030719


Il n’y a rien de gratuit dans ce monde. Tout se monnaye. Ça n’est pas toujours de l’argent. Par exemple, lorsque j’amène Poulpir pour sa visite de contrôle à l’École vétérinaire de Maison Alfort, je dois laisser quelque chose à l’entrée. D’ordinaire, c’est ma carte d’identité, et le vigile en recopie scrupuleusement chaque numéro et, je l’imagine, mon nom. Pourquoi ? On ne saura pas. Du reste, on n’a jamais demandé. C’est comme ça. Mais là, à cause de la chaleur, je n’ai pas pris mon portefeuille, et j’ai oublié cette histoire de vigile. Ce sera compliqué. Il fallait que je laisse quelque chose en gage, mais en gage de quoi ? Pas une objet mais une information. Tout ce que j’ai sur moi, et je le lui dis, c’est ma CB. Je n’allais pas rien lui laisser les numéros de la carte. Non, on trouvera autre chose, ce sera un genre de compromis. Il fallait bien noter quelque chose. Je ne pouvais pas passer sans que les registres le mentionnent. Mon numéro de téléphone, par exemple, que je ne connais toujours pas par cœur, etc. Derrière, de bonnes nouvelles. Tout va bien pour Poulpir. Tout ressemble précisément à ce à quoi c’est censé ressembler. À un moment donné, le vétérinaire fait passser un coton-tige entier dans son oreille et le fait ressortir (!) par le trou crée lors de l’opération. Puis il découpe quelque chose qui a l’air d’offrir une résistance, qu’est-ce que c’est, son oreille ? Non. Juste le bout du coton-tige. Mais de là où je me trouve, on dirait qu’il pratique à la sauvage et sans anesthésie une amputation de l’oreille (et nous revoilà encore avec nos histoires d’amputation). Mais je ne suis pas affolé, rien. J’ai confiance. C’est bien de s’en remettre à la bonté des inconnus même si, en ce qui le concerne, ce n’est pas réellement un inconnu puisqu’il a opéré en moins d’un an deux bêtes à nous (à moins que ce soit le contraire ?). Je vais maintenant pouvoir reprendre mes recherches d’une poulp’sitter pour cet été, et là encore ce ne sera pas gratuit, puisque même une visite pour déposer des batonnets ou des légumes ça se monnaye. C’est même plus pervers que ça encore et l’application utilisée pour trouver quelqu’un qui fasse une visite par jour à Pouplir pendant notre absence me dit Vous avez réservé [prénom de la personne] avec succès. Et ça aussi ça se paye : l’accès aux coordonnées de quelqu’un qu’on va payer. Rien n’est gratuit. C’est la même chose en matière de football : lorsqu’un joueur arrive au bout de son contrat et qu’il est donc libre de s’engager avec le club de son choix sans qu’aucun transfert intervienne entre les clubs, il négocie une prime à la signature qui peut monter jusqu’à plusieurs millions d’euros. Pourquoi ? Parce que le club n’aura pas à débourser un centime auprès d’un autre club pour, comme on dit, s’attacher ses services (sic), il paye donc (le plus souvent au prix fort, mais moins fort que s’il avait dû réellement l’acheter à quelqu’un) le prix de sa gratuité. Par conséquent, même ce qui est gratuit n’est pas gratuit, et on finit comme ça par te faire payer un service aussi humain que de demander au facteur de vérifier que tes vieux parents sont bien toujours vivants dans leur appartement en ville pendant que tu es à l’autre bout du monde en vacances en train d’oublier tout, à commencer par le fait que tout se monnaye en ce bas monde et que tes proches sont mortels, donc périssables. Rien de gratuit, et tout se transforme. C’est comme cette référence instinctive au début de Eff, que j’ai mis là sans réfléchir, un bout de parole d’une chanson, « China girl », et qui dit, it’s in the white of my eyes. Je croyais que ça l’était (gratuit) mais non. Dans cette chanson, que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve, quand il la reprend pour son album phare (sic) Let’s dance [1], on a l’impression que c’est un dandy qui s’exprime, pas un monstre, or cette réplique, it’s in the white of my eyes, est celle d’un monstre, et il faut la distorsion dans la voix d’Iggy Pop pour la faire résonner. Cette chanson, en réalité, raconte l’histoire de deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre car ils ne parlent pas la même langue (à l’origine, cette histoire est une histoire vraie, et Chris O’Leary la raconte très bien sur son site Pushing Ahead of the Dame, qui est depuis devenu un livre, Ashes to ashes : The Songs of David Bowie 1976 - 2016). Bowie et Iggy Pop l’ont conçue ensemble, comme toutes les chansons de l’album The idiot il me semble, au château d’Hérouville, et celle-ci sur des instruments d’enfant, le tout poliment bourrés, bourrés d’après-dîner, dira précieusement James (Jimmy) / Iggy. Cette réplique : it’s in the white of my eyes, c’est dans le blanc de mes yeux, que pendant un moment je prendrais par erreur pour it’s in the whites of my eyes, c’est dans les blancs de mes yeux (ce qui serait plus sans doute poétique et tordu) à cause d’une erreur sur un site de lyrics, je l’ai mise au début du texte sans doute car la chanson passait là, dans une tête plus tout à fait mienne comme on peut parfois l’avoir au moment de l’écriture. Dans le livre, c’est un tag. Dans la chanson, c’est simplement le moment où tout s’écroule, et où le vrai visage du personnage prend le dessus sur tout le reste et se révèle être, non pas un séducteur étranger, mais juste un connard d’impérialiste occidental (j’ai envie de dire de plus). Raison pour laquelle la china girl de la chanson, le fait taire (shhhhhh). Car rien n’est réellement gratuit dans ce monde, à commencer par séduire ou être séduit. Mais j’en reviens aux blancs, au pluriel, de mes yeux. Qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de nos yeux ? Dans la chanson, ce sont des symboles orientaux dénaturés par l’occident. Dans le livre, qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de leurs yeux ? C’est précisément tout le problème, et toute la question que j’aimerais voir se jouer, se nouer, dans ce livre. Qui est-on quand on est vu par l’autre ? Et surtout, que devient-on ? Quelle créature voit-on, ou vit-on, notamment quand la voix en vient à se déformer à tel point qu’on s’éloigne brusquement de la balade pop du début pour en venir à une chanson presque punk ? Ou pour reprendre une métaphore qui revient souvent dans les chansons de Bowie, et notamment dans celle-là (I feel a-tragic like I’m Marlon Brando, mais qui pourra devenir, ailleurs, dans une autre chanson Andy Warhol, Silver Screen / Can’t tell them apart at all ; faire la différence entre la réalité et le cinéma), quelle projection se joue, dans le regard d’autrui sur soi, quelles images se retrouvent jetées sur l’écran blanc, sur les blancs de nos yeux ? Et c’est quand même une sacrée surprise qu’on se fait à soi-même lorsqu’on réalise après réflexion qu’une intuition qu’on a eu est bonne, que rien n’est gratuit en écriture, et que c’est le texte lui-même qui te l’apprend.

3 août 2019
par Guillaume Vissac
Journal
#Amputation #Chris O’Leary #David Bowie #Football #Iggy Pop #L’effervescence #Lapins

[1Il existe d’autres reprises de cette chanson, plus ou moins officielles et plus ou moins intéressantes. Deux ou trois sur Youtube sortent de l’ordinaire. Ailleurs, celle d’Anna Ternheim, en mineur, un peu à contre emploi, est assez touchante. À noter également que Haddaway (!) a enregistré une reprise de « China Girl », aussi épouvantable qu’on peut se l’imaginer. En fait, c’est une chanson qui a un très fort potentiel de reprise naze, avec au palmarès une techno-bouse de (il chante ?) Baptiste Giabiconi, qui remplace la moitié de la chanson (celle qui m’intéresse, la monstrueuse) par une espèce de rap inept. Un autre dans un EP dont le titre est (!) Zombie Prostitute and Other Ooky Spooky Hits. Une interprétation live du Bowie période Outside / Earthling, qui date de 96, vaut le détour. Et je crois qu’on a à peu près fait le tour.

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15 révisions

030719, version 16 (3 août 2019)

Il n’y a rien de gratuit dans ce monde. Tout se monnaye. Ça n’est pas toujours de l’argent. Par exemple, lorsque j’amène Poulpir pour sa visite de contrôle à l’École vétérinaire de Maison Alfort, je dois laisser quelque chose à l’entrée. D’ordinaire, c’est ma carte d’identité, et le vigile en recopie scrupuleusement chaque numéro et, je l’imagine, mon nom. Pourquoi ? On ne saura pas. Du reste, on n’a jamais demandé. C’est comme ça. Mais là, à cause de la chaleur, je n’ai pas pris mon portefeuille, et j’ai oublié cette histoire de vigile. Ce sera compliqué. Il fallait que je laisse quelque chose en gage, mais en gage de quoi ? Pas une objet mais une information. Tout ce que j’ai sur moi, et je le lui dis, c’est ma CB. Je n’allais pas rien lui laisser les numéros de la carte. Non, on trouvera autre chose, ce sera un genre de compromis. Il fallait bien noter quelque chose. Je ne pouvais pas passer sans que les registres le mentionnent. Mon numéro de téléphone, par exemple, que je ne connais toujours pas par cœur, etc mais c’est un autre sujet . Derrière, de bonnes nouvelles. Tout va bien pour Poulpir. Tout ressemble précisément à ce à quoi c’est censé ressembler. À un moment donné, le vétérinaire fait passser un coton-tige entier dans son oreille et le fait ressortir (!) par le trou crée lors de [l’opération->article4451 ]. l’opération . Puis il découpe quelque chose qui a l’air d’offrir une résistance, qu’est-ce que c’est, son oreille ? Non. Juste le bout du coton-tige. Mais de là où je me trouve, on dirait qu’il pratique à la sauvage et sans anesthésie une amputation de l’oreille (et nous revoilà encore encore avec nos histoires d’amputation ). avec nos histoires d’amputation). Mais je ne suis pas affolé, rien. J’ai confiance. C’est bien de s’en remettre à la [bonté des inconnus->https://www.youtube.com/watch?v=l4V8OHy0su0] Peut-être est-ce une ânerie de ma part mais, non, je crois pas en fait. C’est bien de s’en remettre à la bonté des inconnus même si, en ce qui le concerne, ce n’est pas réellement un inconnu puisqu’il a opéré en moins d’un an deux bêtes à nous (à moins que ce soit ou bien , qui sait , le contraire ?). Je vais maintenant pouvoir reprendre mes recherches d’une poulp’sitter pour cet été, et là encore ce ne sera pas gratuit, puisque même une visite pour déposer des batonnets ou des légumes ça se monnaye. C’est même plus pervers que ça encore et l’application utilisée pour trouver quelqu’un qui fasse une visite par jour à Pouplir pendant notre absence me dit Vous avez réservé [prénom de la personne] avec succès. Et ça aussi ça se paye : l’accès aux coordonnées de quelqu’un qu’on va payer. Rien n’est gratuit. C’est la même chose en matière de football : lorsqu’un joueur arrive au bout de son contrat et qu’il est donc libre de s’engager avec le club de son choix sans qu’aucun transfert intervienne entre les clubs, il négocie une prime à la signature qui peut monter jusqu’à plusieurs millions d’euros. Pourquoi ? Parce que le club n’aura pas à débourser un centime auprès d’un autre club pour, comme on dit, s’attacher ses services (sic), il paye donc (le plus souvent au prix fort, mais moins fort que s’il avait dû réellement l’acheter à quelqu’un) le prix de sa gratuité. Par conséquent, même ce qui est gratuit n’est pas gratuit, et on finit comme ça par te faire payer un service aussi humain que de demander au facteur de vérifier que tes vieux parents sont bien toujours vivants dans leur appartement en ville pendant que tu es à l’autre bout du monde en vacances en train d’oublier tout, à commencer par le fait que tout se monnaye en ce bas monde et que tes proches sont mortels, donc périssables. Rien de gratuit, et tout se transforme. C’est comme cette référence instinctive au début de Eff, que j’ai mis là sans réfléchir, un bout de parole d’une chanson, [«  «  China girl »-> https://www .  », et qui dit , it’s in the white of my eyes . youtube.com/watch ?v=9BBAEUOOFKQ], et qui dit, it’s in the white of my eyes. Je croyais que ça l’était (gratuit) mais non. Dans cette chanson, que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve, quand [il la reprend->https://www.youtube.com/watch?v=_YC3sTbAPcU] Dans cette chanson , que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve , quand il la reprend pour son album phare (sic) Let’s dance[youtube.com/watch?v=t95kjSUnKyM" class='spip_out' rel='external'>Il existe d’ailleurs d’autres reprises de cette chanson, plus ou moins officielles et plus ou moins intéressantes. Deux ou [trois sur Youtube sortent de l’ordinaire. [Ailleurs->https://www.youtube.com/watch?v=BlX44K1O3qE]Ailleurs , celle d’Anna Ternheim, en mineur, un peu à contre emploi, semble la plus personnelle , est et c’est assez touchante touchant . À noter également que Haddaway (!) a enregistré une reprise de « China Girl », aussi [épouvantable->https://www épouvantable qu’on peut se l’imaginer .youtube.com/watch ?v=pLrdMjakr9w] qu’on peut se l’imaginer. En fait, c’est une chanson qui a un très fort potentiel de reprise naze, avec au palmarès [une techno-bouse->https://www . une techno-bouse de ( il chante  ? youtube.com/watch ?v=0t5UEGdn5ZA] de (il chante ?) Baptiste Giabiconi, qui remplace la moitié de la chanson (celle qui m’intéresse, la monstrueuse) par une espèce de moment rap inept. [Un autre->https://www.youtube.com/watch?v=nWVO2TYTo60] Un autre dans un EP dont le titre est (!) Zombie Prostitute and Other Ooky Spooky Hits. [Une interprétation live->https://www.youtube.com/watch?v=DdOC-2XYNho] du Bowie période Outside Outside / Earthling , Earthling , qui date de 96, vaut le détour. Et je crois qu’on On a à peu près fait le tour.]], on a l’impression que c’est un dandy qui s’exprime parle , pas un monstre, or cette réplique, it’s in the white of my eyes, est celle d’un monstre, et il faut la distorsion dans la voix d’Iggy Pop pour la faire résonner l’interpréter au mieux . Cette Bref , cette chanson, en réalité, raconte l’histoire de deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre car ils ne parlent pas la même langue (à l’origine, cette histoire est une histoire vraie, et Chris O’Leary [la XXX la raconte très bien->https://bowiesongs . bien sur son site Pushing the head of the dames , vérifier , qui est depuis devenu un livre , Ashes to ashes ). wordpress.com/2011/01/26/china-girl/] sur son site Pushing Ahead of the Dame, qui est depuis devenu un livre, [Ashes to ashes : The Songs of David Bowie 1976 - 2016->https://bowiesongs.wordpress.com/ashes/]). )  ? Bowie et Iggy Pop l’ont conçue ensemble, comme toutes les chansons de l’album The idiot il me semble, au château d’Hérouville, et celle-ci sur des instruments d’enfant, le tout poliment bourrés, bourrés d’après-dîner, dira précieusement James ( Jimmy) / XXX aka L’iguane aka Iggy. Cette réplique : it’s in the white of my eyes, c’est dans le blanc de mes yeux, que pendant un moment je prendrais par erreur pour it’s in the whites of my eyes, c’est dans les blancs de mes yeux (ce qui serait plus sans doute poétique et tordu) à cause d’une erreur sur un site de lyrics, je l’ai mise au début du texte sans doute car la chanson passait par là, dans une tête plus tout à fait mienne comme on peut parfois l’avoir , au moment de l’écriture. Après tout peu importe. Dans le livre, c’est un tag. Dans la chanson, c’est simplement le moment où tout s’écroule, et où le vrai visage du personnage prend le dessus sur tout le reste et se révèle être, non pas un séducteur étranger, mais juste un connard d’impérialiste occidental (j’ai envie de dire de plus). Raison pour laquelle la china girl de la chanson, le fait taire (shhhhhh). Car rien n’est réellement gratuit dans ce monde, à commencer par séduire ou être séduit. Mais j’en reviens aux blancs, au pluriel, de mes yeux. Qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de nos yeux ? Dans la chanson, ce sont des symboles orientaux dénaturés par l’occident. Dans le livre, qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de leurs yeux ? C’est précisément tout le problème, et toute la question que j’aimerais voir qui se jouer joue , ou qui se nouer noue , du moins je l’espère , dans ce livre. Qui est-on quand on est vu par l’autre ? Et surtout, que devient-on ? Quelle créature voit-on, ou vit-on, notamment quand la voix en vient à se déformer à tel point qu’on s’éloigne brusquement de la balade pop du début pour en venir à une chanson presque punk ( on peut dire ça tu crois ? Ou pour reprendre une métaphore qui revient souvent dans les chansons de Bowie, et notamment dans celle-là (I feel a-tragic like I’m Marlon Brando, mais qui pourra devenir, ailleurs, dans une autre chanson Andy Warhol, Silver Screen / Can’t tell them apart at all ; faire la différence entre la réalité et le cinéma), quelle projection se joue, dans le regard d’autrui sur soi, quelles images se retrouvent jetées sur l’écran blanc, sur les blancs de nos yeux ? Et c’est quand même une sacrée surprise qu’on se fait à soi-même lorsqu’on réalise après réflexion qu’une intuition qu’on a eu est bonne, que rien n’est gratuit en écriture, et que c’est le texte lui-même qui te l’apprend.
Amputation, David Bowie, Lapins, Football, Iggy Pop, L’effervescence, Chris O’Leary
jpg/dsc_1828.jpg

030719, version 15 (3 août 2019)

030719, version 14 (2 août 2019)

Il n’y a rien de gratuit dans ce monde. Tout se monnaye. Ça n’est pas toujours de l’argent. Par exemple, lorsque j’amène Poulpir pour sa visite de contrôle à l’École vétérinaire de Maison Alfort, je dois laisser quelque chose à l’entrée. D’ordinaire, c’est ma carte d’identité, et le vigile en recopie scrupuleusement chaque numéro et, je l’imagine, mon nom. Pourquoi ? On ne saura pas. Du reste, on n’a jamais demandé. C’est comme ça. Mais là, à cause de la chaleur, je n’ai pas pris mon portefeuille, et j’ai oublié cette histoire de vigile. Ce sera compliqué. Il fallait que je laisse quelque chose en gage, mais en gage de quoi ? Pas une objet mais une information. Tout ce que j’ai sur moi, et je le lui dis, c’est ma CB. Je n’allais pas rien lui laisser les numéros de la carte. Non, on trouvera autre chose, ce sera un genre de compromis. Il fallait bien noter quelque chose. Je ne pouvais pas passer sans que les registres le mentionnent. Mon Ce sera , donc , mon numéro de téléphone, par exemple , que je ne connais toujours touours pas par cœur, mais c’est un autre sujet. Derrière, de bonnes nouvelles. Tout va bien pour Poulpir. Tout ressemble précisément à ce à quoi c’est censé ressembler. À un moment donné, le vétérinaire fait passser un coton-tige entier dans son oreille et le fait ressortir (!) par le trou crée lors de l’opération. Puis il découpe quelque chose qui a l’air d’offrir une résistance, qu’est-ce que c’est, son oreille ? Non. Juste le bout du coton-tige. Mais de là où je me trouve, on dirait qu’il pratique à la sauvage et sans anesthésie une amputation de l’oreille (et nous revoilà encore avec nos histoires d’amputation). Mais je ne suis pas affolé, ni rien. J’ai confiance. Peut-être est-ce une ânerie de ma part mais, non, je crois pas en fait. C’est bien de s’en remettre à la bonté des inconnus même si, en ce qui le concerne, ce n’est pas réellement un inconnu puisqu’il a opéré en moins d’un an deux bêtes à nous ( ou bien , qui sait , le contraire  ? les nôtres . ). )  ? Je vais maintenant pouvoir reprendre mes recherches d’une poulp’sitter pour cet été, et là encore ce ne sera pas gratuit, puisque même une visite pour déposer des batonnets ou des légumes ça se monnaye. C’est même plus pervers que ça encore et l’application utilisée pour trouver quelqu’un qui fasse une visite par jour à Pouplir pendant notre absence me dit Vous avez réservé [prénom de la personne] avec succès. Et ça aussi ça se paye : l’accès aux coordonnées de quelqu’un qu’on va payer. Rien n’est gratuit. C’est la même chose en matière de football : lorsqu’un joueur arrive au bout de son contrat et qu’il est donc libre de s’engager avec le club de son choix sans qu’aucun transfert intervienne n’intervienne entre les clubs, il négocie une prime à la signature qui peut monter jusqu’à plusieurs millions d’euros. Pourquoi ? Parce que le club n’aura pas à débourser un centime auprès d’un autre club pour, comme on dit, s’attacher ses services (sic), il paye donc (le plus souvent au prix fort, mais moins fort que s’il avait dû réellement l’acheter à quelqu’un) le prix de sa gratuité. Par conséquent, même ce qui est gratuit n’est pas gratuit, et on finit comme ça par te faire payer un service aussi humain que de demander au facteur de vérifier que tes vieux parents sont bien toujours vivants dans leur appartement en ville pendant que tu es à l’autre bout du monde en vacances en train d’oublier tout, à commencer par le fait que tout se monnaye en ce bas monde et que tes proches sont mortels, donc périssables. Rien de gratuit, et tout se transforme. C’est comme cette référence instinctive au début de Eff, que j’ai mis là sans réfléchir, un bout de parole d’une chanson, « China girl », et qui dit, it’s in the white of my eyes. Je croyais que ça l’était (gratuit) mais non. Dans cette chanson, que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve, quand il la reprend pour son album phare (sic) Let’s dance [1], on a l’impression que c’est un dandy qui parle, pas un monstre, or cette réplique, it’s in the white of my eyes, est celle d’un monstre, et il faut la distorsion dans la voix d’Iggy Pop pour l’interpréter au mieux. Bref, cette chanson, en réalité, raconte l’histoire de deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre car ils ne parlent pas du tout la même langue (à l’origine, cette histoire est une histoire vraie, et XXX la raconte très bien sur son site Pushing the head of the dames, vérifier, qui est depuis devenu un livre, Ashes to ashes). Bowie et Iggy Pop l’ont conçue ensemble, comme toutes les chansons de l’album The idiot il me semble, au château d’Hérouville, et celle-ci sur des instruments d’enfant, le tout poliment bourrés, bourrés d’après-dîner, dira précieusement Jimmy XXX aka L’iguane aka Iggy. Cette réplique : it’s in the white of my eyes, c’est dans le blanc de mes yeux, que pendant un moment je prendrais par erreur pour it’s in the whites of my eyes, c’est dans les blancs de mes yeux (ce qui serait plus sans doute poétique et tordu) à cause d’une erreur sur un site de lyrics, je l’ai mise au début du texte sans doute car la chanson passait par là, dans une tête plus tout à fait mienne, au moment de l’écriture, je ne sais plus . Après tout peu importe. Dans le livre, c’est un tag. Dans la chanson, c’est simplement le moment où tout s’écroule, et où le vrai visage du personnage prend le dessus sur tout le reste et se révèle être, non pas un séducteur étranger, mais juste un connard d’impérialiste occidental (j’ai envie de dire de plus). Raison pour laquelle la china girl de la chanson, le fait taire (shhhhhh). Car rien n’est réellement gratuit dans ce monde, à commencer par séduire ou être séduit. Mais j’en reviens aux blancs, au pluriel, de mes yeux. Qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de nos ses yeux ? Dans la chanson, ce sont des symboles orientaux dénaturés par l’occident. Dans le livre, qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de leurs yeux ? C’est précisément tout le problème, et toute la question qui se joue, ou qui se noue, du moins je l’espère, dans ce livre. Qui est-on quand on est vu par l’autre ? Et surtout, que devient-on ? Quelle créature voit-on, ou vit-on, notamment quand la voix en vient à se déformer à un tel point qu’on s’éloigne brusquement de la balade pop du début pour en venir à une chanson presque punk (on peut dire ça tu crois ?) ? Ou pour reprendre une métaphore qui revient souvent dans les chansons de Bowie, et notamment dans celle-là (I feel a-tragic like I’m Marlon Brando, mais qui pourra devenir, ailleurs, dans une autre chanson Andy Warhol, Silver Screen / Can’t tell them apart at all  ; all , Andy qui ne peut plus faire la différence entre la réalité et le cinéma), quelle projection se joue, dans le regard d’autrui sur soi, quelles images se retrouvent jetées sur l’écran blanc, sur les blancs de nos yeux ? Et c’est quand même une sacrée surprise qu’on que l’on se fait à soi-même lorsqu’on réalise après réflexion qu’une intuition qu’on a eu est bonne, que rien n’est gratuit en écriture, et que c’est le texte lui-même qui te l’apprend.

[1Reprise qui, comme d’autres à cette période là explique O’Leary (vérifier) peut se comprendre comme la volonté de Bowie de sortir son pote Iggy Pop de la merde, puisqu’il est fauché dans les années 80 et n’enregistre plus, autant que comme une preuve de la disette créative qui va le traverser pendant ces mêmes années 80, et on a vu effectivement ce que ça donnait ensuite avec des trucs comme Time will crawl et Never let me down. Et O’Leary termine son article sur la formule he (Bowie) shone it up, he sold it well.Dans cette chanson , que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve , quand il la reprend pour son album phare ( sic ) Let’s dance[[Il Il existe d’ailleurs d’autres reprises de cette chanson, plus ou moins officielles et plus ou moins intéressantes. Deux ou trois sur Youtube sortent de l’ordinaire. Ailleurs, celle d’Anna Ternheim, en mineur, un peu à contre emploi, semble la plus personnelle, et c’est assez touchant. À noter également que Haddaway (!) a enregistré une reprise de « China Girl », aussi épouvantable qu’on peut se l’imaginer. En fait, c’est une chanson qui a un très fort potentiel de reprise naze, avec au palmarès une techno-bouse de (il chante ?) Baptiste Giabiconi, qui remplace la moitié de la chanson (celle qui m’intéresse, la monstrueuse) par une espèce de moment rap inept. Un autre dans un EP dont le titre est (!) Zombie Prostitute and Other Ooky Spooky Hits. Une interprétation live du Bowie période Outside / Earthling, qui date de 96, vaut le détour. On a à peu près fait le tour.

030719, version 13 (1er août 2019)

Il n’y a rien de gratuit dans ce monde. Tout se monnaye. Ça n’est pas toujours de l’argent. Par exemple, lorsque j’amène Poulpir pour sa visite de contrôle à l’École vétérinaire de Maison Alfort, je dois laisser quelque chose à l’entrée. D’ordinaire, c’est ma carte d’identité, et le vigile en recopie scrupuleusement chaque numéro et, je l’imagine, mon nom. Pourquoi ? On ne saura pas. Du reste, on n’a jamais demandé. C’est comme ça. Mais là, à cause de la chaleur, je n’ai pas pris mon portefeuille, et j’ai oublié cette histoire de vigile. Ce sera compliqué. Il fallait que je laisse quelque chose en gage, mais en gage de quoi ? Pas une objet mais une information. Tout ce que j’ai sur moi, et je le lui dis, c’est ma mas CB. Je n’allais pas rien lui laisser les numéros de la carte. Non, on trouvera autre chose, ce sera un genre de compromis. Il fallait bien noter quelque chose. Je ne pouvais pas passer sans que les registres le mentionnent. Ce sera, donc, mon numéro de téléphone, que je ne connais touours pas par cœur, mais c’est un autre sujet. Derrière, de bonnes nouvelles. Tout va bien pour Poulpir. Tout ressemble précisément à ce à quoi c’est censé ressembler. À un moment donné, le vétérinaire fait passser un coton-tige entier dans son oreille et le fait ressortir (!) par le trou crée lors de l’opération. Puis il découpe quelque chose qui a l’air d’offrir une résistance, qu’est-ce que c’est, son oreille ? Non. Juste le bout du coton-tige. Mais de là où je me trouve, on dirait qu’il pratique à la sauvage et sans anesthésie une amputation de l’oreille (et nous revoilà encore avec nos histoires d’amputation). Mais je ne suis pas affolé, ni rien. J’ai confiance. Peut-être est-ce une ânerie de ma part mais, non, je ne le crois pas en fait. C’est bien de s’en remettre à la bonté des inconnus même si, en ce qui le concerne, ce n’est pas réellement un inconnu puisqu’il a opéré en moins d’un an deux bêtes, les nôtres. Je vais maintenant pouvoir reprendre mes recherches d’une poulp’sitter poulpe-sitter pour cet été, et là encore ce ne sera pas gratuit, puisque même une visite pour déposer des batonnets ou des légumes ça se monnaye. C’est même plus pervers que ça encore et l’application utilisée pour trouver quelqu’un qui fasse une visite par jour à Pouplir pendant notre absence me dit Vous avez réservé [prénom de la personne] avec succès. Et ça aussi ça se paye : l’accès aux coordonnées de quelqu’un qu’on va payer. Rien n’est gratuit. C’est la même chose en matière de football : lorsqu’un joueur arrive au bout de son contrat et qu’il est donc libre de s’engager avec le club de son choix sans qu’aucun transfert n’intervienne entre les clubs, il négocie une prime à la signature qui peut monter jusqu’à plusieurs millions d’euros. Pourquoi ? Parce que le club n’aura pas à débourser un centime auprès d’un autre club pour, comme on dit, s’attacher ses services (sic), il paye donc (le plus souvent au prix fort, mais moins fort que s’il avait dû réellement l’acheter à quelqu’un) le prix de sa gratuité. Par conséquent, même ce qui est gratuit n’est pas gratuit, et on finit comme ça par te faire payer un service aussi humain que de demander au facteur de vérifier que tes vieux parents sont bien toujours vivants dans leur appartement en ville pendant que tu es à l’autre bout du monde en vacances en train d’oublier tout, à commencer par le fait que tout se monnaye en ce bas monde et que tes proches sont mortels, donc périssables. Rien de gratuit, et tout se transforme. C’est comme cette référence instinctive au début de Eff, que j’ai mis là sans réfléchir, un bout de parole d’une chanson, « China girl », et qui dit, it’s in the white of my eyes. Je croyais que ça l’était (gratuit) mais non. Dans cette chanson, que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve, quand il la reprend pour son album phare (sic) Let’s dance [2] On a à peu près fait le tour.]], on a l’impression que c’est un dandy qui parle, pas un monstre, or cette réplique, it’s in the white of my eyes, est celle d’un monstre, et il faut la distorsion dans la voix d’Iggy Pop pour l’interpréter au mieux. Bref, cette chanson, en réalité, raconte l’histoire de deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre car ils ne parlent pas du tout la même langue (à l’origine, cette histoire est une histoire vraie, et XXX la raconte très bien sur son site Pushing Pushing the head of the dames, , vérifier, qui est depuis devenu un livre, Ashes Ashes to ashes). ). Bowie et Iggy Pop l’ont conçue ensemble, comme toutes les chansons de l’album The idiot il me semble, au château d’Hérouville, et celle-ci sur des instruments d’enfant, le tout poliment bourrés, bourrés d’après-dîner, dira précieusement Jimmy XXX aka L’iguane aka Iggy. Cette réplique : it’s in the white of my eyes, c’est dans le blanc de mes yeux, que pendant un moment je prendrais par erreur pour it’s in the whites of my eyes, c’est dans les blancs de mes yeux (ce qui serait plus sans doute poétique et tordu, j’avais envie de croire à cette version , mais passons , j’ai déjà passé un certain temps à écouter le son à fond qui prononçait ou non le s surnuméraire ) à cause d’une erreur sur un site de lyricsqui a pignon sur rue , je l’ai mise au début du texte sans doute car la chanson passait par là, dans une tête plus tout à fait mienne, au moment de l’écriture, je ne sais plus. Dans le livre, c’est un tag. Dans la chanson, c’est simplement le moment où tout s’écroule, et où le vrai visage du personnage prend le dessus sur tout le reste et se révèle être, non pas un séducteur étranger, mais juste un connard d’impérialiste occidental (j’ai envie de dire de plus). Raison pour laquelle la china girl de la chanson, le fait taire (shhhhhh). Car rien n’est réellement gratuit dans ce monde, à commencer par séduire ou être séduit. Mais j’en reviens aux blancs, au pluriel, de mes yeux. Qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de ses yeux ? Dans la chanson, ce sont des symboles orientaux dénaturés par l’occident. Dans le livre, qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de leurs yeux ? C’est précisément tout le problème, et toute la question qui se joue, ou qui se noue, du moins je l’espère, dans ce livre. Qui est-on quand on est vu par l’autre ? Et surtout, que devient-on ? Quelle créature voit-on, ou vit-on, notamment quand la voix en vient à se déformer à un tel point qu’on s’éloigne brusquement de la balade pop du début pour en venir à une chanson presque punk (on peut dire ça tu crois ?) ? Ou pour reprendre une métaphore qui revient souvent dans les chansons de Bowie, et notamment dans celle-là (I feel a-tragic like I’m Marlon Brando, mais qui pourra devenir, ailleurs, dans une autre chanson Andy Warhol, Silver Screen / Can’t tell them apart at all, Andy qui ne peut plus faire la différence entre la réalité et le cinéma), quelle projection se joue, dans le regard d’autrui sur soi, quelles images se retrouvent jetées sur l’écran blanc, sur les blancs de nos yeux ? Et c’est quand même une sacrée surprise que l’on se fait à soi-même lorsqu’on réalise après réflexion qu’une intuition qu’on a eu est bonne, que rien n’est gratuit en écriture, et que c’est le texte lui-même qui te l’apprend.

[2Reprise qui, comme d’autres à cette période là explique O’Leary (vérifier) peut se comprendre comme la volonté de Bowie de sortir son pote Iggy Pop de la merde, puisqu’il est fauché dans les années 80 et n’enregistre plus, autant que comme une preuve de la disette créative qui va le traverser pendant ces mêmes années 80, et on a vu effectivement ce que ça donnait ensuite avec des trucs comme Time Time will crawl crawl et Never Never let me down. . Et O’Leary termine son article sur la formule he (Bowie) shone it up, he sold it well. Il existe d’ailleurs d’autres reprises de cette chanson, plus ou moins officielles et plus ou moins intéressantes. Deux ou trois sur Youtube sortent de l’ordinaire. Ailleurs, celle d’Anna Ternheim, en mineur, un peu à contre emploi, semble la plus personnelle, et c’est assez touchant. À noter également que Haddaway (!) a enregistré une reprise de «  China Girl », , aussi épouvantable qu’on peut se l’imaginer. En fait, c’est une chanson qui a un très fort potentiel de reprise naze, avec au palmarès une techno-bouse de (il chante ?) Baptiste Giabiconi, qui remplace la moitié de la chanson (celle qui m’intéresse, la monstrueuse) par une espèce de moment rap inept. Un autre dans un EP dont le titre est (!) Zombie Prostitute and Other Ooky Spooky Hits. Une interprétation live du Bowie période Outside / Earthling, qui date de 96, vaut le détour. .

030719, version 12 (29 juillet 2019)

Il n’y a rien de gratuit dans ce monde. Tout se monnaye. Ça n’est pas toujours de l’argent. Par exemple, lorsque j’amène Poulpir pour sa visite de contrôle à l’École vétérinaire de Maison Alfort, je dois laisser quelque chose à l’entrée. D’ordinaire, c’est ma carte d’identité, et le vigile en recopie scrupuleusement chaque numéro et, je l’imagine, mon nom. Pourquoi ? On ne saura pas. Du reste, on n’a jamais demandé. C’est comme ça. Mais là, à cause de la chaleur, je n’ai pas pris mon portefeuille, et j’ai oublié cette histoire de vigile. Ce sera compliqué. Il fallait que je laisse quelque chose en gage, mais en gage de quoi ? Pas une objet mais une information. Tout ce que j’ai sur moi, et je le lui dis, c’est mas CB. Je n’allais pas rien lui laisser les numéros de la carte. Non, on trouvera autre chose, ce sera un genre de compromis. Il fallait bien noter quelque chose. Je ne pouvais pas passer sans que les registres le mentionnent. Ce sera, donc, mon numéro de téléphone, que je ne connais touours pas par cœur, mais c’est un autre sujet. Derrière, de bonnes nouvelles. Tout va bien pour Poulpir. Tout ressemble précisément à ce à quoi c’est censé ressembler. À un moment donné, le vétérinaire fait passser un coton-tige entier dans son oreille et le fait ressortir (!) par le trou crée lors de l’opération. Puis il découpe quelque chose qui a l’air d’offrir une résistance, qu’est-ce que c’est, son oreille ? Non. Juste le bout du coton-tige. Mais de là où je me trouve, on dirait qu’il pratique à la sauvage et sans anesthésie une amputation de l’oreille (et nous revoilà encore avec nos histoires d’amputation). Mais je ne suis pas affolé, ni rien. J’ai confiance. Peut-être est-ce une ânerie de ma part mais, non, je ne le crois pas en fait. C’est bien de s’en remettre à la bonté des inconnus même si, en ce qui le concerne, ce n’est pas réellement un inconnu puisqu’il a opéré en moins d’un an deux bêtes, les nôtres. Je vais maintenant pouvoir reprendre mes recherches d’une poulpe-sitter pour cet été, et là encore ce ne sera pas gratuit, puisque même une visite pour déposer des batonnets ou des légumes ça se monnaye. C’est même plus pervers que ça encore et l’application utilisée pour trouver quelqu’un qui fasse une visite par jour à Pouplir pendant notre absence me dit Vous avez réservé [prénom de la personne] avec succès. Et ça aussi ça se paye : l’accès aux coordonnées de quelqu’un qu’on va payer. Rien n’est gratuit. C’est la même chose en matière de football : lorsqu’un joueur arrive au bout de son contrat et qu’il est donc libre de s’engager avec le club de son choix sans qu’aucun transfert n’intervienne entre les clubs, il négocie une prime à la signature qui peut monter jusqu’à plusieurs millions d’euros. Pourquoi ? Parce que le club n’aura pas à débourser un centime auprès d’un autre club pour, comme on dit, s’attacher ses services (sic), il paye donc (le plus souvent au prix fort, mais moins fort que s’il avait dû réellement l’acheter à quelqu’un) le prix de sa gratuité. Par conséquent, même ce qui est gratuit n’est pas gratuit, et on finit comme ça par te faire payer un service aussi humain que de demander au facteur de vérifier que tes vieux parents sont bien toujours vivants dans leur appartement pendant que tu es à l’autre bout du monde en vacances en train d’oublier tout, à commencer par le fait que tout se monnaye en ce bas monde et que tes proches sont mortels, donc périssables. Rien de gratuit, et tout se transforme. C’est comme cette référence instinctive au début de Eff, que j’ai mis là sans réfléchir, un bout de parole d’une chanson, « China girl », et qui dit, it’s in the white of my eyes. Je croyais que ça l’était (gratuit) mais non. Dans cette chanson, que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve, quand il la reprend pour son album phare (sic) Let’s dance [3] [Une interprétation live->https://www.youtube.com/watch?v=DdOC-2XYNho] du Bowie période Outside / Earthling, qui date de 96, vaut le détour.]], on a l’impression que c’est un dandy qui parle, pas un monstre, or cette réplique, it’s in the white of my eyes, est celle d’un monstre, et il faut la distorsion dans la voix d’Iggy Pop pour l’interpréter au mieux. Bref, cette chanson, en réalité, raconte l’histoire de deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre car ils ne parlent pas du tout la même langue (à l’origine, cette histoire est une histoire vraie, et XXX la raconte très bien sur son site Pushing the head of the dames, vérifier, qui est depuis devenu un livre, Ashes to ashes). Bowie et Iggy Pop l’ont conçue ensemble, comme toutes les chansons de l’album The idiot il me semble, au château d’Hérouville, et celle-ci sur des instruments d’enfant, le tout poliment bourrés, bourrés d’après-dîner, dira précieusement Jimmy XXX aka L’iguane aka Iggy. Cette réplique : it’s in the white of my eyes, c’est dans le blanc de mes yeux, que pendant un moment je prendrais par erreur pour it’s in the whites of my eyes, c’est dans les blancs de mes yeux (ce qui serait plus sans doute poétique et tordu, j’avais envie de croire à cette version, mais passons, j’ai déjà passé un certain temps à écouter le son à fond qui prononçait ou non le s surnuméraire) à cause d’une erreur sur un site de lyrics qui a pignon sur rue, je l’ai mise au début du texte sans doute car la chanson passait par là, dans une tête plus tout à fait mienne, au moment de l’écriture, je ne sais plus. Dans le livre, c’est un tag. Dans la chanson, c’est simplement le moment où tout s’écroule, et où le vrai visage du personnage prend le dessus sur tout le reste et se révèle être, non pas un séducteur étranger, mais juste un connard d’impérialiste occidental (j’ai envie de dire de plus). Raison pour laquelle la china girl de la chanson, le fait taire (shhhhhh). Car rien n’est réellement gratuit dans ce monde, à commencer par séduire ou être séduit. Mais j’en reviens aux blancs, au pluriel, de mes yeux. Qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de ses yeux ? Dans la chanson, ce sont des symboles orientaux dénaturés par l’occident. Dans le livre, qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de leurs yeux ? C’est précisément tout le problème, et toute la question qui se joue, ou qui se noue, du moins je l’espère, dans ce livre. Qui est-on quand on est vu par l’autre ? Et surtout, que devient-on ? Quelle créature voit-on, ou vit-on, notamment quand la voix en vient à se déformer à un tel point qu’on s’éloigne brusquement de la balade pop du début pour en venir à une chanson presque punk (on peut dire ça tu crois ?) ? Ou pour reprendre une métaphore qui revient souvent dans les chansons de Bowie, et notamment dans celle-là (I feel a-tragic like I’m Marlon Brando, mais qui pourra devenir, ailleurs, dans une autre chanson Andy Warhol, Silver Screen / Can’t tell them apart at all, Andy qui ne peut plus faire la différence entre la réalité et le cinéma), quelle projection se joue, dans le regard d’autrui sur soi, quelles images se retrouvent jetées sur l’écran blanc, sur les blancs de nos yeux ? Et c’est quand même une sacrée surprise que l’on se fait à soi-même lorsqu’on réalise après réflexion qu’une intuition qu’on a eu est bonne, que rien n’est gratuit en écriture, et que c’est le texte lui-même qui te l’apprend.

[3Reprise qui, comme d’autres à cette période là explique O’Leary (vérifier) peut se comprendre comme la volonté de Bowie de sortir son pote Iggy Pop de la merde, puisqu’il est fauché dans les années 80 et n’enregistre plus, autant que comme une preuve de la disette créative qui va le traverser pendant ces mêmes années 80, et on a vu effectivement ce que ça donnait ensuite avec des trucs comme Time will crawl et Never let me down. Et O’Leary termine son article sur la formule he (Bowie) shone it up, he sold it well. Il existe d’ailleurs d’autres reprises de cette chanson, plus ou moins officielles et plus ou moins intéressantes. Deux ou trois sur Youtube sortent de l’ordinaire. Ailleurs, celle d’Anna Ternheim, en mineur, un peu à contre emploi, semble la plus personnelle, et c’est assez touchant. À noter également que Haddaway (!) a enregistré une reprise de China Girl, aussi épouvantable qu’on peut se l’imaginer. En fait, c’est une chanson qui a un très fort potentiel de reprise naze, avec au palmarès une techno-bouse de (il chante ?) Baptiste Giabiconi, qui remplace la moitié de la chanson (celle qui m’intéresse, la monstrueuse) par une espèce de moment rap inept. Un autre dans un EP dont le titre est (!) Zombie Prostitute and Other Ooky Spooky Hits. .

030719, version 11 (29 juillet 2019)

Il n’y a rien de gratuit dans ce monde. Tout se monnaye. Ça n’est pas toujours de l’argent. Par exemple, lorsque j’amène Poulpir pour sa visite de contrôle à l’École vétérinaire de Maison Alfort, je dois laisser quelque chose à l’entrée. D’ordinaire, c’est ma carte d’identité, et le vigile en recopie scrupuleusement chaque numéro et, je l’imagine, mon nom. Pourquoi ? On ne saura pas. Du reste, on n’a jamais demandé. C’est comme ça. Mais là, à cause de la chaleur, je n’ai pas pris mon portefeuille, et j’ai oublié cette histoire de vigile. Ce sera compliqué. Il fallait que je laisse quelque chose en gage, mais en gage de quoi ? Pas une objet mais une information. Tout ce que j’ai sur moi, et je le lui dis, c’est mas CB. Je n’allais pas rien lui laisser les numéros de la carte. Non, on trouvera autre chose, ce sera un genre de compromis. Il fallait bien noter quelque chose. Je ne pouvais pas passer sans que les registres le mentionnent. Ce sera, donc, mon numéro de téléphone, que je ne connais touours pas par cœur, mais c’est un autre sujet. Derrière, de bonnes nouvelles. Tout va bien pour our Poulpir. Tout ressemble précisément à ce à quoi c’est censé ressembler. À un moment donné, le vétérinaire fait passser un coton-tige entier dans son oreille et le fait ressortir (!) par le trou crée lors de l’opération. Puis il découpe quelque chose qui a l’air d’offrir une résistance, qu’est-ce que c’est, son oreille ? Non. Juste le bout du coton-tige. Mais de là où je me trouve, on dirait qu’il pratique à la sauvage et sans anesthésie une amputation de l’oreille (et nous revoilà encore avec nos histoires d’amputation). Mais je ne suis pas affolé, ni rien. J’ai confiance. Peut-être est-ce une ânerie de ma part mais, non, je ne le crois pas en fait. C’est bien de s’en remettre à la bonté des inconnus même si, en ce qui le concerne, ce n’est pas réellement un inconnu puisqu’il a opéré en moins d’un an deux bêtes, les nôtres. Je vais maintenant pouvoir reprendre mes recherches d’une poulpe-sitter pour cet été, et là encore ce ne sera pas gratuit, puisque même une visite pour déposer des batonnets ou des légumes ça se monnaye. C’est même plus pervers que ça encore et l’application utilisée pour trouver quelqu’un qui fasse une visite par jour à Pouplir pendant notre absence me dit Vous avez réservé [prénom de la personne] avec succès. Et ça aussi ça se paye : l’accès aux coordonnées de quelqu’un qu’on va payer. Rien n’est gratuit. C’est la même chose en matière de football : lorsqu’un joueur arrive au bout de son contrat et qu’il est donc libre de s’engager avec le club de son choix sans qu’aucun transfert n’intervienne entre les clubs, il négocie très régulièrement une prime à la signature qui peut monter jusqu’à plusieurs millions d’euros. Pourquoi ? Parce que le club n’aura pas à débourser un centime auprès d’un autre club pour, comme on dit, s’attacher ses services (sic), il paye donc (le plus souvent au prix fort, mais moins fort que s’il avait dû réellement l’acheter à quelqu’un) le prix de sa gratuité. Par conséquent, même ce qui est gratuit n’est pas gratuit, et on finit comme ça par te faire payer un service aussi humain que de demander au facteur de vérifier que tes vieux parents sont bien toujours vivants dans leur appartement pendant que tu es à l’autre bout du monde en vacances en train d’oublier tout, à commencer par le fait que tout se monnaye en ce bas monde et que tes proches parents sont mortels, donc périssables . Rien de gratuit, et tout se transforme. C’est comme cette référence instinctive au début de Eff, que j’ai mis là sans réfléchir, un bout de parole d’une chanson, « China girl »,  » et qui dit, it’s in the white of my eyes. Je croyais que ça l’était (gratuit) mais non. Dans cette chanson, que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve, quand il la reprend pour son album phare (sic) Let’s dance [4], on a l’impression que c’est un dandy qui parle, pas un monstre, or cette réplique, it’s in the white of my eyes, est celle d’un monstre, et il faut la distorsion dans la voix d’Iggy Pop pop pour l’interpréter au mieux. Bref, cette chanson, en réalité, raconte l’histoire de deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre car ils ne parlent pas du tout la même langue (à l’origine, cette histoire est une histoire vraie, et XXX la raconte très bien sur son site Pushing the head of the dames, vérifier, qui est depuis devenu un livre, Ashes to ashes). Bowie et Iggy Pop l’ont conçue ensemble, comme toutes les chansons de l’album The idiot il me semble , au mesemble,au château d’Hérouville, et celle-ci sur des instruments d’enfant, le tout poliment bourrés, bourrés d’après-dîner, dira précieusement Jimmy XXX aka L’iguane aka Iggy. Cette réplique : it’s in the white of my eyes, c’est dans le blanc de mes yeux, que pendant un moment je prendrais par erreur pour it’s in the whites of my eyes, c’est dans les blancs de mes yeux (ce qui serait plus sans doute poétique et tordu, j’avais envie de croire à cette version, mais passons, j’ai déjà passé un certain temps à écouter le son à fond qui prononçait ou non le s surnuméraire) à cause d’une erreur sur un site de lyrics qui a pignon sur rue, je l’ai mise au début du texte sans doute car la chanson passait par là, dans une tête plus tout à fait mienne, au moment de l’écriture, je ne sais plus. Dans le livre, c’est un tag. Dans la chanson, c’est simplement le moment où tout s’écroule, et où le vrai visage du personnage prend le dessus sur tout le reste et se révèle être, non pas un séducteur étranger, mais juste un connard d’impérialiste occidental (j’ai envie de dire de plus). Raison pour laquelle la china girl de la chanson, le fait taire (shhhhhh). Car rien n’est réellement gratuit dans ce monde, à commencer par séduire ou être séduit. Mais j’en reviens aux blancs, au pluriel, de mes yeux. Qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de ses yeux ? Dans la chanson, ce sont des symboles orientaux dénaturés par l’occident. Dans le livre, qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de leurs yeux ? C’est précisément tout le problème, et toute la question qui se joue, ou qui se noue, du moins je l’espère, dans ce livre. Qui est-on quand on est vu par l’autre ? Et surtout, que devient-on ? Quelle créature voit-on, ou vit-on, notamment quand la voix en vient à se déformer à un tel point qu’on s’éloigne brusquement de la balade pop du début pour en venir à une chanson presque punk (on peut dire ça tu crois ?) ? Ou pour reprendre une métaphore qui revient souvent dans les chansons de Bowie, et notamment dans celle-là (I feel a-tragic like I’m Marlon Brando, mais qui pourra devenir, ailleurs, dans une autre chanson Andy Warhol, Silver Screen / Can’t tell them apart at all, Andy qui ne peut plus faire la différence entre la réalité et le cinéma), quelle projection se joue, dans le regard d’autrui sur soi, quelles images se retrouvent jetées sur l’écran blanc, sur les blancs de nos yeux ? Et c’est quand même une sacrée surprise que l’on se fait à soi-même lorsqu’on réalise après réflexion qu’une intuition qu’on a eu est bonne, que rien n’est gratuit en écriture, et que c’est le texte lui-même qui te l’apprend.

[4Reprise qui, comme d’autres à cette période là explique O’Leary (vérifier) peut se comprendre comme la volonté de Bowie de sortir son pote Iggy Pop de la merde, puisqu’il est fauché dans les années 80 et n’enregistre plus, autant que comme une preuve de la disette créative qui va le traverser pendant ces mêmes années 80, et on a vu effectivement ce que ça donnait ensuite avec des trucs comme Time will crawl et Never let me down. Et O’Leary termine son article sur la formule he (Bowie) shone it up, he sold it well. Il existe d’ailleurs d’autres reprises de cette chanson, plus ou moins officielles et plus ou moins intéressantes. Deux ou trois sur Youtube sortent de l’ordinaire. Ailleurs, celle d’Anna Ternheim, en mineur, un peu à contre emploi, semble la plus personnelle, et ( mais sur le degré it’s-in-the-white-of-my-eyes c’est assez touchant un contresens complet . À noter également que Haddaway (!) a également enregistré une reprise de China Girl, aussi épouvantable qu’on peut se l’imaginer. En fait, c’est une chanson qui a un très fort potentiel de reprise naze, avec au palmarès une techno-bouse de (il chante ?) Baptiste Giabiconi, qui remplace la moitié de la chanson (celle qui m’intéresse, la monstrueuse) par une espèce de moment rap inept. Un autre dans un EP dont le titre est (!) Zombie Prostitute and Other Ooky Spooky Hits.

030719, version 10 (6 juillet 2019)

Il n’y a plus rien de gratuit dans ce monde. Tout se monnaye. Ça n’est pas toujours de l’argent. Par exemple, lorsque j’amène Poulpir pour sa visite de contrôle à l’École vétérinaire de Maison Alfort, je dois laisser quelque chose à l’entrée. D’ordinaire, c’est ma carte d’identité, et le vigile en recopie scrupuleusement chaque numéro et, je l’imagine, mon nom. Pourquoi ? On ne saura pas. Du reste, on n’a jamais demandé. C’est comme ça. Mais là, à cause de la chaleur, je n’ai pas pris mon portefeuille, et j’ai oublié cette histoire de vigile. Ce sera compliqué. Il fallait que je laisse quelque chose en gage, mais en gage de quoi ? Pas une objet mais une information. Tout ce que j’ai sur moi, et je le lui dis, c’est mas CB. Je n’allais pas rien lui laisser les numéros de la carte. Non, on trouvera autre chose, ce sera un genre de compromis. Il fallait bien noter quelque chose. Je ne pouvais pas passer sans que les registres le mentionnent. Ce sera, donc, mon numéro de téléphone, que je ne connais touours pas par cœur, mais c’est un autre sujet. Derrière, de bonnes nouvelles. Tout va bien our Poulpir. Tout ressemble précisément à ce à quoi c’est censé ressembler. À un moment donné, le vétérinaire fait passser un coton-tige entier dans son oreille et le fait ressortir (!) par le trou crée lors de l’opération. Puis il découpe quelque chose qui a l’air d’offrir une résistance, qu’est-ce que c’est, son oreille ? Non. Juste le bout du coton-tige. Mais de là où je me trouve, on dirait qu’il pratique à la sauvage et sans anesthésie une amputation de l’oreille (et nous revoilà encore avec nos histoires d’amputation). Mais je ne suis pas affolé, ni rien. J’ai confiance. Peut-être est-ce une ânerie de ma part mais, non, je ne le crois pas en fait. C’est bien de s’en remettre à la bonté des inconnus même si, en ce qui le concerne, ce n’est pas réellement un inconnu puisqu’il a opéré en moins d’un an deux bêtes, les nôtres. Je vais maintenant pouvoir reprendre mes recherches d’une poulpe-sitter pour cet été, et là encore ce ne sera pas gratuit, puisque même une visite pour déposer des batonnets ou des légumes ça se monnaye. C’est même plus pervers que ça encore et l’application utilisée pour trouver quelqu’un qui fasse une visite par jour à Pouplir pendant notre absence me dit Vous avez réservé [prénom de la personne] avec succès. Et ça aussi ça se paye : l’accès aux coordonnées de quelqu’un qu’on va payer. Rien n’est gratuit. C’est la même chose en matière de football : lorsqu’un joueur arrive au bout de son contrat et qu’il est donc libre de s’engager avec le club de son choix sans qu’aucun transfert n’intervienne entre les clubs, il négocie très régulièrement une prime à la signature qui peut monter jusqu’à plusieurs millions d’euros. Pourquoi ? Parce que le club n’aura pas à débourser un centime auprès d’un autre club pour, comme on dit, s’attacher ses services (sic), il paye donc (le plus souvent au prix fort, mais moins fort que s’il avait dû réellement l’acheter à quelqu’un) le prix de sa gratuité. Par conséquent, même ce qui est gratuit n’est pas gratuit, et on finit comme ça par te faire payer un service aussi humain que de demander au facteur de vérifier que tes vieux parents sont bien toujours vivants dans leur appartement pendant que tu es à l’autre bout du monde en vacances en train d’oublier tout, à commencer par le fait que tout se monnaye en ce bas monde et que tes parents sont mortels. Rien de gratuit, et tout se transforme. C’est comme cette référence instinctive au début de Eff, que j’ai mis là sans réfléchir, un bout de parole d’une chanson, « China girl » et qui dit, it’s in the white of my eyes. Je croyais que ça l’était (gratuit) mais non. Dans cette chanson, que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve, quand il la reprend pour son album phare (sic) Let’s dance [5], on a l’impression que c’est un dandy qui parle, pas un monstre, or cette réplique, it’s in the white of my eyes, est celle d’un monstre, et il faut la distorsion dans la voix d’Iggy pop pour l’interpréter au mieux. Bref, cette chanson, en réalité, raconte l’histoire de deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre car ils ne parlent pas du tout la même langue (à l’origine, cette histoire est une histoire vraie, et XXX la raconte très bien sur son site Pushing the head of the dames, vérifier, qui est depuis devenu un livre, Ashes to ashes). Bowie et Iggy Pop l’ont conçue ensemble, comme toutes les chansons de l’album The idiot il mesemble,au château d’Hérouville, et celle-ci sur des instruments d’enfant, le tout poliment bourrés, bourrés d’après-dîner, dira précieusement Jimmy XXX aka L’iguane aka Iggy. Cette réplique : it’s in the white of my eyes, c’est dans le blanc de mes yeux, que pendant un moment je prendrais par erreur pour it’s in the whites of my eyes, c’est dans les blancs de mes yeux (ce qui serait plus sans doute poétique et tordu, j’avais envie de croire à cette version, mais passons, j’ai déjà passé un certain temps à écouter le son à fond qui prononçait ou non le s surnuméraire) à cause d’une erreur sur un site de lyrics qui a pignon sur rue, je l’ai mise au début du texte sans doute car la chanson passait par là, dans une tête plus tout à fait mienne, au moment de l’écriture, je ne sais plus. Dans le livre, c’est un tag. Dans la chanson, c’est simplement le moment où tout s’écroule, et où le vrai visage du personnage prend le dessus sur tout le reste et se révèle être, non pas un séducteur étranger, mais juste un connard d’impérialiste occidental (j’ai envie de dire de plus). Raison pour laquelle la china girl de la chanson, le fait taire (shhhhhh). Car rien n’est réellement gratuit dans ce monde, à commencer par séduire ou être séduit. Mais j’en reviens aux blancs, au pluriel, de mes yeux. Qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de ses yeux ? Dans la chanson, ce sont des symboles orientaux dénaturés par l’occident. Dans le livre, qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de leurs yeux ? C’est précisément tout le problème, et toute la question qui se joue, ou qui se noue, du moins je l’espère, dans ce livre. Qui est-on quand on est vu par l’autre ? Et surtout, que devient-on ? Quelle créature voit-on, ou vit-on, notamment quand la voix en vient à se déformer à un tel point qu’on s’éloigne brusquement de la balade pop du début pour en venir à une chanson presque punk (on peut dire ça tu crois ?) ? Ou pour reprendre une métaphore qui revient souvent dans les chansons de Bowie, et notamment dans celle-là (I feel a-tragic like I’m Marlon Brando, mais qui pourra devenir, ailleurs, dans une autre chanson Andy Warhol, Silver Screen / Can’t tell them apart at all, Andy qui ne peut plus faire la différence entre la réalité et le cinéma), quelle projection se joue, dans le regard d’autrui sur soi, quelles images se retrouvent jetées sur l’écran blanc, sur les blancs de nos yeux ? Et c’est quand même une sacrée surprise que l’on se fait à soi-même lorsqu’on réalise après réflexion qu’une intuition qu’on a eu est bonne, que rien n’est gratuit en écriture, et que c’est le texte lui-même qui te l’apprend.

[5Reprise qui, comme d’autres à cette période là explique O’Leary (vérifier) peut se comprendre comme la volonté de Bowie de sortir son pote Iggy Pop de la merde, puisqu’il est fauché dans les années 80 et n’enregistre plus, autant que comme une preuve de la disette créative qui va le traverser pendant ces mêmes années 80, et on a vu effectivement ce que ça donnait ensuite avec des trucs comme Time will crawl et Never let me down. Et O’Leary termine son article sur la formule he (Bowie) shone it up, he sold it well. Il existe d’ailleurs d’autres reprises de cette chanson, plus ou moins officielles et plus ou moins intéressantes. Deux ou trois sur Youtube sortent de l’ordinaire. Ailleurs, celle d’Anna Ternheim, en mineur, un peu à contre emploi, semble la plus personnelle (mais sur le degré it’s-in-the-white-of-my-eyes c’est un contresens complet. À noter également que Haddaway (!) a également enregistré une reprise de China Girl, aussi épouvantable qu’on peut se l’imaginer. En fait, c’est une chanson qui a un très fort potentiel de reprise naze, avec au palmarès une techno-bouse de (il chante ?) Baptiste Giabiconi, qui remplace la moitié de la chanson (celle qui m’intéresse, la monstrueuse) par une espèce de moment rap inept. Un autre dans un EP dont le titre est (!) Zombie Prostitute and Other Ooky Spooky Hits.

030719, version 9 (6 juillet 2019)

Il n’y a plus rien de gratuit dans ce monde. Tout se monnaye. Ça n’est pas toujours de l’argent. Par exemple, lorsque j’amène Poulpir pour sa visite de contrôle à l’École vétérinaire de Maison Alfort, je dois laisser quelque chose à l’entrée. D’ordinaire, c’est ma carte d’identité, et le vigile en recopie scrupuleusement chaque numéro et, je l’imagine, mon nom. Pourquoi ? On ne saura pas. Du reste, on n’a jamais demandé. C’est comme ça. Mais là, à cause de la chaleur, je n’ai pas pris mon portefeuille, et j’ai oublié cette histoire de vigile. Ce sera compliqué. Il fallait que je laisse quelque chose en gage, mais en gage de quoi ? Pas une objet mais une information. Tout ce que j’ai sur moi, et je le lui dis, c’est mas CB. Je n’allais pas rien lui laisser les numéros de la carte. Non, on trouvera autre chose, ce sera un genre de compromis. Il fallait bien noter quelque chose. Je ne pouvais pas passer sans que les registres le mentionnent. Ce sera, donc, mon numéro de téléphone, que je ne connais touours pas par cœur, mais c’est un autre sujet. Derrière, de bonnes nouvelles. Tout va bien our Poulpir. Tout ressemble précisément à ce à quoi c’est censé ressembler. À un moment donné, le vétérinaire fait passser un coton-tige entier dans son oreille et le fait ressortir (!) par le trou crée lors de l’opération. Puis il découpe quelque chose qui a l’air d’offrir une résistance, qu’est-ce que c’est, son oreille ? Non. Juste le bout du coton-tige. Mais de là où je me trouve, on dirait qu’il pratique à la sauvage et sans anesthésie une amputation de l’oreille (et nous revoilà encore avec nos histoires d’amputation). Mais je ne suis pas affolé, ni rien. J’ai confiance. Peut-être est-ce une ânerie de ma part mais, non, je ne le crois pas en fait. C’est bien de s’en remettre à la bonté des inconnus même si, en ce qui le concerne, ce n’est pas réellement un inconnu puisqu’il a opéré en moins d’un an deux bêtes, les nôtres. Je vais maintenant pouvoir reprendre mes recherches d’une poulpe-sitter pour cet été, et là encore ce ne sera pas gratuit, puisque même une visite pour déposer des batonnets ou des légumes ça se monnaye. C’est même plus pervers que ça encore et l’application utilisée pour trouver quelqu’un qui fasse une visite par jour à Pouplir pendant notre absence me dit Vous avez réservé [prénom de la personne] avec succès. Et ça aussi ça se paye : l’accès aux coordonnées de quelqu’un qu’on va payer. Rien n’est gratuit. C’est la même chose en matière de football : lorsqu’un joueur arrive au bout de son contrat et qu’il est donc libre de s’engager avec le club de son choix sans qu’aucun transfert n’intervienne entre les clubs, il négocie très régulièrement une prime à la signature qui peut monter jusqu’à plusieurs millions d’euros. Pourquoi ? Parce que le club n’aura pas à débourser un centime auprès d’un autre club pour, comme on dit, s’attacher ses services (sic), il paye donc (le plus souvent au prix fort, mais moins fort que s’il avait dû réellement l’acheter à quelqu’un) le prix de sa gratuité. Par conséquent, même ce qui est gratuit n’est pas gratuit, et on finit comme ça par te faire payer un service aussi humain que de demander au facteur de vérifier que tes vieux parents sont bien toujours vivants dans leur appartement pendant que tu es à l’autre bout du monde en vacances en train d’oublier tout, à commencer par le fait que tout se monnaye en ce bas monde et que tes parents sont mortels. Rien de gratuit, et tout se transforme. C’est comme cette référence instinctive au début de Eff, que j’ai mis là sans réfléchir, un bout de parole d’une chanson, « China girl » et qui dit, it’s in the white of my eyes. Je croyais que ça l’était (gratuit) mais non. Dans cette chanson, que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve, quand il la reprend pour son album phare (sic) Let’s dance[youtube.com/watch?v=t95kjSUnKyM" class='spip_out' rel='external'>Reprise qui, comme d’autres à cette période là explique O’Leary (vérifier) peut se comprendre comme la volonté de Bowie de sortir son pote Iggy Pop de la merde, puisqu’il est fauché dans les années 80 et n’enregistre plus, autant que comme une preuve de la disette créative qui va le traverser pendant ces mêmes années 80, et on a vu effectivement ce que ça donnait ensuite avec des trucs comme Time will crawl et Never let me down. Et O’Leary termine son article sur la formule he (Bowie) shone it up, he sold it well. Il existe d’ailleurs d’autres reprises de cette chanson, plus ou moins officielles et plus ou moins intéressantes. Deux ou [trois Deux sur Youtube sortent de l’ordinaire. Ailleurs, celle d’Anna Ternheim, en mineur, un peu à contre emploi, semble la plus personnelle (mais sur le degré it’s-in-the-white-of-my-eyes c’est un contresens complet. À noter également que Haddaway (!) a également enregistré une reprise de China Girl, aussi épouvantable qu’on peut se l’imaginer. En fait, c’est une chanson qui a un très fort potentiel de reprise naze, avec au palmarès une techno-bouse de (il chante ?) Baptiste Giabiconi, qui remplace la moitié de la chanson (celle qui m’intéresse, la monstrueuse) par une espèce de moment rap inept. Un autre dans un EP dont le titre est (!) Zombie Prostitute and Other Ooky Spooky Hits.]], on a l’impression que c’est un dandy qui parle, pas un monstre, or cette réplique, it’s in the white of my eyes, est celle d’un monstre, et il faut la distorsion dans la voix d’Iggy pop pour l’interpréter au mieux. Bref, cette chanson, en réalité, raconte l’histoire de deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre car ils ne parlent pas du tout la même langue (à l’origine, cette histoire est une histoire vraie, et XXX la raconte très bien sur son site Pushing the head of the dames, vérifier, qui est depuis devenu un livre, Ashes to ashes). Bowie et Iggy Pop l’ont conçue ensemble, comme toutes les chansons de l’album The idiot il mesemble,au château d’Hérouville, et celle-ci sur des instruments d’enfant, le tout poliment bourrés, bourrés d’après-dîner, dira précieusement Jimmy XXX aka L’iguane aka Iggy. Cette réplique : it’s in the white of my eyes, c’est dans le blanc de mes yeux, que pendant un moment je prendrais par erreur pour it’s in the whites of my eyes, c’est dans les blancs de mes yeux (ce qui serait plus sans doute poétique et tordu, j’avais envie de croire à cette version, mais passons, j’ai déjà passé un certain temps à écouter le son à fond qui prononçait ou non le s surnuméraire) à cause d’une erreur sur un site de lyrics qui a pignon sur rue, je l’ai mise au début du texte sans doute car la chanson passait par là, dans une tête plus tout à fait mienne, au moment de l’écriture, je ne sais plus. Dans le livre, c’est un tag. Dans la chanson, c’est simplement le moment où tout s’écroule, et où le vrai visage du personnage prend le dessus sur tout le reste et se révèle être, non pas un séducteur étranger, mais juste un connard d’impérialiste occidental (j’ai envie de dire de plus). Raison pour laquelle la china girl de la chanson, le fait taire (shhhhhh). Car rien n’est réellement gratuit dans ce monde, à commencer par séduire ou être séduit. Mais j’en reviens aux blancs, au pluriel, de mes yeux. Qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de ses yeux ? Dans la chanson, ce sont des symboles orientaux dénaturés par l’occident. Dans le livre, qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de leurs yeux ? C’est précisément tout le problème, et toute la question qui se joue, ou qui se noue, du moins je l’espère, dans ce livre. Qui est-on quand on est vu par l’autre ? Et surtout, que devient-on ? Quelle créature voit-on, ou vit-on, notamment quand la voix en vient à se déformer à un tel point qu’on s’éloigne brusquement de la balade pop du début pour en venir à une chanson presque punk (on peut dire ça tu crois ?) ? Ou pour reprendre une métaphore qui revient souvent dans les chansons de Bowie, et notamment dans celle-là (I feel a-tragic like I’m Marlon Brando, mais qui pourra devenir, ailleurs, dans une autre chanson Andy Warhol, Silver Screen / Can’t tell them apart at all, Andy qui ne peut plus faire la différence entre la réalité et le cinéma), quelle projection se joue, dans le regard d’autrui sur soi, quelles images se retrouvent jetées sur l’écran blanc, sur les blancs de nos yeux ? Et c’est quand même une sacrée surprise que l’on se fait à soi-même lorsqu’on réalise après réflexion qu’une intuition qu’on a eu est bonne, que rien n’est gratuit en écriture, et que c’est le texte lui-même qui te l’apprend.

030719, version 8 (6 juillet 2019)

Il n’y a plus rien de gratuit dans ce monde. Tout se monnaye. Ça n’est pas toujours de l’argent. Par exemple, lorsque j’amène Poulpir pour sa visite de contrôle à l’École vétérinaire de Maison Alfort, je dois laisser quelque chose à l’entrée. D’ordinaire, c’est ma carte d’identité, et le vigile en recopie scrupuleusement chaque numéro et, je l’imagine, mon nom. Pourquoi ? On ne saura pas. Du reste, on n’a jamais demandé. C’est comme ça. Mais là, à cause de la chaleur, je n’ai pas pris mon portefeuille, et j’ai oublié cette histoire de vigile. Ce sera compliqué. Il fallait que je laisse quelque chose en gage, mais en gage de quoi ? Pas une objet mais une information. Tout ce que j’ai sur moi, et je le lui dis, c’est mas CB. Je n’allais pas rien lui laisser les numéros de la carte. Non, on trouvera autre chose, ce sera un genre de compromis. Il fallait bien noter quelque chose. Je ne pouvais pas passer sans que les registres le mentionnent. Ce sera, donc, mon numéro de téléphone, que je ne connais touours pas par cœur, mais c’est un autre sujet. Derrière, de bonnes nouvelles. Tout va bien our Poulpir. Tout ressemble précisément à ce à quoi c’est censé ressembler. À un moment donné, le vétérinaire fait passser un coton-tige entier dans son oreille et le fait ressortir (!) par le trou crée lors de l’opération. Puis il découpe quelque chose qui a l’air d’offrir une résistance, qu’est-ce que c’est, son oreille ? Non. Juste le bout du coton-tige. Mais de là où je me trouve, on dirait qu’il pratique à la sauvage et sans anesthésie une amputation de l’oreille (et nous revoilà encore avec nos histoires d’amputation). Mais je ne suis pas affolé, ni rien. J’ai confiance. Peut-être est-ce une ânerie de ma part mais, non, je ne le crois pas en fait. C’est bien de s’en remettre à la bonté des inconnus même si, en ce qui le concerne, ce n’est pas réellement un inconnu puisqu’il a opéré en moins d’un an deux bêtes, les nôtres. Je vais maintenant pouvoir reprendre mes recherches d’une poulpe-sitter pour cet été, et là encore ce ne sera pas gratuit, puisque même une visite pour déposer des batonnets ou des légumes ça se monnaye. C’est même plus pervers que ça encore et l’application utilisée pour trouver quelqu’un qui fasse une visite par jour à Pouplir pendant notre absence me dit Vous avez réservé [prénom de la personne] avec succès. Et ça aussi ça se paye : l’accès aux coordonnées de quelqu’un qu’on va payer. Rien n’est gratuit. C’est la même chose en matière de football : lorsqu’un joueur arrive au bout de son contrat et qu’il est donc libre de s’engager avec le club de son choix sans qu’aucun transfert n’intervienne entre les clubs, il négocie très régulièrement une prime à la signature qui peut monter jusqu’à plusieurs millions d’euros. Pourquoi ? Parce que le club n’aura pas à débourser un centime auprès d’un autre club pour, comme on dit, s’attacher ses services (sic), il paye donc (le plus souvent au prix fort, mais moins fort que s’il avait dû réellement l’acheter à quelqu’un) le prix de sa gratuité. Par conséquent, même ce qui est gratuit n’est pas gratuit, et on finit comme ça par te faire payer un service aussi humain que de demander au facteur de vérifier que tes vieux parents sont bien toujours vivants dans leur appartement pendant que tu es à l’autre bout du monde en vacances en train d’oublier tout, à commencer par le fait que tout se monnaye en ce bas monde et que tes parents sont mortels. Rien de gratuit, et tout se transforme. C’est comme cette référence instinctive au début de Eff, que j’ai mis là sans réfléchir, un bout de parole d’une chanson, « China girl » et qui dit, it’s in the white of my eyes. Je croyais que ça l’était (gratuit) mais non. Dans cette chanson, que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve, quand il la reprend pour son album phare (sic) Let’s dance [6] Un autre dans un EP dont le titre est (!) Zombie Prostitute and Other Ooky Spooky Hits.]], on a l’impression que c’est un dandy qui parle, pas un monstre, or cette réplique, it’s in the white of my eyes, est celle d’un monstre, et il faut la distorsion dans la voix d’Iggy pop pour l’interpréter au mieux. Bref, cette chanson, en réalité, raconte l’histoire de deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre car ils ne parlent pas du tout la même langue (à l’origine, cette histoire est une histoire vraie, et XXX la raconte très bien sur son site Pushing the head of the dames, vérifier, qui est depuis devenu un livre, Ashes to ashes). Bowie et Iggy Pop l’ont conçue ensemble, comme toutes les chansons de l’album The idiot il mesemble,au château d’Hérouville, et celle-ci sur des instruments d’enfant, le tout poliment bourrés, bourrés d’après-dîner, dira précieusement Jimmy XXX aka L’iguane aka Iggy. Cette réplique : it’s in the white of my eyes, c’est dans le blanc de mes yeux, que pendant un moment je prendrais par erreur pour it’s in the whites of my eyes, c’est dans les blancs de mes yeux (ce qui serait plus sans doute poétique et tordu, j’avais envie de croire à cette version, mais passons, j’ai déjà passé un certain temps à écouter le son à fond qui prononçait ou non le s surnuméraire) à cause d’une erreur sur un site de lyrics qui a pignon sur rue, je l’ai mise au début du texte sans doute car la chanson passait par là, dans une tête plus tout à fait mienne, au moment de l’écriture, je ne sais plus. Dans le livre, c’est un tag. Dans la chanson, c’est simplement le moment où tout s’écroule, et où le vrai visage du personnage prend le dessus sur tout le reste et se révèle être, non pas un séducteur étranger, mais juste un connard d’impérialiste occidental (j’ai envie de dire de plus). Raison pour laquelle la china girl de la chanson, le fait taire (shhhhhh). Car rien n’est réellement gratuit dans ce monde, à commencer par séduire ou être séduit. Mais j’en reviens aux blancs, au pluriel, de mes yeux. Qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de ses yeux ? Dans la chanson, ce sont des symboles orientaux dénaturés par l’occident. Dans le livre, qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de leurs yeux ? C’est précisément tout le problème, et toute la question qui se joue, ou qui se noue, du moins je l’espère, dans ce livre. Qui est-on quand on est vu par l’autre ? Et surtout, que devient-on ? Quelle créature voit-on, ou vit-on, notamment quand la voix en vient à se déformer à un tel point qu’on s’éloigne brusquement de la balade pop du début pour en venir à une chanson presque punk (on peut dire ça tu crois ?) ? Ou pour reprendre une métaphore qui revient souvent dans les chansons de Bowie, et notamment dans celle-là (I feel a-tragic like I’m Marlon Brando, mais qui pourra devenir, ailleurs, dans une autre chanson Andy Warhol, Silver Screen / Can’t tell them apart at all, Andy qui ne peut plus faire la différence entre la réalité et le cinéma), quelle projection se joue, dans le regard d’autrui sur soi, quelles images se retrouvent jetées sur l’écran blanc, sur les blancs de nos yeux ? Et c’est quand même une sacrée surprise que l’on se fait à soi-même lorsqu’on réalise après réflexion qu’une intuition qu’on a eu est bonne, que rien n’est gratuit en écriture, et que c’est le texte lui-même qui te l’apprend.

[6Reprise qui, comme d’autres à cette période là explique O’Leary (vérifier) peut se comprendre comme la volonté de Bowie de sortir son pote Iggy Pop de la merde, puisqu’il est fauché dans les années 80 et n’enregistre plus, autant que comme une preuve de la disette créative qui va le traverser pendant ces mêmes années 80, et on a vu effectivement ce que ça donnait ensuite avec des trucs comme Time will crawl et Never let me down. Et O’Leary termine son article sur la formule he (Bowie) shone it up, he sold it well. Il existe d’ailleurs d’autres reprises de cette chanson, plus ou moins officielles et plus ou moins intéressantes. Deux sur Youtube sortent de l’ordinaire. Ailleurs, celle d’Anna Ternheim, en mineur, un peu à contre emploi, semble la plus personnelle (mais sur le degré it’s-in-the-white-of-my-eyes c’est un contresens complet. À noter également que Haddaway (!) a également enregistré une reprise de China Girl, aussi épouvantable qu’on peut se l’imaginer. En fait, c’est une chanson qui a un très fort potentiel de reprise naze, avec au palmarès une techno-bouse de (il chante ?) Baptiste Giabiconi, qui remplace la moitié de la chanson (celle qui m’intéresse, la monstrueuse) par une espèce de moment rap inept. .

030719, version 7 (6 juillet 2019)

Il n’y a plus rien de gratuit dans ce monde. Tout se monnaye. Ça n’est pas toujours de l’argent. Par exemple, lorsque j’amène Poulpir pour sa visite de contrôle à l’École vétérinaire de Maison Alfort, je dois laisser quelque chose à l’entrée. D’ordinaire, c’est ma carte d’identité, et le vigile en recopie scrupuleusement chaque numéro et, je l’imagine, mon nom. Pourquoi ? On ne saura pas. Du reste, on n’a jamais demandé. C’est comme ça. Mais là, à cause de la chaleur, je n’ai pas pris mon portefeuille, et j’ai oublié cette histoire de vigile. Ce sera compliqué. Il fallait que je laisse quelque chose en gage, mais en gage de quoi ? Pas une objet mais une information. Tout ce que j’ai sur moi, et je le lui dis, c’est mas CB. Je n’allais pas rien lui laisser les numéros de la carte. Non, on trouvera autre chose, ce sera un genre de compromis. Il fallait bien noter quelque chose. Je ne pouvais pas passer sans que les registres le mentionnent. Ce sera, donc, mon numéro de téléphone, que je ne connais touours pas par cœur, mais c’est un autre sujet. Derrière, de bonnes nouvelles. Tout va bien our Poulpir. Tout ressemble précisément à ce à quoi c’est censé ressembler. À un moment donné, le vétérinaire fait passser un coton-tige entier dans son oreille et le fait ressortir (!) par le trou crée lors de l’opération. Puis il découpe quelque chose qui a l’air d’offrir une résistance, qu’est-ce que c’est, son oreille ? Non. Juste le bout du coton-tige. Mais de là où je me trouve, on dirait qu’il pratique à la sauvage et sans anesthésie une amputation de l’oreille (et nous revoilà encore avec nos histoires d’amputation). Mais je ne suis pas affolé, ni rien. J’ai confiance. Peut-être est-ce une ânerie de ma part mais, non, je ne le crois pas en fait. C’est bien de s’en remettre à la bonté des inconnus même si, en ce qui le concerne, ce n’est pas réellement un inconnu puisqu’il a opéré en moins d’un an deux bêtes, les nôtres. Je vais maintenant pouvoir reprendre mes recherches d’une poulpe-sitter pour cet été, et là encore ce ne sera pas gratuit, puisque même une visite pour déposer des batonnets ou des légumes ça se monnaye. C’est même plus pervers que ça encore et l’application utilisée pour trouver quelqu’un qui fasse une visite par jour à Pouplir pendant notre absence me dit Vous avez réservé [prénom de la personne] avec succès. Et ça aussi ça se paye : l’accès aux coordonnées de quelqu’un qu’on va payer. Rien n’est gratuit. C’est la même chose en matière de football : lorsqu’un joueur arrive au bout de son contrat et qu’il est donc libre de s’engager avec le club de son choix sans qu’aucun transfert n’intervienne entre les clubs, il négocie très régulièrement une prime à la signature qui peut monter jusqu’à plusieurs millions d’euros. Pourquoi ? Parce que le club n’aura pas à débourser un centime auprès d’un autre club pour, comme on dit, s’attacher ses services (sic), il paye donc (le plus souvent au prix fort, mais moins fort que s’il avait dû réellement l’acheter à quelqu’un) le prix de sa gratuité. Par conséquent, même ce qui est gratuit n’est pas gratuit, et on finit comme ça par te faire payer un service aussi humain que de demander au facteur de vérifier que tes vieux parents sont bien toujours vivants dans leur appartement pendant que tu es à l’autre bout du monde en vacances en train d’oublier tout, à commencer par le fait que tout se monnaye en ce bas monde et que tes parents sont mortels. Rien de gratuit, et tout se transforme. C’est comme cette référence instinctive au début de Eff, que j’ai mis là sans réfléchir, un bout de parole d’une chanson, « China girl » et qui dit, it’s in the white of my eyes. Je croyais que ça l’était (gratuit) mais non. Dans cette chanson, que Bowie n’arrive pas à interpréter correctement je trouve, quand il la reprend pour son album phare (sic) Let’s dance [7] En fait, c’est une chanson qui a un très fort potentiel de reprise naze, avec au palmarès une techno-bouse de (il chante ?) Baptiste Giabiconi, qui remplace la moitié de la chanson (celle qui m’intéresse, la monstrueuse) par une espèce de moment rap inept.]], on a l’impression que c’est un dandy qui parle, pas un monstre, or cette réplique, it’s in the white of my eyes, est celle d’un monstre, et il faut la distorsion dans la voix d’Iggy pop pour l’interpréter au mieux. Bref, cette chanson, en réalité, raconte l’histoire de deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre car ils ne parlent pas du tout la même langue (à l’origine, cette histoire est une histoire vraie, et XXX la raconte très bien sur son site Pushing the head of the dames, vérifier, qui est depuis devenu un livre, Ashes to ashes). Bowie et Iggy Pop l’ont conçue ensemble, comme toutes les chansons de l’album The idiot il mesemble,au château d’Hérouville, et celle-ci sur des instruments d’enfant, le tout poliment bourrés, bourrés d’après-dîner, dira précieusement Jimmy XXX aka L’iguane aka Iggy. Cette réplique : it’s in the white of my eyes, c’est dans le blanc de mes yeux, que pendant un moment je prendrais par erreur pour it’s in the whites of my eyes, c’est dans les blancs de mes yeux (ce qui serait plus sans doute poétique et tordu, j’avais envie de croire à cette version, mais passons, j’ai déjà passé un certain temps à écouter le son à fond qui prononçait ou non le s surnuméraire) à cause d’une erreur sur un site de lyrics qui a pignon sur rue, je l’ai mise au début du texte sans doute car la chanson passait par là, dans une tête plus tout à fait mienne, au moment de l’écriture, je ne sais plus. Dans le livre, c’est un tag. Dans la chanson, c’est simplement le moment où tout s’écroule, et où le vrai visage du personnage prend le dessus sur tout le reste et se révèle être, non pas un séducteur étranger, mais juste un connard d’impérialiste occidental (j’ai envie de dire de plus). Raison pour laquelle la china girl de la chanson, le fait taire (shhhhhh). Car rien n’est réellement gratuit dans ce monde, à commencer par séduire ou être séduit. Mais j’en reviens aux blancs, au pluriel, de mes yeux. Qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de ses yeux ? Dans la chanson, ce sont des symboles orientaux dénaturés par l’occident. Dans le livre, qu’est-ce qu’il y a dans les blancs de leurs yeux ? C’est précisément tout le problème, et toute la question qui se joue, ou qui se noue, du moins je l’espère, dans ce livre. Qui est-on quand on est vu par l’autre ? Et surtout, que devient-on ? Quelle créature voit-on, ou vit-on, notamment quand la voix en vient à se déformer à un tel point qu’on s’éloigne brusquement de la balade pop du début pour en venir à une chanson presque punk (on peut dire ça tu crois ?) ? Ou pour reprendre une métaphore qui revient souvent dans les chansons de Bowie, et notamment dans celle-là (I feel a-tragic like I’m Marlon Brando, mais qui pourra devenir, ailleurs, dans une autre chanson Andy Warhol, Silver Screen / Can’t tell them apart at all, Andy qui ne peut plus faire la différence entre la réalité et le cinéma), quelle projection se joue, dans le regard d’autrui sur soi, quelles images se retrouvent jetées sur l’écran blanc, sur les blancs de nos yeux ? Et c’est quand même une sacrée surprise que l’on se fait à soi-même lorsqu’on réalise après réflexion qu’une intuition qu’on a eu est bonne, que rien n’est gratuit en écriture, et que c’est le texte lui-même qui te l’apprend.

[7Reprise qui, comme d’autres à cette période là explique O’Leary (vérifier) peut se comprendre comme la volonté de Bowie de sortir son pote Iggy Pop de la merde, puisqu’il est fauché dans les années 80 et n’enregistre plus, autant que comme une preuve de la disette créative qui va le traverser pendant ces mêmes années 80, et on a vu effectivement ce que ça donnait ensuite avec des trucs comme Time will crawl et Never let me down. Et O’Leary termine son article sur la formule he (Bowie) shone it up, he sold it well. Il existe d’ailleurs d’autres reprises de cette chanson, plus ou moins officielles et plus ou moins intéressantes. Deux sur Youtube sortent de l’ordinaire. Ailleurs, celle d’Anna Ternheim, en mineur, un peu à contre emploi, semble la plus personnelle (mais sur le degré it’s-in-the-white-of-my-eyes c’est un contresens complet. À noter également que Haddaway (!) a également enregistré une reprise de China Girl, aussi épouvantable qu’on peut se l’imaginer. .

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