un souvenir issu des camps de télékinétie

J’ai oublié le nom de l’instructeur du camp de télékinétie. C’était un homme. Hurler sur les mômes, il n’en avait pas peur. Il n’avait pas de cheville à son ombre. Il avait le crâne court et ses yeux étaient bridés par le dessous, je ne pourrais pas mieux dire. Il nous traitait avec désespérance : nous étions incapables, après des heures passées debout dans la Suête et la grêle, de faire plier la branche d’une fougère. Nous n’avions droit qu’à la pensée la plus stricte. L’homme, lui, pouvait rester des jours debout à la même glaise, l’oeil allé dans le tronc d’un aulne avant de s’effacer sans une respiration. Le lendemain, nous nous levions en secret avant l’aube pour caresser cet arbre et cueillir la sève tiède aux écorces et tâter de nos doigts les bourgeons scarifiés par la nuit. La nuit serait encore prise dans nos yeux lorsque sa voix nous replongerait en grêles avec violence, ses dents plantées dans ses dents. Il y aurait de la salive sous ses gencives et des humiliations dans nos paupières. Je n’ai pas tenu assez longtemps pour savoir faire plier la paille séchée des granges (nous étions jetés là comme des chiffons et dans le noir nous fermions tous nos yeux), encore moins l’âme humaine. C’est une lueur du jour qui m’a rapporté son souvenir, bien des années plus tard, sous les respirations de l’ère cybernétique, un monde qui ne connait pas les grêles de jadis, un monde où la nuit est partout recouverte d’un même jaune électrique, qui croit que les morts ne rouillent pas, qui a tout oublié de ce qu’un jour nous appelions la télékinétie.



22 mars 2014
par Guillaume Vissac
Esquisses
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4 révisions

un souvenir issu des camps de télékinétie , version 5 (22 mars 2014)

J’ai oublié le nom de l’instructeur du camp de télékinétie. C’était un homme. Hurler sur les mômes, il n’en avait pas peur. Il n’avait pas de cheville à son ombre. Il avait le crâne court et abrupt et ses yeux étaient bridés par le dessous, je ne pourrais pas mieux dire. Il nous traitait avec désespérance : nous étions incapables, après des heures passées debout dans la Suête et la grêle, de faire plier la branche d’une fougère d’un arbuste . Nous n’avions droit qu’à la pensée la plus stricte. L’homme, lui, pouvait rester des jours debout à la même glaise, l’oeil allé dans le tronc d’un aulne adulte avant de s’effacer sans une respiration. Le lendemain, nous nous levions en secret avant l’aube pour caresser carresser cet arbre et cueillir la sève tiède aux écorces et tâter de nos doigts les bourgeons scarifiés par la nuit. La nuit serait encore prise dans nos yeux lorsque sa voix nous replongerait en grêles avec violence, ses dents plantées dans ses dents. Il y aurait de la salive sous ses gencives et des humiliations dans nos paupières. Je n’ai pas tenu assez longtemps pour savoir faire plier la paille séchée des granges (nous étions jetés là comme des chiffons et dans le noir nous fermions tous nos yeux), encore moins l’âme humaine. C’est une lueur du jour qui m’a rapporté son souvenir confié à lui , bien des années plus tard, sous les respirations de l’ère cybernétique, un monde qui ne connait pas les grêles de que jadis, un monde où la nuit est partout recouverte d’un même jaune électrique nappée des mêmes jaunes électriques , qui croit que les morts ne rouillent pas , qui a tout oublié de ce qu’un jour nous appelions la télékinétie.

un souvenir issu des camps de télékinétie , version 4 (19 mars 2014)

J’ai oublié le nom de l’instructeur du camp de télékinétie. C’était un homme. Hurler sur les mômes, il n’en avait pas peur. Il n’avait pas de cheville à son ombre. Il avait le crâne court et abrupt et ses yeux étaient bridés par le dessous, je ne pourrais pas mieux dire. Il nous traitait avec désespérance de désespoirs : nous étions incapables, après des heures passées debout dans la Suête blanche et la grêle, de faire plier la branche d’un arbuste. Nous n’avions droit qu’à la pensée la plus stricte. L’homme, lui, pouvait rester des jours debout à la même glaise, l’oeil allé dans le tronc d’un adulte avant de s’effacer sans une respiration. Le lendemain, nous nous levions en secret avant l’aube pour carresser cet arbre et cueillir la sève tiède aux écorces et tâter de nos doigts les bourgeons scarifiés par dans la nuit. La nuit serait encore prise dans nos yeux lorsque sa voix nous replongerait en grêles avec violence , ses dents plantées dans ses dents . Il y aurait de la salive sous ses gencives et des humiliations dans nos paupières. Je n’ai pas tenu assez longtemps pour savoir faire plier la paille séchée des granges (nous étions jetés là comme des chiffons et dans le noir nous fermions tous nos fort les yeux), encore moins l’âme humaine. C’est une lueur du jour qui m’a confié à lui, bien des années plus tard, sous les respirations de l’ère cybernétique, un monde qui ne connait pas les ses grêles que jadis , un monde où la nuit est partout nappée des mêmes jaunes électriques de crème jaune électrique , qui croit que les morts rouillent, qui a tout oublié de ce qu’un jour nous appelions la sans télékinétie.

un souvenir issu des camps de télékinétie , version 3 (10 mars 2014)

un souvenir issu des camps de la télékinétie
J’ai oublié le nom de l’instructeur du camp de télékinétie. C’était un hommeperméable . Hurler sur les mômes, il n’en avait pas peur. Il n’avait pas de cheville à son ombre. Il avait le crâne court et abrupt et ses yeux étaient bridés par le dessous, je ne pourrais pas mieux dire. Il hurlait sur les ombres des mômes , il avait le crâne court et abrupt , il nous traitait de désespoirs : terrestres , nous qui étions incapables après des heures passées debout dans la blanche et la grêle de faire plier la branche d’un arbuste arbre vert par notre pensée seule . Nous n’avions droit qu’à la pensée la plus stricte. L’homme, lui, pouvait rester des jours debout à la même glaise place , l’oeil allé planté dans le tronc d’un adulte avant de s’effacer sans une respiration d’effacer avec calme et sagesse . Le lendemain, nous nous levions en secret avant l’aube pour carresser cet arbre l’arbre et cueillir sentir la sève tiède aux écorces et sur l’écorce ou tâter de nos doigts les bourgeons scarifiés apparus dans la nuit. La nuit serait encore prise dans nos yeux lorsque Quelques fragments de jour nous séparaient à peine de l’instant au cours duquel sa voix nous replongerait en grêles encore sous des litres de grêle . Il y aurait de la salive sous ses gencives dans sa gueule molle et des humiliations dans nos paupières. Je n’ai pas tenu assez longtemps pour savoir faire plier la plierla paille séchée des granges ( nous étions jetés comme des chiffons et dans le noir nous fermions fort les yeux ), de la grange , encore moins l’âme humaine. C’est une lueur du jour qui m’a confié ramené à lui, bien des années plus tard, sous les respirations au crépuscule de l’ère cybernétique la modernité , un monde qui ne connait pas ses grêles , un monde la nuit est nappée de crème jaune électrique , qui croit que les sans morts rouillent , sans télékinétie.

un souvenir issu des camps de télékinétie , version 2 (8 février 2014)

J’ai oublié le nom de l’instructeur du camp de télékinétie. C’était un homme perméable souvent recouvert de malheur . Il hurlait sur les ombres des mômes jeunes , il avait le crâne court et abrupt pentu , il nous traitait de désespoirs terrestres, nous qui étions incapables après des heures passées debout dans la grêle de faire plier la branche d’un arbre vert par notre pensée seule. L’homme, lui, pouvait rester des jours debout à la même place, l’oeil planté l’orbite plantée dans le tronc d’un adulte avant d’effacer de se retirer avec calme et sagesse humilité . Le lendemain, nous nous levions en secret avant l’aube pour aller carresser l’arbre et sentir la sève tiède écoulée sur l’écorce ou tâter de tenir dans nos doigts mains les bourgeons apparus dans la nuit. Quelques fragments de jour nous séparaient à peine de l’instant au cours duquel sa voix nous replongerait encore sous à nouveau dans des litres de grêlecirculaire . Il y aurait de la salive dans sa gueule molle et des humiliations dans nos paupières. Je n’ai pas tenu assez longtemps pour savoir faire plierla plier les brins de paille séchée de la grangeaux sanglots , encore moins l’âme humaine. C’est une lueur du jour froissée sous les volets qui m’a ramené à lui, bien des années plus tard, au crépuscule de la modernité, un monde sans morts, sans télékinétie.

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