241014


La grâce était sur nous et nous abordions ce monde avec précaution et respect. Ici seulement, nous posions notre regard à la bonne hauteur, la bonne distance, entre eau et nuages, droit devant.

Michel Torres, La Saga de Mô, T.1 : La Meneuse, Publie.net

Vie grise. Combien de temps passe-t-on devant la machine en attente que la machine émette sur son visage l’écran espéré ? Devant le moulinet perpétuel du sablier rond j’ai sorti le portable et j’ai chronométré. Il y en a pour trente-neuf secondes. Trente-neuf secondes pour une recherche. À cinq-cent-quarante-deux recherches le mois dernier [1], cela fait un total de vingt-et-un-mille-cent-trente-huit secondes passées à attendre que l’écran se révèle. Soit trois-cent-cinquante-deux minutes. Soit, si je ne me suis pas trompé dans mes calculs nébuleux [2], un peu moins de six heures. Le reste de mon temps je le passe à quantifier les heures du stagiaire gauche, ça ne pèse pas très lourd. Je regarde vers l’avenir, j’apprends à respirer. Ce week-end est un week-end prolongé à cause du changement d’heure.

Ces sons issus de l’univers retransmis par le SoundCloud de la Nasa, je me demande : ont-ils un copyright ? Non, semble-t-il.

Lu ça chez Quentin Leclerc, merde, c’est bien. Ce qui m’agace c’est n’avoir pas de prise sur ces relevés (sûrement ça aussi qui attire) : à cause de l’absence de flux rss, à cause de l’absence de date, à cause de l’absence d’export sur liseuse via Pocket ; ça me rend la lecture continue impossible, suis obligé de lire dans le désordre ou bien de ne pas lire, ça rend les choses contraignantes.

Ce matin, la ville puait.

Me revient l’odeur distinctive aux abords de l’abattoir où je travaillais, il y a de ça quatre ans, alors que j’arrivais en vélo, dans les rues de cinq heure du matin, ces rues à contre-sens, à rouler au milieu de la chaussée, le frimas, et, donc, l’abattoir, imposant, laid, et son odeur, mêlée au bruit des cochons qu’on mène vers l’électrocution, mais c’était une odeur, pas vraiment de mort, plutôt de viande, de cheminées, de laine humide, une odeur différente de celle sur l’autoroute, quand on passe ces bâtiments dans le flou, quand les enfants se bouchent le nez avec horreur, dégoût, et qui là, réellement, étouffe de rejets, de détritus. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à l’intérieur de l’abattoir, rien ne sent rien : la viande ne sent rien, les têtes ne sentent rien, les oreilles tranchées ne sentent rien, les collègues ne sentent rien, le sang ne sent rien, la boucherie n’a pas d’odeur.

14 novembre 2014
par Guillaume Vissac
Journal
#Boulot #Michel Torres #Quentin Leclerc

[1Ces chiffres sont issus des rapports officiels.

[2C’est tout à fait possible, je le crains.

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6 révisions

241014, version 7 (14 novembre 2014)

Boulot, Quentin Leclerc, Michel Torres

<blockquote>

La grâce était sur nous et nous abordions ce monde avec précaution et respect. Ici seulement, nous posions notre regard à la bonne hauteur, la bonne distance, entre eau et nuages, droit devant.

Michel Torres, La Saga de Mô, T.1 : La Meneuse, Publie.net

</blockquote>

[Vie grise->mot9 ]. Vie grise . Combien de temps passe-t-on devant la machine en attente que la machine émette sur son visage l’écran espéré que l’on espère ? Devant le moulinet perpétuel du sablier rond cerclé j’ai sorti le portable et j’ai chronométré. Il y en a pour trente-neuf secondes. Trente-neuf secondes pour une une recherche. À cinq-cent-quarante-deux recherches le mois dernier [1], cela fait un total de vingt-et-un-mille-cent-trente-huit secondes passées à attendre que l’écran se révèle. Soit trois-cent-cinquante-deux minutes. Soit, si je ne me suis pas trompé dans mes calculs nébuleux [2] un peu moins de six heures . , un peu moins de six heures. Le reste de mon temps je le passe à quantifier les heures du stagiaire à ma gauche, ça ne pèse pas très lourd. Je regarde vers l’avenir, j’apprends à respirer. Ce week-end est un week-end prolongé à cause du changement d’heure.

[1Ces chiffres sont issus des rapports officiels.

[2C’est tout à fait possible nébuleux , je le crains .

jpg/p1010144.jpg

241014, version 6 (12 novembre 2014)

Vie grise. Combien de temps passe-t-on devant la machine en attente que la machine émette sur son visage l’écran que l’on espère ? Devant le moulinet perpétuel du sablier cerclé cercle j’ai sorti le portable et j’ai chronométré. Il y en a pour trente-neuf secondes. Trente-neuf secondes pour une recherche. À cinq-cent-quarante-deux recherches le mois dernier [3], cela fait un total de vingt-et-un-mille-cent-trente-huit secondes passées à attendre que l’écran se révèle. Soit trois-cent-cinquante-deux minutes. Soit, si je ne me suis pas trompé dans mes calculs nébuleux, un peu moins de six heures. Le reste de mon temps je le passe à quantifier les heures du stagiaire à ma gauche, ça ne pèse pas très lourd. Je regarde vers l’avenir, j’apprends à respirer. Ce week-end est un week-end prolongé à cause du changement d’heure.

Lu ça chez Quentin Leclerc, merde, c’est bien. Ce qui m’agace c’est n’avoir pas de prise sur ces relevés (c’est peut-être aussi ce qui attire m’attire ) : à cause de l’absence de flux rss, à cause de l’absence de date, à cause de l’absence d’export sur liseuse via Pocket ; ça me rend la lecture continue impossible, je suis obligé de lire dans le désordre ou bien de ne pas lire, ça rend les choses contraignantes.

[3Ces chiffres sont issus des rapports officiels.

241014, version 5 (25 octobre 2014)

Ces sons issus de l’univers retransmis par le SoundCloud de la Nasa, je me demande : ont-ils un copyright ? Non, [semble-t-il->http://createdigitalmusic.com/2014/10/nasa-posts-huge-library-space-sounds-youre-free-use/].

241014, version 4 (24 octobre 2014)

Lu ça chez Quentin Leclerc, merde, c’est bien. Ce qui m’agace c’est n’avoir pas de prise sur ces relevés (c’est peut-être aussi ce qui m’attire) : à cause de l’absence de flux rss, à cause de l’absence de date, à cause de l’absence d’export sur liseuse via Pocket ; ça me rend la lecture continue impossible, je suis obligé de lire dans le désordre ou bien de ne pas lire, ça rend les choses contraignantes.

<blockquote>

Ce matin, la ville puait.

Me revient l’odeur distinctive aux abords de l’abattoir où je travaillais, il y a de ça quatre ans, alors que j’arrivais en vélo, dans les rues de cinq heure du matin, ces rues à contre-sens, à rouler au milieu de la chaussée, le frimas, et, donc, l’abattoir, imposant, laid, et son odeur, mêlée au bruit des cochons qu’on mène vers l’électrocution, mais c’était une odeur, pas vraiment de mort, plutôt de viande, de cheminées, de laine humide, une odeur différente de celle sur l’autoroute, quand on passe ces bâtiments dans le flou, quand les enfants se bouchent le nez avec horreur, dégoût, et qui là, réellement, étouffe de rejets, de détritus. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à l’intérieur de l’abattoir, rien ne sent rien : la viande ne sent rien, les têtes ne sentent rien, les oreilles tranchées ne sentent rien, les collègues ne sentent rien, le sang ne sent rien, la boucherie n’a pas d’odeur.

</blockquote>

241014, version 3 (24 octobre 2014)

Ces sons issus de l’univers retransmis par le SoundCloud de la Nasa, je me demande : ont-ils un copyright ?

241014, version 2 (24 octobre 2014)

Vie grise. Combien de temps passe-t-on devant la machine en attente que la machine émette sur son visage l’écran que l’on espère ? Devant le moulinet perpétuel du sablier cercle j’ai sorti le portable et j’ai chronométré. Il y en a pour trente-neuf secondes. Trente-neuf secondes pour une recherche. À cinq-cent-quarante-deux recherches le mois dernier [4], cela fait un total de vingt-et-un-mille-cent-trente-huit secondes passées à attendre que l’écran se révèle. Soit trois-cent-cinquante-deux minutes. Soit, si je ne me suis pas trompé dans mes calculs nébuleux, un peu moins de six heures. Le reste de mon temps je le passe à quantifier les heures du stagiaire à ma gauche, ça ne pèse pas très lourd. Je regarde vers l’avenir, j’apprends à respirer. Ce week-end est un week-end prolongé à cause du changement d’heure.

[4Ces chiffres sont issus des rapports officiels.

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