060719


En descendant à la cave pour aller chercher des trucs et en jeter d’autres, une chauve-souris m’est passée un mètre au-dessus de moi, près des tuyaux, dans les néons. Cette phrase est fausse : il n’y avait pas de chauve-souris dans ce couloir, juste l’idée d’une chauve-souris, ou l’impression d’une chauve-souris, ce qui est déjà mieux que pas de chauve-souris du tout, autrement je n’aurais peut-être rien eu à dire, écrire, penser de cette journée. Mais en pensant tout ça (à la fois l’idée qu’il puisse y avoir une chauve-souris et le retour brutal à la réalité d’une cave sans chauve-souris), je me suis dit voilà exactement ce que je recherche dans un livre quand je le lis. Il faut dire que depuis quelques jours, dans L’éducation sentimentale, je surligne beaucoup de phrases. C’est dans l’optique de réécrire Eff mais je ne sais pas encore comment ça peut m’y aider. Je pourrais par exemple commencer à bâtir un genre de corpus qui pourrait justifier d’ouvrir un herbier pour Eff, peut-être le ferai-je. Mais je sais aussi que Eff n’est pas Morphine(s) et que l’incursion dans le livre de lambeaux de phrases issues d’ailleurs, et notamment de classiques, ne correspond pas au projet. Surlignant ces phrases, ou ces bribes de phrases, j’en viens à me dire que ce que je recherche, ce sont de toutes petites choses, des formulations finalement assez communes, mais que moi je serais incapable d’écrire spontanément. Des choses comme comment la rencontrer maintenant ?, Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire, voire même Frédéric le suivit. Mais, plus tôt dans le livre, lisant les phrases Tout à coup, un bec de gaz l’éclaira. Il avait un crêpe à son chapeau. Elle était morte, peut-être ?, et l’ayant mal lu, croyant avoir lu Elle avait un crêpe à son chapeau et non Il, j’ai cru d’abord qu’il ne s’agissait plus là de M. Arnoux mais de Madame, et que celle qui était morte, dans cette phrase, non seulement c’était elle aussi, mais c’était elle pendant qu’il la voyait. Ce sera, ici, ma chauve-souris, une chauve-souris zombie et qui porte le deuil de soi, en pleine Éducation sentimentale, ce serait quand même assez osé, et là en général on rajoute pour l’époque (mais pas que pour l’époque). C’est peut-être tout ce qu’il y a à en dire, mais j’aime assez ces petites inattentions, car c’est ici que vient se loger, comme souvent, le fantastique, et en définitive la fiction. Une seule phrase peut suffire. Un son qui aura comme glissé. Un seul son et tout bascule. C’est fascinant. Finalement, ce que je prends en note dans ce livre (ou, plus tard, dans d’autres), ce sont des bribes de paroles, comme des extraits d’enregistrements préparatoires. Je suis là avec mon téléphone à enregistrer des mecs comme Frédéric Moreau, et voir ce que j’en fais (ou non), ce sera pour plus tard. En fait, c’est précisément ce que je fais avec les miens, de personnages. C’est-à-dire que ces 500 000 et quelques mots écrits entre l’automne 2016 et l’automne 2018 à raison de 500 mots minimum chaque jour, ces témoignages à la première personne de deux personnages de fiction, je ne les ai peut-être écrits que pour qu’ils me servent de base future d’un autre livre qu’il me resterait à écrire. En voilà une belle chose à faire de sa vie : interviewer des personnages de fiction. Non seulement les interviewer mais, par la suite, écrire par dessus eux comme s’ils n’étaient plus là, pour les trahir, précisément. Ou, qui sait, les traduire dans une autre forme d’écriture, qui est celle de la narration ? Tout avance, donc. J’ai semble-t-il trouvé une méthode qui me convient : lire non pas sur l’écran même où tout a été écrit (ou transcrit) la première fois mais sur celui de la Kobo. Là-dessus, je ne fais que signaler, surligner, les passages que je veux sauver. Et alors là c’est merveilleux : quand je supprime tout un chapitre, je suis soulagé de voir se dissiper des mots en trop ; quand j’en garde un entier, je suis heureux de voir que ce que j’ai écrit tient. C’est ce qu’on appelle dans le langage fleuri de l’entreprise une stratégie win-win. Je reprends alors ensuite le texte, plusieurs jours plus tard généralement, afin de pouvoir bénéficier de deux regards contradictoires, et j’isole le texte en question, le tout en taguant chaque chapitre, et en réécrivant mais de façon mineure chaque texte, notamment pour qu’ils se connectent bien les uns aux autres. Là, par exemple, cette semaine, j’ai sauvé 6148 mots sur 15841. On est toujours, à ce stade, dans une narration à la première personne : je reste dans mes témoignages. Le reste, ça viendra plus tard.

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Révisions

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060719, version 9 (6 août 2019)

Mort, ///, Gustave Flaubert, L’effervescence
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En descendant à la cave pour aller chercher des trucs et en jeter d’autres, une chauve-souris m’est passée un mètre au-dessus de moi, près des tuyaux, dans les néons. Cette phrase est fausse : il n’y avait pas de chauve-souris dans ce couloir, juste l’idée d’une chauve-souris, ou l’impression d’une chauve-souris, ce qui est déjà mieux que pas de chauve-souris du tout, autrement je n’aurais peut-être rien eu à dire, écrire, penser de cette journée. Mais en pensant tout ça (à la fois l’idée qu’il puisse y avoir une chauve-souris et le retour brutal à la réalité d’une cave sans chauve-souris), je me suis dit voilà exactement ce que je recherche dans un livre quand je le lis. Il faut dire que depuis quelques jours, dans L’éducation sentimentale, je surligne beaucoup de phrases. C’est dans l’optique de réécrire Eff mais je ne sais pas encore comment ça peut m’y aider. Je pourrais par exemple commencer à bâtir un genre de corpus qui pourrait justifier d’ouvrir un herbier pour Eff, peut-être le ferai-je. Mais je sais aussi que Eff n’est pas Morphine(s) et que l’incursion dans le livre de lambeaux de phrases issues d’ailleurs, et notamment de classiques, ne correspond pas au projet. Surlignant ces phrases, ou ces bribes de phrases, j’en viens à me dire que ce que je recherche, ce sont de toutes petites choses, des formulations finalement assez communes, mais que moi je serais incapable d’écrire spontanément. Des choses comme comment la rencontrer maintenant ?, Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire, voire même Frédéric le suivit. Mais, plus tôt dans le livre, lisant les phrases Tout à coup, un bec de gaz l’éclaira. Il avait un crêpe à son chapeau. Elle était morte, peut-être ?, et l’ayant mal lu, croyant avoir lu Elle avait un crêpe à son chapeau et non Il, j’ai cru d’abord qu’il ne s’agissait plus là de M. Arnoux mais de Madame, et que celle qui était morte, dans cette phrase, non seulement c’était elle aussi, mais c’était elle pendant qu’il la voyait. Ce sera, ici, ma chauve-souris, une chauve-souris zombie et qui porte le deuil de soi, en pleine Éducation sentimentale, ce serait quand même assez osé, et là en général on rajoute pour l’époque (mais pas que pour l’époque). C’est peut-être tout ce qu’il y a à en dire, mais j’aime assez ces petites inattentions, car c’est ici que vient se loger, comme souvent, le fantastique, et en définitive la fiction. Une seule phrase peut suffire. Un son qui aura comme glissé. Un seul son et tout bascule. C’est fascinant. Finalement Et finalement , ce que je prends en note dans ce livre (ou, plus tard, dans d’autres), ce sont des bribes de paroles, comme des extraits d’enregistrements préparatoires. Je suis là avec mon téléphone à enregistrer des mecs comme Frédéric Moreau, et voir ce que j’en fais (ou non), ce sera pour plus tard. En fait Finalement , c’est précisément ce que je fais avec les miens, de personnages. C’est-à-dire que ces 500 000 et quelques mots écrits entre l’automne 2016 et l’automne 2018 à raison de 500 mots minimum chaque jour, ces témoignages à la première personne de deux personnages de fiction, je ne les ai peut-être écrits que pour qu’ils me servent de base future d’un autre livre qu’il me resterait à écrire. En voilà une belle chose à faire de sa vie : interviewer des personnages de fiction. Non seulement les interviewer mais, par la suite, écrire par dessus eux comme s’ils n’étaient plus là, pour les trahir, précisément. Ou, qui sait, les traduire dans une autre forme d’écriture, qui est celle de la narration ? Tout avance, donc. J’ai semble-t-il trouvé une méthode qui me convient : lire non pas sur l’écran même où tout a été écrit (ou transcrit) la première fois mais sur celui de la Kobo. Là-dessus, je ne fais que signaler, surligner, les passages que je veux sauver . garder . Et alors là c’est merveilleux : quand je supprime tout un chapitre, je suis soulagé de voir se dissiper des mots en trop ; quand j’en garde un entier, je suis heureux de voir que ce que j’ai écrit tient. C’est ce qu’on appelle dans le langage fleuri de l’entreprise une stratégie win-win. Je reprends alors ensuite le texte, plusieurs jours plus tard généralement, afin de pouvoir bénéficier de deux regards contradictoires, et j’isole le texte en question, le tout en taguant chaque chapitre, et en réécrivant mais de façon mineure chaque texte, notamment pour qu’ils se connectent bien les uns aux autres. Là, par exemple, cette semaine, j’ai sauvé 6148 mots sur 15841. On est toujours, à ce stade, dans une narration à la première personne : je reste dans ne fais qu’affiner mes témoignages. Le reste, ça viendra plus tard.Le temps de la réécriture (l’écriture par dessus), ce sera l’étape suivante. Quand ?

060719, version 8 (5 août 2019)

En descendant à la cave pour aller chercher des trucs et en jeter d’autres, une chauve-souris m’est passée un mètre au-dessus de moi, près des tuyaux, dans les néons. Cette phrase est fausse : il n’y avait pas de chauve-souris dans ce couloir, juste l’idée d’une chauve-souris, ou l’impression d’une chauve-souris, ce qui est déjà mieux que pas de chauve-souris du tout, autrement je n’aurais peut-être rien eu à dire, écrire, penser de cette journée. Mais en pensant tout ça (à la fois l’idée qu’il puisse y avoir une chauve-souris et le retour brutal à la réalité d’une cave sans chauve-souris), je me suis dit voilà exactement ce que je recherche dans un livre quand je le lis. Il faut dire que depuis quelques jours, dans L’éducation sentimentale, je surligne beaucoup de phrases. C’est dans l’optique de réécrire Eff mais je ne sais pas encore comment ça peut m’y aider. Je pourrais par exemple sais simplement commencer à bâtir un genre de corpus qui pourrait justifier d’ouvrir un herbier pour Eff, peut-être le ferai-je. Mais je sais aussi que Eff n’est pas Morphine(s) et que l’incursion dans le livre de lambeaux de phrases issues d’ailleurs, et notamment de classiques, ne correspond pas au projet. Surlignant ces phrases, ou ces bribes de phrases, j’en viens à me dire que ce que je recherche, ce sont de toutes petites choses, des formulations finalement assez communes, mais que moi je serais incapable d’écrire spontanément. Des choses comme comment la rencontrer maintenant ?, Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire, voire même Frédéric le suivit. Mais, plus tôt dans le livre, lisant les phrases Tout à coup, un bec de gaz l’éclaira. Il avait un crêpe à son chapeau. Elle était morte, peut-être ?, et l’ayant mal lu, croyant avoir lu Elle avait un crêpe à son chapeau et non Il, j’ai cru d’abord qu’il ne s’agissait plus là de M. Arnoux mais de Madame, et que celle qui était morte, dans cette phrase, non seulement c’était elle aussi, mais c’était elle pendant pendant qu’il la voyait. . Ce sera, ici, ma chauve-souris, une chauve-souris zombie et qui porte le deuil de soi, en pleine Éducation sentimentale, ce serait quand même assez osé, et là en général on rajoute pour l’époque (mais pas que pour l’époque). C’est peut-être tout ce qu’il y a à en dire, mais j’aime assez ces petites inattentions, car c’est ici que vient se loger, comme souvent, le fantastique, et en définitive la fiction. Une seule phrase peut suffire. Un son qui aura comme glissé. Un seul son et tout bascule. C’est fascinant. Et finalement, ce que je prends en note dans ce livre (ou, plus tard, dans d’autres), ce sont des bribes de paroles, comme des extraits d’enregistrements préparatoires. Je suis là avec mon téléphone à enregistrer des mecs comme Frédéric Moreau, et voir ce que j’en fais (ou non), ce sera pour plus tard. Finalement Et , finalement , et ça m’a frappé aujourd’hui , c’est précisément ce que je fais exactement la même chose avec les miens, de personnages. C’est-à-dire que ces 500 000 et quelques mots écrits entre l’automne 2016 et l’automne 2018 à raison de 500 mots minimum chaque jour, ces témoignages à la première personne de deux personnages de fiction, je ne les ai peut-être écrits que pour qu’ils me servent de base future d’un autre livre qu’il me resterait à écrire. En voilà une belle chose à faire de sa vie : interviewer des personnages de fiction. Non seulement les interviewer mais, par la suite, écrire par dessus eux comme s’ils n’étaient plus là, pour les trahir, précisément. Ou, qui sait, les traduire dans une autre forme d’écriture, qui est celle de la narration ? Tout avancebien , donc. J’ai semble-t-il trouvé une méthode qui me convient : lire non pas sur l’écran même où tout a été écrit (ou transcrit) la première fois mais sur celui de la Kobo. Là-dessus, je ne fais que signaler, surligner, les passages que je veux garder. Et alors là c’est merveilleux : quand je supprime tout un chapitre, je suis soulagé de voir se dissiper des mots en trop ; quand j’en garde un entier, je suis heureux de voir que ce que j’ai écrit tient. C’est ce qu’on appelle dans le langage fleuri de l’entreprise une stratégie win-win. Je reprends alors ensuite le texte, plusieurs jours plus tard généralement, afin de pouvoir bénéficier de deux regards contradictoires, et j’isole le texte en question, le tout en taguant chaque chapitre, et en réécrivant mais de façon mineure chaque texte, notamment pour qu’ils se connectent bien les uns aux autres. Là, par exemple, cette semaine, j’ai sauvé 6148 mots sur 15841. On est toujours, à ce stade, dans une narration à la première personne : je ne fais qu’affiner mes témoignages. Le temps de la réécriture (l’écriture par dessus), ce sera l’étape suivante. Quand ?

060719, version 7 (1er août 2019)

En descendant à la cave pour aller chercher des trucs et en jeter d’autres, une chauve-souris m’est passée un mètre au-dessus de moi, près des tuyaux, dans les néons. Cette phrase est fausse : il n’y avait pas de chauve-souris dans ce couloir, juste l’idée d’une chauve-souris, ou l’impression d’une chauve-souris, ce qui est déjà mieux que pas de chauve-souris du tout, autrement je n’aurais peut-être rien eu à dire, écrire, penser de cette journéetoujours en train d’être vécu . Mais en pensant tout ça (à la fois l’idée qu’il puisse y avoir une chauve-souris et le retour brutal à la réalité d’une cave sans chauve-souris), je me suis dit voilà exactement ce que je recherche dans un livre quand je le lis. Il faut dire que depuis quelques jours, dans L’éducation sentimentale, je surligne beaucoup de phrases. C’est dans l’optique de réécrire Eff mais je ne sais pas encore comment ça peut m’y aider. Je sais simplement commencer à bâtir un genre de corpus qui pourrait justifier d’ouvrir un herbier pour Eff, peut-être le ferai-je. Mais je sais aussi que Eff n’est pas Morphine(s) et que l’incursion dans le livre de lambeaux de phrases issues d’ailleurs, et notamment de classiques, ne correspond pas au projet. Surlignant ces phrases, ou ces bribes de phrases, j’en viens à me dire que ce que je recherche, ce sont de toutes petites choses, des formulations finalement assez communes, mais que moi je serais incapable d’écrire spontanément. Des choses comme comment la rencontrer maintenant ?, Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire, voire même Frédéric le suivit. Mais, plus tôt dans le livre, lisant les phrases Tout à coup, un bec de gaz l’éclaira. Il avait un crêpe à son chapeau. Elle était morte, peut-être ?, et l’ayant mal lu, croyant avoir lu Elle avait un crêpe à son chapeau et non Il, j’ai cru d’abord qu’il ne s’agissait plus là de M. Arnoux mais de Madame, et que celle qui était morte, dans cette phrase, non seulement c’était elle aussi, mais c’était elle pendant qu’il la voyait. Ce sera, ici, ma chauve-souris, une chauve-souris zombie et qui porte le deuil de soi, en pleine Éducation sentimentale, ce serait quand même assez osé, et là en général on rajoute pour l’époque (mais pas que pour l’époque). C’est peut-être tout ce qu’il y a à en dire, mais j’aime assez ces petites inattentions, car c’est ici que vient se loger, comme souvent, le fantastique, et en définitive la fiction. Une seule phrase peut suffire. Un son qui aura comme glissé. Un seul son et tout bascule. C’est fascinant. Et finalement, ce que je prends en note dans ce livre (ou, plus tard, dans d’autres), ce sont des bribes de paroles, comme des extraits d’enregistrements préparatoires. Je suis là avec mon téléphone à enregistrer des mecs comme Frédéric Moreau, et voir ce que j’en fais (ou non), ce sera pour plus tard. Et, finalement, et ça m’a frappé aujourd’hui, je fais exactement la même chose avec les miens, de personnages. C’est-à-dire que ces 500 000 et quelques mots écrits entre l’automne 2016 et l’automne 2018 à raison de 500 mots minimum chaque jour, ces témoignages à la première personne de deux personnages de fiction, je ne les ai peut-être écrits que pour qu’ils me servent de base future d’un autre livre qu’il me resterait à écrire. En voilà une belle chose à faire de sa vie : interviewer des personnages de fiction. Non seulement les interviewer mais, par la suite, écrire par dessus eux comme s’ils n’étaient plus là, pour les trahir, précisément. Ou, qui sait, les traduire dans une autre forme d’écriture, qui est celle de la narration ? Tout avance bien, donc. J’ai semble-t-il trouvé une méthode qui me convient : lire non pas sur l’écran même où tout a été écrit (ou transcrit) la première fois mais sur celui de la Kobo. Là-dessus, je ne fais que signaler, surligner, les passages que je veux garder. Et alors là c’est merveilleux : quand je supprime tout un chapitre, je suis soulagé de voir se dissiper des mots en trop ; quand j’en garde un entier, je suis heureux de voir que ce que j’ai écrit tient. C’est ce qu’on appelle dans le langage fleuri de l’entreprise une stratégie win-win. Je reprends alors ensuite le texte, plusieurs jours plus tard généralement, afin de pouvoir bénéficier de deux regards contradictoires, et j’isole le texte en question, le tout en taguant chaque chapitre, et en réécrivant mais de façon mineure chaque texte, notamment pour qu’ils se connectent bien les uns aux autres. Là, par exemple, cette semaine, j’ai sauvé 6148 mots sur 15841. On est toujours, à ce stade, dans une narration à la première personne : je ne fais qu’affiner mes témoignages. Le temps de la réécriture (l’écriture par dessus), ce sera l’étape suivante. Quand ?

060719, version 6 (30 juillet 2019)

En descendant à la cave pour aller chercher des trucs et en jeter d’autres, une chauve-souris m’est passée un mètre au-dessus de moi, près des tuyaux, dans les néons. Cette phrase est fausse : il n’y avait pas de chauve-souris dans ce couloir, juste l’idée d’une chauve-souris, ou l’impression d’une chauve-souris, ce qui est déjà mieux que pas de chauve-souris du tout, autrement je n’aurais peut-être rien eu à dire, écrire, penser de cette journée toujours en train d’être vécu. Mais en pensant tout ça (à la fois l’idée qu’il puisse y avoir une chauve-souris et le retour brutal à la réalité d’une cave sans chauve-souris), je me suis dit voilà exactement ce que je recherche dans un livre quand je le lis. Il faut dire que depuis quelques jours, dans L’éducation sentimentale, je surligne beaucoup de phrases. C’est dans l’optique de réécrire Eff mais je ne sais pas encore comment ça peut m’y aider. Je sais simplement commencer à bâtir un genre de corpus qui pourrait justifier d’ouvrir un herbier pour Eff, peut-être le ferai-je. Mais je sais aussi que Eff n’est pas Morphine(s) et que l’incursion dans le livre de lambeaux de phrases issues d’ailleurs, et notamment de classiques, ne correspond pas au projet. Surlignant ces phrases, ou ces bribes de phrases, j’en viens à me dire que ce que je recherche, ce sont de toutes petites choses, des formulations finalement assez communes, mais que moi je serais incapable d’écrire spontanément. Des choses comme comment la rencontrer maintenant ?, Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire, voire même Frédéric le suivit. Mais plus tôt dans le livre, lisant les phrases Tout à coup, un bec de gaz l’éclaira. Il avait un crêpe à son chapeau. Elle était morte, peut-être ?, et l’ayant mal lu, croyant avoir lu Elle avait un crêpe à son chapeau et non Il, j’ai cru d’abord qu’il ne s’agissait plus là de M. Arnoux mais de Madame, et que celle qui était morte, dans cette phrase, non seulement c’était elle aussi, mais c’était elle pendant qu’il la voyait. Ce sera, ici, ma chauve-souris, une chauve-souris zombie et qui porte le deuil de soi, en pleine Éducation sentimentale, ce serait quand même assez osé, et là en général on rajoute pour l’époque (mais pas que pour l’époque). C’est peut-être tout ce qu’il y a à en dire, mais j’aime assez ces petites inattentions, car c’est ici que vient se loger, comme souvent, le fantastique, et en définitive la fiction. Une seule phrase peut suffire. Un son qui aura comme glissé. Un seul son , et tout bascule. C’est fascinant. Et finalement, ce que je prends en note dans ce livre (ou, plus tard, dans d’autres), ce sont des bribes de paroles, comme des extraits d’enregistrements préparatoires. Je suis là avec mon téléphone à enregistrer des mecs comme Frédéric Moreau, et voir ce que j’en fais (ou non), ce sera pour plus tard. Et, finalement, et ça m’a frappé aujourd’hui, je fais exactement la même chose avec les miens, de personnages. C’est-à-dire que ces 500 000 et quelques mots écrits entre l’automne 2016 et l’automne 2018 à raison de 500 mots minimum chaque jour, ces témoignages à la première personne de deux personnages de fiction, je ne les ai peut-être écrits que pour qu’ils me servent de base future d’un autre livre qu’il me resterait à écrire. En J’aime assez cette idée et je me dis en voilà une belle chose à faire de sa vie : , interviewer des personnages de fiction. Non seulement les interviewer mais, par la suite, écrire par dessus eux comme s’ils n’étaient plus là, pour les trahir, précisément. Ou, qui sait, les traduire dans une autre forme d’écriture, qui est celle de la narrationde roman ? Tout avance bien, donc. J’ai semble-t-il trouvé une méthode qui me convient : lire non pas sur l’écran même où tout a été écrit (ou transcrit) la première fois mais sur celui de la Kobo. Là-dessus, je ne fais que signaler, surligner, les passages que je veux garder. Et alors là c’est merveilleux : quand je supprime tout un chapitre, je suis soulagé de voir se dissiper des mots en trop ; quand j’en garde un entier, je suis heureux de voir que ce que j’ai écrit tient tiens . C’est ce qu’on appelle dans le langage fleuri de l’entreprise une stratégie win-win. Je reprends alors ensuite le texte, plusieurs jours plus tard généralement, afin de pouvoir bénéficier de deux regards contradictoires, et j’isole le texte en question, le tout en taguant chaque chapitre, et en réécrivant mais de façon mineure chaque texte, notamment pour qu’ils se connectent bien les uns aux autres. Là, par exemple, cette semaine, j’ai sauvé 6148 mots sur 15841. On est toujours, à ce stade, dans une narration à la première personne : je ne fais qu’affiner mes témoignages. Le temps de la réécriture (l’écriture par dessus), ce sera l’étape suivante. Quand ?

060719, version 5 (6 juillet 2019)

En descendant à la cave pour aller chercher des trucs et en jeter d’autres, une chauve-souris m’est passée un mètre au-dessus de moi, près des tuyaux, dans les néons. Cette phrase est fausse : il n’y avait pas de chauve-souris dans ce couloir, juste l’idée d’une chauve-souris, ou l’impression d’une chauve-souris, ce qui est déjà mieux que pas de chauve-souris du tout, autrement je n’aurais peut-être rien eu à dire, écrire, penser de cette journée toujours en train d’être vécu. Mais en pensant tout ça (à la fois l’idée qu’il puisse y avoir une chauve-souris et le retour brutal à la réalité d’une cave sans chauve-souris), je me suis dit voilà exactement ce que je recherche dans un livre quand je le lis. Il faut dire que depuis quelques jours, dans L’éducation sentimentale, je surligne beaucoup de phrases. C’est dans l’optique de réécrire Eff mais je ne sais pas encore comment ça peut m’y aider. Je sais simplement commencer à bâtir un genre de corpus qui pourrait justifier d’ouvrir un herbier pour Eff, peut-être le ferai-je. Mais je sais aussi que Eff n’est pas Morphine(s) et que l’incursion dans le livre de lambeaux de phrases issues d’ailleurs, et notamment de classiques, ne correspond pas au projet. Surlignant ces phrases, ou ces bribes de phrases, j’en viens à me dire que ce que je recherche, ce sont de toutes petites choses, des formulations finalement assez communes, mais que moi je serais incapable d’écrire spontanément. Des choses comme comment la rencontrer maintenant ?, Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire, voire même Frédéric le suivit. Mais plus tôt dans le livre, lisant les phrases Tout à coup, un bec de gaz l’éclaira. Il avait un crêpe à son chapeau. Elle était morte, peut-être ?, et l’ayant mal lu, croyant avoir lu Elle avait un crêpe à son chapeau et non Il, j’ai cru d’abord qu’il ne s’agissait plus là de M. Arnoux mais de Madame, et que celle qui était morte, dans cette phrase, non seulement c’était elle aussi, mais c’était elle pendant qu’il la voyait. Ce sera, ici, ma chauve-souris, une chauve-souris zombie et qui porte le deuil de soi, en pleine Éducation sentimentale, ce serait quand même assez osé, et là en général on rajoute pour l’époque (mais pas que pour l’époque). C’est peut-être tout ce qu’il y a à en dire, mais j’aime assez ces petites inattentions, car c’est ici que vient se loger, comme souvent, le fantastique, et en définitive la fiction. Une seule phrase peut suffire. Un son qui aura comme glissé. Un seul son, et tout bascule. C’est fascinant. Et finalement, ce que je prends en note dans ce livre (ou, plus tard, dans d’autres), ce sont des bribes de paroles, comme des extraits d’enregistrements préparatoires. Je suis là avec mon téléphone à enregistrer des mecs comme Frédéric Moreau, et voir ce que j’en fais (ou non), ce sera pour plus tard. Et, finalement, et ça m’a frappé aujourd’hui, je fais exactement la même chose avec les miens, de personnages. C’est-à-dire que ces 500 000 et quelques mots écrits entre l’automne 2016 et l’automne 2018 à raison de 500 mots minimum chaque jour, ces témoignages à la première personne de deux personnages de fiction, je ne les ai peut-être écrits que pour qu’ils me servent de base future d’un autre livre qu’il me resterait à écrire. J’aime assez cette idée et je me dis en voilà une belle chose à faire de sa vie, interviewer des personnages de fiction. Non seulement les interviewer mais, par la suite, écrire par dessus eux comme s’ils n’étaient plus là, pour les trahir, précisément. Ou, qui sait, les traduire dans une autre forme d’écriture, qui est celle de la narration de roman ? Tout avance bien, donc. J’ai semble-t-il trouvé une méthode qui me convient : lire non pas sur l’écran même où tout a été écrit (ou transcrit) la première fois mais sur celui de la Kobo. Là-dessus, je ne fais que signaler, surligner, les passages que je veux garder. Et alors là c’est merveilleux : quand je supprime tout un chapitre, je suis soulagé de voir se dissiper des mots en trop ; quand j’en garde un entier, je suis heureux de voir que ce que j’ai écrit tiens. C’est ce qu’on appelle dans le langage fleuri de l’entreprise une stratégie win-win. Je reprends alors ensuite le texte, plusieurs jours plus tard généralement, afin de pouvoir bénéficier de deux regards contradictoires, et j’isole le texte en question, le tout en taguant chaque chapitre, et en réécrivant mais de façon mineure chaque texte, notamment pour qu’ils se connectent bien les uns aux autres. Là, par exemple, cette semaine, j’ai sauvé 6148 mots sur 15841. On est toujours, à ce stade, dans une narration à la première personne : je ne fais qu’affiner mes témoignages. Le temps de la réécriture (l’écriture par dessus), ce sera l’étape suivante. Quand ?

060719, version 4 (6 juillet 2019)

En descendant à la cave pour aller chercher des trucs et en jeter d’autres, une chauve-souris m’est passée un mètre au-dessus de moi, près des tuyaux, dans les néons. Cette phrase est fausse : il n’y avait pas de chauve-souris dans ce couloir, juste l’idée d’une chauve-souris, ou l’impression d’une chauve-souris, ce qui est déjà mieux que pas de chauve-souris du tout, autrement je n’aurais peut-être rien eu à dire, écrire, penser de cette journée toujours en train d’être vécu. Mais en pensant tout ça (à la fois l’idée qu’il puisse y avoir une chauve-souris et le retour brutal à la réalité d’une cave sans chauve-souris), je me suis dit voilà exactement ce que je recherche dans un livre quand je le lis. Il faut dire que depuis quelques jours, dans L’éducation sentimentale, je surligne beaucoup de phrases. C’est dans l’optique de réécrire Eff mais je ne sais pas encore comment ça peut m’y aider. Je sais simplement commencer à bâtir un genre de corpus qui pourrait justifier d’ouvrir un herbier pour Eff, peut-être le ferai-je. Mais je sais aussi que Eff n’est pas Morphine(s) et que l’incursion dans le livre de lambeaux de phrases issues d’ailleurs, et notamment de classiques, ne correspond pas au projet. Surlignant ces phrases, ou ces bribes de phrases, j’en viens à me dire que ce que je recherche, ce sont de toutes petites choses, des formulations finalement assez communes, mais que moi je serais incapable d’écrire spontanément. Des choses comme comment la rencontrer maintenant ?, Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire, voire même Frédéric le suivit. Mais plus tôt dans le livre, lisant les phrases Tout à coup, un bec de gaz l’éclaira. Il avait un crêpe à son chapeau. Elle était morte, peut-être ?, et l’ayant mal lu, croyant avoir lu Elle avait un crêpe à son chapeau et non Il, j’ai cru d’abord qu’il ne s’agissait plus là de M. Arnoux mais de Madame, et que celle qui était morte, dans cette phrase, non seulement c’était elle aussi, mais c’était elle pendant qu’il la voyait. Ce sera, ici, ma chauve-souris, une chauve-souris zombie et qui porte le deuil de soi, en pleine Éducation sentimentale, ce serait quand même assez osé, et là en général on rajoute pour l’époque (mais pas que pour l’époque). C’est peut-être tout ce qu’il y a à en dire, mais j’aime assez ces petites inattentions, car c’est ici que vient se loger, comme souvent, le fantastique, et en définitive la fiction. Une seule phrase peut suffire. Un son qui aura comme glissé. Un seul son, et tout bascule. C’est fascinant. Et finalement, ce que je prends en note dans ce livre (ou, plus tard, dans d’autres), ce sont des bribes de paroles, comme des extraits d’enregistrements préparatoires. Je suis là avec mon téléphone à enregistrer des mecs comme Frédéric Moreau, et voir ce que j’en fais (ou non), ce sera pour plus tard. Et, finalement, et ça m’a frappé aujourd’hui, je fais exactement la même chose avec les miens, de personnages. C’est-à-dire que ces 500 000 et quelques mots écrits entre l’automne 2016 et l’automne 2018 à raison de 500 mots minimum chaque jour, ces témoignages à la première personne de deux personnages de fiction, je ne les ai peut-être écrits que pour qu’ils me servent de base future d’un autre livre qu’il me resterait à écrire. J’aime assez cette idée et je me dis en voilà une belle chose à faire de sa vie, interviewer des personnages de fiction. Non seulement les interviewer mais, par la suite, écrire par dessus eux comme s’ils n’étaient plus là, pour les trahir, précisément. Ou, qui sait, les traduire dans une autre forme d’écriture, qui est celle de la narration de roman ? Tout avance bien, donc. J’ai semble-t-il trouvé une méthode qui me convient : lire non pas sur l’écran même où tout a été écrit (ou transcrit) la première fois mais sur celui de la Kobo. Là-dessus, je ne fais que signaler, surligner, les passages que je veux garder. Et alors là c’est merveilleux : quand je supprime tout un chapitre, je suis soulagé de voir se dissiper des mots en trop ; quand j’en garde un entier, je suis heureux de voir que ce que j’ai écrit tiens. C’est ce qu’on appelle dans le langage fleuri de l’entreprise une stratégie win-win. Je reprends alors ensuite le texte, plusieurs jours plus tard généralement, afin de pouvoir bénéficier de deux regards contradictoires, et j’isole le texte en question, le tout en taguant chaque chapitre, et en réécrivant mais de façon mineure chaque texte, notamment pour qu’ils se connectent bien les uns aux autres. On est toujours, à ce stade, dans une narration à la première personne : je ne fais qu’affiner mes témoignages. Le temps de la réécriture (l’écriture par dessus), ce sera l’étape suivante. Quand ?

060719, version 3 (6 juillet 2019)

En descendant à la cave pour aller chercher des trucs et en jeter d’autres, une chauve-souris m’est passée un mètre au-dessus de moi, près des tuyaux, dans les néons. Cette phrase est fausse : il n’y avait pas de chauve-souris dans ce couloir, juste l’idée d’une chauve-souris, ou l’impression d’une chauve-souris, ce qui est déjà mieux que pas de chauve-souris du tout, autrement je n’aurais peut-être rien eu à dire, écrire, penser de cette journée toujours en train d’être vécu. Mais en pensant tout ça (à la fois l’idée qu’il puisse y avoir une chauve-souris et le retour brutal à la réalité d’une cave sans chauve-souris), je me suis dit voilà exactement ce que je recherche dans un livre quand je le lis. Il faut dire que depuis quelques jours, dans L’éducation sentimentale, je surligne beaucoup de phrases. C’est dans l’optique de réécrire Eff mais je ne sais pas encore comment ça peut m’y aider. Je sais simplement commencer à bâtir un genre de corpus qui pourrait justifier d’ouvrir un herbier pour Eff, peut-être le ferai-je. Mais je sais aussi que Eff n’est pas Morphine(s) et que l’incursion dans le livre de lambeaux de phrases issues d’ailleurs, et notamment de classiques, ne correspond pas au projet. Surlignant ces phrases, ou ces bribes de phrases, j’en viens à me dire que ce que je recherche, ce sont de toutes petites choses, des formulations finalement assez communes, mais que moi je serais incapable d’écrire spontanément. Des choses comme comment la rencontrer maintenant ?, Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire, voire même Frédéric le suivit. Mais plus tôt dans le livre, lisant les phrases Tout à coup, un bec de gaz l’éclaira. Il avait un crêpe à son chapeau. Elle était morte, peut-être ?, et l’ayant mal lu, croyant avoir lu Elle avait un crêpe à son chapeau et non Il, j’ai cru d’abord qu’il ne s’agissait plus là de M. Arnoux mais de Madame, et que celle qui était morte, dans cette phrase, non seulement c’était elle aussi, mais c’était elle pendant qu’il la voyait. Ce sera, ici, ma chauve-souris, une chauve-souris zombie et qui porte le deuil de soi, en pleine Éducation sentimentale, ce serait quand même assez osé, et là en général on rajoute pour l’époque (mais pas que pour l’époque). C’est peut-être tout ce qu’il y a à en dire, mais j’aime assez ces petites inattentions, car c’est ici que vient se loger, comme souvent, le fantastique, et en définitive la fiction. Une seule phrase peut suffire. Un son qui aura comme glissé. Un seul son, et tout bascule. C’est fascinant. Et finalement, ce que je prends en note dans ce livre (ou, plus tard, dans d’autres), ce sont des bribes de paroles, comme des extraits d’enregistrements préparatoires. Je suis là avec mon téléphone à enregistrer des mecs comme Frédéric Moreau, et voir ce que j’en fais (ou non), ce sera pour plus tard. Et, finalement, et ça m’a frappé aujourd’hui, je fais exactement la même chose avec les miens, de personnages. C’est-à-dire que ces 500 000 et quelques mots écrits entre l’automne 2016 et l’automne 2018 à raison de 500 mots minimum chaque jour, ces témoignages à la première personne de deux personnages de fiction, je ne les ai peut-être écrits que pour qu’ils me servent de base future d’un autre livre qu’il me resterait à écrire. J’aime assez cette idée et je me dis en voilà une belle chose à faire de sa vie, interviewer des personnages de fiction. Non seulement les interviewer mais, par la suite, écrire par dessus eux comme s’ils n’étaient plus là, pour les trahir, précisément. Ou, qui sait, les traduire dans une autre forme d’écriture, qui est celle de la narration de roman ? Tout avance bien, donc. J’ai semble-t-il trouvé une méthode qui me convient : lire non pas sur l’écran même où tout a été écrit (ou transcrit) la première fois mais sur celui de la Kobo. Là-dessus, je ne fais que signaler, surligner, les passages que je veux garder. Je reprends alors ensuite le texte, plusieurs jours plus tard généralement, afin de pouvoir bénéficier de deux regards contradictoires, et j’isole le texte en question, le tout en taguant chaque chapitre, et en réécrivant mais de façon mineure chaque texte, notamment pour qu’ils se connectent bien les uns aux autres. On est toujours, à ce stade, dans une narration à la première personne : je ne fais qu’affiner mes témoignages. Le temps de la réécriture (l’écriture par dessus), ce sera l’étape suivante. Quand ?

060719, version 2 (6 juillet 2019)

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