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Éparpiller ADP

23 novembre 2010, par Guillaume Vissac, dans Labo |
Tags : Accident de personne - Twitter


Le projet Accident de personne étant censé commencer mercredi prochain (le 1er décembre donc), je me suis dit qu’il était peut-être temps de me remettre à bosser. Après avoir accumulé les fragments un par un pendant dix-huit mois, après en avoir supprimé un quart pour densifier le tout (et pouvoir répartir 5 twitts par jour pendant un mois), il a fallu commencer à organiser ces twitts.

La capture d’écran ci-dessus est une photographie du work-in-progress entamé aujourd’hui. En jaune les fragments qui ont été supprimés car dispensables, en orange les fragments déjà casés dans le fichier dit « Calendrier » qui répartit les twitts pour chaque jour et chaque heure concernée (il y aura largage des morts tous les jours à 7h, 9h, midi, 18h et 20h) et les blancs sont les fragments conservés mais encore en attente, disons, d’affectations.

Jusque-là, j’ai réussi à remplir les sept premiers jours du parcours, dont le premier dimanche, qui sera un jour à part dans le programme. Et le plus délicat n’est pas tellement de raconter une histoire, le projet Accident de personne n’en racontant pas réellement, il s’agit plutôt d’une série d’instantanés indépendants les uns des autres, le plus délicat c’est encore de pouvoir dresser une palette homogène, afin qu’on ne se retrouve pas avec des jours poubelles qui auront servi à accueillir les fragments indésirables ailleurs. J’ai encore une grosse semaine pour organiser tout ça, ce sera largement suffisant.

L’autre donnée étonnante qui émerge du projet alors que je ne l’avais pas décidé en amont, c’est l’apparition de véritables « personnages récurrents », qui ont forcé l’entrée du truc tout en disparaissant quasi instantanément. J’aime cette idée. L’idée que des figures concrètes émergent aussi parfois de ce tas de chair et qu’ils gravitent autour des rails, au fond, au(x) même(s) moment(s) que moi.


You can was again

17 novembre 2010, par Guillaume Vissac, dans Labo |
Tags : Amy Hempel - David Foster Wallace - Nouvelles - Traduire


Traduire, travaux.

Je l’ai mis en exergue dans la catégorie « Traduction » du site, je ne suis « pas traducteur » mais comme l’écrit Laurent Margantin en marge de ses fragments traduits de Kafka, traduire c’est écrire, et en transposant les mots d’Amy Hempel dans les miens je me rapproche autant de sa langue à elle que de ma propre écriture.

Aujourd’hui deux phrases ont capté mon attention, toutes deux tirées de la nouvelle « The Afterlife » que j’ai attrapée cette semaine. La première montrait une image furtive, celle d’une bestiole coincée sous les rochers, qui gicle pour déguerpir une fois la pierre retirée. La deuxième est issue du passage suivant, et son fragment que j’ai pris pour titre :

I heard Jane ask my father if he was happiest when he was in Aspen. He said, « I was, and then I wasn’t. » She said, « You can was again. »

« You can was again », très littéralement : « tu peux l’étais encore », en réponse à la réplique précédente : « (plus heureux) je l’étais, et puis je ne l’étais pas ». Outre la grande difficulté à transposer le plus convenablement possible cette minuscule fragrance poétique, je me rends compte, ayant spécifiquement le nez, les dents, les mains dessus (dedans), que cette phrase ridiculement petite est aussi l’épicentre de tout le texte [1], tout comme l’animal s’échappant de sous la pierre est un autre des symboles de cette nouvelle. Et j’ai, moi aussi, l’impression d’avoir soulevé la pierre sur une bête, une bête qui certes m’avait fait sourire à première lecture mais que je n’avais pas vue réellement, ou en tout cas que je n’avais pas reconnue comme la phrase pivot du texte, celle qui fait tout fonctionner, mais maintenant je vois mieux, scalpel en mains, écarteurs prêts à mordre.

Je vais sûrement batailler quelques jours encore avec cet éclat de langue et le reste du texte pas mieux. Mais c’est un combat loyal puisque le coeur (le corps) du texte en est l’enjeu. Je me surprends un peu. Traduire devient une gymnastique assez intéressante.

Ambrose dit à notre séminaire d’étudiants que les gens lisent une fiction de la même façon que les parents d’un kidnappé écoutent la voix du séquestré dans le téléphone tenu par le séquestreur : ils prêtent attention, tu m’étonnes, à ce que dit la victime, mais sont suspendus au rythme, aux trémolos et à la tonalité de ce qui est dit, interlinéaires des condition, localisation, perspectives, de la probabilité de retour sain et sauf...

David Foster Wallace, Vers l’ouest faire route la trajectoire de l’empire in La fille aux cheveux étranges, Au diable Vauvert, trad : Charles Recoursé, P.382-383.


Des briques

14 novembre 2010, par Guillaume Vissac, dans Labo |
Tags : Coup de tête - Manuscrit - Philip Glass - Trois pylônes


Je prépare l’envoi des manuscrits Coup de tête comme des briques à porter à la mer, et ces briques n’ont même pas de messages inscrits au plus profond d’elles-mêmes, elles sont simplement conditionnées, bouclées, conçues, pour pouvoir revenir, telles qu’elles, probablement à peine tenues et sans doute moins cassées. J’écris sans croire la petite lettre expliquant à l’éditeur, quel qu’il soit et quoi qu’il puisse en croire, que si je l’ai choisi, lui plutôt qu’un autre, c’est parce que « j’apprécie personnellement les textes édités et que le mien correspond parfaitement aux choix éditoriaux » et je me dis que bientôt il faudra envoyer d’autres lettres de motivations fausses et ce sera la même soupe, ni plus ni moins honnête, ou bien si mais si peu.

Parallèlement à ces préparatifs je me rends compte qu’Open Office, sans raison officielle, a bouffé hier la moitié de ma nouvelle Trois pylônes, enfin de la quatrième version écrite hier comme un somnolent au rythme de la bande son des Heures de Philip Glass. Je l’ai réécrite ce matin, non pas à l’identique, car je m’en souviens peu, mais en gardant le ton, ou peut-être le timbre. J’aurais bientôt, sans doute, de quoi composer ce fameux recueil Trois pylônes (variations) où la même nouvelle serait réécrite X fois, dans X styles et genres, prévues pour X revues et X appels à textes, ce pourrait être drôle.


Pourquoi pas le numérique

5 novembre 2010, par Guillaume Vissac, dans Labo |
Tags : Accident de personne - Cette vie - Coup de tête - François Bon - Livre des peurs primaires - Manuscrit - Publie.net - Qu’est-ce qu’un logement


(Notez l’absence d’interrogative)

J’envoie ce jour Coup de tête à l’impression, m’en coûtera 14€ par manuscrit à envoyer ensuite, selon cette musique postale que je connais par coeur, aux divers comités de lecture de divers éditeurs. Papiers.

J’aurais tout aussi bien pu envoyer le texte par mail à François Bon, confier Coup de tête à Publie.net comme je l’avais fait pour Qu’est-ce qu’un logement et le Livre des peurs primaires mais en réalité ça ne m’a jamais traversé l’esprit tant Coup de tête est un texte qui a été pensé par et pour le papier. Je dirais même qu’il est formaté pour et ce par hasard, complètement par hasard, mais un heureux hasard malgré tout, car j’ai vu avec Cette vie qu’il était bien compliqué d’essayer de démarcher éditeur pour un truc atypique. Et je ne pense pas que Cette vie était bon pour publication. Je crois que Coup de tête, lui, est prêt ou plutôt moi je le suis.

Qu’est-ce qu’un logement et le Livre des peurs primaire (et Accident de personne idem, soit dit en passant) étaient à la base des expériences web. Il était donc logique de passer par un éditeur numérique. L’idée de l’envoyer papier, manuscrit relié ou feuilles volantes, ne m’est jamais venue en tête. Je me suis tourné vers Publie.net parce que c’était logique. Même chose ici.

Le papier aussi pour la reconnaissance qui va avec. Et même si c’est tarte, oui je veux passer par la case premier roman et voir mon nom sur la couverture, mes mots qui suivent derrière. Et je sais pourtant que je n’aurais pas plus de lecteurs en papier qu’en numérique, bien au contraire. L’étape, simplement, est importante et depuis X années je l’attends. Pour valider mon travail, pour évaluer mon parcours, pour marquer ma progression.

Je recevrai les manuscrits courant de semaine prochaine, après ça j’enverrai, après ça j’attendrai. Après faudra que ça plaise, et c’est déjà plus mon problème.


Fronts

1er novembre 2010, par Guillaume Vissac, dans Labo |
Tags : Accident de personne - Amy Hempel - Coup de tête - Spip - Trois pylônes - Twitter


Nouvelles du front, y en a plusieurs.

D’abord Accident de personne, dont le compte twitter est enfin lancé. J’ai posé la date du 1er décembre pour commencer véritablement le projet, il durera un mois, et jusque là je posterai sur le compte @apersonne des twitts promos au rythme de deux par jours. Soixante fragments à base de compte à rebours, de suicidés et d’à suivre ont donc été lâchés sur l’écran ce matin, pas tous de très bon goût mais on dira que c’est le genre l’exige. Plus en amont, environ 200 fragments sont déjà écrits, me reste un mois pour les reprendre et les réorganiser : j’ai aussi posé cette date pour me forcer à m’y mettre. En attendant le mois de novembre et ses twitts promos me permettront de préparer le terrain, de tester Tweetdeck et ses twitts préprogrammés et de rassembler des followers avant lancement (merci à ceux qui sont déjà dans les starting-block !). Une page facebook créée aussi ce matin pour relayer et propulser le truc. Pour ceux qui n’ont pas de compte twitter, le projet est malgré tout accessible, ici tout simplement.

Trois pylônes : terminé hier une version parmi tant d’autres (dans laquelle j’ai oublié de caser la phrase « j’ai lu l’histoire d’un mec qui juste disparaissait et ça m’a fait chialer »), version qu’il faudra bien entendu reprendre mais qui présente cette fois les marques d’une bonne base de travail, alors même si c’est pas encore bien bon ça pourrait peut-être le devenir.

Archives d’Omega-Blue : la migration se poursuit au rythme d’un mois par jour, j’ai terminé ce matin le mois de janvier 2009, les archives seront donc prêtes d’ici la fin de la semaine.

Une traduction d’Amy Hempel, commencée il y a quelques jours, à terminer également. La nouvelle en question est tirée du recueil The Dog of the Marriage, jamais traduit ni publié en France à ma connaissance. Cette traduction sera mise en ligne sur Fuir dans le courant de la semaine. Le but est surtout de parvenir à décoder l’écriture d’Amy Hempel et de parvenir à en articuler les ressorts et les enjeux. Ce sera une première pour moi qui n’ai plus rien traduit depuis mes années de Licence.

Reste Coup de tête, le manuscrit. J’ai quelques corrections à apporter (orthographiques uniquement) avant de pouvoir lancer une impression papier, n’importe laquelle, et derrière l’envoi aux éditeur mais cette étape me déprime déjà, pour ça encore que je remets à plus tard.


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Notes

[1L’écho de cette taillade dans l’intrigue revient d’ailleurs mordre la page pour la toute dernière réplique du texte, quelques paragraphes plus loin : « Nothing is a long time ago ».























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