040719


Et voilà comment j’ai commencé à lire L’éducation sentimentale, que je n’avais jusque-là jamais lu au fil de mes études. Là, j’en ai besoin pour Eff. C’est froid, c’est sec, je surligne des trucs. Ça me va. Et si je trouve une qualité au troisième et dernier tome des Royaumes du Nord, de Philip Pullman, c’est combien le livre parvient à se construire sur un décentrement de l’intrigue. Dans un moment comme celui-là (dernier épisode d’une trilogie), on s’attendrait à un grand ramdam final, avec champ de bataille épique à la clé. C’est bien le cas, mais ce n’est pas comme on pourrait le penser l’acmé du livre, et d’ailleurs ça ne se trouve pas à la toute fin. Ce qui vient après est autrement plus important, et plus chargé en émotion, je trouve, et toute la force du livre se trouve là. En définitive, j’ai l’impression que ce livre échoue là où les deux précédents fonctionnaient : là où ils se désintéressaient, au fond, de l’histoire des adultes. On avait le sentiment qu’il se passait quelque chose d’extrêmement important, voire d’extrêmement grave, en toile de fond, mais c’était toujours de petits actes assez humbles que réalisaient (ou pas) les héros, qui sont des enfants. Or, dans le troisième tome, The Amber Spyglass, c’est le contraire : on s’intéresse beaucoup plus aux histoires des adultes, il y a beaucoup de personnages dont il faut ménager des temps de présence conséquents (pas toujours de façon très harmonieuse d’ailleurs) et les deux héros sont soit un peu délaissés soit au contraire beaucoup trop impliqués dans des luttes cruciales (donc peu vraisemblables). Ce qui était exhaltant dans les précédents, c’était cette impression que tout allait trop vite pour eux, qu’ils n’étaient pas de taille à lutter. Or, là, ils sont sur le devant de la scène et ça n’est plus cohérent. Sauf lors des cinquante dernières pages environ, où nous revoilà au centre de leur histoire à eux, pas celle d’un monde ou d’un univers, mais quelque chose de très humain, de très petit aussi, d’intime. Est-ce que savoir ça me permet d’avancer dans quelque chantier narratif que ce soit ? Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain mais, tout de même, ce n’est pas rien. Ce qu’il faudrait faire à ce stade (c’est-à-dire à ce stade de focalisation sur Eff), c’est prendre mes autres projets mentaux, les fixer quelque part, en isoler des notes, pour pouvoir reprendre ça un autre jour ou quoi. Mais je rechigne. Pourquoi ?

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040719, version 7 (4 août 2019)

Chaque fois que je prends un médicament quelconque, je crains d’avaler en même temps une bulle d’air, et que cette bulle d’air va finir par me remonter dans le cœur et me faire périr d’une embolie pulmonaire. La bulle d’air, parfois je l’avale mais jamais elle ne se métamorphose en embolie pulmonaire, d’ailleurs je me doute bien que ce n’est pas comme ça que se forment les embolies, pulmonaires ou non, mais comme je prends trois trucs différents chaque soir (60mg de Nocertone, 1mg de Mélatonine et 2,9mg de Mélatonine — pourquoi ne vendent-ils pas directement des cachets à 3g ?), je me dis trois fois de suite chaque soir que je vais sans doute mourir d’une embolie pulmonaire, ce qui est un brin excessif comme truc à se dire quand la nuit prend possession de nous si tu veux mon avis. Et voilà comment En réalité , je ne pense pas ça vraiment , j’en suis tout simplement venu à apprivoiser cette idée , et elle moi , et c’est comme ça que j’ai commencé à lire L’éducation sentimentale, que je n’avais jusque-là jamais lu au fil de mes études. Là, j’en ai besoin pour Eff. C’est froid, c’est sec, je surligne des trucs. Ça me va. Et si je trouve une qualité au troisième et dernier tome des Royaumes du Nord, de Philip Pullman, c’est combien le livre parvient à se construire sur un décentrement de l’intrigue. Dans un moment comme celui-là (dernier épisode d’une trilogie), on s’attendrait à un grand ramdam final, avec champ de bataille épique à la clé. C’est bien le cas, mais ce n’est pas comme on pourrait le penser l’acmé du livre, et d’ailleurs ça ne se trouve pas à la toute fin. Ce qui vient après est autrement plus important, et plus chargé en émotion, je trouve, et toute la force du livre se trouve là. En définitive, j’ai l’impression que ce livre échoue là où les deux précédents fonctionnaient : là où ils se désintéressaient, au fond, de l’histoire des adultes. On avait le sentiment qu’il se passait quelque chose d’extrêmement important, voire d’extrêmement grave, en toile de fond, mais c’était toujours de petits actes petites choses assez humbles que réalisaient (ou pas) les héros, qui sont des enfants. Or, dans le troisième tome, The Amber Spyglass, c’est le contraire : on s’intéresse beaucoup plus aux histoires des adultes, il y a beaucoup de personnages dont il faut ménager des temps de présence conséquents (pas toujours de façon très harmonieuse d’ailleurs) et les deux héros sont soit un peu délaissés soit au contraire beaucoup trop impliqués dans des luttes cruciales (donc peu vraisemblables). Ce qui était exhaltant dans les précédents, c’était cette impression que tout allait trop vite pour eux, qu’ils n’étaient pas de taille à lutter. Or, là, ils sont sur le devant de la scène et ça n’est plus cohérent. Sauf lors des cinquante dernières pages environ, où nous revoilà au centre de leur histoire à eux, pas celle d’un monde ou d’un univers, mais quelque chose de très humain, de très petit aussi, d’intime. Est-ce que savoir ça me permet d’avancer dans quelque chantier narratif que ce soit ? Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain mais, tout de même, ce n’est pas rien. Ce qu’il faudrait faire à ce stade (c’est-à-dire à ce stade de focalisation sur Eff), c’est prendre mes autres projets mentaux, les fixer quelque part, en isoler des notes, pour pouvoir reprendre ça un autre jour ou quoi. Mais je rechigne. Pourquoi ?
Philip Pullman, Gustave Flaubert, L’effervescence
jpg/img_20190703_115633_195.jpg

040719, version 6 (3 août 2019)

Chaque fois que je prends un médicament quelconque, je crains d’avaler en même temps que le cachet une bulle d’air, et que cette bulle d’air va finir par me remonter dans le cœur et me faire périr d’une embolie pulmonaire. La bulle d’air, parfois je l’avale mais jamais elle ne se métamorphose en embolie pulmonaire, d’ailleurs je me doute bien que ce n’est pas comme ça que se forment les embolies, pulmonaires ou non, mais comme je prends trois trucs différents chaque soir (60mg de Nocertone, 1mg de Mélatonine et 2,9mg de Mélatonine — pourquoi ne vendent-ils pas directement des cachets à 3g ?), je me dis trois fois de suite chaque soir que je vais sans doute mourir d’une embolie pulmonaire, ce qui est un brin excessif comme truc à se dire quand la nuit prend possession de nous si tu veux mon avis. En réalité, je ne pense pas ça vraiment, j’en suis tout simplement venu à apprivoiser cette idée, et elle moi, et c’est comme ça que j’ai commencé à lire L’éducation sentimentale, que je n’avais jusque-là jamais lu au fil de mes études, et , j’en ai besoin pour Eff . Mais c’est une belle idée à partager dans un journal , j’en ai besoin pour Eff je trouve . C’est froid, c’est sec, je surligne des trucs. Ça me va. Et si je trouve une qualité au troisième et dernier tome des Royaumes du Nord, de Philip Pullman, c’est combien le livre parvient à se construire sur un décentrement de l’intrigue. Dans un moment comme celui-là (dernier épisode d’une trilogie), on s’attendrait à un grand ramdam final, avec champ de bataille épique à la clé. C’est bien le cas, mais ce n’est pas comme on pourrait le penser l’acmé du livre, et d’ailleurs ça ne se trouve pas à la toute fin. Ce qui vient après est autrement plus important, et plus chargé en émotion, je trouve, et toute la force du livre se trouve là. En définitive, j’ai l’impression que ce livre échoue là où les deux précédents fonctionnaient : là où ils se désintéressaient, au fond, de l’histoire des adultes. On avait le sentiment qu’il se passait quelque chose d’extrêmement important, voire d’extrêmement grave, en toile de fond, mais c’était toujours de petites choses assez humbles que réalisaient (ou pas) les héros, qui sont des enfants. Or, dans le troisième tome, The Amber Spyglass, c’est le contraire : on s’intéresse beaucoup plus aux histoires des adultes, il y a beaucoup de personnages dont il faut ménager des temps de présence conséquents (pas toujours de façon très harmonieuse d’ailleurs) et les deux héros sont soit un peu délaissés soit au contraire beaucoup trop impliqués dans des luttes cruciales (donc peu vraisemblables). Ce qui était exhaltant dans les précédents, c’était cette impression que tout allait trop vite pour eux, qu’ils n’étaient pas de taille à lutter. Or, là, ils sont sur le devant de la scène et ça n’est plus cohérent. Sauf lors des cinquante dernières pages environ, où nous revoilà au centre de leur histoire à eux, pas celle d’un monde ou d’un univers, mais quelque chose de très humain, de très petit aussi, d’intime. Est-ce que savoir ça me permet d’avancer dans quelque chantier narratif que ce soit ? Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain mais, tout de même, ce n’est pas rien. Ce qu’il faudrait faire à ce stade (c’est-à-dire à ce stade de focalisation sur Eff), c’est prendre mes autres projets mentaux, les fixer quelque part, en isoler des notes, pour pouvoir reprendre ça un autre jour ou quoi. Mais je rechigne. Pourquoi ? Je crois qu’une part de moi se dit que, pour ce projet auquel je pense et dont je ne peux pas, pour des raisons qui me regardent, parler ici, il ne faudrait rien noter, que seule la mémoire narrative devrait lui permettre d’exister. Qu’est-ce que c’est que ce machin ? Se dire par exemple que c’est une histoire qu’il faut non pas prendre en note ou écrire, pour l’instant, mais uniquement se raconter à soi-même. Et si oubli il y a (forcément quand on ne note rien), il faudrait accepter ça. Cela ferait partie de la règle du jeu. Et on ne conserverait finalement que ce qui avait au fond tellement de poids par soi-même qu’il nous serait impossible, même à plusieurs années de distance, de l’oublier. Je ne crois pas que je me plierai réellement à ça. Et probablement qu’un jour ou l’autre, oui, je finirai par prendre en note quelque chose.

040719, version 5 (1er août 2019)

Chaque fois que je prends un médicament quelconque, je crains d’avaler en même temps que le cachet une bulle d’air, et que cette bulle d’air va finir par me remonter dans le cœur et me faire périr d’une embolie pulmonaire. La bulle d’air parfois je l’avale , oui , mais jamais elle ne se métamorphose en embolie pulmonaire, d’ailleurs je me doute bien que ce n’est pas comme ça que se forment forme les embolies, pulmonaires ou non , mais comme je prends trois trucs différents chaque soir (60mg de Nocertone, 1mg de Mélatonine et 2,9mg de Mélatonine — pourquoi ne vendent-ils pas directement des cachets à 3g ?), je me dis trois fois de suite chaque soir que je vais sans doute mourir d’une embolie pulmonaire, ce qui est un brin excessif comme truc à se dire quand la nuit prend possession de nous si tu veux mon avis. En réalité, je ne pense pas ça vraiment, j’en suis tout simplement venu à apprivoiser cette idée, et elle moi, et c’est comme ça que j’ai commencé à lire L’éducation sentimentale, que je n’avais jusque-là jamais lu au fil de mes études , ( j’avais trouver moyen d’y échapper ), et là, j’en ai besoin pour Eff. C’est froid, c’est sec, je surligne des trucs. Ça me va. Et si je trouve une qualité au troisième et dernier tome des Royaumes du Nord, de Philip Pullman, c’est combien le livre parvient à se construire sur un décentrement de l’intrigue. Dans un moment comme celui-là (dernier épisode d’une trilogie), on s’attendrait à un grand ramdam final, avec champ de bataille épique à la clé. C’est bien le cas, mais ce n’est pas comme on pourrait le penser l’acmé du livre, et d’ailleurs ça ne se trouve pas à la toute fin. Ce qui vient après est autrement plus important, et plus chargé en émotion, je trouve, et toute la force du livre se trouve là. En définitive, j’ai l’impression que ce livre échoue là où les deux précédents fonctionnaient : là où ils se désintéressaient, au fond, de l’histoire des adultes. On avait le sentiment qu’il se passait quelque chose d’extrêmement important, voire d’extrêmement grave, en toile de fond, mais c’était toujours de petites choses assez humbles que réalisaient (ou pas) les héros, qui sont des enfants. Or, dans le troisième tome, The Amber Spyglass, c’est le contraire : on s’intéresse beaucoup plus aux histoires des adultes, il y a beaucoup de personnages dont il faut ménager des temps de présence conséquents (pas toujours de façon très harmonieuse d’ailleurs) et les deux héros sont soit un peu délaissés soit au contraire beaucoup trop impliqués dans des luttes cruciales ( donc peu vraisemblables ). . Ce qui était exhaltant dans les précédents, c’était cette impression que tout allait trop vite pour eux, qu’ils n’étaient pas de taille à lutter. Or, là, ils sont sur le devant de la scène et ça n’est plus cohérent. Sauf , lors des cinquante dernières pages environ, où nous revoilà au centre de leur histoire à eux, pas celle d’un monde ou d’un univers, mais quelque chose de très humain, de très petit aussi, d’intime. Est-ce que savoir ça me permet d’avancer dans quelque chantier narratif que ce soit ? Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain mais, tout de même, ce n’est pas rien. Ce qu’il faudrait faire à ce stade (c’est-à-dire à ce stade de focalisation sur Eff), c’est prendre mes autres projets mentaux, les fixer quelque part, en isoler des notes, pour pouvoir reprendre ça un autre jour ou quoi. Mais je rechigne. Pourquoi ? Je crois qu’une part de moi se dit que, pour ce projet auquel je pense et dont je ne peux pas, pour des raisons qui me regardent X ou Y , parler ici, il ne faudrait rien noter, que seule la mémoire narrative devrait lui permettre d’exister. Qu’est-ce que c’est que ce machin ? Se dire par exemple que c’est une histoire qu’il faut non pas prendre en note ou écrire, pour l’instant, mais uniquement se raconter à soi-même. Et si oubli il y a (forcément quand on ne note rien), il faudrait accepter ça. Cela ferait partie de la règle du jeu. Et on ne conserverait finalement que ce qui avait au fond tellement de poids par soi-même qu’il nous serait impossible, même à plusieurs années de distance, de l’oublier. Je ne crois pas que je me plierai réellement à ça. Et probablement qu’un jour ou l’autre, oui, je finirai par prendre en note quelque chose. Mais c’est une belle idée à partager dans un journal, je trouve.

040719, version 4 (29 juillet 2019)

Chaque fois que je prends un médicament quelconque, je crains d’avaler en même temps que le cachet une bulle d’air, et que cette bulle d’air va finir par me remonter dans le cœur et me faire périr d’une embolie pulmonaire. La bulle d’air parfois je l’avale, oui, mais jamais elle ne se métamorphose en embolie pulmonaire, d’ailleurs je me doute bien que ce n’est pas comme ça que se forme les embolies pulmonaires, mais comme je prends trois trucs différents chaque soir (60mg de Nocertone, 1mg de Mélatonine et 2,9mg de Mélatonine Mélatonie — pourquoi ne vendent-ils pas directement des cachets à 3g ?), je me dis trois fois de suite chaque soir que je vais sans doute mourir d’une embolie pulmonaire, ce qui est un brin excessif comme truc à se dire quand la nuit prend possession de nous si tu veux mon avis. En réalité, je ne pense pas ça vraiment, j’en suis tout simplement venu à apprivoiser cette idée, et elle moi, et c’est comme ça que j’ai commencé à lire L’éducation sentimentale, que je n’avais jusque-là jamais lu (j’avais dû trouver moyen d’y échapper), et là, j’en ai besoin pour Eff. C’est froid, c’est sec, je surligne des trucs. Ça me va. Et si je trouve une qualité au troisième et dernier tome des Royaumes du Nord, de Philip Pullman, c’est combien le livre parvient à se construire sur un décentrement de l’intrigue. Dans un moment comme celui-là (dernier épisode d’une trilogie), on s’attendrait à un grand ramdam final, avec champ de bataille épique à la clé. C’est bien le cas, mais ce n’est pas comme on pourrait le penser l’acmé du livre, et d’ailleurs ça ne se trouve pas à la toute fin. Ce qui vient après est autrement plus important, et plus chargé en émotion, je trouve, et toute la force du livre se trouve là. En définitive, j’ai l’impression que ce livre échoue là où les deux précédents fonctionnaient : là où ils se désintéressaient, au fond, de l’histoire des adultes. On avait le sentiment qu’il se passait quelque chose d’extrêmement important, voire d’extrêmement grave, en toile de fond, mais c’était toujours de petites choses assez humbles que réalisaient (ou pas) les héros, qui sont des enfants. Or, dans le troisième tome, The Amber Spyglass, c’est le contraire : on s’intéresse beaucoup plus aux histoires des adultes, il y a beaucoup de personnages dont il faut ménager des temps de présence conséquents (pas toujours de façon très harmonieuse d’ailleurs) et les deux héros sont soit un peu délaissés soit au contraire beaucoup trop impliqués dans des luttes cruciales. Ce qui était exhaltant dans les précédents, c’était cette impression que tout allait trop vite pour eux, qu’ils n’étaient pas de taille à lutter. Or, là, ils sont sur le devant de la scène et ça n’est plus cohérent. Sauf, lors des cinquante dernières pages environ, où nous revoilà au centre de leur histoire à eux, pas celle d’un monde ou d’un univers, mais quelque chose de très humain, de très petit aussi, d’intime. Est-ce que savoir ça me permet d’avancer dans quelque chantier narratif que ce soit ? Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain mais, tout de même, ce n’est pas rien. Ce qu’il faudrait faire à ce stade (c’est-à-dire à ce stade de focalisation sur Eff), c’est prendre mes autres projets mentaux, les fixer quelque part, en isoler des notes, pour pouvoir reprendre ça un autre jour ou quoi. Mais je rechigne. Pourquoi ? Je crois qu’une part de moi se dit que, pour ce projet auquel je pense et dont je ne peux pas, pour des raisons X ou Y, parler ici, il ne faudrait rien noter, que seule la mémoire narrative devrait lui permettre d’exister. Qu’est-ce que c’est que ce machin ? Se dire par exemple que c’est une histoire qu’il faut non pas prendre en note ou écrire, pour l’instant, mais uniquement se raconter à soi-même. Et si oubli il y a (forcément quand on ne note rien), il faudrait accepter ça. Cela ferait partie de la règle du jeu. Et on ne conserverait finalement que ce qui avait au fond tellement de poids par soi-même qu’il nous serait impossible, même à plusieurs années de distance, de l’oublier. Je ne crois pas que je me plierai réellement à ça. Et probablement qu’un jour ou l’autre, oui, je finirai par prendre en note quelque chose. Mais c’est une belle idée à partager dans un journal, je trouve.

040719, version 3 (4 juillet 2019)

Chaque fois que je prends un médicament quelconque, je crains d’avaler en même temps que le cachet une bulle d’air, et que cette bulle d’air va finir par me remonter dans le cœur et me faire périr d’une embolie pulmonaire. La bulle d’air parfois je l’avale, oui, mais jamais elle ne se métamorphose en embolie pulmonaire, d’ailleurs je me doute bien que ce n’est pas comme ça que se forme les embolies pulmonaires, mais comme je prends trois trucs différents chaque soir (60mg de Nocertone, 1mg de Mélatonine et 2,9mg de Mélatonie , d’ailleurs pourquoi ne vendent-ils pas directement des cachets à 3g ?), je me dis trois fois de suite chaque soir que je vais sans doute mourir d’une embolie pulmonaire, ce qui est un brin excessif comme truc à se dire quand la nuit prend possession des territoires de nous la ville si tu veux mon avis. En réalité, je ne pense pas ça vraiment réellement , j’en suis tout simplement venu à apprivoiser cette idée, et elle moi, et c’est comme ça que j’ai commencé à lire L’éducation sentimentale, que je n’avais jusque-là jamais lu (j’avais dû trouver moyen d’y échapper), et là, j’en ai besoin pour Eff. C’est froid, c’est sec, je surligne des trucs. Ça me va. Et si je trouve une qualité au troisième et dernier tome des Royaumes du Nord, de Philip Pullman, c’est combien le livre parvient à se construire sur un décentrement de l’intrigue. Dans un moment comme celui-là (dernier épisode d’une trilogie), on s’attendrait à un grand ramdam final, avec champ de bataille épique à la clé. C’est bien le cas, mais ce n’est pas comme on pourrait le penser l’acmé du livre, et d’ailleurs ça ne se trouve pas à la toute fin. Ce qui vient après est autrement plus important, et plus chargé en émotion, je trouve, et toute la force du livre se trouve là. En définitive, j’ai l’impression que ce livre échoue là où les deux précédents fonctionnaient : là où ils se désintéressaient, au fond, de l’histoire des adultes. On avait le sentiment qu’il se passait quelque chose d’extrêmement important, voire d’extrêmement grave, en toile de fond, mais c’était toujours de petites choses assez humbles que réalisaient (ou pas) les héros, qui sont des enfants. Or, dans le troisième tome, The Amber Spyglass, c’est le contraire : on s’intéresse beaucoup plus aux histoires des adultes, il y a beaucoup de personnages dont il faut ménager des temps de présence conséquents (pas toujours de façon très harmonieuse d’ailleurs) et les deux héros sont soit un peu délaissés soit au contraire beaucoup trop impliqués dans des luttes cruciales. Ce qui était exhaltant dans les précédents, c’était cette impression que tout allait trop vite pour eux, qu’ils n’étaient pas de taille à lutter. Or, là, ils sont sur le devant de la scène et ça n’est plus cohérent. Sauf, lors des cinquante dernières pages environ, où nous revoilà au centre de leur histoire à eux, pas celle d’un monde ou d’un univers, mais quelque chose de très humain, de très petit aussi, d’intime. Est-ce que savoir ça me permet d’avancer dans quelque chantier narratif que ce soit ? Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain mais, tout de même, ce n’est pas rien. Ce qu’il faudrait faire à ce stade (c’est-à-dire à ce stade de focalisation sur Eff), c’est prendre mes autres projets mentaux, les fixer quelque part, en isoler des notes, pour pouvoir reprendre ça un autre jour ou quoi. Mais je rechigne. Pourquoi ? Je crois qu’une part de moi se dit que, pour ce projet auquel je pense et dont je ne peux pas, pour des raisons X ou Y, parler ici, il ne faudrait rien noter, que seule la mémoire narrative devrait lui permettre d’exister. Qu’est-ce que c’est que ce machin ? Se dire par exemple que c’est une histoire qu’il faut non pas prendre en note ou écrire, pour l’instant, mais uniquement se raconter à soi-même. Et si oubli il y a (forcément quand on ne note rien), il faudrait accepter ça. Cela ferait partie de la règle du jeu. Et on ne conserverait finalement que ce qui avait au fond tellement de poids par soi-même qu’il nous serait impossible, même à plusieurs années de distance, de l’oublier. Je ne crois pas que je me plierai réellement à ça. Et probablement qu’un jour ou l’autre, oui, je finirai par prendre en note quelque chose. Mais c’est une belle idée à partager dans un journal, je trouve.

040719, version 2 (3 juillet 2019)

Chaque fois que je prends un médicament quelconque, je crains d’avaler en même temps que le cachet une bulle d’air, et que cette bulle d’air va finir par me remonter dans le cœur et me faire périr d’une embolie pulmonaire. La bulle d’air parfois je l’avale, oui, mais jamais elle ne se métamorphose en embolie pulmonaire, d’ailleurs je me doute bien que ce n’est pas comme ça que se forme les embolies pulmonaires, mais comme je prends trois trucs différents chaque soir (60mg de Nocertone, 1mg de Mélatonine et 2,9mg de Mélatonie, d’ailleurs pourquoi ne vendent-ils pas directement des cachets à 3g ?), je me dis trois fois de suite chaque soir que je vais sans doute mourir d’une embolie pulmonaire, ce qui est un brin excessif comme truc à se dire quand la nuit prend possession des territoires de la ville si tu veux mon avis. En réalité, je ne pense pas ça réellement, j’en suis tout simplement venu à apprivoiser cette idée, et elle moi, et c’est comme ça que j’ai commencé à lire L’éducation sentimentale, que je n’avais jusque-là jamais lu (j’avais dû trouver moyen d’y échapper), et là, j’en ai besoin pour Eff. C’est froid, c’est sec, je surligne des trucs. Ça me va.
Guillaume Vissac

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