131014


Ossiri ne supportait pas ces lieux de misère, même quand il avait quelque chose à y faire. Il préférait se perdre dans ses pensées dispersées en fumant des cigarettes sur un frêle pont piéton élancé au-dessus des voies ferrées. Il s’arrêtait souvent en son milieu et, juste sous ses pieds, les massives locomotives électriques de la classe BB, lancées à plusieurs dizaines de kilomètres-heure, faisaient un bruit assourdissant et créaient des tremblements de terre en tirant d’interminables wagons de passagers ou de marchandises. Ces mini-séismes, associés aux gerbes d’étincelles provoquées par le frottement des pantographes filant sur les lignes à haute tension, représentaient dans l’univers mental d’Ossiri une sorte de spectacle féérique qui le subjuguait littéralement. Les trains disparaissaient dans une grande courbe droite en direction de Paris, ou derrière un bosquet d’entrepôts vétustes en direction de Melun. Sur ce pont, Ossiri passait parfois des heures entières, engouffré dans les nombreuses questions qui volaient à tire-d’aile sur son avenir de « sans-papiers » en France.

Gauz, Debout-payé, Le Nouvel Attila, P. 103

cher journal j’ai
marché les rues de la droite vers la gauche
de la gauche vers la droite j’ai

mesuré l’espace qui court
entre l’idée que l’on se fait d’un livre
& la réalité d’un livre

une seule phrase m’est venue
c’est celle d’un incipit il disait
elle était grosse de dos, maigre de face

le menu
soupe potiron poivré
herbe à pâtes j’ai

vu Ganesha nu dans sa vitrine
mon ombre à genoux sur un mur
l’halogène des néons dans des langues noires de pisse

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131014, version 6 (3 novembre 2014)

<blockquote>

Ossiri ne supportait pas ces lieux de misère, même quand il avait quelque chose à y faire. Il préférait se perdre dans ses pensées dispersées en fumant des cigarettes sur un frêle pont piéton élancé au-dessus des voies ferrées. Il s’arrêtait souvent en son milieu et, juste sous ses pieds, les massives locomotives électriques de la classe BB, lancées à plusieurs dizaines de kilomètres-heure, faisaient un bruit assourdissant et créaient des tremblements de terre en tirant d’interminables wagons de passagers ou de marchandises. Ces mini-séismes, associés aux gerbes d’étincelles provoquées par le frottement des pantographes filant sur les lignes à haute tension, représentaient dans l’univers mental d’Ossiri une sorte de spectacle féérique qui le subjuguait littéralement. Les trains disparaissaient dans une grande courbe droite en direction de Paris, ou derrière un bosquet d’entrepôts vétustes en direction de Melun. Sur ce pont, Ossiri passait parfois des heures entières, engouffré dans les nombreuses questions qui volaient à tire-d’aile sur son avenir de « sans-papiers » en France.

Gauz , Debout-payé , Le Nouvel Attila , P . debout payé 1 103

Train, Paris, Mary Shelley, Gauz
png/capture_d_ecran_2014-11-03_a_20.53.57.png

131014, version 5 (2 novembre 2014)

soupe de potiron très poivré

131014, version 4 (14 octobre 2014)

debout payé 1

ce livre c’est je commence Frankenstein

 :

soupe de potiron très poivré

& j’ai

131014, version 3 (13 octobre 2014)

& la réalité d’un du livre

& je commence lis Frankenstein

une phrase une seule phrase m’est venue

elle était grosse de dos, maigre de face

le menu :

herbe à pâtes

131014, version 2 (13 octobre 2014)

l’halogène des néons dans des langues les fils de pisse noire

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