Wanted


Je sais toujours jusqu’où m’asseoir une fois littéralement en train, à droite ou bien à gauche, pour ça faudrait encore qu’on soit soit le matin ou bien en fin d’après-midi car à ces heures précises je sais toujours sur quel bord versera le soleil (toujours je choisis l’ombre). À gauche en tenant devant moi le sens du train, toujours. En début d’après-midi tout est très différent (car le soleil ondule). Alors je suis jamais bien sûr de choisir quel côté, quelle bordure, quelle fenêtre, me couperait la lumière (car toutes les voies tortillent) alors je prends le risque de m’y exposer (et ça ne manque jamais).

Sur la place où j’attends N. des flyers collés à même n’importe quel mur, du genre qui plaque sur le papier photo d’un mec qui s’y attendait pas et descriptif physique, son nom, son âge, ce qu’il portait le jour, le J, celui où il aurait radicalement disparu (en bas de la page un numéro à contacter si jamais si) et je me demande si finalement ce serait pas un peu tous notre cas, des disparus mais qui s’ignorent ? (Qui sait ensuite où j’ai bien pu aller.)

J’ai dit à N. (entre autres) qu’évidemment il nous fallait consommer ; on est allé chercher des pages. N. un bouquin appelé Cornes et plumes dans la littérature médiévale (Attributs, signes et emblèmes), moi des mecs jeunes et inconnus que j’aurais choisis au pif (d’abord j’ai cherché niveau livre, ensuite aussi dans les revues, ensuite me suis souvenu que ces mecs là on les trouvait quasiment plus que sur le net et me suis dit ah oui). Dans les allées, tête de gondole, on a trouvé un livre pour célébrer le centenaire de Gallimard, un catalogue qui reprendrait visiblement tous les titres édités depuis 1911, le tout vendu pour une vingtaine d’euros, alors petite pensée pour l’ami @roideséditeurs en effleurant la tranche. Un peu avant N. m’a offert un livre intitulé N’espérez pas vous débarrasser des livres et je me suis dit qu’il y aurait peut-être comme un message caché.

Pour retour je me suis mis à gauche en fixant devant moi sens de la marche, dans les wagons les mecs sentaient la bolognaise, où que je pousse l’oeil je voyais des orteils, everywhere des orteils alors j’ai lu au lieu de ces orteils moulus une scène de cul, la mieux écrite que j’ai pu lire depuis un bail au moins, c’était Le dernier monde signé Céline Minard et me suis dit chapeau (je le pensais, me mens rarement). J’ai pensé à ce type qui dansait le Kinect devant petit public posté autour de lui (mais bien plus tôt durant l’après-midi), son corps répercuté à l’identique dans la surface de l’écran devant lui : on aurait dit qu’il voulait y plonger.

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