Mort



  • #Ulysse 48

    24 mars 2012

    La phrase originale

    — The aunt thinks you killed your mother, he said. That’s why she won’t let me have anything to do with you.

    — D’après la vieille [1] t’aurais buté ta mère
    dit-il.
    Pour ça que ça la débecte
    qu’on puisse se voir.

    Progression : 0.31%


  • #Ulysse 49

    25 mars 2012

    La phrase originale

    — Someone killed her, Stephen said gloomily.

    — Quelqu’un l’a butée [2]
    Stephen dit sombre.

    Progression : 0.32%



  • #Ulysse 50

    26 mars 2012

    La phrase originale

    — You could have knelt down, damn it, Kinch, when your dying mother asked you, Buck Mulligan said. I’m hyperborean as much as you. But to think of your mother begging you with her last breath to kneel down and pray for her. And you refused. There is something sinister in you…

    — T’aurais pu te foutre à genoux
    bordel Minus
    quand ta mère te l’a demandé
    lui dit Buck Mulligan.
    Hyperboréen [3] j’le suis comme toi
    mais savoir qu’une mère supplie sur son lit d’mort
    un fils de se foutre à genoux prier pour elle.
    Et tu dis niet.
    Putain qu’est-ce que t’es glauque...

    Progression : 0.34%


  • #Ulysse 57

    2 avril 2012

    La phrase originale

    Silently, in a dream she had come to him after her death, her wasted body within its loose brown graveclothes giving off an odour of wax and rosewood, her breath, that had bent upon him, mute, reproachful, a faint odour of wetted ashes.

    Sans un mot
    sous un rêve
    elle [4] s’était faufilée jusqu’à lui postmortem
    son corps moisi moulé
    dans sa robe brune de morte
    odeurs de cire de bois de rose
    & son haleine [5]
    contre lui depuis lors
    muette
    sévère
    odeur mais vague de cendres moites.

    Progression : 0.38%

  • #Ulysse 60

    5 avril 2012

    La phrase originale

    A bowl of white china had stood beside her deathbed holding the green sluggish bile which she had torn up from her rotting liver by fits of loud groaning vomiting.

    Un beau bol blanc
    belle porcelaine
    bordait son lit de mort [6].
    Dedans de la bile verte
    des glaires
    issues d’un foie infect
    celui à cause duquel
    mille spasmes sourds
    l’obligeaient à gerber [7].

    Progression : 0.40%

  • #Ulysse 66

    11 avril 2012

    La phrase originale

    — Thanks, Stephen said. I can’t wear them if they are grey.

    — Merci
    lui dit Stephen
    mais j’peux pas l’mettre s’il est gris [8].

    Progression : 0.44%

  • #Ulysse 67

    12 avril 2012

    La phrase originale

    — He can’t wear them, Buck Mulligan told his face in the mirror. Etiquette is etiquette. He kills his mother but he can’t wear grey trousers.

    — Il peut pas l’mettre
    répète le Buck à Mulligan dans son miroir.
    L’éthique de l’étiquette [9].
    D’accord pour tuer sa mère [10]
    mais un froc gris y a rien à faire.

    Progression : 0.45 %


  • #Ulysse 98

    13 mai 2012

    La phrase originale

    Stephen, depressed by his own voice, said :
    —Do you remember the first day I went to your house after my mother’s death ?

    Stephen
    par sa voix cafardé
    il lui dit :
    — Tu te souviens du jour où j’suis passé
    chez toi juste après la mort de ma mère ?

    Progression : 0.71%

  • #Ulysse 102

    17 mai 2012

    La phrase originale

    — You said, Stephen answered, O, it’s only Dedalus whose mother is beastly dead.

    Version 0

    T’as dit
    dit donc Stephen
    Oh
    c’est juste Dedalus
    dont la mère a crevé comme un chien
    .

    T’as dit
    lui dit Stephen
    Oh
    c’est juste Dedalus
    dont la mère a crevé comme un steak [11]
    .

    Progression : 0.74%

  • #Ulysse 106

    21 mai 2012

    La phrase originale

    — And what is death, he asked, your mother’s or yours or my own ? You saw only your mother die. I see them pop off every day in the Mater and Richmond and cut up into tripes in the dissectingroom. It’s a beastly thing and nothing else. It simply doesn’t matter. You wouldn’t kneel down to pray for your mother on her deathbed when she asked you. Why ? Because you have the cursed jesuit strain in you, only it’s injected the wrong way. To me it’s all a mockery and beastly. Her cerebral lobes are not functioning. She calls the doctor sir Peter Teazle and picks buttercups off the quilt. Humour her till it’s over. You crossed her last wish in death and yet you sulk with me because I don’t whinge like some hired mute from Lalouette’s. Absurd ! I suppose I did say it. I didn’t mean to offend the memory of your mother.

    — Mais qu’est-ce, la mort, lui demande Mulligan, celle de ta mère ou la tienne ou la mienne ? T’as juste vu mourir ta mère. Moi j’les vois claquer tous les jours au Mater & Richmond [12] puis découpés en fines lamelles dans la salle d’autopsie. C’est de la viande & rien d’autre. C’est juste pas important. T’as pas voulu te foutre à genoux prier pour elle quand elle te l’a demandé. Pourquoi ? À cause de la putain de mayonnaise jésuite montée en toi, sauf qu’on te l’a injectée à l’envers. Pour moi c’est juste une blague, rien que de la viande. Ses lobes cérébraux sont HS. Elle appelle le docteur Sir Peter Teazle [13] & cueille des boutons d’or sur sa couette [14]. Fais-lui plaisir avant qu’il soit trop tard. Tu fous en l’air ses dernières volontés & tu m’emmerdes car je chiale pas comme un Six Feet Under de chez Lalouette [15]. Portnawak ! Je suppose que j’ai dû l’dire. Mais j’voulais pas froisser la mémoire de ta mère.

    Progression : 0.81%

  • #Ulysse 145

    29 juin 2012

    La phrase originale

    In a dream, silently, she had come to him, her wasted body within its loose graveclothes giving off an odour of wax and rosewood, her breath, bent over him with mute secret words, a faint odour of wetted ashes.

    Sous un rêve
    sans un mot
    elle s’était faufilée jusqu’à lui
    son corps moisi moulé
    dans brune sa robe de morte
    odeurs de cire de bois de rose
    & son haleine
    tout contre lui
    avait mué en secrets sons
    odeur mais vague de cendres moites [16].

    Progression : 1%


  • #Ulysse 146

    30 juin 2012

    La phrase originale

    Her glazing eyes, staring out of death, to shake and bend my soul.

    Ses deux yeux fixes
    défigurant la mort
    pour tordre & malmener mon âme.

    Progression : 1%

  • #Ulysse 148

    2 juillet 2012

    La phrase originale

    The ghostcandle to light her agony. Ghostly light on the tortured face.

    Le ciergespectre balaye son râle
    lueur fantôme sous sa tête torturée.

    Progression : 1.01%

  • #Ulysse 149

    3 juillet 2012

    La phrase originale

    Her hoarse [17] loud breath rattling in horror, while all prayed on their knees.

    Rauque sa gorge
    horrible tas de ferraille
    pendant que tous priaient
    sur les rotules.

    Progression : 1.01%

  • #Ulysse 152

    6 juillet 2012

    La phrase originale

    Ghoul ! Chewer of corpses !

    Sale goule !
    Masticatrice de corps [18] !

    Progression : 1.02%

  • #Ulysse 153

    7 juillet 2012

    La phrase originale

    No, mother ! Let me be and let me live.

    Non, Mère !
    Laisse-moi tranquille &
    vivre [19].

    Progression : 1.02%

  • #Ulysse 156

    10 juillet 2012

    La phrase originale

    Stephen, still trembling at his soul’s cry, heard warm running sunlight and in the air behind him friendly words.

    Stephen
    encore KO sous les larmes de l’âme [20]
    surprend l’élan des rayons chauds du jour
    & derrière lui
    en suspens
    quelques mots doux.

    Progression : 1.04%


  • #Ulysse 266

    28 octobre 2012

    La phrase originale

    Resigned he passed out with grave words and gait, saying, wellnigh with sorrow :
    —And going forth he met Butterly.

    Il en sort résigné [21]
    pas & mots solennels
    qui murmurent tristement :
    — Et étant sorti il heurta sa mère morte [22].

    Progression : 1.87%

  • #Ulysse 287

    18 novembre 2012

    La phrase originale

    Buck Mulligan turned suddenly for an instant towards Stephen but did not speak. In the bright silent instant Stephen saw his own image in cheap dusty mourning between their gay attires.

    Buck Mulligan se tourne juste une seconde vers Stephen
    ne dit rien.
    Au cours de cet instant
    silence révélation
    Stephen s’est vu lui-même
    lui & son deuil poussière [23]
    misère
    entre leurs fringues flashy.

    Progression : 2.04%

  • #Ulysse 308

    9 décembre 2012

    La phrase originale

    Its ferrule followed lightly on the path, squealing at his heels. My familiar, after me, calling, Steeeeeeeeeeeephen ! A wavering line along the path.

    Sa pointe en fer suit doucement sur le bord de la route
    elle grince sur ses talons.
    Mon âme damnée
    derrière moi
    hurlant
    Steeeeeeeeeeeeephen !
    Aurore & boréale contre l’asphalte.

    Progression : 2.26%

  • #Ulysse 328

    29 décembre 2012

    La phrase originale

    The man that was drowned. A sail veering about the blank bay waiting for a swollen bundle to bob up, roll over to the sun a puffy face, saltwhite. Here I am.

    Celui qui s’est noyé [24].
    Une voile vire dans la baie vide
    elle attend qu’un ballot enflé émerge
    qu’une tête gonflée sous le soleil balance
    blanchesel.
    Me voilà.

    Progression : 2.45%

  • #Ulysse 376

    15 février 2013

    La phrase originale

    That phrase the world had remembered. A dull ease of the mind. From a hill above a corpsestrewn plain a general speaking to his officers, leaned upon his spear. Any general to any officers. They lend ear.

    Cette phrase [25] le monde s’en est souvenue.
    Pauvre consolation des méninges.
    Sur une colline face à une morgueplaine [26]
    un général parle à ses hommes
    appuyé sur sa lance.
    N’importe quel général & n’importe quels hommes.
    Ils prêtent l’oreille.

    Progression : 2.71%

  • #Ulysse 377

    16 février 2013

    La phrase originale

    — You, Armstrong, Stephen said. What was the end of Pyrrhus ?

    — Toi, Armstrong
    dit Stephen.
    Dis-nous la fin de Pyrrhus.

    Progression : 2.72%

  • #Ulysse 378

    17 février 2013

    La phrase originale

    — End of Pyrrhus, sir ?

    — La fin de Pyrrhus
    m’sieur ?

    Progression : 2.72%


  • [1Celle d’Ulysse 20, c’est-à-dire la tante Mulligan.

    [2Correction du 11/11/12 suite commentaire de Guillaume Cingal ci-dessous. Le rythme 3 mots / 3 mots est préservé.

    [3Qui sont les hyperboréens ? Morel parle, lui, d’« animal à sang froid », mais la version 2004 conserve tel quel le mot. Dans L’Antéchrist, Nietzsche mentionne les hyperboréens comme suit :

     Regardons-nous en face. Nous sommes des hyperboréens, — nous savons assez combien nous vivons à l’écart. “Ni par terre, ni par mer, tu ne trouveras le chemin qui mène chez les Hyperboréens” : Pindare l’a déjà dit de nous. Par delà le Nord, les glaces et la mort — notre vie, notre bonheur... Nous avons découvert le bonheur, nous en savons le chemin, nous avons trouvé l’issue à travers des milliers d’années de labyrinthe. Qui donc d’autre l’aurait trouvé ? — L’homme moderne peut-être ? — « Je ne sais ni entrer ni sortir ; je suis tout ce qui ne sait ni entrer ni sortir » — soupire l’homme moderne... Nous sommes malades de cette modernité. »

    [4La mère morte (de Stephen).

    [5Souvenir Bashung, et pur réflexe, « et ces cerises », dans la chanson Vénus, de Bleu pétrole.

    [6Retour sur la mère morte de Stephen, suite d’Ulysse 57.

    [7Gerber quoi ?

    des glaires
    de la bile verte
    dans la belle porcelaine
    le beau bol blanc tout proche.

    Le mouvement est celui de la marée, un va et vient, qui est aussi, surexposé à l’eau montante, celui de la bile qui s’écoule hors de la mère souffrante, d’où le retour à l’envoyeur (on part du bol pour y revenir à la fin).

    [8Stephen toujours censé porter le deuil de sa mère.

    [9Le mot est de Julián Ríos.

    [10Référence au refus de Stephen d’honorer la dernière volonté de sa mère sur son lit de mort. (cf. Ulysse 50)

    [11Modifié le 20 mai 2012 pour meilleure cohérence avec l’Ulysse 106.

    [12Le Mater Misericordiae Hospital de Dublin (hôpital où Buck étudie la médecine) est situé ici :

    31

    [13Personnage de la pièce The School for Scandal de Richard Brinsley Sheridan.

    [14SOS : ne comprends pas cette phrase, « She calls the doctor sir Peter Teazle and picks buttercups off the quilt », la partie sur les boutons d’or, pige pas, les traductions Morel et 2004 sont sensiblement les mêmes, une âme charitable pourrait-elle m’indiquer ce que ce passage vient faire là et à qui ou à quoi ça fait référence ? Merci d’avance !

    [15Etablissement de pompes funèbres dublinois.

    [16Ce passage reprend, quasi mot pour mot, avec légères variantes, celui d’Ulysse 57. L’une de ces variantes fait désormais parler (muettement mais quand même) la presque morte, alors aux portes de son dernier souffle.

    [17Whore + Horse ?

    [18Les corps sont des cadavres.

    [19Réplique importante de Stephen qui chasse de ces sept ou neuf mots le fantôme de sa mère.

    [20Référence à la visite du fantôme de sa mère, d’Ulysse 129 à 153.

    [21De la tour Martello, que Stephen, Mulligan et Haines sont en train quitter, tous ensemble.

    [22Jeu de mot biblique intraduisible : « Alors Pierre se souvint de la parole de Jésus, qui lui avait dit : Avant que le coq ait chanté, tu m’auras renié trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement. » Matthieu 26:75.

    En anglais cela donne, pour la phrase qui nous intéresse : « And going forth, he wept bitterly ». À en croire l’Ulysses annotated, un ou plusieurs quidam dénommé Butterly ont vécu à Dublin au début du siècle. Le jeu de mot est donc super biblique et super localisé.

    Morel traduit la phrase comme suit : « Et étant sorti dehors, il rencontra Lamermant. »

    Quant à la version 2004 : « Etant donc sorti il rencontra Lamermoort ».

    J’ai beaucoup tâtonné pour trouver la mienne et fini par renoncer à la mention du nom propre, Butterly, qui n’a finalement aucune incidence avec le texte et qui est complètement intraduisible en français, pour une référence biblique et personnelle, puisque le fantôme de la mère de Stephen le hantait un peu plus tôt dans le texte (cf. Ulysse 122 à 153, aussi compilée ici).

    Cette réplique peut être interprétée de deux manières, car l’énonciation n’est pas flagrante dans ce passage : soit le corps en mouvement dans cette phrase est celui de Stephen, auquel cas cette réplique s’applique à lui-même, vu à la troisième personne. Soit, moins évident mais après tout pourquoi pas, elle est dite non par Stephen mais par Mulligan, observant son coloc en mouvement. Rappelons (enfin) encore une fois que nous sommes bien toujours en pleine parodie de messe (comme tout le chapitre 1 - chapitre Télémaque - en fait).

    [23Consécutif à la mort de sa mère, cf. Ulysse, par exemple, 67.

    [24Un monologue intérieur (Stephen ? Mulligan ?) recontextualise la petite scène entre les deux observateurs. C’est un corps de noyé qu’ils recherchent des yeux, sans succès. Rappelons au passage que Mulligan est décrit par Stephen, en Ulysse 34, comme quelqu’un qui « ressuscite les noyés ».

    [25La fameuse phrase de Pyrrhus citée en Ulysse 375.

    [26Littéralement une plaine jonchée de cadavres, j’invoque ici (encore une fois) le fantôme des titres de Manchette.