161212


Un rêve commercialinsufflé exige à mon subconscient de me faire acheter une machine à faire des smoothies et j’ai dessus le dos des couleurs qui ruissellent (jadis c’était des fruits).

Tout le monde est épuisé ici, et après avoir respiré des mousses toxiques (issues peut-être du Congrès de futurologie) peser combien son souffle peine à retrouver son souffle. Il vaudrait peut-être mieux s’asseoir, s’allonger en nous-mêmes comme des poupées des automates gigognes.

Retrouvé de plein fouet l’odeur des vrais livres : une oeuvre complète de Shakespeare de mille pages que H. m’a offert il y a des années et son pendant traduit un volume en Pléiade. Je lis les deux l’un dessus l’autre car j’ai du mal avec la vieille langue. Dans King Lear, acte I lire :

This is the excellent foppery of the world, that,
when we are sick in fortune,—often the surfeit
of our own behavior,—we make guilty of our
disasters the sun, the moon, and the stars : as
if we were villains by necessity ; fools by
heavenly compulsion ; knaves, thieves, and
treachers, by spherical predominance ; drunkards,
liars, and adulterers, by an enforced obedience of
planetary influence ; and all that we are evil in,
by a divine thrusting on : an admirable evasion
of whoremaster man, to lay his goatish
disposition to the charge of a star ! My
father compounded with my mother under the
dragon’s tail ; and my nativity was under Ursa
major ; so that it follows, I am rough and
lecherous. Tut, I should have been that I am,
had the maidenliest star in the firmament
twinkled on my bastardizing.

Telle est l’excellente folie du monde que, si nous nous trouvons en male fortune - souvent par le fait même de nos propres abus - nous faisons coupables de nos désastres le soleil, la lune et les étoiles ; comme si nous étions scélérats par nécessité, sots par compulsion céleste, coquins, voleurs et traîtres par la prédominance des sphères ; ivrognes, menteurs et adultères par obéissance forcée à l’influence des planètes ; et comme si nous ne faisions le mal qu’à l’instigation divine : l’admirable échappatoire pour ce maître-putassier d’homme que de mettre ses velléités lubriques à la charge d’une étoile ! Mon père s’est mélangé avec ma mère sous la queue du Dragon et ma nativité s’est opérée sous la Grande Ourse ; d’où il s’ensuit que je suis violent et paillard. Par le Pied de Dieu ! J’aurais été ce que je suis si la plus virginale étoile du firmament avait cligné sur ma bâtardification.

Shakespeare, Le roi Lear Acte I, scène II in Oeuvres complètes Tome 2, Bibliothèque de la Pléiade, traduction Pierre Leyris et Elisabeth Holland, P. 882

King Lear était, il y a peu, au programme de la diffusion automatique du robot Shakespeare @iam_shakespeare sur Twitter (il y aurait beaucoup à dire sur ce mode de diffusion des textes), d’où la nécessité subliminale de m’y confronter. Apprécierais qu’on puisse trouver sur les réseaux des versions et epub et bilingues, a priori non ; il suffirait de télescoper moi-même deux epub via le projet Gutenberg, l’un anglais, l’autre traduit, et de diffuser ça (oui mais le temps) pour y lire embarqué dans les tubes souterrains une fois semaine venue.

Une phrase comme ça je sais pas où la noter (pourquoi) : me soucie plus du sort des tapirs quelque part à l’envers de cette sphère que de celui d’une manif ici-même censée pourtant me concerner (mais j’ignore tout de ce que ça dit de moi cette phrase).

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2 révisions

161212, version 3 (17 décembre 2012)

Métro, Corps, Twitter, Homosexualité, H., Rêve, William Shakespeare, Stanislas Lem

Tout le monde est épuisé ici, et après avoir respiré des mousses toxiques (issues peut-être du Congrès de futurologie) peser combien son souffle peine à retrouver son souffle. Il vaudrait peut-être mieux s’asseoir, s’allonger en nous-mêmes comme des poupées des automates gigognes. ( mais automatisées ).

Retrouvé de plein fouet l’odeur des vrais livresréels : une oeuvre complète de Shakespeare de Shakespeare mille pages que H . de mille pages que [H.->mot59] m’a offert il y a des années et son pendant traduit un volume en de Pléiade. Je lis les deux l’un dessus l’autre car j’ai du mal avec la vieille langue. Dans King Lear, acte I lire :

161212, version 2 (16 décembre 2012)

Une phrase comme ça je sais pas où la noter (pourquoi) : me soucie plus du sort des tapirs quelque part à l’envers de cette planète que de celui d’une manif ici-même censée me concerner (mais j’ignore tout de ce que ça dit de moi que cette phrase).

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