Cher Areoflot,

Peut-être que ce mode de communication est mal choisi. Qu’y puis-je ? Vos procédures m’empêchent de vous parler directement (le call center renvoie sur vos services) ou de m’adresser à vous par des voies plus administratives en vu d’un contencieux judiciaire (vos services juridiques, dixit le call center qui me renvoie vers vous, ne parlant que le russe). Le comble ultime de cette boucle d’incommunicabilité provient de votre propre bouche : je veux parler de votre dernière réponse en date, laquelle m’invite, ne donnant pas suite à une offre visant tout de même à racheter mon propre argent pour quatre fois sa valeur, à contacter ledit call center. Celui-là même qui me renvoie vers vous. On n’en sort pas. En réalité, l’éloignement joue contre nous, Aeroflot. Nous, comme dans l’expression vous et moi. Idéalement, ne faudrait-il pas se rencontrer en terrain neutre pour un genre de conciliation ? Donnons-nous rendez-vous à mi-chemin. Je regarde sur une application de cartographie en ligne pour situer le lieu idéal sis entre Moscou, où manifestement vous êtes, et P., où je réside actuellement (soit tout de même 3183 km, comprendre qu’il me faudrait 26 jours pour rejoindre vos bureaux à pied, puisque l’avion n’est pas une option, vous êtes bien placé pour le savoir, et que je ne conduis pas). Si je me fie à mes qualités de cartographe (non), nous pourrions nous retrouver à Konin en Pologne pour échanger de visu, sur la place du Marché par exemple, dans le strict respect des conditions sanitaires évidemment, et à distance les uns des autres. De cette manière, nous pourrons nous voir plutôt que nous écrire (nous écrire évitant du reste à avoir à nous parler). De plus, nous ferons survenir notre discussion dans un espace qui en aurait bien besoin, de présences, comme j’ai vu ce matin un violoniste célèbre venir répandre la culture sur le monde là où on la trouvait le moins, comprendre dans l’allée d’un supermarché. C’est un coup marketing : de la comunication orchestrée par la chaîne concernée. Quelqu’un le filme et on le voit faire, ce violoniste célèbre, sous des panneaux bons plans suspendus un peu plus haut, et devant, c’est même assez croquignole, des rayonnages entiers emplis du dernier prix Goncourt, censé être le prix littéraire le plus prestigieux en France (je le dis pour votre info, Aeroflot, mais même nous on n’y croit pas). Il voulait répandre la culture là où on la trouvait le moins et on l’a mis là, devant la pile du dernier Goncourt. Je n’invente rien. Et quoi que ce je dise ici subliminalement ce n’est pas moi qui le dis. Le rapport avec notre histoire ? Le monde est plus facile à vivre quand il est vécu en présence et non in absentia. J’apprécierais donc de pouvoir échanger avec quelqu’un qui sache être présent en lui-même, plutôt qu’avec la coquille vide de réponses générées sans une once d’humanité. Je ne demande pas grand chose, Aeroflot. Qu’on me rembourse, c’est un fait. Mais surtout que le langage qui m’est destiné découle d’une parole réelle plutôt que de se contenter d’être le reflet d’un guideline pré-rempli par les sbires de l’envers que sont les managers d’aujourd’hui.

Merci de faire diligence,

GV

GV
samedi 16 janvier 2021 - dimanche 28 février 2021


Image : la fameuse place du Marché à Konin, cf. Wikipedia.



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161220, version 6 (16 janvier 2021)

Peut-être que ce mode de communication est mal choisi. Qu’y puis-je ? Vos procédures m’empêchent de vous parler directement (le call center renvoie sur vos services) ou de m’adresser à vous par des voies plus administratives en vu d’un contencieux judiciaire (vos services juridiques, dixit le call center qui me renvoie vers vous, ne parlant que le russe). Le comble ultime de cette boucle d’incommunicabilité provient provenant de votre propre bouche : , je veux parler parle de votre dernière réponse en date, laquelle m’invite, ne donnant pas suite à [une offre->article5104] offre émanant de moi->article5104] visant tout de même à racheter mon propre argent pour quatre fois sa valeur, à contacter ledit call center. Celui-là même qui me renvoie vers vous. On n’en sort pas. En réalité, l’éloignement joue contre nous, Aeroflot. Nous, comme dans l’expression vous et moi. Idéalement, ne faudrait-il pas se rencontrer en terrain neutre pour un genre de conciliation ? Donnons-nous rendez-vous à mi-chemin. Je regarde sur une application de cartographie en ligne pour situer le lieu idéal sis entre Moscou, où manifestement vous êtes, et P., où je réside actuellement (soit tout de même 3183 km, comprendre qu’il me faudrait 26 jours pour rejoindre vos bureaux à pied, puisque l’avion n’est pas une option, vous êtes bien placé pour le savoir, et que je ne conduis pas). Si je me fie à mes qualités de cartographe (non), nous pourrions nous retrouver à Konin en Pologne pour échanger de visu, sur la place du Marché par exemple, dans le strict respect des conditions sanitaires évidemment, et à distance les uns des autres. De cette manière, nous pourrons nous voir plutôt que nous écrire (nous écrire évitant du reste à avoir à nous parler ). parler ). De plus, nous ferons survenir notre discussion dans un espace l’espace qui en aurait bien a le plus besoin, de présences , comme j’ai vu ce matin un violoniste célèbre venir répandre la culture sur le monde là où on la trouvait le moins, comprendre dans l’allée d’un supermarché. C’est un coup marketing : de la comunication orchestrée par la chaîne de supermarchés concernée. Quelqu’un le filme et on le voit faire, ce violoniste célèbre, sous des panneaux bons plans suspendus un peu plus haut, et devant, c’est même assez croquignole, des rayonnages entiers emplis du dernier prix Goncourt, censé être le prix littéraire le plus prestigieux ( sic ) en France ( je le dis pour votre info , Aeroflot , mais même nous on n’y croit pas ). . Il voulait répandre la culture là où on la trouvait le moins et on l’a mis là, devant la pile du dernier Goncourt. Je n’invente rien. Et quoi que ce je dise ici subliminalement ce n’est pas moi qui le dis. Le rapport avec notre histoire ? Le monde est plus facile à vivre quand il est vécu en présence et non in absentia. J’apprécierais donc de pouvoir échanger avec quelqu’un qui sache être présent en lui-même, plutôt qu’avec la coquille vide de réponses générées sans une once d’humanité. Je ne demande pas grand chose, Aeroflot. Qu’on me rembourse, c’est un fait. Mais surtout que le langage qui m’est destiné découle d’une parole réelle plutôt que de se contenter d’être et non soit le reflet d’un guideline pré-rempli par les sbires de l’envers que sont les managers d’aujourd’hui.

161220, version 5 (16 janvier 2021)

Peut-être que ce mode de communication est mal choisi. Qu’y puis-je ? Vos procédures m’empêchent de vous parler directement (le call center renvoie sur vos services) ou de m’adresser à vous par des voies plus administratives en vu d’un contencieux judiciaire (vos services juridiques, dixit le call center qui me renvoie vers vous, ne parlant que le russe). Le comble ultime de cette boucle d’incommunicabilité provenant de votre propre bouche, je parle de votre dernière réponse en date, laquelle m’invite, ne donnant pas suite à une offre émanant de moi Le comble ultime de cette boucle d’incommunicabilité qui nous anime provenant de votre propre réponse , la dernière en date du jour , qui m’invite , ne donnant pas suite à une offre émanant de moi visant tout de même à racheter mon propre argent pour quatre fois sa valeur, à contacter ledit call center. Celui-là même qui me renvoie vers vous. En réalité, l’éloignement joue contre nous, Aeroflot. Nous, comme dans l’expression la phrase vous et moi. Idéalement, ne faudrait-il pas se rencontrer en terrain neutre pour un genre de une conciliation ? Donnons-nous rendez-vous à mi-chemin. Je regarde sur une application de cartographie en ligne pour situer le lieu idéal sis entre Moscou, où manifestement vous êtes, et P., où je réside actuellement (soit tout de même 3183<html > km 3183 , comprendre qu’il me faudrait 26 jours pour rejoindre vos bureaux à pied, puisque l’avion n’est pas une option, vous êtes bien placé pour le savoir , et que je ne conduis conduits pas). Si je me fie à mes qualités de cartographe (non), nous pourrions nous retrouver à Konin en Pologne pour échanger de visu, sur la place du Marché par exemple , dans le strict respect des conditions sanitaires évidemment, et à distance les uns des autres. De cette manière, nous pourrons nous voir plutôt que nous écrire (nous écrire évitant évitons du reste à avoir à nous parler). De plus, nous ferons survenir notre discussion dans l’espace qui il en a le plus besoin, comme j’ai vu ce matin un violoniste célèbre des violonistes célèbres venir répandre la culture sur le monde là où on la trouvait le moins, comprendre dans l’allée devant les rayonnages d’un supermarché. C’est un coup marketing : de la comunication orchestrée par la chaîne de supermarchés concernée. Quelqu’un le filme et on le voit faire, ce violoniste célèbre , sous des panneaux bons plans suspendus un peu plus haut, et devant , c’est devant,c’est même assez croquignole, des rayonnages entiers étagères entières emplis du dernier prix Goncourt, censé être le prix littéraire le plus prestigieux (sic) en France. Il voulait répandre la culture là où on la trouvait le moins et on l’a mis là, devant la pile du dernier Goncourt. Je n’invente rien. Et quoi que ce je dise ici subliminalement ce n’est pas moi qui le dis dit . Le rapport avec notre histoire ? Le monde est plus facile à vivre quand il est vécu en présence et non in in absentia. . J’apprécierais donc plus de pouvoir échanger quelqu’un avec quelqu’un présent en lui-même à l’intérieur , plutôt qu’avec la coquille vide de réponses générées sans une once d’humanité. Je ne demande pas grand chose, Aeroflot. Qu’on me rembourse, c’est un fait. Mais surtout que le langage qui m’est destiné découle d’une que l’on me destine soit une parole réelle et non soit le reflet d’un guideline guide pré-rempli par les sbires de l’envers que sont les managers d’aujourd’hui.
Image : la fameuse place du Marché à Konin, cf. Wikipedia.
Ailleurs, P., Merci de faire diligence
jpg/rynek_w_koninie.jpg

161220, version 4 (15 janvier 2021)

161220, version 3 (16 décembre 2020)

Peut-être que ce mode de communication est mal choisi. Qu’y puis-je ? Vos procédures m’empêchent de vous parler directement (le call center renvoie sur vos services) ou de m’adresser à vous par des voies plus administratives en vu d’un contencieux judiciaire (vos services juridiques, dixit le call center qui me renvoie vers vous, ne parlant que le russe). Le comble ultime de cette boucle d’incommunicabilité qui nous anime provenant de votre propre réponse, la dernière en date du jour, qui m’invite, ne donnant pas suite à une offre émanant de moi visant tout de même à racheter mon propre argent pour quatre fois sa valeur, à contacter ledit call center. Celui-là même qui me renvoie vers vous. En réalité, l’éloignement joue contre nous, Aeroflot. Nous, comme dans la phrase vous et moi. Idéalement, ne faudrait-il pas se rencontrer en terrain neutre pour une conciliation ? Donnons-nous rendez-vous à mi-chemin. Je regarde sur une application de cartographie en ligne pour situer le lieu idéal sis entre Moscou, où manifestement vous êtes, et P., où je réside actuellement (soit tout de même 3183, comprendre qu’il me faudrait 26 jours pour rejoindre vos bureaux à pied, puisque l’avion n’est pas une option et que je ne conduits pas). Si je me fie à mes qualités de cartographe (non), nous pourrions nous retrouver à Konin en Pologne pour échanger de visu, dans le strict respect des conditions sanitaires évidemment, et à distance les uns des autres. De cette manière, nous pourrons nous voir plutôt que nous écrire (nous écrire évitons du reste à avoir à nous parler). De plus, nous ferons survenir notre discussion dans l’espace où il en a le plus besoin, comme j’ai vu ce matin des violonistes célèbres venir répandre la culture sur le monde là où la trouvait le moins, comprendre devant les rayonnages d’un supermarché. Quelqu’un le filme et on le voit faire, sous des panneaux bons plans suspendus un peu plus haut, et devant,c’est même assez croquignole, des étagères entières emplis du dernier prix Goncourt, censé être le prix littéraire le plus prestigieux (sic) en France. Il voulait répandre la culture là où on la trouvait le moins et on l’a mis là, devant la pile du dernier Goncourt. Je n’invente rien. Et quoi que ce je dise ici subliminalement ce n’est pas moi qui le dit. Le rapport avec notre histoire ? Le monde est plus facile à vivre quand il est vécu en présence et non in absentia. J’apprécierais donc plus de pouvoir échanger quelqu’un avec quelqu’un à l’intérieur, plutôt qu’avec la coquille vide de réponses générées sans une once d’humanité. Je ne demande pas grand chose, Aeroflot. Qu’on me rembourse, c’est un fait. Mais surtout que le langage que l’on me destine soit une parole réelle et non le reflet d’un guide pré-rempli par les sbires de l’envers que sont les managers d’aujourd’hui.

161220, version 2 (16 décembre 2020)

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Guillaume Vissac est né dans la Loire un peu après Tchernobyl. Éditeur pour publie.net depuis 2015, il mène également ses propres chantiers d’écriture, de piratage littéraire et de traduction.

Livres : Vers Velvet (Pou, Histoires pédées, 2020). Accident de personne (Othello, réédition 2018) · Le Chien du mariage (traduction du recueil d'Amy Hempel, Cambourakis, 2018) · Mondeling (avec Junkuu Nishimura, publie.net, 2015) · Coup de tête (publie.net, 2013, réédité en 2017) · Accident de personne (publie.net, 2011) · Livre des peurs primaires (publie.net, 2010) · Qu'est-ce qu'un logement (publie.net, 2010)