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Accident de personne

8 décembre 2018, par Guillaume Vissac, dans Livres |
Tags : Accident de personne - Twitter

Page créée le 2 décembre 2018.


Accident de personne, Othello, 136 pages, 13€ (9791095244141)

  • Présentation par l’éditeur

Celle qui préfère les solutions radicales, Celui qui procrastine, Celui qui quitte le train en marche, Celui qui se branle, Celle qui se loupe... Guillaume Vissac a pris pendant plus d’un an des notes sur les « accidents de personne » auxquels il a assisté dans les transports en commun, pour en tirer des écrits lapidaires de moins de 140 signes qu’il publiait sur Twitter, plusieurs fois par jour, à l’heure de pointe. Petit à petit, au fil des incidents, il voit se dessiner des personnages et des narrations, qu’il fait dialoguer dans des notes de bas de page.

  • Préface

Accidents de personne, incidents voyageur, accidents graves de voyageur... Je n’ai pas compté le nombre de fois où j’ai rencontré ces locutions, que ce soit dans un message vocal diffusé par un haut parleur ou écrit sur les pixels d’un écran, durant mes interminables allers-retours de la banlieue vers Paris et vice et versa, ces dernières années. Ça aurait été glauque. Mais c’est arrivé suffisamment souvent pour que j’éprouve le besoin d’écrire sur le sujet, et d’écrire au plus près de ces heures étranges, en transit, c’est-à-dire dans une rame. Sur un quai. Entre deux correspondances. Le plus souvent au pouce, sur l’écran d’un téléphone. Des notes. Pendant un an et demi, ça va s’accumuler dans la mémoire flash de l’appareil. Ça, c’était quoi ? Je n’en savais rien, mais ça prenait de l’ampleur.

Des suicidés parlaient à la première personne (avant ou après l’acte ?). Il y avait des envies d’en finir et des usagers témoignant sur le temps que ça prenait chez les autres, mourir. Et derrière, fatalement, combien de retards occasionnés et de lamentations...Comme dans la vie, quoi. C’était toujours court, brut. J’appellerais ça Accident de personne.

Ce texte n’était qu’une matière, pas encore un livre. Il fallait qu’il se transforme avec le temps, qu’il prenne une épaisseur. Je l’ai construit par strates. J’avais besoin que d’autres versions de moi, futures, mettent leur pierre, chacun. D’avoir toujours un regard neuf quand je m’y replongeais. Quitte à rebattre les cartes à chaque fois. Une forme de polyphonie mentale, aussi, sans doute.

Fin 2010, ces notes ont été classées, organisées, réécrites, corrigées puis publiées pendant un mois sur Twitter. Un compte créé spécialement pour propulser cette fiction parcellaire (il existe encore) : @apersonne. 160 fragments y ont été déversés du 1er au 31 décembre, au rythme de cinq par jours, toujours aux mêmes heures : 7 h, 9 h, 12 h, 18 h et 20 h. Des heures de pointe ? C’était diffusé selon le rythme d’un micro feuilleton. On ne savait pas que c’était moi derrière. Certains ont cru que c’était bien réel. Quelque part ça l’était.

En 2011, les tweets ont été rassemblés, mis au propre, réécrits en partie, et compilés au sein d’un livre numérique paru aux éditions publie.net. À cette occasion, des personnages sont nés ; jusque-là il n’y avait que des voix disparates. J’ai pu rassembler des fragments, désigner des noms (CELUI QUI, CELLE QUI, CEUX QUI, ... ) et, à mesure que la composition de ce recueil bizarre progressait, il est devenu évident que ces personnages, il fallait les faire dialoguer entre eux. Pour faire interagir ces voix les unes avec les autres sans interférer dans le corps du texte (la contrainte des 140 caractères a subsisté, même hors de l’écosystème de Twitter), nous avons à l’époque conçu un réseau de 271 liens internes et notes de bas de page permettant de naviguer d’une voix à l’autre et de faire vivre la conversation sur l’ensemble du livre de façon non linéaire.
C’était fou.

La dernière strate est ici, maintenant, et prend la forme d’un livre papier. S’il fallait le définir, sans doute faudrait-il écrire ici qu’il s’agit d’un roman en pièces détachées. Il y a un monde littéralement sous terre qui existe et qui vit avec nous, sans nous. C’était une autre contrée à traverser, elle s’est retrouvée à proliférer par elle-même dans les notes de bas de pages, repensées pour cette édition.

De manière à ce que l’on puisse, au choix, ou simultanément, cheminer dans le désordre initial de la polyphonie ou avancer linéairement. En haut ou en bas. En surface ou dessous. Une grande partie des notes a été réécrite, voire réinventée, pour donner écho aux vies souterraines de nos villes. N’importe quelles villes. Elles sont comme nous : elles inventent, elles respirent. Peut-être Accident de personne, durant ces quelques années d’écriture, désécriture, réécriture, a-t-il su en cristalliser quelques bribes, quelques bris... Sans oublier les cris. Ce livre est plein de cris. Cette histoire (ces histoires) est celle de celles et ceux qui sont au bord, de vivre, mourir, essayer quelque chose.

De s’enfuir, aussi. On est là avec eux, avec elles. On hésite.

  • Un court extrait

  • Écouter (par bribes) Accident de personne

Les sons qui s’affichent sur cette page sont (plus ou moins) aléatoires. Recharger pour en générer d’autres.

Merci aux lectrices et lecteurs qui ont prêté leur voix pour l’exercice : François Bonneau, Katia Bouchoueva, Brigitte Célerier, Philippe Castelneau, Virginie Gautier, Sabine Huynh, Christine Jeanney, Juliette Mézenc, Lou Sarabadzic et Joachim Séné.

  • Regarder (des clips d’) Accident de personne
  • Acheter le livre

- En librairie
- En ligne (par exemple)

Le livre tel qu’il existait avant sa métamorphose papier est toujours disponible au format numérique via les éditions publie.net.

  • Lectures

Livre présenté par Nikola Delescluse dans son émission Paludes du 7 décembre 2018 sur Radio Campus Lille :

Vissac - Accident de personne

Accident de personne chez Prof en scène du 9 décembre :

Un extrait à retrouver sur Jardin d’ombres :

Dans Libr-Critique, par Fabrice Thumerel :


Dans le numéro de Junkpage de janvier 2019, par Julien d’Abrigeon :

Dans L’humanité du 10 janvier 2019, par Alain Nicolas :

Dans deux Service de presse de François Bon (9’14 et 9’13) :

Sur Bookalicious (Instagram), par Tara Lennart :

Un extrait dans les Relevés de Quentin Leclerc :

Lu par Ahmed Slama via Facebook :


Puis par le même Ahmed Slama dans La Cause littéraire :

Lu par Hugues Robert (librairie Charybde) :

Lu par Christophe Esnault pour Poezibao :



Le chien du mariage

25 août 2018, par Guillaume Vissac, dans Livres |
Tags : Amy Hempel - Traduire

Page créée le 23 août 2018.


  • L’auteure

Maîtresse de la forme courte, ayant fait ses classes auprès de Gordon Lish, qui publia son premier recueil, Amy Hempel est l’auteure en l’espace de vingt ans de seulement quatre livres. La publication de ses nouvelles complètes aux éditions Scribner a été saluée comme l’« événment littéraire de l’année » par la revue Village Voice, et le New York Times avait cité ce recueil comme l’une des cinq meilleures œuvres de fictions en 2006.

  • Présentation par l’éditeur

La compassion, l’intensité et la clairvoyance des observations proposées par Amy Hempel dans ses écrits en ont fait une des écrivaines contemporaines les plus remarquées et admirées. En trois recueils de nouvelles, elle a imposé sa voix unique et reconnaissable entre toutes. Dans ce quatrième et dernier recueil en date, il est question d’amour, de sa naissance et de sa disparition, de relations bancales et de désirs quotidiens insatisfaits. Sans cesse surprenant, servi par d’incroyables trouvailles langagières et un esprit mordant, ce volume est caractéristique du meilleur d’Amy Hempel.

  • Ce que j’en dis

Amy Hempel publie peu : quatre recueils depuis 1985, dont le dernier en date, Le chien du mariage, il y a déjà plus de dix ans aux États-Unis. Il s’agit sans doute de son recueil le plus incisif, oscillant dans la forme entre nouvelles très brèves (une seule phrase de deux lignes pour le fameux « Mémoire » : Juste une fois dans ma vie... oh, comme si j’avais jamais souhaité quoi que ce soit « juste une fois dans ma vie ». ) et plus amples. On y retrouve certains de ses thèmes de prédilection : complexité des rapports humains (des relations hommes-femmes souvent conflictuelles, voire résolument violentes, comme dans la nouvelle « Les intrus » qui dresse un parallèle entre l’expérience d’un viol et la figure d’une maison hantée dans un vieux film fantastique), la difficulté à se remettre de ses traumatismes, ou la vie aux portes du royaume animal pour reprendre le titre d’un de ses précédents recueil. Le chien promis par le titre est partout, animal totem aidant à faire le lien entre le monde des hommes et les prémices de la vie sauvage.

Le chien du mariage est surtout une formidable œuvre sur le rapport au temps : temps mis en pause (dans « Jesus is waiting » ou « Au-delà » qui saisissent tous deux cet après faisant suite à la perte - temporaire ou définitive - de l’être aimé), temps décomposé (dans la nouvelle qui donne son titre au recueil et qui, de chien en chien, déjoue le processus social du mariage), ou temps réinventé par le langage (dans « Offertoire » où la fiction prend un pouvoir capable de décomposer, ou recomposer, les rapports de domination à l’œuvre entre les amants). Son écriture précise, parfois d’apparence décousue, capable d’isoler une seconde de bascule dans le tumulte d’une vie et d’en révéler la beauté, la cruauté ou la complexité, esquisse dans ces nouvelles le portrait d’un présent instable et translucide qui porte en lui toute une architecture du passé. Adepte des ruptures temporelles soudaines et usant souvent d’objets du quotidien pour permettre au récit de se renverser sur lui-même, Amy Hempel a une pratique quasi clinique de la langue, une langue qui joue parfois le jeu de l’oralité pour faire l’épreuve de la proximité, non sans humour. Ses phrases sont toujours le théâtre d’une grande justesse émotionnelle qui a su toucher au fil du temps des auteurs majeurs tels que Chuck Palahniuk ou Alice Munro.

  • Un court extrait
Demain, c’est Thanksgiving. À en croire la radio, les gens voyagent en voiture. Cent pour cent si l’on s’en tient à moi.

Je me sens toujours bien quand je vois des plots de signalisation. Ils ne pèsent presque rien et ne peuvent pas abîmer la voiture. Ce n’est pas pour cette raison que je les renverse.
Une espèce de fierté : conduire à fond sans réfléchir sur la file du milieu ou l’inverse, se mettre à l’arrêt sur la voie de gauche pendant un bouchon et ne ressentir aucun changement dans son rythme cardiaque ou sa respiration. J’ai souvent les larmes aux yeux lorsque la voie sur laquelle je roule vient fusionner avec une autre. Je peux fondre littéralement lorsque j’atteins cette zone, juste après Petersburg en Virginie, où l’autoroute du New Jersey devient l’autoroute 95 et où la 95 devient la 85.
Une veille de vacances, on a l’impression d’avoir un endroit où aller simplement en étant sur la route au milieu de tant d’autres qui en ont.
Voilà : un endroit où aller. Une destination.
J’écris sur une carte postale : « Une fièvre d’origine inconnue, ça fait partie des symptômes ? » Je signe la carte : « Comme d’habitude. »

« Jesus is waiting »

  • Acheter le livre (112 pages, 16€)

- En librairie
- En ligne (entre autres)

  • Prix

Le Chien du mariage a obtenu le prix Révélation de traduction 2018 de la SGDL. La première sélection :

  • Lectures

Un extrait à retrouver dans les Relevés de Quentin Leclerc :

Livre évoqué dans le Service de presse #54 de François Bon :

Lecture de Benjamin Renéville sur Twitter :

Lecture de Franck Queyraud sur Instagram :

Livre mis à l’honneur sur "Exploratology" (lien Facebook) :

Le Chien du mariage dans "Paludes", sur Radio Campus Lille (lecture et analyse de Nikola Delescluse) :

Hempel - Le chien du mariage

Lecture de Cathulu sur Babelio :

Lecture de Lou Darsan pour le site Un dernier livre avant la fin du monde :


Un extrait de la nouvelle « Le chien du mariage » sur Jardin d’ombres :

Article de Yann Fastier dans Le matricule des anges :

Article de Tara Lennart pour Bookalicious :

Article de Anne-Lise Remacle dans FocusVif :

Evelyne Châtelain pour le prix Révélation de traduction de la SGDL :


Coup de tête

18 octobre 2017, par Guillaume Vissac, dans Livres |
Tags : Christine Jeanney - Coup de tête - Publie.net

Page créée le 3 mars 2013.


  • Présentation

Ce roman pourrait, comme le site de l’auteur, s’appeler Fuir est une pulsion. Histoire d’un corps adolescent mutilé. Héros narrateur qui parle d’un membre manquant, main droite cramée, explosée, main fantôme, cartilage palpitant, douleur de l’invisible. Phénomène de « désafférentation ». Il se raconte, jour J et suivants, fuyant la maison, errant dans la ville, (sa) voix off, cut up dans le crâne. « J’étais à deux doigts de tirer la languette Flamby. À deux doigts d’ouvrir l’envers du monde… » Déambulation hyperréaliste sous le soleil. Il rencontre d’autres corps et X aux cheveux bleus, le monstre de son enfance. À J + ?, SDF, il arpente la gare, malade, affamé, dégueu. Peut-être prend-il le train, à la poursuite de sa main perdue, à la poursuite de X ? Le roman se termine trois fois. À la troisième fin, comme sa main perdue, il souffre et sent, absent présent. « Quand on sait pas où sont les trucs qu’on a perdus, on se dit que partout peut se trouver la réponse. »

Lucien Suel, Libération

  • Acheter le livre en papier (256 pages, 22€)

- Sur Publie.net
- Sur Amazon
- Chez votre libraire...

  • Acheter le livre en numérique (256 pages, 4.99€)

- Sur Publie.net
- Sur Epagine
- Sur Feedbooks
- Sur Dialogues.fr
- Sur Itunes
- Sur Amazon
- Sur Fnac.com

  • Lectures & mentions

- Sur le site de Christine Jeanney (et reprise sur le blog Publie)
- Mention sur Jardin d’ombres
- Lettre n°12 de Publie.net
- Mention chez Hervé Jeanney (4-5 trucs par jour)
- Lecture & extraits chez Joachim Séné
- Lecture de Brigitte Celerier sur Babelio plus extraits
- Lecture sur le site de Nicolinux À voir et à manger
- Chronique et extrait chez Tu lis quoi ?
- Chronique dans le Libération du 21/03/13 (rubrique Vient de paraître)
- Reprise de la chronique Libé sur le site de Lucien Suel (version longue)
- Extraits de Coup de tête disséminés dans le site La ville est sous mes pas de Cécile Portier
- Coup de projo Beauchene, Vissac, Horace chez François Bon
- Chronique croisée sur le blog Epagine avec Tes yeux dans une ville grise de Martín Mucha
- Coup de tête en lecture croisée chez Anne Savelli.
- Coup de tête mentionné dans le journal permanent de SebMenard : ici, ici et .
- Lecture mentionnée par Antoine Bréa.
— Coup de tête lu par Julien Boutonnier (article repris sur le blog Publie)
— Mention faite par Lionel-Édouard Martin dans sa chronique de Fissions de Romain Verger

  • Bonus & trucs sociaux

- Page Facebook
- Coup de tête sur Babelio
- Journal de Coup de tête sur Fuir est une pulsion

  • SP

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mondeling

29 novembre 2015, par Guillaume Vissac, dans Livres |
Tags : Junku Nishimura - Louise Imagine - mondeling

Page créée le 29 novembre 2015.


  • Présentation

Fruit du travail du photographe Junku Nishimura et de l’écrivain Guillaume Vissac, Mondeling nous immerge dans un univers nocturne, à la fois fascinant, inquiétant, désespérément sombre, et follement humain.
Les deux auteurs, dans ce dialogue où mots et images s’entrechoquent, nous invitent à pousser la porte d’un petit bar obscur à l’atmosphère confinée. Pousser la porte de cet établissement quelconque, un peu miteux et à peine accueillant mais chargé de sueur et de chaleur humaine, perdu dans les bas fonds de la ville, et s’y installer le pas traînant, à côté d’autres que l’on ne connaît pas, que l’on ne reverra plus, silhouettes incertaines et monologuantes. Pousser la porte de cet établissement MONDE, comme l’on pose lourdement ses fesses sur le bord d’un tabouret, les coudes sur le comptoir, la tête entre les paumes. Pousser la porte et s’installer derrière un verre, derrière la fumée de cigarette, pousser la porte une fois la nuit tombée, une fois la fatigue pressante de la journée bien instillée dans nos crânes sur nos épaules. Pousser la porte et écouter les grands éclats de rire et les détresses sourdes, les déclamations tonitruantes et les murmures délirants.
Pousser la porte donc et goûter à ces âmes noires et pures, à ces âmes folles et mouvantes, comme l’on trempe ses lèvres dans un alcool fort.
Parce que la nuit colle à nos peaux et à nos âmes.
Parce que les mots se diluent et flambent dans l’alcool.
Parce que nous sommes humains.

Louise Imagine, directrice de la collection Horizons

  • Extraits

  • Acheter le livre en papier (176 pages, 22€)

- Page Publie.net
- Sur Amazon
- Chez Dialogues
- Via Place des libraires
- Chez votre libraire : si le livre n’est pas disponible en stock, il peut être tout naturellement commandé via Hachette (ISBN 9782371774377)

  • Acheter le livre en numérique (176 pages, 4.99€)

- Sur Publie.net
- Sur Epagine
- Sur Feedbooks
- Sur l’Ibookstore
- Sur Amazon
- Sur Fnac.com

  • Bonus

- Woman’s Blues, par Kyoko Nishimura, la bande son de mondeling :

- Deux textes bonus, finalement non conservés dans le livre final
- mondeling sur Babelio

  • SP

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Transoxiane

6 avril 2015, par Guillaume Vissac, dans Livres |
Tags : Transoxiane

Page créée le 11 novembre 2014.


Transoxiane est une série numérique en plusieurs épisodes publiée aux Éditions Studio Walrus. Le premier épisode "Barbe-Bleue" est paru le 13 novembre 2014 pour la modique somme de 1.49€ !

Épisode 1 - Épisode 2

-* Épisode 1 : Barbe-Bleue (nov 2014)

    • Présentation par l’éditeur

Misère Balkaï n’est pas une chamane de contes de fées ou de légendes africaines : c’est une traceuse, capable de retrouver ceux qui ont disparu en parcourant les paysages tourmentés de la Transoxiane, notre monde intérieur. Ces transes mystiques lui permettent de subsister comme d’autres font de petits boulots. Un endroit abrité pour dormir, quelques grammes de junkfood, un peu d’herbe pour mieux faire glisser son esprit en Transoxiane, Misère n’a pas beaucoup de besoins,même si la vie ne lui a pas fait de cadeaux.

Quand Maude, une adolescente solitaire et amatrice de jeux en ligne, disparaît sur le chemin du collège, certains pensent à une fugue. Misère, elle, sait entendre les âmes : elle sent que la jeune fille est prisonnière quelque part, mais où ? Grâce à quelques affaires personnelles glanées chez la mère, la chamane piste la trace de Maude en utilisant la peau d’une vieille connaissance. Mais cette région de la Transoxiane réserve de dangereuses surprises : labyrinthes, faux-semblants et dents aiguisées, Misère Balkaï devra une fois de plus composer avec les ombres… au risque d’y laisser sa peau.

Dans une ambiance urbaine oppressante et étrangement familière, Guillaume Vissac réussit l’exploit de nous offrir une véritable fantasy urbaine et sombre à la française, où la ville devient le terreau des angoisses sourdes et des pensées les plus noires. On pense forcément à Neil Gaiman en entrant dans cet univers riche, déjà familier, que nous avons peut-être quelquefois visité en rêve avant que le jour ne vienne nous en tirer. Le langage brut de l’auteur, presque scandé, embarque le lecteur par sa propre rythmique, conférant à Transoxiane son statut d’œuvre à part.

    • Extrait

Lire le premier chapitre de l’épisode un.

    • Lectures & mentions

- Lecture audio par Eric Schulthess des premières pages du livre sur son site Sons de chaque jour.
- Mention & extrait sur Jardin d’ombres.
- Mention & dessins dans le journal de Nisan Gogo.
- Chronique sur Furtives : "Transoxiane, de biais et dans les marges"
- Transoxiane, coup de coeur de Deidre

    • Acheter l’épisode un chez tous les libraires numériques

- Immatériel (sans DRM)
- Apple
- Amazon
- Kobo
- Epagine
- Feebooks

-* Épisode 2 : La troisième marche (mars 2014)

    • Présentation par l’éditeur

Sitôt qu’Alexeï débarque dans la ville-monde de Vaǯmba, le marcheur sent que quelque chose ne tourne pas rond en Transoxiane. L’hôtel Malvenu, où il prend ses quartiers, est peuplé d’une foule de personnages aussi inquiétants qu’hétéroclites. Pire, il semblerait qu’on attende sa venue. Comment dès lors retrouver Lune Louise, cette mystérieuse jeune femme dont le prénom lui a été soufflé jusque dans l’infra-monde par Misère Balkaï et qui semble courir un grand danger ? Car le loup rouge, que chacun redoute, rôde dans les couloirs en attendant son heure : celle de tuer l’inconnue qu’Alexeï a pour mission de secourir. Pendant ce temps, de l’autre côté du monde, Misère mène l’enquête autour d’une étrange femme recluse dans son appartemment et dont personne ne voit jamais le visage. Les deux histoires seraient-elles les extrémités d’un même fil ?

Extrait

La salle à manger de l’hôtel était presque vide. Ce pouvait être le cœur de la nuit ou le milieu de l’après-midi. Il n’y avait plus de musique et l’agitation de la soirée passée s’était dissipée comme une odeur de pipe gorgée dans des fibres textiles. Le Mister Mirante aimait ses cocktails molto rosso (savoir ce que ça voulait dire), mangeait avec la main gauche, buvait avec la droite, fumait son tabac tiède la bouche tordue à droite mais recrachait tout à gauche sa fumée. Il se vantait souvent de posséder un monocle mais ne l’exhibait pas en public, du moins en présence d’Alexeï, et il ne lui révéla pas non plus sur quel œil il aimait le porter. Un peu plus tôt, au cours de la soirée sans doute, quoique la mémoire d’Alexeï semblait défaillante à ce sujet, et c’était probablement dû à l’abrasion par l’alcool ou aux vapeurs tabacologiques qui montaient alors en volute, il lui avait avoué être venu ici tout exprès de Cologne pour assister, comme il le disait lui-même, à l’assassination de cette femme magnifique, cette foutue Lune Louise.
— Et vous, pourquoi êtes-vous venu ? demanda Mirante.
— Je cherche Lune Louise.
— Tout le monde la cherche, dit Mirante en mâchant. Tout le monde veut la voir lorsque le loup rouge, comment dire, la fera passer de vie à trépas, vous voyez ?
Alexeï voyait. Il mangeait calmement. Il buvait les paroles du Mister à l’haleine avinée.
— Mais je ne serais pas surpris que des gens issus de, comment dit-on, vous savez, d’en bas, viennent jouer les trouble-fête un jour, des gens tenus à l’écart si vous voyez ce que je veux dire, des gens qu’on tolère aujourd’hui mais demain ? Je ne sais pas si Lune Louise est consciente de tout ça. Elle tient le beau rôle, évidemment, et toute cette mise en scène la met bien en valeur. Mais je crois qu’on aurait tort de penser que ce n’est que du tape à l’œil. Il y a quelque chose dessous, quelque chose de, comment dire ça correctement… Oserais-je dire politique ?
Alexeï attrapa au vol quelques mots que l’italien lui avait saupoudrés à l’oreille et chercha à profiter de la situation.
— Vous voulez dire que « Lune Louise ferait ça volontairement ?
— Évidemment, répondit le Mister, ébahi qu’on puisse ne serait-ce qu’en douter.
Il avait la joue dure et une langue en titane. La peau rêche mais lissée. Un tatouage en forme de triangle en relief inversé, c’est-à-dire creusé dans le derme, au-dessus d’une clavicule saillante. Un caractère parfois acide, de la trempe des espions des beaux quartiers, de l’aristocratie scélérate, d’un ordre évaporé depuis tellement longtemps, issu d’un temps bien antérieur à la propre naissance d’Alexeï, lui-même en position anachronique dans ce futur vintage. C’était difficile à comprendre (et le Mister Mirante semblait s’en amuser).
— Vous ne mangez pas ça ? demanda-t-il.
Mais il n’y avait plus rien dans son assiette, et le Mister Mirante s’éloignait déjà de sa table en le saluant de loin. Il le regarda ensuite monter droit dans sa chambre en s’appuyant sur la rampe du grand escalier, dont il avala les marches quatre à quatre sans provoquer le moindre son. 

    • Lectures & mentions

Lisez & mentionnez enfin !

    • Acheter l’épisode un chez tous les libraires numériques

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    • Au-delà

- Mini-site Transoxiane par Walrus
- Les "ouï-dire", blog Medium reprenant des portraits périphériques de Misère Balkaï
- Le "journal de Transoxiane" via le mot clé correspondant dans Fuir
- La page Babelio du livre
























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