J’aime me compliquer la vie. J’ai besoin de me compliquer la vie. J’ai toujours besoin de mettre des obstacles, des obstacles. La pandémie est peut-être un moyen que j’ai trouvé inconsciemment pour m’assurer que tout serait complexe à souhait. J’ai besoin qu’il y ait des règles et moi de les enfreindre. J’ai besoin qu’il y ait des bips et des plocs. J’ai besoin de cligner. J’ai besoin de jouer à un truc, n’importe quoi (non, pas n’importe quoi, mais même FFXV ça m’irait). Dans FFXV, ce n’est pas la princesse qui se fait enlever pour que le héros la sauve (de fait, la princesse fait des trucs autrement plus cool que le héros, sauf que nous, joueur, on est coincé avec lui, et jamais avec elle) : c’est sa voiture. Moi, j’ai besoin que Grieg soit parfait. Le reste : que de la littérature. Il faut que ce soit aligné au pixel près (non). J’ai besoin de me jouer de mes dilemmes. J’ai besoin de me mettre des bâtons dans les roues. Je n’ai pas besoin d’un site responsive : je pourrais tout aussi bien paramétrer un truc qui afficherait un message en-dessous de telle taille d’écran qui dirait : vous n’êtes pas équipé pour naviguer sur ce site, jeune homme. Ou femme. Mais enfin si je sais faire ça, je sais aussi faire une feuille de style dédiée aux petits écrans pour que le site s’adapte à eux. Je le ferai pas. Mais pour Grieg oui. J’ai envie. Ce serait ludique. Ce serait comme dans Animal Crossing jadis : quand tu voulais tricher et changer l’heure de la console pour accélérer artificiellement le temps tu te faisais sernommer par une giraffe ou un râton-laveur relou. Genre, quelqu’un parle très lentement pour te dire, dans un interminable monologue, que les mobiles ne sont pas Grieg-friendly (ou le contraire). Parce que bon. Ça va bien cinq minutes les conneries. Ça en revanche, ce ne sont pas des conneries : me revoilà à écrire des tvb [1] dans mon application de surveillance de moi . C’est inespéré. C’est deux semaines après la dernière crise, un peu moins. C’est le café ? En l’occurrence l’absence de lui. C’est dans ses relevés du jour (ou d’hier) : Quentin écrivant qu’un livre est l’un de ses préférés parce que son aura de mystère ne faiblit jamais. C’est vrai dans la fiction, ou dans un récit quel qui soit. C’est particulièrement vrai, aussi, je trouve, de ce morceau de Koki Nakano, « Minim ». Jamais le rythme est clair. Instable, insaisissable un peu. Tout est cohérent pourtant. Limpide même. On comprend tout. On n’est jamais perdu. On voit. Mais jamais on ne sait où on va arriver. Des morceaux comme ça (et plus encore des romans) il y en a peu. Et on passe tout une vie à essayer de les atteindre. C’est particulièrement le cas dans Pedro Páramo qui, après un incipit d’une simplicité parfaite [2] se tend dans les plus sombres (et néanmoins limpides) mystères qui soient :

Comment fait-on, pour partir d’ici ?
— Où voulez-vous aller ?
— N’importe où.
— Il y a une multitude de chemins. Un va à Contla ; un autre en vient. Un autre file tout droit dans la montagne. Celui que l’on voit d’ici va je ne sais où — elle me montrait du doigt le trou dans le toit, là où le plafond s’était effondré — cet autre, là, passe par la Media Luna, et il y en a encore un, qui traverse toute la terre et qui est celui qui mène le plus loin.
— Ce doit être par celui-là que je suis venu.

Juan Rulfo, Pedro Páramo, Gallimard, traduction Gabriel Iaculli

GV
jeudi 4 juin 2020 - samedi 27 juin 2020




[1tvb = tout va bien.

[2

Je suis venu à Comala parce que j’ai appris que mon père, un certain Pedro Páramo, y vivait. C’est ma mère qui me l’a dit. Et je lui ai promis d’aller le voir quand elle serait morte. J’ai pressé ses mains pour luia ssurer que je le ferais ; elle se mourait et j’étais prêt à lui promettre n’importe quoi. « Ne manque pas d’aller le trouver, m’a-t-elle recommandé. Il porte tel prénom et tel nom. Je suis sûre qu’il sera content de te connître. » Dans ces conditions, il a bien fallu lui dire que je n’y manquerais pas, et, à force de le lui répéter, j’y étais encore après avoir, non sans peine, détaché mes mains de ses mains mortes. Auparavant, elle m’avait encore dit : « Surtout, ne lui réclame rien. N’exige que notre dû. Ce qu’il me devait et ne m’a jamais donné... L’oubli dans lequel il nous a laissés, fais-le-lui payer cher, mon enfant. »

Ibid.

10 révisions

040520, version 11 (4 juin 2020)
Migraine, Spip, Final Fantasy, Quentin Leclerc, Web, Koki Nakano, Juan Rulfo
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J’aime me compliquer la vie. J’ai besoin de me compliquer la vie. J’ai toujours besoin de mettre des obstacles, des obstacles. La pandémie est peut-être un moyen que j’ai trouvé inconsciemment pour m’assurer que tout serait complexe à souhait. J’ai besoin qu’il y ait des règles et moi de les enfreindrerégulièrement . J’ai besoin qu’il y ait des bips et des plocs. J’ai besoin de cligner. J’ai besoin de jouer à un truc, n’importe quoi (non, pas n’importe quoi, mais même FFXV ça m’irait). Dans FFXV, ce n’est pas la princesse qui se fait enlever pour que le la héros la sauve (de fait, la princesse fait des trucs autrement plus cool que le héros, sauf que nous, joueur, on est coincé avec lui, et jamais avec elle) : c’est sa voiture. Moi, j’ai besoin que Grieg Grieg soit parfait . soit parfait. Le reste : que de la littérature. Il faut que ce soit aligné au pixel près (non). J’ai besoin de me jouer de mes des dilemmes. J’ai besoin de me mettre des bâtons dans les roues. Je n’ai pas besoin d’un site responsive : je pourrais tout aussi bien paramétrer un truc qui afficherait un message en-dessous de telle taille d’écran qui dirait : vous n’êtes pas équipé pour naviguer sur ce site, jeune homme. Ou femme. Mais enfin si je sais faire ça, je sais aussi faire une feuille de style dédiée aux petits écrans pour que le site s’adapte à eux. Je le ferai pas. Mais pour Grieg Grieg oui . oui. J’ai envie. Ce serait ludique. Ce serait comme dans Animal Crossing jadis : quand tu voulais tricher et changer l’heure de la console pour accélérer artificiellement le temps tu te faisais sernommer par une giraffe ou un râton-laveur relou, ce serait le même esprit . Genre, quelqu’un parle très lentement pour te dire, dans un interminable monologue, que les mobiles ne sont pas Grieg-friendly (ou le contraire). Parce que bon. Ça Ca va bien cinq minutes les conneries. Ça Ca en revanche, ce ne sont pas des conneries : me revoilà à écrire des tvb [1] dans mon application de surveillance de moi . C’est inespéré. C’est deux semaines après la dernière crise crise , un peu moins . , un peu moins. C’est le café ? En l’occurrence l’absence de lui. C’est dans ses [relevés->http://rlv.quentinleclerc.com] C’est dans ses relevés du jour (ou d’hier) : Quentin Leclerc écrivant qu’un livre est l’un de ses préférés parce que son aura de mystère ne faiblit jamais. Et voilà qui met le doigt sur un sensibilté que j’ai que je n’aurais pas su mieux formuler. C’est vrai dans la fiction, ou dans un récit quel qui soit. C’est particulièrement vrai, aussi, je trouve, de [ce ce morceau de Koki Nakano, « Minim »->https://youtu . « Minim  ». be/YEE3ELiqi-4]. Jamais Jamsi le rythme est n’est clair. Instable, insaisissable un peu jamais on l’attrape . Tout est cohérent pourtant. Limpide même. On comprend tout. On n’est jamais perdu. On voit. Mais jamais on ne sait où on va arriver. Des morceaux comme ça (et plus encore des romans) il y en a peu. Et on passe tout une vie à essayer de les atteindre. C’est particulièrement le cas dans Pedro Páramo Paramo qui, après un incipit d’une simplicité parfaite [2] se tend dans les plus sombres épais (et néanmoins limpides) mystères qui soient :

<blockquote> Comment fait-on, pour partir d’ici ?
— Où voulez-vous aller ?
— N’importe où.
— Il y a une multitude de chemins. Un va à Contla ; un autre en vient. Un autre file tout droit dans la montagne. Celui que l’on voit d’ici va je ne sais où — elle me montrait du doigt le trou dans le toit, là où le plafond s’était effondré — cet autre, là, passe par la Media Luna, et il y en a encore un, qui traverse toute la terre et qui est celui qui mène le plus loin.
— Ce doit être par celui-là que je suis venu.

Juan Rulfo, Pedro Páramo , Paramo ( accent ), Gallimard, traduction Gabriel Iaculli

</blockquote>

[1tvb = tout va bien.

[2

Je suis venu à Comala parce que j’ai appris que mon père, un certain Pedro Páramo Paramo , y vivait. C’est ma mère qui me l’a dit. Et je lui ai promis d’aller le voir quand elle serait morte. J’ai pressé ses mains pour luia ssurer que je le ferais ; elle se mourait et j’étais prêt à lui promettre n’importe quoi. « Ne manque pas d’aller le trouver, m’a-t-elle recommandé. Il porte tel prénom et tel nom. Je suis sûre qu’il sera content de te connître. » Dans ces conditions, il a bien fallu lui dire que je n’y manquerais pas, et, à force de le lui répéter, j’y étais encore après avoir, non sans peine, détaché mes mains de ses mains mortes. Auparavant, elle m’avait encore dit : « Surtout, ne lui réclame rien. N’exige que notre dû. Ce qu’il me devait et ne m’a jamais donné... L’oubli dans lequel il nous a laissés, fais-le-lui payer cher, mon enfant. »

Ibid.

040520, version 10 (3 juin 2020)

J’aime me compliquer la vie. J’ai besoin de me compliquer la vie. J’ai toujours besoin de mettre des obstacles, des obstacles. La pandémie est peut-être un moyen que j’ai trouvé ( inconsciemment bien sûr ) pour m’assurer que tout serait complexe à souhait. J’ai besoin qu’il y ait des règles et moi de les enfreindre régulièrement. J’ai besoin qu’il y ait des bips et des plocs. J’ai besoin de cligner. J’ai besoin de jouer à un truc, n’importe quoi (non, pas n’importe quoi, mais même FFXV ça m’irait). Dans FFXV, ce n’est pas la princesse qui se fait enlever pour que la héros la sauve (de fait, la princesse fait des trucs autrement plus cool que le héros, sauf que nous, joueur, on est coincé avec lui, et jamais avec elle) : c’est sa voiture. Moi, j’ai besoin que Grieg soit parfait. Le reste : que de la littérature. Il faut que ce soit aligné au pixel près (non). J’ai besoin de me jouer des dilemmes. J’ai besoin de me mettre des bâtons dans les roues. Je n’ai pas besoin d’un site responsive : je pourrais tout aussi bien paramétrer un truc qui afficherait un message en-dessous de telle taille d’écran qui dirait : vous n’êtes pas équipé pour naviguer sur ce site, jeune homme. Ou femme. Mais enfin si je sais faire ça, je sais aussi faire une feuille de style dédiée aux petits écrans pour que le site s’adapte à eux. Je le ferai pas. Mais pour Grieg oui. J’ai envie. Ce serait ludique. Ce serait comme dans Animal Crossing jadis : quand tu voulais tricher et changer l’heure de la console pour accélérer artificiellement le temps tu te faisais sernommer par une giraffe ou un râton-laveur relou, ce serait le même esprit. Genre, quelqu’un parle très lentement pour te dire, dans un interminable monologue, que les mobiles ne sont pas Grieg-friendly (ou le contraire). Parce que bon. Ca va bien cinq minutes les conneries. Ca en revanche, ce ne sont pas des conneries : me revoilà à écrire des tvb [3] dans mon application de surveillance de moi . C’est inespéré. C’est deux semaines après la dernière crise, un peu moins. C’est le café ? En l’occurrence l’absence de lui. C’est dans ses relevés du jour (ou d’hier) : Quentin Leclerc écrivant qu’un livre est l’un de ses préférés parce que son aura de mystère ne faiblit jamais. Et voilà qui met le doigt sur un sensibilté que j’ai que je n’aurais pas su mieux formuler. C’est vrai dans la fiction, ou dans un récit quel qui soit. C’est particulièrement vrai, aussi, je trouve, de ce morceau de Koki Nakano, « Minim ». Jamsi le rythme n’est clair. Instable, jamais on l’attrape. Tout est cohérent pourtant. Limpide même. On comprend tout. On n’est jamais perdu. On voit. Mais jamais on ne sait où on va arriver. Des morceaux comme ça (et plus encore des romans) il y en a peu. Et on passe tout une vie à essayer de les atteindre. C’est particulièrement le cas dans Pedro Paramo qui, après un incipit d’une simplicité parfaite [4] se tend dans les plus épais (et néanmoins limpides) mystères qui soient :

<blockquote> Comment fait-on, pour partir d’ici ?
— Où voulez-vous aller ?
— N’importe où.
— Il y a une multitude de chemins. Un va à Contla CONTLA ; un autre en vient UN AUTRE ENVIENT . Un autre file tout droit dans la montagne UN AUTRE FILE TOUT DROIT DANS LA MONTAGNE . Celui que l’on voit d’ici va je ne sais CELUI QUE L’ON VOIT D’ICI VA JE NE SAIS elle me montrait du doigt le trou dans le toit ELLE ME MONTRAIT DU DOIGT LE TROU DANS LE TOIT , le plafond s’était effondré LE PLAFOND S’éTAIT EFFONDRé  —, cet autre CET AUTRE , , passe par la Media Luna, et il y en a encore un, qui traverse toute la terre et qui est celui qui mène le plus loin.
— Ce doit être par celui-là que je suis venu.

Juan Rulfo, Pedro Paramo (accent), Gallimard, traduction Gabriel Iaculli

</blockquote>

[3tvb = tout va bien.

[4

Je suis venu à Comala parce que j’ai appris que mon père, un certain Pedro Paramo, y vivait. C’est ma mère qui me l’a dit. Et je lui ai promis d’aller le voir quand elle serait morte. J’ai pressé ses mains pour luia ssurer que je le ferais ; elle se mourait et j’étais prêt à lui promettre n’importe quoi. « Ne manque pas d’aller le trouver, m’a-t-elle recommandé. Il porte tel prénom et tel nom. Je suis sûre qu’il sera content de te connître. » Dans ces conditions, il a bien fallu lui dire que je n’y manquerais pas, et, à force de le lui répéter, j’y étais encore après avoir, non sans peine, détaché mes mains de ses mains mortes. Auparavant, elle m’avait encore dit : « Surtout, ne lui réclame rien. N’exige que notre dû. Ce qu’il me devait et ne m’a jamais donné... L’oubli dans lequel il nous a laissés, fais-le-lui payer cher, mon enfant. »

Ibid.

040520, version 9 (2 juin 2020)

J’aime me compliquer la vie. J’ai besoin de me compliquer la vie. J’ai toujours besoin de mettre des obstacles, des obstacles. La pandémie est peut-être un moyen que j’ai trouvé (inconsciemment bien sûr) pour m’assurer que tout serait complexe à souhait. J’ai besoin qu’il y ait des règles et moi de les enfreindre régulièrement. J’ai besoin qu’il y ait des bips et des plocs. J’ai besoin de cligner. J’ai besoin de jouer à un truc, n’importe quoi (non, pas n’importe quoi, mais même FFXV ça m’irait). Dans FFXV, ce n’est pas la princesse qui se fait enlever pour que la héros la sauve (de fait, la princesse fait des trucs autrement plus cool que le héros, sauf que nous, joueur, on est coincé avec lui, et jamais avec elle) : c’est sa voiture. Moi, j’ai besoin que Grieg soit parfait. Le reste : , c’est que de la littérature. Il faut que ce soit aligné au pixel près (non). J’ai besoin de me jouer des dilemmes. J’ai besoin de me mettre des bâtons dans les roues. Je n’ai pas besoin d’un site responsive : je pourrais tout aussi bien paramétrer un truc qui afficherait un message en-dessous de telle taille d’écran qui dirait : vous n’êtes pas équipé pour naviguer sur ce site, jeune homme. Ou femme. Mais enfin si je sais faire ça, je sais aussi faire une feuille de style dédiée aux petits écrans pour que le site s’adapte à eux. Je le ferai pas. Mais pour Grieg oui. J’ai envie. Ce serait ludique. Ce serait comme dans Animal Crossing jadis : quand tu voulais tricher et changer l’heure de la console pour accélérer artificiellement le temps tu te faisais sernommer par une giraffe ou un râton-laveur relou, ce serait le même esprit. Genre, quelqu’un parle très lentement pour te dire, dans un interminable monologue, que les mobiles ne sont pas Grieg-friendly (ou le contraire). Parce que bon. Ca va bien cinq minutes les conneries. Ca en revanche, ce ne sont pas des conneries : me revoilà à écrire des tvb [5] dans mon application de surveillance de moi . C’est inespéré. C’est deux semaines après la dernière crise, un peu moins. C’est le café ? En l’occurrence l’absence de lui. C’est dans ses relevés du jour (ou d’hier) : Quentin Leclerc écrivant qu’un livre est l’un de ses préférés parce que son aura de mystère ne faiblit jamais. Et voilà qui met le doigt sur un sensibilté que j’ai que je n’aurais pas su mieux formuler. C’est vrai dans la fiction, ou dans un récit quel qui soit. C’est particulièrement vrai, aussi, je trouve, de ce morceau de Koki Nakano, « Minim ». Jamsi le rythme n’est clair. Instable, jamais on l’attrape. Tout est cohérent pourtant. Limpide même. On comprend tout. On n’est jamais perdu. On voit. Mais jamais on ne sait où on va arriver. Des morceaux comme ça (et plus encore des romans) il y en a peu. Et on passe tout une vie à essayer de les atteindre. C’est particulièrement le cas dans Pedro Paramo qui, après un incipit d’une simplicité parfaite [6] se tend dans les plus épais (et néanmoins limpides) mystères qui soient :

<blockquote> Comment fait-on, pour partir d’ici ?
— Où voulez-vous aller ?
— N’importe où.
— Il y a une multitude de chemins. Un va à CONTLA ; UN AUTRE ENVIENT. UN AUTRE FILE TOUT DROIT DANS LA MONTAGNE. CELUI QUE L’ON VOIT D’ICI VA JE NE SAIS Où — ELLE ME MONTRAIT DU DOIGT LE TROU DANS LE TOIT, Là Où LE PLAFOND S’éTAIT EFFONDRé —, CET AUTRE, Là, passe par la Media Luna, et il y en a encore un, qui traverse toute la terre et qui est celui qui mène le plus loin.
— Ce doit être par celui-là que je suis venu.

Juan Rulfo, Pedro Paramo (accent), Gallimard, traduction Gabriel Iaculli

</blockquote>

[5tvb = tout va bien.

[6

Je suis venu à Comala parce que j’ai appris que mon père, un certain Pedro Paramo, y vivait. C’est ma mère qui me l’a dit. Et je lui ai promis d’aller le voir quand elle serait morte. J’ai pressé ses mains pour luia ssurer que je le ferais ; elle se mourait et j’étais prêt à lui promettre n’importe quoi. « Ne manque pas d’aller le trouver, m’a-t-elle recommandé. Il porte tel prénom et tel nom. Je suis sûre qu’il sera content de te connître. » Dans ces conditions, il a bien fallu lui dire que je n’y manquerais pas, et, à force de le lui répéter, j’y étais encore après avoir, non sans peine, détaché mes mains de ses mains mortes. Auparavant, elle m’avait encore dit : « Surtout, ne lui réclame rien. N’exige que notre dû. Ce qu’il me devait et ne m’a jamais donné... L’oubli dans lequel il nous a laissés, fais-le-lui payer cher, mon enfant. »

Ibid.

040520, version 8 (27 mai 2020)

J’aime me compliquer la vie. J’ai besoin de me compliquer la vie. J’ai toujours besoin de mettre des obstacles, des obstacles. La pandémie est peut-être un moyen que j’ai trouvé (inconsciemment bien sûr) pour m’assurer que tout serait complexe à souhait. J’ai besoin qu’il y ait des règles et moi de les enfreindre régulièrement. J’ai besoin qu’il y ait des bips et des plocs. J’ai besoin de cligner. J’ai besoin de jouer à un truc, n’importe quoi (non, pas n’importe quoi, mais même FFXV ça m’irait). Dans FFXV, ce n’est pas la princesse qui se fait enlever pour que la héros la sauve (de fait, la princesse fait des trucs autrement plus cool que le héros, sauf que nous, joueur, on est coincé avec lui, et jamais avec elle) : c’est sa voiture. Moi, j’ai besoin que Grieg soit parfait. Le reste, c’est ce n’est que de la littérature. Il faut que ce soit aligné au pixel près (non). J’ai besoin de me jouer des dilemmes. J’ai besoin de me mettre des bâtons dans les roues. Je n’ai pas besoin d’un site responsive : je pourrais tout aussi bien paramétrer un truc qui afficherait un message en-dessous de telle taille d’écran qui dirait : vous n’êtes pas équipé pour naviguer sur ce site, jeune homme. Ou femme. Mais enfin si je sais faire ça, je sais aussi faire une feuille de style dédiée aux petits écrans pour que le site s’adapte à eux. Je le ferai pas. Mais pour Grieg oui. J’ai envie. Ce serait ludique. Ce serait comme dans Animal Crossing jadis : quand tu voulais tricher et changer l’heure de la console pour accélérer artificiellement le temps tu te faisais sernommer par une giraffe ou un râton-laveur relou, ce serait le même esprit. Genre, quelqu’un parle très lentement pour te dire, dans un interminable monologue, que les mobiles ne sont pas Grieg-friendly (ou le contraire). Parce que bon. Ca va bien cinq minutes les conneries. Ca en revanche, ce ne sont pas des conneries : me revoilà à écrire des tvb [7] ). dans mon application de surveillance de moi . C’est inespéré. C’est deux semaines après la dernière crise, un peu moins. C’est le café ? En l’occurrence l’absence de lui. C’est dans ses relevés du jour (ou d’hier) : Quentin Leclerc écrivant qu’un livre est l’un de ses préférés parce que son aura de mystère ne faiblit jamais. Et voilà qui met le doigt sur un sensibilté que j’ai que je n’aurais pas su mieux formuler. C’est vrai dans la fiction, ou dans un récit quel qui soit. C’est particulièrement vrai, aussi, je trouve, de ce morceau de Koki Nakano, « Minim ». Jamsi le rythme n’est clair. Instable, jamais on l’attrape. Tout est cohérent pourtant. Limpide même. On comprend tout. On n’est jamais perdu. On voit. Mais jamais on ne sait où on va arriver. Des morceaux comme ça (et plus encore des romans) il y en a peu. Et on passe tout une vie à essayer de les atteindre. C’est particulièrement le cas dans Pedro Paramo qui, après un incipit d’une simplicité parfaite [8] se tend dans les plus épais (et néanmoins limpides) mystères qui soient :

<blockquote> Comment fait-on, pour partir d’ici ?
— Où voulez-vous aller ?
— N’importe où.
— Il y a une multitude de chemins. Un va à CONTLA ; UN AUTRE ENVIENT. UN AUTRE FILE TOUT DROIT DANS LA MONTAGNE. CELUI QUE L’ON VOIT D’ICI VA JE NE SAIS Où — ELLE ME MONTRAIT DU DOIGT LE TROU DANS LE TOIT, Là Où LE PLAFOND S’éTAIT EFFONDRé —, CET AUTRE, Là, passe par la Media Luna, et il y en a encore un, qui traverse toute la terre et qui est celui qui mène le plus loin.
— Ce doit être par celui-là que je suis venu.

Juan Rulfo, Pedro Paramo (accent), Gallimard, traduction Gabriel Iaculli

</blockquote>

[7tvb tvb dans mon application de surveillance de moi ( tvb = tout va bien.

[8

Je suis venu à Comala parce que j’ai appris que mon père, un certain Pedro Paramo, y vivait. C’est ma mère qui me l’a dit. Et je lui ai promis d’aller le voir quand elle serait morte. J’ai pressé ses mains pour luia ssurer que je le ferais ; elle se mourait et j’étais prêt à lui promettre n’importe quoi. « Ne manque pas d’aller le trouver, m’a-t-elle recommandé. Il porte tel prénom et tel nom. Je suis sûre qu’il sera content de te connître. » Dans ces conditions, il a bien fallu lui dire que je n’y manquerais pas, et, à force de le lui répéter, j’y étais encore après avoir, non sans peine, détaché mes mains de ses mains mortes. Auparavant, elle m’avait encore dit : « Surtout, ne lui réclame rien. N’exige que notre dû. Ce qu’il me devait et ne m’a jamais donné... L’oubli dans lequel il nous a laissés, fais-le-lui payer cher, mon enfant. »

Ibid.

040520, version 7 (17 mai 2020)

J’aime me compliquer la vie. J’ai besoin de me compliquer la vie. J’ai toujours besoin de mettre des obstacles, des obstacles. La pandémie est peut-être un moyen que j’ai trouvé (inconsciemment bien sûr) pour m’assurer que tout serait complexe à souhait. J’ai besoin qu’il y ait des règles et moi de les enfreindre régulièrement. J’ai besoin qu’il y ait des bips et des plocs. J’ai besoin de cligner. J’ai besoin de jouer à un truc, n’importe quoi (non, pas n’importe quoi, mais même FFXV ça m’irait). Dans FFXV, ce n’est pas la princesse qui se fait enlever pour que la héros la sauve (de fait, la princesse fait des trucs autrement plus cool que le héros, sauf que nous , joueur , on est coincé avec lui , et jamais avec elle ) : c’est sa voiture. Moi, j’ai besoin que Grieg soit parfait. Le reste, ce n’est que de la littérature. Il faut que ce soit aligné au pixel près (non). J’ai besoin de me jouer des dilemmes. J’ai besoin de me mettre des bâtons dans les roues. Je n’ai pas besoin d’un site responsive : je pourrais tout aussi bien paramétrer un truc qui afficherait un message en-dessous de telle taille d’écran qui dirait : vous n’êtes pas équipé pour naviguer sur ce site, jeune homme. Ou femme. Mais enfin si je sais faire ça, je sais aussi faire une feuille de style dédiée aux petits écrans pour que le site s’adapte à eux. Je le ferai pas. Mais pour Grieg oui. J’ai envie. Ce serait ludique. Ce serait sertait comme dans Animal Crossing jadis : quand tu voulais tricher et changer l’heure de la console pour accélérer artificiellement le temps tu te faisais sernommer par une giraffe ou un râton-laveur relou, ce serait le même esprit. Genre, quelqu’un parle très lentement pour te dire, dans un interminable monologue, que les mobiles ne sont pas Grieg-friendly (ou le contraire). Parce que bon. Ca va bien cinq minutes les conneries. Ca en revanche, ce ne sont pas des conneries : me revoilà à écrire des tvb dans mon application de surveillance de moi (tvb =  : tout va bien). C’est inespéré. C’est deux semaines après la dernière crise, un peu moins. C’est le café ? En l’occurrence l’absence de lui. C’est dans ses relevés du jour (ou d’hier) : Quentin Leclerc écrivant qu’un livre est l’un de ses préférés parce que son aura de mystère ne faiblit jamais. Et voilà qui met le doigt sur un sensibilté que j’ai que je n’aurais pas su mieux formuler. C’est vrai dans la fiction, ou dans un récit quel qui soit. C’est particulièrement vrai, aussi, je trouve, de ce morceau de Koki Nakano, « Minim ». Jamsi le rythme n’est clair. Instable, jamais on ne l’attrape. Tout est cohérent pourtant. Limpide même. On comprend tout. On n’est jamais perdu. On voit. Mais jamais on ne sait où on va arriver. Des morceaux comme ça (et plus encore des romans) il y en a peu. Et on passe tout une vie à essayer de les atteindre. C’est particulièrement le cas dans Pedro Paramo qui, après un incipit d’une simplicité parfaite [9] se tend dans les plus épais (et néanmoins limpides) mystères qui soient :

<blockquote> Comment fait-on, pour partir d’ici ?
— Où voulez-vous aller ?
— N’importe où.
— Il y a une multitude de chemins. Un va à CONTLA ; UN AUTRE ENVIENT. UN AUTRE FILE TOUT DROIT DANS LA MONTAGNE. CELUI QUE L’ON VOIT D’ICI VA JE NE SAIS Où — ELLE ME MONTRAIT DU DOIGT LE TROU DANS LE TOIT, Là Où LE PLAFOND S’éTAIT EFFONDRé —, CET AUTRE, Là, passe par la Media Luna, et il y en a encore un, qui traverse toute la terre et qui est celui qui mène le plus loin.
— Ce doit être par celui-là que je suis venu.

Juan Rulfo, Pedro Paramo (accent), Gallimard, traduction Gabriel Iaculli

</blockquote>

[9

Je suis venu à Comala parce que j’ai appris que mon père, un certain Pedro Paramo, y vivait. C’est ma mère qui me l’a dit. Et je lui ai promis d’aller le voir quand elle serait morte. J’ai pressé ses mains pour luia ssurer que je le ferais ; elle se mourait et j’étais prêt à lui promettre n’importe quoi. « Ne manque pas d’aller le trouver, m’a-t-elle recommandé. Il porte tel prénom et tel nom. Je suis sûre qu’il sera content de te connître. » Dans ces conditions, il a bien fallu lui dire que je n’y manquerais pas, et, à force de le lui répéter, j’y étais encore après avoir, non sans peine, détaché mes mains de ses mains mortes. Auparavant, elle m’avait encore dit : « Surtout, ne lui réclame rien. N’exige que notre dû. Ce qu’il me devait et ne m’a jamais donné... L’oubli dans lequel il nous a laissés, fais-le-lui payer cher, mon enfant. »

Ibid.

040520, version 6 (10 mai 2020)

J’aime me compliquer la vie. J’ai besoin de me compliquer la vie. J’ai toujours besoin de mettre des obstacles, des obstacles. La pandémie est peut-être un moyen que j’ai trouvé ( inconsciemment bien sûr) pour m’assurer que tout serait complexe à souhait. J’ai besoin qu’il y ait des règles et moi de les enfreindre régulièrement. J’ai besoin qu’il y ait des bips et des plocs. J’ai besoin de cligner. J’ai besoin de jouer à un truc, n’importe quoi (non, pas n’importe quoi, mais même FFXV ça m’irait). Dans FFXV, ce n’est pas la princesse qui se fait enlever pour que la héros la sauve (de fait, la princesse fait des trucs autrement plus cool que le héros) : c’est sa voiture. Moi, j’ai besoin que Grieg soit parfait. Le reste, ce n’est que de la littérature. Il faut que ce soit aligné au pixel près (non). J’ai besoin de me jouer des dilemmes. J’ai besoin de me mettre des bâtons dans les roues. Je n’ai pas besoin d’un site responsive : je pourrais tout aussi bien paramétrer un truc qui afficherait un message en-dessous de telle taille d’écran qui dirait : vous n’êtes pas équipé pour naviguer sur ce site, jeune homme. Ou femme. Mais enfin si je sais faire ça, je sais aussi faire une feuille de style dédiée aux petits écrans pour que le site s’adapte à eux. Je le ferai pas. Mais pour Grieg oui. J’ai envie. Ce serait ludique. Ce sertait comme dans Animal Crossing jadis : quand tu voulais tricher et changer l’heure de la console pour accélérer artificiellement le temps tu te faisais sernommer par une giraffe ou un râton-laveur relou, ce serait le même esprit. Genre, quelqu’un parle très lentement pour te dire, dans un interminable monologue, que les mobiles ne sont pas Grieg-friendly (ou le contraire). Parce que bon. Ca va bien cinq minutes les conneries. Ca en revanche, ce ne sont pas des conneries : me revoilà à écrire des tvb dans mon application de surveillance de moi (tvb : tout va bien). C’est inespéré. C’est deux semaines après la dernière crise, un peu moins. C’est le café ? En l’occurrence l’absence de lui. C’est dans ses relevés du jour (ou d’hier) : Quentin Leclerc écrivant qu’un livre est l’un de ses préférés parce que son aura de mystère ne faiblit jamais. Et voilà qui met le doigt sur un sensibilté que j’ai que je n’aurais pas su mieux formuler. C’est vrai dans la fiction, ou dans un récit quel qui soit. C’est particulièrement vrai, aussi, je trouve, de ce morceau de Koki Nakano, « Minim ». Jamsi le rythme n’est clair. Instable, jamais on ne l’attrape. Tout est cohérent pourtant. Limpide même. On comprend tout. On n’est jamais perdu. On voit. Mais jamais on ne sait où on va arriver. Des morceaux comme ça (et plus encore des romans) il y en a peu. Et on passe tout une vie à essayer de les atteindre. C’est particulièrement le cas dans Pedro Paramo qui, après un incipit d’une simplicité parfaite [10] se tend dans les plus épais (et néanmoins limpides) mystères qui soient :

<blockquote> Comment fait-on, pour partir d’ici ?
— Où voulez-vous aller ?
— N’importe où.
— Il y a une multitude de chemins. Un va à CONTLA ; UN AUTRE ENVIENT. UN AUTRE FILE TOUT DROIT DANS LA MONTAGNE. CELUI QUE L’ON VOIT D’ICI VA JE NE SAIS Où — ELLE ME MONTRAIT DU DOIGT LE TROU DANS LE TOIT, Là Où LE PLAFOND S’éTAIT EFFONDRé —, CET AUTRE, Là, passe par la Media Luna, et il y en a encore un, qui traverse toute la terre et qui est celui qui mène le plus loin.
— Ce doit être par celui-là que je suis venu.

Juan Rulfo, Pedro Paramo (accent), Gallimard, traduction Gabriel Iaculli

</blockquote>

[10

Je suis venu à Comala parce que j’ai appris que mon père, un certain Pedro Paramo, y vivait. C’est ma mère qui me l’a dit. Et je lui ai promis d’aller le voir quand elle serait morte. J’ai pressé ses mains pour luia ssurer que je le ferais ; elle se mourait et j’étais prêt à lui promettre n’importe quoi. « Ne manque pas d’aller le trouver, m’a-t-elle recommandé. Il porte tel prénom et tel nom. Je suis sûre qu’il sera content de te connître. » Dans ces conditions, il a bien fallu lui dire que je n’y manquerais pas, et, à force de le lui répéter, j’y étais encore après avoir, non sans peine, détaché mes mains de ses mains mortes. Auparavant, elle m’avait encore dit : « Surtout, ne lui réclame rien. N’exige que notre dû. Ce qu’il me devait et ne m’a jamais donné... L’oubli dans lequel il nous a laissés, fais-le-lui payer cher, mon enfant. »

Ibid.

040520, version 5 (4 mai 2020)

J’aime me compliquer la vie. J’ai besoin de me compliquer la vie. J’ai toujours besoin de mettre des obstacles, des obstacles. La pandémie est peut-être un moyen que j’ai trouvé inconsciemment bien sûr pour m’assurer que tout serait complexe à souhait. J’ai besoin qu’il y ait des règles et moi de les enfreindre régulièrement. J’ai besoin qu’il y ait des bips et des plocs. J’ai besoin de cligner. J’ai besoin de jouer à un truc, n’importe quoi (non, pas n’importe quoi, mais même FFXV ça m’irait). Dans FFXV, ce n’est pas la princesse qui se fait enlever pour que la héros la sauve (de fait, la princesse fait des trucs autrement plus cool que le héros) : c’est sa voiture. Moi, j’ai besoin que Grieg soit parfait. Le reste, ce n’est que de la littérature. Il faut que ce soit aligné au pixel près (non). J’ai besoin de me jouer des dilemmes. J’ai besoin de me mettre des bâtons dans les roues. Je n’ai pas besoin d’un site responsive : je pourrais tout aussi bien paramétrer un truc qui afficherait un message en-dessous de telle taille d’écran qui dirait : vous n’êtes pas équipé pour naviguer sur ce site, jeune homme. Ou femme. Mais enfin si je sais faire ça, je sais aussi faire une feuille de style dédiée aux petits écrans pour que le site s’adapte à eux. Je le ferai pas. Mais pour Grieg oui. J’ai envie. Ce serait ludique. Ce sertait comme dans Animal Crossing jadis : quand tu voulais tricher et changer l’heure de la console pour accélérer artificiellement le temps tu te faisais sernommer par une giraffe ou un râton-laveur relou, ce serait le même esprit. Genre, quelqu’un parle très lentement pour te dire, dans un interminable monologue, que les mobiles ne sont pas Grieg-friendly (ou le contraire). Parce que bon. Ca va bien cinq minutes les conneries. Ca en revanche, ce ne sont pas des conneries : me revoilà à écrire des tvb dans mon application de surveillance de moi (tvb : tout va bien). C’est inespéré. C’est deux semaines après la dernière crise, un peu moins. C’est le café ? En l’occurrence l’absence de lui. C’est dans ses relevés du jour (ou d’hier) : Quentin Leclerc écrivant qu’un livre est l’un de ses préférés parce que son aura de mystère ne faiblit jamais. Et voilà qui met le doigt sur un sensibilté que j’ai que je n’aurais pas su mieux formuler. C’est vrai dans la fiction, ou dans un récit quel qui soit. C’est particulièrement vrai, aussi, je trouve, de ce morceau de Koki Nakano, « Minim ». Jamsi le rythme n’est clair. Instable, jamais on ne l’attrape. Tout est cohérent pourtant. Limpide même. On comprend tout. On n’est jamais perdu. On voit. Mais jamais on ne sait où on va arriver. Des morceaux comme ça (et plus encore des romans) il y en a peu. Et on passe tout une vie à essayer de les atteindre. C’est particulièrement le cas dans Pedro Paramo qui, après un incipit d’une simplicité parfaite [11] se tend dans les plus épais (et néanmoins limpides) mystères qui soient :

<blockquote> Comment fait-on, pour partir d’ici ?
— Où voulez-vous aller ?
— N’importe où.
— Il y a une multitude de chemins. Un va à CONTLA ; UN AUTRE ENVIENT. UN AUTRE FILE TOUT DROIT DANS LA MONTAGNE. CELUI QUE L’ON VOIT D’ICI VA JE NE SAIS Où — ELLE ME MONTRAIT DU DOIGT LE TROU DANS LE TOIT, Là Où LE PLAFOND S’éTAIT EFFONDRé —, CET AUTRE, Là, passe par la Media Luna, et il y en a encore un, qui traverse toute la terre et qui est celui qui mène le plus loin.
— Ce doit être par celui-là que je suis venu.

Juan Rulfo, Pedro Paramo (accent), Gallimard, traduction Gabriel Iaculli

</blockquote>

[11

Je suis venu à Comala parce que j’ai appris que mon père, un certain Pedro Paramo, y vivait. C’est ma mère qui me l’a dit. Et je lui ai promis d’aller le voir quand elle serait morte. J’ai pressé ses mains pour luia ssurer que je le ferais ; elle se mourait et j’étais prêt à lui promettre n’importe quoi. « Ne manque pas d’aller le trouver, m’a-t-elle recommandé. Il porte tel prénom et tel nom. Je suis sûre qu’il sera content de te connître. » Dans ces conditions, il a bien fallu lui dire que je n’y manquerais pas, et, à force de le lui répéter, j’y étais encore après avoir, non sans peine, détaché mes mains de ses mains mortes. Auparavant, elle m’avait encore dit : « Surtout, ne lui réclame rien. N’exige que notre dû. Ce qu’il me devait et ne m’a jamais donné... L’oubli dans lequel il nous a laissés, fais-le-lui payer cher, mon enfant. »

Ibid.

040520, version 4 (4 mai 2020)
J’aime me compliquer la vie. J’ai besoin de me compliquer la vie. J’ai toujours besoin de mettre des obstacles, des obstacles. La pandémie est peut-être un moyen que j’ai trouvé inconsciemment bien sûr pour m’assurer que tout serait complexe à souhait. J’ai besoin qu’il y ait des règles et moi de les enfreindre régulièrement. J’ai besoin qu’il y ait des bips et des plocs. J’ai besoin de cligner. J’ai besoin de jouer à un truc, n’importe quoi (non, pas n’importe quoi, mais même FFXV ça m’irait ). Dans FFXV, ce n’est pas la princesse qui se fait enlever pour que la héros la sauve (de fait, la princesse fait des trucs autrement plus cool que le héros) : c’est sa voiture. Moi , j’ai J’ai besoin que Grieg soit parfait. Le reste, ce n’est que de la littérature. Il faut que ce soit aligné au pixel près (non). J’ai besoin de me jouer des dilemmes. J’ai besoin de me mettre des bâtons dans les roues. Je n’ai pas besoin d’un site responsive : je pourrais tout aussi bien paramétrer un truc qui afficherait un message en-dessous de telle taille d’écran qui dirait : vous n’êtes pas équipé pour naviguer sur ce site, jeune homme. Ou femme. Mais enfin si je sais faire ça, je sais aussi faire une feuille de style dédiée aux petits écrans pour que le site s’adapte à eux. Je le ferai pas. Mais pour Grieg oui. J’ai envie. Ce serait ludique. Ce sertait comme dans Animal Crossing jadis : quand tu voulais tricher et changer l’heure de la console pour accélérer artificiellement le temps tu te faisais sernommer par une giraffe ou un râton-laveur relou, ce serait le même esprit. Genre, quelqu’un parle très lentement pour te dire, dans un interminable monologue, que les mobiles ne sont pas Grieg-friendly (ou le contraire). Parce que bon. Ca va bien cinq minutes les conneries. Ca en revanche, ce ne sont pas des conneries : me revoilà à écrire des tvb dans mon application de surveillance de moi (tvb : tout va bien). C’est inespéré. C’est deux semaines après la dernière crise, un peu moins. C’est le café ? En l’occurrence l’absence de lui. C’est Ca en revanche , ce ne sont pas des conneries  : dans ses relevés du jour (ou d’hier)  : Quentin Leclerc écrivant écrit qu’un livre est l’un de ses préférés parce que son aura de mystère ne faiblit jamais. Et voilà qui met le doigt sur un sensibilté que j’ai que je n’aurais pas su mieux formuler. C’est vrai dans la fiction, ou dans un récit quel qui soit. C’est particulièrement vrai, aussi, je trouve, de ce morceau de Koki Nakano, « Minim ». Jamsi le rythme n’est clair. Instable, jamais on ne l’attrape. Tout est cohérent pourtant. Limpide même. On comprend tout. On n’est jamais perdu. On voit. Mais jamais on ne sait où on va arriver. Des morceaux comme ça (et plus encore des romans) il y en a peu. Et on passe tout une vie à essayer de les atteindre.
040520, version 3 (4 mai 2020)
J’aime me compliquer la vie. J’ai besoin de me compliquer la vie. J’ai toujours besoin de mettre des obstacles, des obstacles. La pandémie est peut-être un moyen que j’ai trouvé inconsciemment bien sûr pour m’assurer que tout serait complexe à souhait. J’ai besoin qu’il y ait des règles et moi de les enfreindre régulièrement. J’ai besoin qu’il y ait des bips et des plocs. J’ai besoin de cligner. J’ai besoin de jouer à un truc, n’importe quoi (non, pas n’importe quoi). J’ai besoin que Grieg soit parfait. Le reste, ce n’est que de la littérature. Il faut que ce soit aligné au pixel près (non). J’ai besoin de me jouer des dilemmes. J’ai besoin de me mettre des bâtons dans les roues. Je n’ai pas besoin d’un site responsive : je pourrais tout aussi bien paramétrer un truc qui afficherait un message en-dessous de telle taille d’écran qui dirait : vous n’êtes pas équipé pour naviguer sur ce site, jeune homme. Ou femme. Mais enfin si je sais faire ça, je sais aussi faire une feuille de style dédiée aux petits écrans pour que le site s’adapte à eux. Je le ferai pas. Mais pour Grieg oui. J’ai envie. Ce serait ludique. Ce sertait comme dans Animal Crossing jadis : quand tu voulais tricher et changer l’heure de la console pour accélérer artificiellement le temps tu te faisais sernommer par une giraffe ou un râton-laveur relou, ce serait le même esprit. Genre, quelqu’un parle très lentement pour te dire, dans un interminable monologue, que les mobiles ne sont pas Grieg-friendly (ou le contraire). Parce que bon. Ca va bien cinq minutes les conneries. Ca en revanche, ce ne sont pas des conneries : dans ses relevés du jour (ou d’hier) Quentin Leclerc écrit qu’un livre est l’un de ses préférés parce que son aura de mystère ne faiblit jamais. Et voilà qui met le doigt sur un sensibilté que j’ai que je n’aurais pas su mieux formuler. C’est vrai dans la fiction, ou dans un récit quel qui soit. C’est particulièrement vrai, aussi, je trouve, de ce morceau de Koki Nakano, « Minim ». Jamsi le rythme n’est clair. Instable, jamais on ne l’attrape. Tout est cohérent pourtant. Limpide même. On comprend tout. On n’est jamais perdu. On voit. Mais jamais on ne sait où on va arriver. Des morceaux comme ça (et plus encore des romans) il y en a peu. Et on passe tout une vie à essayer de les atteindre.
040520, version 2 (4 mai 2020)
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Guillaume Vissac est né dans la Loire un peu après Tchernobyl. Éditeur pour publie.net depuis 2015, il mène également ses propres chantiers d’écriture, de piratage littéraire et de traduction.

Livres : Accident de personne (Othello, réédition 2018) · Le Chien du mariage (traduction du recueil d'Amy Hempel, Cambourakis, 2018) · Mondeling (avec Junkuu Nishimura, publie.net, 2015) · Coup de tête (publie.net, 2013, réédité en 2017) · Accident de personne (publie.net, 2011) · Livre des peurs primaires (publie.net, 2010) · Qu'est-ce qu'un logement (publie.net, 2010)