Sur Trois pylônes


Trois pylônes est une nouvelle médiocre qui a deux origines : ma vision du fameux émetteur pour les ondes superlongues de Sainte-Assise traversé il y a quelques semaines et ma lecture récente de Vies de saints de Rodrigo Fresán. J’ai posté le texte sur un forum avec appel aux commentaires pour disséquer ce qui précisément tournait mal. Les réponses que j’ai obtenues m’ont convaincu de tout reprendre, et j’ai repris hier, hier ou ce matin peu importe.

D’abord j’ai décidé de supprimer un « truc » d’écriture qui voulait que chaque fin de paragraphe soit marquée par une phrase en gras disant « Voilà qui répond à la question... » et ensuite l’intitulé de la question concernée. Ce truc s’était imposé de lui-même, sans que j’y réfléchisse plus en détail, et m’avait servi de tuteur à un moment où j’enchainais les incipit sans parvenir à progresser. Mais au bout du texte, et même après reprise, ces questions sont restées trop artificielles pour réellement impacter le texte comme je l’aurais souhaité. J’ai pris l’habitude de le faire, surtout dans mes textes courts : palier au manque d’identité de l’écriture par un truc purement formel. Cette habitude, il faudrait que je la lâche.
J’ai surtout décider de tout réécrire depuis le début, d’oublier l’influence majeure de Fresán car X. avait raison dans l’analyse qu’il m’a proposée à ce moment là, à savoir que les fictions Fresán fonctionnent car elles s’imposent dans la durée, sur la longueur, elles perdent sciemment l’oeil du lecteur pour mieux l’éperonner dans une crevasse du texte. Moi, je n’ai pas cette longueur dans les mains, je souhaite rester en dessous des 15000 signes impérativement, voire même moitié moins tant qu’à faire, car je veux quelque chose d’assez aigu.

La réécriture amorcée hier ou ce matin a été propulsée par le film A Single Man, vu hier en VO sous-titré suédois, seul et triste allongé sur la tranche. Alors l’étrange expérience du film s’est reportée sur l’écran du traitement de texte, sur le clavier, et je me suis dit ce que je voulais c’était écrire quelque chose de touchant. Ce n’était absolument pas le cas de la première version, assez glaciale au contraire, et dont le narrateur, omniprésent pourtant, était considérablement absent. Je garde la base de l’intrigue (une déambulation nocturne jusqu’à l’émetteur de Sainte-Assise, rechercher son ombre), je garde les personnages (deux), mais j’aimerais mieux tendre vers une détresse désespérante que vers l’habituelle absurdité blanche développée par hasard dans la première version. Ce que j’aimerais explorer, c’est la frontière entre la folie de l’un ou l’autre des deux personnages, que l’on reste toujours dans le brouillard de ces deux esprits confus sans que l’on sache précisément qui est fou, que cela tienne et que l’on puisse tanguer mais si peu, comme cette ligne très fragile et très vaine que l’on entend dans In the mood for love : elle ne brise jamais mais elle semble. Mon premier jet d’hier, de ce matin, en est bien loin, mais j’ai une ligne directrice explicitement formulée désormais, voilà ce qui change.

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