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Insurrection vagabonde, par Fane

5 juillet 2013, par Invité, dans Invités |
Tags : Adolescence - Fuite - I-voix - Tram - Vases communicants


Un pas en avant et l’autre suivra
Me dit le baroudeur du tram
On the way et foulard rouge
Chapeau jones et pull en beige
Trois jours de barbe et huit de cuite
Quand il me dit en réponse à mon envie d’autres pays
sourire sincère devenu rare dans nos contrées
« Prie sainte Anne qui guidera ton deuxième pas, mon frère,
Pour que les suivants ne soient qu’un chef d’œuvre
Issu d’un *hips* putain de rêve d’aventure »
Froid glacial dans l’âme d’un autre nomade.
Balançant l’harmonica chauffé à la paume, au visage d’JC
Usant de son art pour gueuler son désaccord, tel Hugo à p’tit bidon.
« Ôte toi de mon soleil ! » Hurla ce vieux cynique peu charismatique
Au téléviseur de la vitrine, et son JT de 20h
C’est décidé. Comme eux,
J’Into The Wild ma vie afin d’aller vous faire foutre.
J’me casse parc’qu’à trop encaisser j’en ai cassé mes casseroles
J’peux plus me retourner pour mieux griller le cerveau.
On meurt d’la tête de faim
Par paupérisation stomacale d’influence intellectuelle
Je prends la route
J’la dégrafe des villes
J’l’arrache des vallées
Et en retire le fil des montagnes
Car je suis un sans-chemin
Type d’une espèce peu rare
Quand le rêve défie le loup
Et que le loup, gueule grande ouverte
Dents acérées,
Sert de réel

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Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

Suis resté à distance des vases communicants pendant quelques mois mais je m’y replonge avec plaisir aujourd’hui pour accueillir une voix neuve, que j’ai eu beaucoup de plaisir à citer dans le journal il y a peu, en l’occurrence celle de Fane, lycéen de Brest, dont j’avais rencontré la classe l’année dernière à l’occasion du projet Ivoix. Bref, je l’accueille ici sur Fuir avec plaisir et lui idem sur Mange tes classiques, revue blogpoétique. Sommes partis tous les deux d’un thème commun : l’insurrection.

Voilà la liste complète des vases communicants pour juillet 2013 :

Poivert et Philippe Aigrain
Camille Philibert-Rossignol et Pierre Cohen-Hadria
Poivert 2 et Delphine Renard
Olivier Hodasava et Yannick Vallet
Zéo Zigzags et Julien Boutonnier
Sabine Huynh et Christophe Grossi
Franck Queyraud et Samuel Dixneuf Mocozet
Christopher Sélac et Jean-Philippe Depotte
Marlène Tissot et Marianne Desroziers
Francois Bonneau et Eric Dubois
Ana NB et Emmanuel Delabranche
Myriam Rubis et Barbara Albeck
Anne-Charlotte Chéron et Dominique Hasselmann
Nolwenn Euzen et Jean-Marc Undriener
Myriam OH et Wana Toctouillou
Guillaume Vissac et Mange tes classiques
Giovanni Merloni et Brigitte Célérier


Les nouilles aussi sont des portes, par Michel Brosseau

2 novembre 2012, par Invité, dans Invités |
Tags : Junku Nishimura - Michel Brosseau - Publie.net - Vases communicants


Le vase communicant de ce mois est dédié à Maryse Hache.

En dire quoi des nouilles, sans enfiler clichés, façon collier de ?

Maternelle, les avoir peintes, nouilles tubes, un nom sûrement mais lequel, tubes et stries légères ou rotondes simples ; de la difficulté de les tenir sans se mettre de la peinture plein les doigts, ça gardé en mémoire : de l’assemblage sur fil ne reste rien, ni de l’avoir offert fête des mères.

Fiction ? Reconstruction ? Mais demeure croquer nouille crue, comment craque claque blé dur sous la dent, ne pas aimer éclats en bouche. Retrouvé le soir quand les gosses en croquent cuisine. Leur blague pâtes riches pauvre nouille.

(ne pas traiter aujourd’hui du recours quasi quotidien au plat de nouilles, ni des expressions ayant trait à, conscient de l’arbitraire du choix !)

Pâtes demeuré hors lexique, signal qui appelle presque méfiance, c’est autre monde, mots de ceux qui n’écorchent pas la langue (et celle-ci le leur rend bien), monde des mots ronds qui échappent à la mastication, mots qui digne d’écran télé. Qu’un accent circonflexe vous fait relever la tête vous dignifie, son long qui s’ouvre en toute puissance, tandis que mouille patouille du digne te passe : nouilles sont matière, paradoxalement d’un coup de pluriel seulement pâtes transcende désignation matière !

Collier de nouilles et non collier de pâtes. À noter que l’article Wikipédia collier de nouilles renvoie à l’article art modeste.

Pâte pasta origine attestée quand nouille emprunté à l’Allemand Nudel, d’origine incertaine. De ces mots qui sortent de la nuit sans prévenir. Mots matière génération spontanée.

Pâtes lumineuses d’Italie Panzani Barilla exotisme cliché, quand nouilles espèce de pâte d’Allemagne faite avec de la farine et des œufs, et qui, par la manière dont elle est coupée, ressemble au vermicelle ; mais le goût est fort différent ainsi que l’accommodement ; les nouilles se mangent frites, et non pas, comme le vermicelle, en potage. Dans les livres de cuisine on écrit ordinairement noules. (Littré) Mais du passage de noules au son mouillé, et venu à désigner ce qui pâtes auparavant ? Soupçonne l’industrie de fondre le lexique…

D’un possible voyage, Italie, Chine lointaine. S’il existe une route de la soie ou des épices, point de route des nouilles ou des pâtes ! Origines incertaines (vous laisse le soin de consulter l’article encyclopédie en ligne), pêle-mêle dates légende histoire. Qu’importe, plutôt curieux de savoir ce qu’écrivait chacun en bord d’assiette, pâtes alphabet sorties bouillon de légumes. Et quels prénoms, quels mots, et comment on les a de nouveau noyés au bouillon, ou lettre à lettre se les être magiquement incorporés, et quelles histoires ont ainsi démarré en bordure d’assiette creuse…

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Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

Reprise ponctuelle des vases communicants et grand plaisir d’accueillir ici Michel Brosseau pour un échange thématique autour, oui oui, des nouilles. Michel Brosseau a publié plusieurs textes chez Publie.net, dont Mannish boy, lu il y a quelques années, et dont je garde très bons souvenirs, et La Bac d’abord, qui vient de sortir dans la collection Publie.noir. Michel Brosseau m’accueille à son tour chez lui pour un texte qui pourrait faire partie (ou non) du projet Publie autour des photos de Junku Nishimura (à voir).

Voilà la liste complète des vases communicants pour novembre 2012 :

- Mathilde Roux et Jean-Marc Undriener
- Poivert et André Rougier
- Euonimus Blue et Éric Dubois
- Danielle Masson et Jérôme Fandor
- Virginie Gautier et Ana NB
- Anne Savelli et Olivier Hodasava
- Anne-Charlotte et Christopher Sélac
- Lirina Bloom et Nicolas Bleusher
- François Bonneau et Pierre Ménard
- François Bon et Arnaud Maïsetti
- Christine Leininger et Camille Philibert-Rossignol
- Michel Brosseau et Guillaume Vissac
- Christine Jeanney et Piero Cohen-Hadria
- Anna Jouy et Murièle Modely
- Sabine Normand et Wanatoctoumi
- Frédérique Martin et Francesco Pittau
- Elizabeth Legros-Chapuis et Amélie Charcosset
- Martine Horovitz Silver et Valérie Pascual
- Déborah Heissler et Christophe Sanchez
- Catherine Désormière et Dominique Hasselmann
- Madame de Keravel et Dominique Autro
- Maïa et Louise Imagine
- Maryse Hache et Laure Morali
- Eve de Laudec et Brigitte Célérier


I like Bad Bird and Bad Bird like me, par Ana Nb

4 mai 2012, par Invité, dans Invités |
Tags : Ana Nb - Chaos - La Quatrième Dimension - Mary Shelley - Vases communicants - Vide - Ville


mais y’ a rien sur le papier – tu comprends y ’a rien – eh fils de l’obscur regarde ouvre les yeux – ouvre les yeux – là le centre rien le centre vide – blanc tu comprends blanc – là un peu plus loin une maison – une tu comprends une – et là des carrés sombres – sombre tu comprends sombre -

I like Bad Bird and Bad Bird like me- la nuit colle un ange à chaque maison -

nulle part t’entends nulle part ça s’étend là - des éclaboussures de noir ça crache ça explose c’est noir d’aussi loin d’aussi près ta gueule dans le noir - et toi tu marches là t’écoutes la chute du linceuil tu sens l’odeur des noms brulés Crazy Body Blue Bird Big Bird Bad Bird Joseph B. l’homme à l’ombre penché tous les noms tombent - la ville sur le papier c’est ça t’entends – le soleil est dangereux ici – t’entends les fissures t’entends – fils de l’obscur réveille toi Blue Bird Blue Bird vole vole et claque tes ailes sur la ville flottante – fils de l’obscur réveille toi – tu vois les murs tu vois la peau grise des murs -

marche - marche là là au milieu reste au milieu avance avance non tu ne trouveras pas d’autres rues et quoi des angles de rues et quoi une place eh filsde l’obscur lève les pieds sur les cailloux blancs ronds et lisses - tes mots sont vides de lumière – lève toi fils de l’obscur lève la tête regarde la neige – il neige Blue Bird sur tes ailes blessées il neige sur Bad Bird - marche allez marche

marche écoute le silence de la mort écoute le silence de la vie écoute la voix ensevelie la voix parle du lieu d’ici la voix parle de l’ailleurs du lieu d’ici la voix parle du vide la voix parle du vide au centre – là - Bad Bird une toile noire traversée d’un trait noir - la voix parle de la boue des décombres dans l’obscurité – eh Blue Bird vole vole éloigne toi

tu vois avec la longue route le voyage commence – le voyage commence là - comment ce bled s’appelle - là tu vois la longue route avec des nœuds tordus pas loin de la première maison - non le voyage commence plus loin à la frontière - Blue Bird Blue Bird voilà c’est ton nom – quoi Blue Bird c’est le nom du bled – non ton nom à toi fils de l’obscur – ton nom -

Blue Bird Blue Bird vole vole et claque tes ailes sur la ville flottante Blue Bird Blue Bird vole vole sur la ville flottante – fils de l’obscur quitte le chemin du cheval renversé

Blue Bird et Joseph B. s’arrêtent de marcher – Joseph B se penche sur des cailloux blancs ronds et lisses- Joseph B. se penche encore et son oreille frôle les cailloux - eh Blue Bird t’entends la fanfare hein la fanfare de Bad Bird - eh Joseph B va chercher le docteur de la peau des peaux ôtées des murs hein des couches de dentelle de mousseline de soie drapées de Crazy Body eh docteur tu vois l’intérieur de mon corps tu vois les plaques de lumière tu vois les plaques sombres tu vois mes fondations secrètes tâte le tissu sculptural de mon buste noir et mon crâne ouvre le docteur mon crâne - tu le vois l’échafaudage de mes pierres tu le vois – rouge lilas et jaune rouge lilas et jaune la frontière

Blue Bird court maintenant sur la route couverte de neige – Joseph B. se dirige vers la première maison de Bad Bird – Joseph B. gravit cinq marches et colle son oreille à la porte - Transe de basses résonances je capture les heures de Bad Bird - intérieur au silence intact - eh Blue Bird ton cheval a la gueule de travers – eh Blue Bird tu veux coller tes fesses sur la frontière mexicaine ou les grandes étendues de l’Utah – le voyage commence là -

(Joseph B. et Blue Bird semblent maintenant dormir.)

Corps flottants sur les chemins d’eau c’est encore visible de nuit et de jour on voit ici les pierres toutes les pierres et la peau ôtée des murs la vie quittée des carrés de lumière la vie quittée des carrés d’ombre - et l’ombre froide des nuages et le corps du cheval renversé

maintenant Blue Bird avance de l’autre côté de la ville - la ville de Bad Bird a fréquenté un ouragan les ouragans sont fréquents dans cette zone – les murs des maisons et le ciel ne font qu’un - eh Blue Bird t’entends le vent t’entends le vent sur la vaste étendue sèche et luisante – eh fils de l’obscur la nuit brûle tes yeux – la nuit a brûlé tous les yeux toutes les peaux toutes les langues ici à Bad Bird – eh tu entends l’eau tu entends l’eau du chemin d’eau – écoute marche marche plus loin éloigne toi du centre – tu sens la terre sous tes pieds -

Le nom de la ville on ne le connaît pas – Bad Bird il a dit je suis le fils obscur de Bad Bird je suis le fils obscur de Crazy Body et - I like Bad Bird and Bad Bird like me -

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Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

Premier vendredi de chaque mois (l’actuel) nous voilà, et jour choisi de mai pour accueillir Ana Nb sur Fuir, elle-même me reçoit en son jardin sauvage pour un échange autour (et sur et dans, et au coeur de peut-être) la ville fantôme [1]. Très heureux d’échanger avec elle, et notre bannière étoilée commune un extrait du générique de la Quatrième dimension. Son Bad bird est ici chez lui, et mon Atacama, métropolis à lire chez elle, dans cet ordre ou dans n’importe quel autre.

Voilà la liste complète des vases communicants pour mai 2012 :

- Claudine Sales et Isabelle Pariente-Butterlin
- Marie-Anne Paveau et Delphine Regnard
- Louise Imagine et Joachim Séné
- L.Sarah Dubas et Christopher Sélac
- Mathilde Roux Jean-Christophe Cros
- Sabine Huynh et Deborah Heissler
- Christine Leininger et Éric Dubois
- Danielle Masson et Brigitte Célérier
- Maryse Hache et André Rougier
- Ana NB et Guillaume Vissac
- François Bonneau et Christophe Grossi
- Anne Savelli et Pierre Cohen-Hadria
- Franck Queyraud et Pierre Ménard
- Nolwenn Euzen et Christophe Sanchez
- Hèlène Verdier et Dominique Hasselmann
- Camille Philibert-Rossignol et Xavier Galaup
- Xavier Fisselier et Allerarom
- Caroline Gérard et Benoît Vincent


Il n’y a pas de machine à remonter la ville-montre, par Christophe Grossi

6 avril 2012, par Guillaume Vissac, dans Invités |
Tags : Christophe Grossi - Kat Onoma - Paris - Publie.net - Temps - Train - Vases communicants - Ville


détail d'une affiche - Paris, gare de Lyon

Tu crois far from the pictures longer le boulevard, traverser la place du marché, dévaler les escaliers du métro mais ce sont d’autres escaliers que tu descends déjà, la citadelle en face to face, un autre boulevard qui est un quai qu’on désosse, une autre place du marché que tu ne traverseras pas cette fois, far from ce trait passé and by yourself you would be lost. Tu entends que les portes sont en train de se refermer. Mais tu as beau courir, le ciel te lessive le corps, c’est comme ça. Remember d’ailleurs, remember : même ciel même lessive dans l’autre sens ‒ tu venais de quitter ta vi(ll)e en boucle, oh là là c’est compliqué. Image suivante : le train est à quai, la conductrice ouvre sa vitre, te fait signe, tu réponds : c’est gentil merci j’arrive.

― Est-ce qu’on ne se serait pas rencontré vous et moi, déjà, quelque part par hasard ?
― Ça ne me rappelle rien.
― Ça ne vous dit rien, ça ne vous rappelle rien ?
― Vous étiez sur la passerelle bleue et je me rapprochais de la ville pour la première fois depuis ma fuite, c’est ça ?
― La foule minuscule sur ciel électronique, ça ne vous dit rien ?
― Vous aimiez les voitures bleues, alors c’était vous ?
― Les visages impeccables, genre film z, ça vous rappelle rien ?
― Votre chambre s’ouvrait sur la jungle des villes, c’est bien ça ?
Shake the night shake the night-box... ça ne revient toujours pas ?
― Vous aviez des yeux tristes mais je vous poursuivais le nuit le jour c’est bien ça ?
― Allons voir ailleurs.
― Et les autres on en fait quoi ?
Personne personne n’a vu n’a vu rien du tout... longtemps qu’ils sont morts... longtemps que la tombe s’est ouverte... longtemps que les années les ont avalés... longtemps que tout s’est écarté... longtemps que les os ont parlé, que les cendres ont menti, longtemps qu’on n’y croit plus aux rebours, longtemps qu’on se sait loin (nous) des images, qu’on se sait loin de l’errance au front, loin de la route, de la poussière et de nos doigts sur les côtes.
― On ne va pas recommencer, on ne va pas poursuivre, la ligne s’arrêtera avant, vous le savez aussi bien que moi que tout ça n’a jamais été à ce point si bousculé. Fermez cette boucle. Fermez cette bouche. Bouchez les vues, ce paysage de déjà vu.
Vous n’auriez qu’un mot à dire dans la rue la journée...
― Va.
― Oui c’est ça.

Tu prétends attendre le train suivant alors que tu rejoins déjà cette chambre d’hôtel où le plancher craque. Tu crois porter ta valise alors que tu te surprends à ne plus te souvenir du nom de certaines rues. Tu penses lever les yeux mais tu sais déjà, season changing every hour, que la porte ne sera plus noire et que les sandales ne seront plus. Sur le miroir de la salle de bain, tu dessines alors le visage de ta-vie-sept-ans-plus-tard et celui de ton garçon puis tu redescends par l’ascenseur. Ici il n’y a pas de machine à remonter la ville-montre. Dehors c’est ciel sans étoiles, shadow blues, mannequins dans les vitrines, sacs recyclés empilés et nuit dominicale. Alors tu te mets à marcher à reculons dans ta ville d’avant, far from the pictures, les lacets défaits, calme, tes boucles coupées. Demain tu tremperas dans le thé des langues de chat.

les phrases en italiques sont toutes issues de l’album de Kat Onoma, Far from the pictures.

ChG – avril 2012

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Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

Avril, nous on remonte le fil. Très heureux d’accueillir ce mois, à l’occasion des si fameux vases communicants, le non moins fameux Christophe Grossi, dont on suit le travail avec grand plaisir sur le blog Epagine et aussi le travail (l’autre) sur son site Déboîtements. Récemment souvenir d’avoir lu avec grand plaisir son road trip musical Va t’en va t’en c’est mieux pour tout le monde publié chez Publie.net. Avril, nous on remonte le fil : le thème commun de ce mois-ci, c’est le voyage dans le temps. Alors Christophe déambule là, chez moi, et moi partir à la recherche de son (sic) Kwakzibak à reculons ou à l’envers, chez lui.

Voilà la liste complète des vases communicants pour avril 2012 :

- Christopher Sélac et François Bon
- Isabelle Pariente-Butterlin et Hannah
- Louise Imagine et Christine Jeanney
- Juliette Mezenc et Benoît Vincent
- Samuel Dixneuf et Ferocias
- François Bonneau et Jean-Christophe Cros
- Danielle Masson et Éric Dubois
- Colette Maillard et Christophe Sanchez
- Anne Savelli et Gilda Fiermonte
- Joachim Séné et Edgar Kosma
- Christine Leininger et L.Sarah Dubas
- Catherine Desormières et Piero Cohen Hadria
- Camille Philibert-Rossignol et Franck Queyraud
- Sabine Huynh et Brigitte Célérier
- Nicolas Bleusher et Dominique Hasselmann
- Maryse Hache et Mathilde Roux
- Ana NB et Christine Zottele
- Lucien Suel et Laurent Margantin
- Guillaume Vissac et Christophe Grossi
- Daniel Bourrion et Xavier Galaup


Todo liste (contrefaçon), par Solange Vissac

2 mars 2012, par Invité, dans Invités |
Tags : Christine Jeanney - Solange Vissac - Temps - Vases communicants


Photo Guillaume Vissac


— Penser, en un éclair, au livre de poche des années 1965 à la couverture bistre, où se détachait la silhouette d’un homme voûté portant un enfant, une sorte d’univers, Et les lettres grandes et blanches en bas à droite : ODYSSEE. Cela est gravé ainsi, sans doute déformé.
— Le chant de la mémoire recouvre le champ de la vision. La mousseline de mots qui l’enveloppe amenuise la lumière du réel. Comme souvent, regarder à contrechamp.
— Pourquoi ce que l’on voit n’est-il pas seulement ce qui est – des statues, Atlas de salon, supportant des sortes de gâteaux lumineux – mais passe par le tamis des réminiscences. Alors plus l’âge pèserait, moins la réalité serait perçue... Mais après tout la cécité d’Homère n’a pas empêché Ulysse de naviguer.
— Alléger le regard , chausser des yeux d’enfant et dire :
« il doit être fatigué le monsieur... »
ou bien
« si on éteint, est-ce que ce sera moins lourd ? »

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Reprise des vases, aujourd’hui mars. Le vase est familial : le temps d’un truc je retourne chez ma mère, écris chez Solange Vissac, son Jardin d’ombres, l’accueille ici sur Fuir avec grand plaisir. Tous deux nous sommes partis sur une contrefaçon des fameuses Todo listes de Christine Jeanney (liste de 4 choses à faire/dire/penser sur photo offerte), chacun brodant depuis photo de l’autre.

Voilà la liste complète des vases communicants pour mars 2012 :

- Juliette Mezenc et [email protected]
- Camille Philibert-Rossignol et Carine Perals-pujol
- François Bon et Thierry Crouzet
- Éric Dubois et Jean-Christophe Cros
- Christine Leininger et François Bonneau
- Ana NB et Anne Savelli
- Lucien Suel et Michel Brosseau
- Pierre Ménard et Piero Cohen-Hadria
- Christopher Selac et Franck Queyraud
- Chez Jeanne et L.Sarah Dubas
- Catherine Desormière et Dominique Hasselmann
- Frédérique Martin et Francesco Pittau
- Amélie Charcosset et Delphine Regnard
- Benoît Vincent et Daniel Bourrion
- Solange Vissac et Guillaume Vissac
- Diane0sysop et David Pontille
- Christine Jeanney et Christophe Sanchez
- Louise Imagine et Christine Zottele
- Jacques Le Cleac’h et Nicolas Bleusher
- Justine Neubach et Brigitte Célérier


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Notes

[1Celle de The Last Man ? Qui sait (ou peu importe).

The earth, late wide circus for the display of dignified exploits, vast theatre for a magnificent drama, now presented a vacant space, an empty stage - for actor or spectator there was no longer aught to say or hear.























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