050217


Je l’ai ici [Faulkner], qui m’attend (...). Je m’y mets ? Je ne m’y mets pas ? Maintenant ? En été ou en hiver ? Le temps et la température du paysage extérieur doivent-ils correspondre au Sud de Faulkner ou le contraire est-il préférable ? L’année prochaine ? Mon ADN d’écrivain est-il prêt à recevoir une telle déflagration et à s’en trouver peut-être altéré à jamais ? Qui sait ? Et Faulkner est ici, encore et toujours, à hurler comme un loup dangereux, la patte attachée à une chaîne dont nous ne connaissons pas exactement la longueur. Jusqu’à quel point peut-on s’approcher en toute sérénité sans qu’il nous saute dessus et nous mange le visage ? Ou dévore sa patte sans nous prévenir et reste ici, à nous attendre ? Un loup solitaire.

Rodrigo Fresán, La part inventée, Seuil, traduction Isabelle Gugnon, P. 81

Plutôt déçu par ma lecture extrêmement laborieuse des cent premières pages de La part inventée. Pas uniquement par la charge étrange adressée par le livre, au début, au numérique aveuglément dans son ensemble. Comique de constater quand même que la forme particulière des livres de Fresán, la plupart du temps pas-des-romans, est assez proche de celle d’un site web, comme Tumulte par exemple, et notamment La vitesse des choses et, pour ce que j’en ai lu, La part inventée ; de même les fameux livres trafalmadoriens [1], construits comme des successions de fragments sans début ni fin. Surtout parce que pour l’instant Fresán y saupoudre exactement les mêmes ingrédients issus de sa culture littéraire propre (Vonnegut, donc, mais aussi John Cheever, Francis Scott Fitzgerald et, à n’en pas douter bientôt, Philip K. Dick [2]), de la pop culture (Bob Dylan, Pink Floyd, A Day in the Life...) et de sa propre mythologie personnelle (Canciones Tristes, la fille qui disparaît dans une piscine, la présence parentale) déjà brassées précédemment avec talent dans Mantra, La vitesse des choses, Les jardins de Kensington et Le fond du ciel [3]. Et ici c’est une accumulation de ces références comme autant de points dans une liste. Mais ce ne sont que cent pages. Eff sur Natalon et 715 mots ce soir.

14 mars 2017
par Guillaume Vissac
Journal
#François Bon #Rodrigo Fresán #Simeon ten Holt #William Faulkner

[1Citation de Kurt Vonnegut qu’on retrouvait déjà dans l’excellent Fond du ciel paru en 2010 et déjà signalée ici.

[2Raté.

[3Pour Esperanto, Vie de saint et L’homme du bord extérieur c’est un peu différent, autre période (?).

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050217, version 5 (14 mars 2017)

Je l’ai ici [Faulkner], qui m’attend (...). Je m’y mets ? Je ne m’y mets pas ? Maintenant ? En été ou en hiver ? Le temps et la température du paysage extérieur doivent-ils correspondre au Sud de Faulkner ou le contraire est-il préférable ? L’année prochaine ? Mon ADN d’écrivain est-il prêt à recevoir une telle déflagration et à s’en trouver peut-être altéré à jamais ? Qui sait ? Et Faulkner est ici, encore et toujours, à hurler comme un loup dangereux, la patte attachée à une chaîne dont nous ne connaissons pas exactement la longueur. Jusqu’à quel point peut-on s’approcher en toute sérénité sans qu’il nous saute dessus et nous mange le visage ? Ou On dévore sa patte sans nous prévenir et reste ici, à nous attendre ? Un loup solitaire.

Rodrigo Fresán Fresan , La part inventée, Seuil, traduction Isabelle Gugnon, P. 81

Plutôt déçu par ma lecture extrêmement laborieuse des cent premières pages de La part inventée. Pas uniquement par la charge étrange adressée par le livre, au début, au numérique aveuglément dans son ensemble. ( après tout pourquoi pas ). Comique de constater quand même que la forme particulière des livres de Fresán, la plupart du temps pas-des-romans, est assez proche de celle d’un site web, comme [Tumulte->http://www.fayard.fr/tumulte-9782213629902] par exemple, et notamment La vitesse des choses Comique de constater quand même que la forme particulière des livres de Fresan , la plupart du temps pas-des-romans , est assez proche de celle d’un site web , comme Tumulte par exemple , et notamment La vitesse des choses et, pour ce que j’en ai lu, La part inventée ; de même les fameux livres trafalmadoriens [1], construits comme des successions de fragments sans distinction de début ni ou de fin. Surtout parce que pour l’instant Fresán Fresan y saupoudre exactement les mêmes ingrédients issus de sa culture littéraire propre (Vonnegut, donc, mais aussi John Cheever, Francis Scott Fitzgerald et, à n’en pas douter bientôt, Philip K. Dick [2]Dick ), de la pop culture (Bob Dylan, Pink Floyd, A Day in the Life...) et de sa propre mythologie personnelle littéraire (Canciones Tristes, la fille qui disparaît dans une piscine, la présence parentale) déjà brassées précédemment avec talent dans Mantra, La vitesse des choses, Les jardins de Kensington et Le fond du ciel [3]. ).]]. Et ici Dubitatif donc car , pour l’instant , même si c’est parfois plaisant , c’est une accumulation de ces références comme autant de points dans une liste. Mais ce ne sont que cent pages. Eff sur Natalon et 715 mots ce soir.

[1Citation de Kurt Vonnegut qu’on retrouvait déjà dans l’excellent Fond du ciel paru en 2010 et déjà signalée ici.

[2Raté.

[3Pour Esperanto, Vie de saint et L’homme du bord extérieur c’est un peu différent, c’est une autre période (? .

Rodrigo Fresán, François Bon, William Faulkner, Simeon ten Holt

050217, version 4 (11 mars 2017)

Plutôt déçu par ma lecture extrêmement laborieuse des cent premières pages de La part inventée. Pas uniquement par la charge étrange adressée par le livre, au début, au numérique aveuglément dans son ensemble (après tout pourquoi pas). Comique Pas uniquement par la charge étrange adressée par le livre , au début , au numérique , après tout pourquoi pas , mais il est quand même comique de constater quand même que la forme particulière des livres de Fresan, la plupart du temps pas-des-romans, est assez proche de celle d’un site web, comme Tumulte par exemple, et notamment La vitesse des choses et, pour ce que j’en ai lu, La part inventée ; de même les fameux livres trafalmadoriens [4], construits construit comme des successions de fragments sans distinction de début ou de fin. Surtout parce que pour l’instant Fresan y saupoudre exactement les mêmes ingrédients issus de sa culture littéraire propre (Vonnegut, donc, mais aussi John Cheever, Francis Scott Fitzgerald et, à n’en pas douter bientôt, Philip K. Dick), de la pop culture (Bob Dylan, Pink Floyd, A Day in the Life...) et de sa propre mythologie littéraire (Canciones Tristes, la fille qui disparaît dans une piscine, la présence parentale) déjà brassées précédemment avec talent dans Mantra, La vitesse des choses, Les jardins de Kensington et Le fond du ciel [5]. Dubitatif donc car, pour l’instant, même si c’est parfois plaisant, c’est une accumulation de ces références comme autant de points dans une liste. Mais ce ne sont que cent pages. Eff sur Natalon : et 715 mots ce soir.

[4Citation de Kurt Vonnegut qu’on retrouvait déjà dans l’excellent Fond du ciel paru en 2010 et déjà signalée ici.

[5Pour Esperanto, Vie de saint et L’homme du bord extérieur c’est un peu différent, c’est une autre période.

050217, version 3 (5 février 2017)

Plutôt déçu par ma lecture extrêmement laborieuse des cent premières pages de La part inventée. Pas uniquement par la charge étrange adressée par le livre, au début, au numérique, après tout pourquoi pas, mais il est quand même comique de constater que la forme particulière des livres de Fresan, la plupart du temps pas-des-romans, est assez proche de celle d’un site web, comme Tumulte par exemple, et notamment La vitesse des choses et, pour ce que j’en ai lu, La part inventée ; de même les fameux livres trafalmadoriens [6], construit comme des successions de fragments sans distinction de début ou de fin. Surtout parce que pour l’instant Fresan y saupoudre exactement les mêmes ingrédients issus de sa culture littéraire propre (Vonnegut, donc, mais aussi John Cheever, Francis Scott Fitzgerald et, à n’en pas douter bientôt, Philip K. Dick), de la pop culture (Bob Dylan, Pink Floyd, A Day in the Life...) et de sa propre mythologie littéraire (Canciones Tristes, la fille qui disparaît dans une piscine, la présence parentale) déjà brassées précédemment avec talent dans Mantra, La vitesse des choses, Les jardins de Kensington et Le fond du ciel [7]. Dubitatif donc car, pour l’instant, même si c’est parfois plaisant, c’est une accumulation de ces références comme autant de points dans une liste. Mais ce ne sont que cent pages. Eff sur Natalon : 715 mots ce soir.

[6Citation de Kurt Vonnegut qu’on retrouvait déjà dans l’excellent Fond du ciel paru en 2010 et déjà signalée ici.

[7Pour Esperanto, Vie de saint et L’homme du bord extérieur c’est un peu différent, c’est une autre période.

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050217, version 2 (5 février 2017)

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