En chaîne


Week-end passé entre la mise en ligne d’Accident de personne sur Publie.net et l’envoi tout azimut de CV et autres lettres soit disant motivées pour tout un tas de trucs ou offres pour la plupart déjà oubliés.

Matriochka

Je pense à la cravate. Pire que la cravate, il y aurait les chaussures. Du genre en cuir et qui brillent, du genre pointues devant et longues. Si je devais me retrouver un jour à devoir en porter, je crois que ce détail aux pieds serait susceptible de me faire dire ou, pire, penser, la fameuse phrase fantôme qui revient quelque fois : « mais comment j’ai pu en arriver là ? »

Hier écrit tant de mails que j’ai déjà zappé d’en attendre une réponse. Terminé deux nouvelles dont l’une d’elle n’existait pas quelques secondes plus tôt. Me suis servi de Photoshop pour faire comme de la poésie. Ai terminé un premier jet de traduction toute barbouillée pour une nouvelle d’Amy Hempel appelée Jesus is waiting, résolument la plus, comment dire, bizarre, que je n’ai jamais lue. J’ai mal à la gorge, ne lâche quasiment aucun mot. Je me dis que kiss bye boy devrait me tenir un an : cinq mois de premier jet, et puis le reste pour corriger, réécrire. D’ici la fin de la semaine prochaine terminer la première partie, enchaîner avec la deuxième dès ensuite. Faut dire que le temps tourne. Et Jésus qui attend (ou pas).

Je marchai vers le Sud. Mon travail ne concernait pas la
zone où j’allais. J’entendis qu’elle me suivait. Une demi-
heure de marche. Où vas-tu ? furent ses premières
paroles. Je répondis : au Sud. Je continuai mon chemin.
Elle appela à l’aide. Je me retournai, prêt à courir vers
elle et à la faire taire. Personne ne vint. J’étais parti trop
loin, les gardes ne s’y attendaient pas, ils savaient
qu’elle me surveillait encore, arme en main. Personne,
dit-elle. Où vas-tu ? Je répondis : au Sud. Et je continuai.
Je ne devais pas. Elle non plus. Elle avait appelé sans
espoir de réponse, elle me le confia plus tard. Nous
marchions depuis une heure ou deux, quand je vis un
bosquet, que je connaissais pour y avoir déjà pêché :
derrière, il y avait un étang. Je dis : connais-tu cet
étang ? Non, elle ne connaissait pas. Elle dit : où est-ce ?
Nous nous sommes approchés du bosquet, l’avons
contourné et choisi un endroit où nous asseoir, d’où
contempler l’eau calme, les libellules, les araignées
d’eau, l’horizon où des nuages se dispersaient.

Joachim Séné, Maître et esclave, texte offert sur son site.

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