’aimerais que tout (à commencer par moi) dure. Mais on n’est jamais sûr de rien sur ça. On ne peut que subir ce que d’autres ont appelé ou appellent l’impermanence. Ou, en ce qui concerne un Macbook dans notre monde donné, l’obsolescence programmée. Mais je suis mauvaise langue. Voilà quelque chose que je devrais savoir, depuis le temps : combien de temps précisément il faut pour rallier la place de la Nation à pied. Cette représentation du monde qui s’est gorgée gorgé de nos vies (ou le contraire) pour représenter nos parcours sur un plan numérique en deux dimensions me dit moins de vingt minutes. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Surtout, là, je me dirai : la dernière fois je suis arrivé avant T. (puisque c’est T. que je m’en vais retrouver) alors, cette fois, je peux me permettre de le faire attendre lui, ce qui est en soi une pensée étrange, étrange mais pas inhospitalière, je trouve. Tout est une question d’équilibre. Bon, là je ne ressemble à rien. Ai-je besoin de ressembler à quoi que ce soit pour rejoindre T. ? Mais alors, si je ne ressemble à rien, comment fera-t-il pour me reconnaître ? Peut-être que ce sera à moi de me signaler à lui. Mais alors, si lui-même ne ressemble à rien (ce qui est après tout une probabilité certes pas ouf, comme disent les jeunes, mais enfin ce n’est pas absurde de l’imaginer non plus), comment ferons-nous pour nous retrouver, j’ai envie de dire mutuellement ? Peut-être tournerons-nous autour de la place en nous envoyant des messages qui diraient : je porte tel ou tel vêtement aujourd’hui. Ou alors : je me suis accoudé contre un feu rouge. À supposer seulement que ce feu, qui n’est pas tout le temps rouge, le soit au moment où l’autre s’arrêtera sur lui. Voilà le genre de trucs auxquels je pense alors que je ne me suis même pas encore mis en marche pour y aller, cultivant un léger retard sympathique mais non pesant pour autrui, puisque c’est comme ça que les gens font, et vivent, ici, à Paris. Ailleurs non ? Peut-être ailleurs que oui. Mais à ce moment précis dans l’espace et dans le temps, ailleurs ne me concernait pas. Ailleurs était trop loin. Nous ne nous sommes pas pas reconnus finalement. Et en définitive ce qu’il m’a dit ici c’est que je ressemblais plutôt à quelqu’un dont c’est particulièrement flatteur de ressembler (sans doute n’avait-il pas les yeux bien en face des trous). Et c’est un moment doux, je trouve, que ces quelques heures passées en la compagnie l’un de l’autre.

180619, version 3 (18 juin 2019)

Le Macbook plante. Et plusieurs fois de suite. C’est préoccupant. Ce n’est pas un haïku, c’est la réalité. Je veux dire, c’est dans les pièces jointes. Ou dans l’ouverture d’X fichier. Ou dans la sortie de veille, il est lent à se rallumer à la sortie de ça, la veille. Peut-être je suis au bout de ma vie avec lui. Peut-être qu’il convient d’envisager de le remplacer par un autre. J’aimerais mieux pas. J’aimerais qu’il dure encore. J’aimerais que tout (à commencer par moi) dure. Mais on n’est jamais sûr de rien sur ça. On ne peut que subir ce que d’autres ont appelé ou appellent l’impermanence. Ou, en ce qui concerne un Macbook dans notre monde donné, l’obsolescence programmée. Mais je suis mauvaise langue. Voilà quelque chose que je devrais savoir, depuis le temps : combien de temps précisément il faut pour rallier la place de la Nation à pied. Cette représentation du monde qui s’est gorgé de nos vies (ou le contraire) pour représenter nos parcours sur un plan numérique en deux dimensions me dit moins de vingt minutes. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Surtout, là, je me dirai : la dernière fois je suis arrivé avant T. (puisque c’est T. que je m’en vais retrouver) alors, cette fois, je peux me permettre de le faire attendre lui, ce qui est en soi une pensée étrange, étrange mais pas inhospitalière, je trouve. Tout est une question d’équilibre. Bon, là je ne ressemble à rien. Ai-je besoin de ressembler à quoi que ce soit pour rejoindre T. ? Mais alors, si je ne ressemble à rien, comment fera-t-il pour me reconnaître ? Peut-être que ce sera à moi de me signaler à lui. Mais alors, si lui-même ne ressemble à rien (ce qui est après tout une probabilité certes pas ouf, comme disent les jeunes, mais enfin ce n’est pas absurde de l’imaginer non plus), comment ferons-nous pour nous retrouver ? Peut-être tournerons-nous autour de la place en nous envoyant des messages qui diraient : je porte tel ou tel vêtement aujourd’hui. Ou alors : je me suis accoudé contre un feu rouge. À supposer seulement que ce feu, qui n’est pas tout le temps rouge, le soit au moment où l’autre s’arrêtera sur lui. Voilà le genre de trucs auxquels je pense alors que je ne me suis même pas encore mis en marche pour y aller, cultivant un léger retard sympathique mais non pesant pour autrui, puisque c’est comme ça que les gens font, et vivent, ici, à Paris. Ailleurs non ? Peut-être ailleurs que oui. Mais à ce moment précis dans l’espace et dans le temps, ailleurs ne me concernait pas. Ailleurs était trop loin.

180619, version 2 (18 juin 2019)

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