150120


À la radio, quelqu’un dit : je ne lis que les morts. Pourquoi pas, après tout. Mais si on ne lit que les morts, et qu’on écrit aussi, la langue que l’on fait sortir de nous, est-elle une langue morte ? C’est une vraie question. Il n’y a pas de mépris, ou d’ironie, ou de jugement de ma part. Je m’interroge. Ce qui rend nos écritures contemporaines, puisque c’est le mot qu’il convient d’employer, cela vient de nos vies ou de ce qu’on s’expose via la lecture à d’autres vies que la nôtre, des vies actuelles, d’aujourd’hui ? L’autre jour je disais à E. : c’est normal d’écrire de la mauvaise poésie [1] quand on a 18 ans. Certains d’entre nous écrivent même de la mauvaise poésie à 33 ans. Et d’autres passent leur vie à écrire de la mauvaise poésie. Mais il suffit d’une fois. D’un rythme. D’un beat. D’une pulsation. On vit dans l’espoir de ça. Peut-on écrire de la poésie avec des mots comme ACAB ? Je cherche ce que veut dire ACAB. Ça n’a rien à voir avec le capitaine du même nom, encore que Achab puisse être considéré comme un bastard. Les gens d’Ulysses sont-ils des bâtards pour ne pas permettre l’export des projets qu’on écrit dans leur écosystème en plusieurs sheets ? Dans ces applications d’écriture, on ne travaille pas sur un seul document par projet, on travaille sur des feuilles disjointes (sheets, donc), qui peuvent correspondre à une scène, ou un chapitre. Quand on veut les exporter (pour pouvoir les retravailler dans un vrai traitement de texte par exemple), on sélectionne toutes nos feuilles et ça en fait un fichier global. Un roman composé de chapitres devient alors un roman complet. Mais quand on veut exporter le tout en gardant cette fragmentation, par exemple pour passer dans un autre outil d’écriture (Joplin), on ne peut pas garder la séparation en feuilles. On doit donc le faire feuille par feuille, ce qui est fastidieux et, de toute façon, il me faudra quoi qu’il arrive fastidier car je me rends compte en faisant mes tests que les tags et les mentions de type commentaires (entre %%) ne sont pas exportées. Misère à poil, aurait dit C., et j’ignore s’il faut ou non mettre un s à poil dans cette expression. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai toutes les peines du monde à remplir ma playlist 2020. Là, je plafonne à six chansons, 23 minutes de temps, et des trucs qui ne sont pas franchement actuels : telle reprise de « The Man Who Sold the World » que nous injecte la Secret Bowie Society depuis l’espace probablement, pendant que la Blackstar continue d’orbiter autour de nous dans l’ombre (ou le contraire), une autre de « Because » des Beatles par Vienna Teng et Brandon Ridenour. En fait, une seule chose que je ne connaissais pas jusqu’à il y a quelques jours, mais quelle chose : « Hana » de Asa Chang & Junray. C’est très expérimental. C’est parlé. C’est le rythme de la parole et des mots. Ponctuation, percussion, souffle. C’est vraiment ouf. Sinon, rien. Quand ça chante, j’écoute pas. J’ai un problème avec le rock (le rock est mort depuis Dark Side of The Moon dixit Benoît ’Farigoule Bastard’ Vincent), j’ai un problème avec la pop. J’allais écrire j’ai un problème avec la popo, mais je n’ai aucun problème avec la popo, sinon que ce courant musical du futur n’a pas encore été inventé. Ou peut-être est-ce précisément ce que joue le sélecteur du lave-linge pendant plusieurs secondes ? Un espèce de rythme binaire froid. Justice nulle part, bip-bip de l’électroménager partout. C’est littéralement inhumain, comme son, et c’est sans doute ce qui me plait. Hier, je me disais que telle piste de Colleen ferait une bonne sonnerie de portable (car c’est à ça qu’est réduite la musique au jour d’aujourd’hui (sic) : à une forme de jingle). Une notification m’apprend qu’un grand magasin célèbre pour avoir été racheté par le Qatar il y a quelques années fait sa rentrée. C’est ça, au fond, qui est inhumain. Et voilà ce qui me touche : dans les récits d’aventure, c’est chez les héros qui a priori n’ont rien d’humain (les super-héros, les monstres ou les être robotiques) qu’on trouve des preuves d’humanité les plus touchantes (car imprévues a priori), alors que la majorité des gens réels qu’on nous montre partout font surtout la preuve de leur absence d’humanité. Moi-même, je ne me sens pas très abité par des sentiments humains. C’est le problème des images et des récits simplistes. Ils nous arrachent à notre sensibilité humaine, à nos fragilités. Par exemple, avoir montrueusement faim en plein milieu de la journée après avoir mal géré le nutriscore de soi, c’est une fragilité. Je me méfie de l’huile de sésame quand bien même l’huile de sésame semble être dotée d’un pouvoir merveilleux : rendre les choses fades bonnes, notamment couplée à la sauce soja. Là, c’était des crevettes et des poivrons avec des nouilles de riz, et il a fallu que je m’en remette aux radis pour survivre. Je ne me fais pas d’illusions sur mes (non) capacités à pouvoir regarder le match de ce soir. Je fais l’erreur de croire que parce que j’ai râté un match spectaculaire dimanche, celui de ce soir, contre la même équipe, le sera tout autant. Toutes les probabilités montrent en réalité que ce sera un match ennuyeux. C’est le cas. Je le regarde vaguement sur l’écran einké du BM3, ce qui est peu lisible. C’est saccadé. Parfois on perd de vue le ballon. Est-ce utile de distinguer le ballon dans le football business d’aujourd’hui ? Du moment que tu ne perds pas de vue les sponsors... C’est amusant : à cause de la rémanence, très forte dans ce mode qui favorise la fluidité, sur les plans larges, on a la sensation que les déplacements des joueurs génèrent une trace grise qui les suit, comme si nous avions sous les yeux non pas vingt-deux millionaires en short (et un arbitre) mais vingt-deux escargots sécrétant leur trainée de bave (et un arbitre-limaçon parmi eux). Et, de toute évidence, ça va mieux. Est-ce à cause de la bave ?

15 février 2020
par Guillaume Vissac
2020
#Asa Chang & Junray #Benoit Vincent #C. #Colleen #David Bowie #E. #Football #Herman Melville #Jérôme Orsoni #Migraine #Mort #Pink Floyd #The Beatles

[1Je renvoie ici à Jérôme Orsoni non car j’estime qu’il écrit de la mauvaise poésie mais parce que cette expression-là, je la lui emprunte.

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Révisions

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150120, version 16 (15 février 2020)

Déplacé de « Journal » vers « 2020 ».
À la radio, quelqu’un dit : je ne lis que les morts. Pourquoi pas, après tout. Mais si on ne lit que les morts, et qu’on écrit aussi, la langue que l’on fait sortir de nous, est-elle une langue morte ? C’est une vraie question. Il n’y a pas de mépris, ou d’ironie, ou de jugement de ma part. Je m’interroge. Ce qui rend nos écritures contemporaines, puisque c’est le mot qu’il convient d’employer, cela vient de nos vies ou de ce qu’on s’expose via la lecture à dans d’autres vies que la nôtre, des vies actuelles, d’aujourd’hui ? L’autre jour je disais à [E.->mot28] ->mot18] : c’est normal d’écrire de la mauvaise poésie [1] quand on a 18 ans. Certains d’entre nous écrivent même de la mauvaise poésie à 33 ans. Et d’autres passent leur vie à écrire de la mauvaise poésie. Mais il suffit d’une fois. D’un rythme. D’un beat. D’une pulsation. On vit dans l’espoir de ça. Peut-on écrire de la poésie avec des mots comme ACAB ? Je cherche ce que veut dire ACAB. Ça n’a rien à voir avec le capitaine du même nom, encore que Achab puisse être considéré comme un bastard. Les gens d’Ulysses sont-ils des bâtards pour ne pas permettre l’export des projets qu’on écrit dans leur écosystème là-dedans en plusieurs sheets ? Dans ces applications d’écriture, on ne travaille pas sur un seul document par projet, on travaille sur des feuilles disjointes (sheets, donc), qui peuvent correspondre à une scène, ou un chapitre. Quand on veut les exporter (pour pouvoir les retravailler dans un vrai traitement de texte par exemple), on sélectionne toutes nos feuilles et ça en fait un fichier global. Un roman composé de chapitres devient alors un roman complet. Mais quand on veut exporter le tout en gardant cette fragmentation, par exemple pour passer dans un autre outil d’écriture ([ Joplin->https://joplinapp ( Joplin ), on ne peut pas garder la séparation en feuilles .org/]), on ne peut pas garder la séparation en feuilles. On doit donc le faire feuille par feuille, ce qui est fastidieux et, de toute façon, il me faudra quoi qu’il arrive fastidier car je me rends compte en faisant mes tests que les tags et les mentions de type commentaires (entre %%) ne sont pas exportées. Misère à poil, aurait dit [C C .->mot331], et j’ignore s’il faut ou non mettre un s à poil poil dans cette expression. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai toutes les peines du monde à remplir ma playlist 2020. Là, je plafonne à six chansons, 23 minutes de temps, et des trucs qui ne sont pas franchement actuels : telle reprise de « The Man Who Sold the World » que nous injecte la Secret Bowie Society depuis l’espace probablement, pendant que la Blackstar continue d’orbiter autour de nous dans l’ombre (ou le contraire), une autre de « Because » des Beatles par Vienna Teng et Brandon Ridenour vérifier qui . En fait, une seule chose que je ne connaissais pas jusqu’à il y a quelques jours, mais quelle chose : [«  «  Hana »-> https://youtu  » de vérifier encore .be/nWCD9EtKPAY] de Asa Chang & Junray. C’est très expérimental. C’est parlé. C’est le rythme de la parole et des mots. Ponctuation, percussion, souffle. C’est vraiment ouf. Sinon, rien. Quand ça chante, j’écoute pas. J’ai un problème avec le rock ([ ( le rock est mort depuis Dark Side of The Moon->https://www Moon dixit Benoît Farigoule Bastard Vincent ), j’ai un problème avec la pop .publie.net/livre/un-de-ces-jours-pink-floyd-une-fiction-benoit-vincent/] dixit [Benoît ’Farigoule Bastard’ Vincent->http://amboilati.org/]), j’ai un problème avec la pop. J’allais écrire j’ai un problème avec la popo, mais je n’ai aucun problème avec la popo, sinon que ce courant musical du futur n’a pas encore été inventé. Ou peut-être est-ce précisément ce cela que joue le sélecteur du lave-linge pendant plusieurs secondes ? Un espèce de rythme binaire froid. Justice nulle part, bip-bip de l’électroménager partout. C’est littéralement inhumain, comme son, et c’est sans doute ce qui me plait. HierHier , je me disais que telle piste de Colleen ferait une bonne sonnerie de portable (car c’est à ça qu’est réduite réduit la musique au jour d’aujourd’hui (sic) : à une forme de jingle). Une notification m’apprend qu’un grand magasin célèbre pour avoir été racheté par le Qatar il y a quelques années fait sa rentrée. C’est ça, au fond, qui est inhumain. Et voilà ce c’est ça qui me touche : dans les récits d’aventure, c’est chez les héros qui a priori n’ont rien d’humain ( , chez les super-hérospour commencer , chez les monstres machines ou les être robotiques) enfin , qu’on trouve des preuves d’humanité les plus touchantes (car imprévues a priori), alors que la majorité des gens réels qu’on nous montre partout font surtout la preuve de leur absence d’humanité. Moi-même, je ne me sens pas très abité par des sentiments humains. C’est le problème des images et des récits simplistes. Ils Ca nous arrachent arrache à notre sensibilité humaine, à nos fragilités. Par exemple, avoir montrueusement faim en plein milieu de la journée après avoir mal géré le nutriscore de soi, c’est une fragilité. Je me méfie de l’huile de sésame quand bien même l’huile de sésame semble être dotée d’un pouvoir merveilleux doux : rendre les choses fades bonnes, notamment couplée à la sauce soja. Là, c’était des crevettes et des poivrons avec des nouilles de riz, et il a fallu que je m’en remette aux radis pour survivre. Je ne me fais pas d’illusions sur mes (non) capacités à pouvoir regarder le match de ce soir. Je fais l’erreur de croire que parce que j’ai râté un match spectaculaire dimanche, celui de ce soir, contre la même équipe, le sera tout autant. Toutes les probabilités montrent en réalité que ce sera un match ennuyeux. C’est le cas. Je le regarde vaguement sur l’écran einké du [BM3->https://www BM3 , ce qui est peu lisible .liseuses.net/onyx-boox-max-3/], ce qui est peu lisible. C’est saccadé. Parfois on perd de vue le ballon. Est-ce utile de distinguer le ballon dans le football business d’aujourd’hui ? Du moment que tu ne perds pas de vue les sponsors... , j’ai envie de dire , tout va bien . C’est amusant : à cause de la rémanence, très forte dans ce mode qui favorise la fluidité, sur les plans larges, on a la sensation que les déplacements des joueurs génèrent de chaque joueur génère une trace grise qui les suit, comme si nous avions sous les yeux non pas vingt-deux millionaires en short (et un arbitre) mais vingt-deux escargots sécrétant leur trainée de bave (et un arbitre-limaçon parmi eux). Et, de toute évidence, ça va [mieux->mot1 ]. mieux . Est-ce à cause de la bave ?

[1Je renvoie ici à Jérôme Orsoni non car j’estime qu’il écrit de la mauvaise poésie mais parce que cette expression-là, je la lui emprunte.

Migraine, Mort, David Bowie, E., Herman Melville, Football, C., Benoit Vincent, The Beatles, Colleen, Jérôme Orsoni, Pink Floyd, Asa Chang & Junray

150120, version 15 (15 février 2020)

À la radio, quelqu’un dit : je ne lis que les morts. Pourquoi pas, après tout. Mais si on ne lit que les morts, et qu’on écrit aussi, la langue que l’on fait sortir de nous, est-elle une langue morte ? C’est une vraie question. Il n’y a pas de mépris, ou d’ironie, ou de jugement de ma part. Je m’interroge. Ce qui rend nos écritures contemporaines, puisque c’est le mot qu’il convient d’employer, cela vient de nos vies ou de ce qu’on s’expose via la lecture dans lit d’autres vies que la nôtre, des vies actuelles, d’aujourd’hui ? L’autre jour je disais à [E E .->mot18]  : c’est normal d’écrire de la mauvaise poésie [2] quand on a 18 ans. Certains d’entre nous écrivent même de la mauvaise poésie à 33 ans. Et d’autres passent leur vie à écrire de la mauvaise poésie. Mais il suffit d’une fois. D’un rythme. D’un beat. D’une pulsation. On vit dans l’espoir de ça. Peut-on écrire de la poésie avec des mots comme ACAB ? Je cherche ce que veut dire ACAB. Ça n’a rien à voir avec [le capitaine du même nom->https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Capitaine_Achab]Ça n’a rien à voir avec le capitaine du même nom , encore que Achab puisse être considéré comme un bastard. Les gens d’[Ulysses->https://ulysses.app/#top] Les gens d’Ulysses sont-ils des bâtards pour ne pas permettre l’export des projets qu’on écrit là-dedans en plusieurs sheets ? Dans ces applications d’écriture, on ne travaille pas sur un seul document par projet, on travaille sur des feuilles disjointes (sheets, donc), qui peuvent correspondre à une scène, ou un chapitre. Quand on veut les exporter (pour pouvoir les retravailler dans un vrai traitement de texte par exemple), on sélectionne toutes nos feuilles et ça en fait un fichier global. Un roman composé de chapitres devient alors un roman complet. Mais quand on veut exporter le tout en gardant cette fragmentation, par exemple pour passer dans un autre outil d’écriture (Joplin), on ne peut pas garder la séparation en feuilles. On doit donc le faire feuille par feuille, ce qui est fastidieux et, de toute façon, il me faudra quoi qu’il arrive fastidier car je me rends compte en faisant mes tests que les tags et les mentions de type commentaires (entre %%) ne sont pas exportées. Misère à poil, aurait dit C., et j’ignore s’il faut ou non mettre un s à poil dans cette expression. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai toutes les peines du monde à remplir ma playlist 2020. Là, je plafonne à six chansons, 23 minutes de temps, et des trucs qui ne sont pas franchement actuels : telle reprise de « The Man Who Sold the World » que nous injecte la Secret Bowie Society depuis l’espace probablement, pendant que la Blackstar continue d’orbiter autour de nous dans l’ombre (ou le contraire), une autre de « Because » des Beatles par vérifier qui. En fait, une seule chose que je ne connaissais pas jusqu’à il y a quelques jours, mais quelle chose : « Hana » de vérifier encore. C’est très expérimental. C’est parlé. C’est le rythme de la parole et des mots. Ponctuation, percussion, souffle. C’est vraiment ouf. Sinon, rien. Quand ça chante, j’écoute pas. J’ai un problème avec le rock (le rock est mort depuis Dark Side of The Moon dixit Benoît ’Farigoule Bastard’ Vincent), j’ai un problème avec la pop. J’allais écrire j’ai un problème avec la popo, mais je n’ai aucun problème avec la popo, sinon que ce courant musical du futur n’a pas encore été inventé. Ou peut-être est-ce cela que joue le sélecteur du lave-linge pendant plusieurs secondes ? Un espèce de rythme binaire froid. Justice nulle part, bip-bip de l’électroménager partout. C’est littéralement inhumain, comme son, et c’est sans doute ce qui me plait. Hier, je me disais que telle piste de Colleen ferait une bonne sonnerie de portable (car c’est à ça qu’est réduit la musique au jour d’aujourd’hui (sic) : à une forme de jingle). Une notification m’apprend qu’un grand magasin célèbre pour avoir été racheté par le Qatar fait sa rentrée. C’est ça, au fond, qui est inhumain. Et c’est ça qui me touche : dans les récits d’aventure, c’est chez les héros qui a priori n’ont rien d’humain, chez les super-héros pour commencer, chez les machines ou les être robotiques enfin, qu’on trouve des preuves d’humanité les plus touchantes (car imprévues a priori), alors que la majorité des gens réels qu’on nous montre partout font surtout la preuve de leur absence d’humanité. Moi-même, je ne me sens pas très abité par des sentiments humains. C’est le problème des images et des récits simplistes. Ca nous arrache à notre sensibilité humaine, à nos fragilités. Par exemple, avoir montrueusement faim en plein milieu de la journée après avoir mal géré le nutriscore de soi, c’est une fragilité. Je me méfie de l’huile de sésame quand bien même l’huile de sésame semble être dotée d’un pouvoir doux : rendre les choses fades bonnes, notamment couplée à la sauce soja. Là, c’était des crevettes et des poivrons avec des nouilles de riz, et il a fallu que je m’en remette aux radis pour survivre. Je ne me fais pas d’illusions sur mes (non) capacités à pouvoir regarder le match de ce soir. Je fais l’erreur de croire que parce que j’ai râté un match spectaculaire dimanche, celui de ce soir, contre la même équipe le sera tout autant. Toutes les probabilités montrent en réalité que ce sera un match ennuyeux. Je le regarde vaguement sur l’écran einké du BM3, ce qui est peu lisible. C’est saccadé. Parfois on perd de vue le ballon. Est-ce utile de distinguer le ballon dans le football business d’aujourd’hui ? Du moment que tu ne perds pas de vue les sponsors, j’ai envie de dire, tout va bien. C’est amusant : à cause de la rémanence, très forte dans ce mode qui favorise la fluidité, sur les plans larges, on a la sensation que les déplacements de chaque joueur génère une trace grise qui les suit, comme si nous avions sous les yeux non pas vingt-deux millionaires en short (et un arbitre) mais vingt-deux escargots sécrétant leur trainée de bave (et un arbitre-limaçon parmi eux). Et, de toute évidence, ça va mieux. Est-ce à cause de la bave ?

[2Je renvoie ici à Jérôme Orsoni non car j’estime qu’il écrit de la mauvaise poésie mais parce que cette expression-là, je la lui emprunte.

150120, version 14 (15 février 2020)

jpg/dsc_2491.jpg
À la radio, quelqu’un dit : je ne lis que les morts. Pourquoi pas, après tout. Mais si on ne lit que les morts, et qu’on écrit aussi, la langue que l’on fait sortir de nous, est-elle une langue morte ? C’est une vraie question. Il n’y a pas de mépris, ou d’ironie, ou de jugement de ma part. Je m’interroge. Ce qui rend nos écritures contemporaines, puisque c’est le mot qu’il convient d’employer, cela vient de nos vies ou de ce qu’on lit d’autres vies que la nôtre, des vies actuelles, d’aujourd’hui ? L’autre jour je disais à E. : c’est normal d’écrire de la mauvaise poésie [3] quand on a 18 ans. Certains d’entre nous écrivent même de la mauvaise poésie à 33 ans. Et d’autres passent leur vie à écrire de la mauvaise poésie. Mais il suffit d’une fois. D’un rythme. D’un beat. D’une pulsation. On vit dans l’espoir de ça. Peut-on écrire de la poésie avec des mots comme ACAB ? Je cherche ce que veut dire ACAB. Ça n’a rien à voir avec le capitaine du même nom, encore que Achab puisse être considéré comme un bastard. Les gens d’Ulysses sont-ils des bâtards pour ne pas permettre l’export des projets qu’on écrit là-dedans en plusieurs sheets ? Dans ces applications d’écriture, on ne travaille pas sur un seul document par projet, on travaille sur des feuilles disjointes (sheets, donc), qui peuvent correspondre à une scène, ou un chapitre. Quand on veut les exporter (pour pouvoir les retravailler dans un vrai traitement de texte par exemple), on sélectionne toutes nos feuilles et ça en fait un fichier global. Un roman composé de chapitres devient alors un roman complet. Mais quand on veut exporter le tout en gardant cette fragmentation, par exemple pour passer dans un autre outil d’écriture (Joplin), on ne peut pas garder la séparation en feuilles. On doit donc le faire feuille par feuille, ce qui est fastidieux et, de toute façon, il me faudra quoi qu’il arrive fastidier car je me rends compte en faisant mes tests que les tags et les mentions de type commentaires (entre %%) ne sont pas exportées. Misère à poil, aurait dit C., et j’ignore s’il faut ou non mettre un s à poil dans cette expression. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai toutes les peines du monde à remplir ma playlist 2020. Là, je plafonne à six chansons, 23 minutes de temps, et des trucs qui ne sont pas franchement actuels : telle reprise de « The Man Who Sold the World » que nous injecte la Secret Bowie Society depuis l’espace probablement, pendant que la Blackstar continue d’orbiter autour de nous dans l’ombre (ou le contraire), une autre de « Because » des Beatles par vérifier qui. En fait, une seule chose que je ne connaissais pas jusqu’à il y a quelques jours, mais quelle chose : « Hana » de vérifier encore. C’est très expérimental. C’est parlé. C’est le rythme de la parole et des mots. Ponctuation, percussion, souffle. C’est vraiment ouf. Sinon, rien. Quand ça chante, j’écoute pas. J’ai un problème avec le rock (le rock est mort depuis Dark Side of The Moon dixit Benoît ’Farigoule Bastard’ Vincent), j’ai un problème avec la pop. J’allais écrire j’ai un problème avec la popo, mais je n’ai aucun problème avec la popo, sinon que ce courant musical du futur n’a pas encore été inventé. Ou peut-être est-ce cela que joue le sélecteur du lave-linge pendant plusieurs secondes ? Un espèce de rythme binaire froid. Justice nulle part, bip-bip de l’électroménager partout. C’est littéralement inhumain, comme son, et c’est sans doute ce qui me plait. Hier, je me disais que telle piste de Colleen ferait une bonne sonnerie de portable (car c’est à ça qu’est réduit la musique au jour d’aujourd’hui (sic) : à une forme de jingle). Une notification m’apprend qu’un grand magasin célèbre pour avoir été racheté par le Qatar fait sa rentrée. C’est ça, au fond, qui est inhumain. Et c’est ça qui me touche : dans les récits d’aventure, c’est chez les héros qui a priori n’ont rien d’humain, chez les super-héros pour commencer, chez les machines ou les être robotiques enfin, qu’on trouve des preuves d’humanité les plus touchantes (car imprévues a priori), alors que la majorité des gens réels qu’on nous montre partout font surtout la preuve de leur absence d’humanité. Moi-même, je ne me sens pas très abité par des sentiments humains. C’est le problème des images et des récits simplistes. Ca nous arrache à notre sensibilité humaine, à nos fragilités. Par exemple, avoir montrueusement faim en plein milieu de la journée après avoir mal géré le nutriscore de soi, c’est une fragilité. Je me méfie de l’huile de sésame quand bien même l’huile de sésame semble être dotée d’un pouvoir doux : rendre les choses fades bonnes, notamment couplée à la sauce soja. Là, c’était des crevettes et des poivrons avec des nouilles de riz, et il a fallu que je m’en remette aux radis pour survivre. Je ne me fais pas d’illusions sur mes (non) capacités à pouvoir regarder le match de ce soir. Je fais l’erreur de croire que parce que j’ai râté un match spectaculaire dimanche, celui de ce soir, contre la même équipe le sera tout autant. Toutes les probabilités montrent en réalité que ce sera un match ennuyeux. Je le regarde vaguement sur l’écran einké du BM3, ce qui est peu lisible. C’est saccadé. Parfois on perd de vue le ballon. Est-ce utile de distinguer le ballon dans le football business d’aujourd’hui ? Du moment que tu ne perds pas de vue les sponsors, j’ai envie de dire, tout va bien. C’est amusant : à cause de la rémanence, très forte dans ce mode qui favorise la fluidité, sur les plans larges, on a la sensation que les déplacements de chaque joueur génère une trace grise qui les suit, comme si nous avions sous les yeux non pas vingt-deux millionaires en short (et un arbitre) mais vingt-deux escargots sécrétant leur trainée de bave (et un arbitre-limaçon parmi eux). Et, de toute évidence, ça va mieux. Je suis déormais capable de compter les chapitres de Chiasma qui me restent avant d’atteindre la fin d’un premier jet pour cette première partie. Est-ce à cause Moins de la bave  ? dix semble-t-il .

[3Je renvoie ici à Jérôme Orsoni non car j’estime qu’il écrit de la mauvaise poésie mais parce que cette expression-là, je la lui emprunte.

150120, version 13 (14 février 2020)

À la radio, quelqu’un dit : je ne lis que les morts. Pourquoi pas, après tout. Mais si on ne lit que les morts, et qu’on écrit aussi, la langue que l’on fait sortir de nous, est-elle une langue morte ? C’est une vraie question. Il n’y a pas de mépris, ou d’ironie, ou de jugement de ma part. Je m’interroge. Ce qui rend nos écritures contemporaines, puisque c’est le mot qu’il convient d’employer, cela vient de nos vies ou de ce qu’on lit d’autres vies que la nôtre, des vies actuelles, d’aujourd’hui ? L’autre jour je disais à E. : c’est normal d’écrire de la mauvaise poésie [4] quand on a 18 ans. Certains d’entre nous écrivent même de la mauvaise poésie à 33 ans. Et d’autres passent leur vie à écrire de la mauvaise poésie. Mais il suffit d’une fois. D’un rythme. D’un beat. D’une pulsation. On vit dans l’espoir de ça. Peut-on écrire de la poésie avec des mots comme ACAB ? Je cherche ce que veut dire ACAB. Ça n’a rien à voir avec le capitaine du même nom, encore que Achab puisse être considéré comme un bastard. Les gens d’Ulysses sont-ils des bâtards pour ne pas permettre l’export des projets qu’on écrit là-dedans en plusieurs sheets ? Dans ces applications d’écriture, on ne travaille pas sur un seul document par projet, on travaille sur des feuilles disjointes (sheets, donc), qui peuvent correspondre à une scène, ou un chapitre. Quand on veut les exporter (pour pouvoir les retravailler dans un vrai traitement de texte par exemple), on sélectionne toutes nos feuilles et ça en fait un fichier global. Un roman composé de chapitres devient alors un roman complet. Mais quand on veut exporter le tout en gardant cette fragmentation , par exemple pour passer dans un autre outil d’écriture (Joplin), on ne peut pas garder la séparation en feuilles. On doit donc le faire feuille par feuille, ce qui est fastidieux et, de toute façon, il me faudra quoi qu’il arrive fastidier car je me rends compte en faisant mes tests que les tags et les mentions de type commentaires (entre %%) ne sont pas exportées. Misère à poil, aurait dit C., et j’ignore s’il faut ou non mettre un s à poil dans cette expression. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai toutes les peines du monde à remplir ma playlist 2020. Je crée une playlist par année dans Spotify, en plus d’une playlist dite instrumentale que j’écoute 80% du temps. La playlist annuelle, c’est plutôt pour la mobilité. Là, je plafonne à six chansons, 23 minutes de temps, et des trucs qui ne sont pas franchement actuels : telle reprise de « The Man Who Sold the World » que nous injecte la Secret Bowie Society depuis l’espace probablement, pendant que la Blackstar continue d’orbiter autour de nous dans l’ombre (ou le contraire), une autre de « Because » des Beatles par vérifier qui. En fait, une seule chose que je ne connaissais pas jusqu’à il y a quelques jours, mais quelle chose : « Hana » de vérifier encore. C’est très expérimental. C’est parlé. C’est le rythme de la parole et des mots. Ponctuation, percussion, souffle rythme . C’est vraiment ouf. Sinon, rien. Quand ça chante, j’écoute pas. J’ai un problème avec le rock (le rock est mort depuis Dark Side of The Moon dixit Benoît ’Farigoule Bastard’ Vincent), j’ai un problème avec la pop. J’allais écrire j’ai un problème avec la popo, mais je n’ai aucun problème avec la popo, sinon que ce courant musical du futur n’a pas encore été inventé. Ou peut-être est-ce cela que joue le sélecteur du lave-linge pendant plusieurs secondes ? Un espèce de rythme binaire froid. Justice nulle part, bip-bip de l’électroménager partout. C’est littéralement inhumain, comme son, et c’est sans doute ce qui me plait. Hier, je me disais que telle piste de Colleen ferait une bonne sonnerie de portable (car c’est à ça qu’est réduit la musique au jour d’aujourd’hui (sic) : à une forme de jingle). Une notification m’apprend qu’un grand magasin célèbre pour avoir été racheté par le Qatar fait sa rentrée. C’est ça, au fond, qui est inhumain. Et c’est ça qui me touche : c’est dans les récits d’aventure, c’est chez les héros qui a priori n’ont rien d’humain, chez les super-héros pour commencer, chez les machines ou les être robotiques enfin, qu’on trouve des preuves d’humanité les plus touchantes (car imprévues a priori), alors que la majorité des gens réels qu’on nous montre partout font surtout la preuve de leur absence d’humanité. Moi-même, je ne me sens pas très abité par des sentiments humains. C’est le problème des images et des récits simplistes. Ca nous arrache à notre sensibilité humaine, à nos fragilités. Par exemple, avoir montrueusement faim en plein milieu de la journée après avoir mal géré le nutriscore de soi, c’est une fragilité. Je me méfie de l’huile de sésame quand bien même l’huile de sésame semble être dotée d’un pouvoir doux : rendre les choses fades bonnes, notamment couplée à la sauce soja. Là, c’était des crevettes et des poivrons avec des nouilles de riz, et il a fallu que je m’en remette aux radis pour survivre. Je ne me fais pas d’illusions sur mes (non) capacités à pouvoir regarder le match de ce soir. Je fais l’erreur de croire que parce que j’ai râté un match spectaculaire dimanche, celui de ce soir, contre la même équipe le sera tout autant. Toutes les probabilités montrent en réalité que ce sera un match ennuyeux. Je le regarde vaguement sur l’écran einké du BM3, ce qui est peu lisible. C’est saccadé. Parfois on perd de vue le ballon. Est-ce utile de distinguer le ballon dans le football business d’aujourd’hui ? Du moment que tu ne perds peerds pas de vue les sponsors, j’ai envie de dire, tout va bien. C’est amusant : à cause de la rémanence, très forte dans ce mode qui favorise la fluidité, sur les plans larges, on a la sensation que les déplacements de chaque joueur génère une trace grise qui les suit, comme si nous avions sous les yeux non pas vingt-deux millionaires en short (et un arbitre) mais vingt-deux escargots sécrétant leur trainée de bave (et un arbitre-limaçon parmi eux lui-même ). Et, de toute évidence, ça va mieux. Je suis déormais capable de compter les chapitres de Chiasma qui me restent avant d’atteindre la fin d’un premier jet pour cette première partie. Moins de dix semble-t-il.

[4Je renvoie ici à Jérôme Orsoni non car j’estime qu’il écrit de la mauvaise poésie mais parce que cette expression-là, je la lui emprunte.

150120, version 12 (13 février 2020)

À la radio, quelqu’un dit : je ne lis que les morts. Pourquoi pas, après tout. Mais si on ne lit que les morts, et qu’on écrit aussi, la langue que l’on fait sortir de nous, est-elle une langue morte ? C’est une vraie question. Il n’y a pas de mépris, ou d’ironie, ou de jugement de ma part. Je m’interroge. Ce qui rend nos écritures contemporaines, puisque c’est le mot qu’il convient d’employer, cela vient de nos vies ou de ce qu’on lit d’autres vies que la nôtre, des vies actuelles, d’aujourd’hui ? L’autre jour je disais à E. : c’est normal d’écrire de la mauvaise poésie [5] quand on a 18 ans. Certains d’entre nous écrivent même de la mauvaise poésie à 33 ans. Et d’autres passent leur vie à écrire de la mauvaise poésie. Mais il suffit d’une fois. D’un rythme. D’un beat. D’une pulsation. On vit dans l’espoir de ça. Peut-on écrire de la poésie avec des mots comme ACAB ? Je cherche ce que veut dire ACAB. Ça n’a rien à voir avec le capitaine du même nom, encore que Achab puisse être considéré comme un bastard. Les gens d’Ulysses sont-ils des bâtards pour ne pas permettre l’export des projets qu’on écrit là-dedans en plusieurs sheets ? Dans ces applications d’écriture, on ne travaille pas sur un seul document par projet, on travaille sur des feuilles disjointes (sheets, donc), qui peuvent correspondre à une scène, ou un chapitre. Quand on veut les exporter (pour pouvoir les retravailler dans un vrai traitement de texte par exemple), on sélectionne toutes nos feuilles et ça en fait un fichier global. Un roman composé de chapitres devient alors un roman complet. Mais quand on veut exporter le tout, par exemple pour passer dans un autre outil d’écriture (Joplin), on ne peut pas garder la séparation en feuilles. On doit donc le faire feuille par feuille, ce qui est fastidieux et, de toute façon, il me faudra quoi qu’il arrive fastidier car je me rends compte en faisant mes tests que les tags et les mentions de type commentaires (entre %%) ne sont pas exportées. Misère à poil, aurait dit C., et j’ignore s’il faut ou non mettre un s à poil dans cette expression. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai toutes les peines du monde à remplir ma playlist 2020. Je crée une playlist par année dans Spotify, en plus d’une playlist dite instrumentale que j’écoute 80% du temps. La playlist annuelle, c’est plutôt pour la mobilité. Là, je plafonne à six chansons, 23 minutes de temps, et des trucs qui ne sont pas franchement actuels : telle reprise de «  The Man Who Sold the World » que nous injecte la Secret Bowie Society depuis l’espace probablement, pendant que la Blackstar continue d’orbiter autour de nous dans l’ombre (ou le contraire), une autre de «  Because » des Beatles par vérifier qui. En fait, une seule chose que je ne connaissais pas jusqu’à il y a quelques jours, mais quelle chose : «  Hana » de vérifier encore. C’est très expérimental. C’est parlé. C’est le rythme de la parole et des mots. Ponctuation, percussion, rythme. C’est vraiment ouf. Sinon, rien. Quand ça chante, j’écoute pas. J’ai un problème avec le rock (le rock est mort depuis Dark The Dark Side of The Moon Moon dixit Benoît Farigoule Bastard Vincent), j’ai un problème avec la pop. J’allais écrire j’ai un problème avec la popo, mais je n’ai aucun problème avec la popo, sinon que ce courant musical du futur n’a pas encore été inventé. Ou peut-être est-ce cela que joue le sélecteur du lave-linge pendant plusieurs secondes ? Un espèce de rythme binaire froid. Justice nulle part, bip-bip de l’électroménager partout. C’est littéralement inhumain, comme son, et c’est sans doute ce qui me plait. Hier, je me disais que telle piste de Colleen ferait une bonne sonnerie de portable (car c’est à ça qu’est réduit la musique au jour d’aujourd’hui ( sic )  : à une forme de jingle). Une notification m’apprend qu’un grand magasin célèbre pour avoir été racheté par le Qatar fait sa rentrée. C’est ça, au fond, qui est inhumain. Et c’est ça qui me touche : c’est dans les récits d’aventure, chez les héros qui a priori n’ont rien d’humain, chez les super-héros pour commencer, chez les machines ou les être robotiques enfin, qu’on trouve des preuves d’humanité les plus touchantes (car imprévues a priori), alors que la majorité des gens réels qu’on nous montre partout font fait surtout la preuve de leur absence d’humanité. Moi-même, je ne me sens pas très abité par des sentiments humains. C’est le problème des images et des récits simplistes. Ca nous arrache à notre sensibilité humaine, à nos fragilités. Par exemple, avoir montrueusement faim en plein milieu de la journée après avoir mal géré le nutriscore de soi, c’est une fragilité. Je me méfie de l’huile de sésame quand bien même l’huile de sésame semble être dotée d’un pouvoir doux : rendre les choses fades bonnes, notamment couplée à la sauce soja. Là, c’était des crevettes et des poivrons avec des nouilles de riz, et il a fallu que je m’en remette aux radis pour survivre. Je ne me fais pas d’illusions sur mes (non) capacités à pouvoir regarder le match de ce soir. Je fais l’erreur de croire que parce que j’ai râté un match spectaculaire dimanche, celui de ce soir, contre la même équipe le sera tout autant. Toutes les probabilités montrent en réalité que ce quece sera un match ennuyeux. Je le regarde vaguement sur l’écran einké du BM3, ce qui est peu lisible. C’est saccadé. Parfois on perd de vue le ballon. Est-ce utile de distinguer le ballon dans le football business d’aujourd’hui ? Du moment que tu ne peerds pas de vue les sponsors, j’ai envie de dire, tout va bien. C’est amusant : à cause de la rémanence, très forte dans ce mode qui favorise la fluidité, sur les plans larges, on a la sensation que les déplacements de chaque joueur génère une trace grise qui les suit, comme si nous avions sous les yeux non pas vingt-deux millionaires en short (et un arbitre) mais vingt-deux escargots sécrétant leur trainée de bave (et un arbitre-limaçon lui-même arbitre-escargot ). Et, de toute évidence, ça va mieux. Je suis déormais capable de compter les chapitres de Chiasma qui me restent avant d’atteindre la fin d’un premier jet pour cette première partie. Moins de dix semble-t-il.

[5Je renvoie ici à Jérôme Orsoni non car j’estime qu’il écrit de la mauvaise poésie mais parce que cette expression-là, je la lui emprunte.

150120, version 11 (12 février 2020)

À la radio, quelqu’un dit : je ne lis que les morts. Pourquoi pas, après tout. Mais si on ne lit que les morts, et qu’on écrit aussi, la langue que l’on fait sortir de nous, est-elle une langue morte ? C’est une vraie question. Il n’y a pas de mépris, ou d’ironie, ou de jugement de ma part. Je m’interroge. Ce qui rend nos écritures contemporaines, puisque c’est le mot qu’il convient d’employer, cela vient de nos vies ou de ce qu’on lit d’autres vies que la nôtre, des vies actuelles, d’aujourd’hui ? L’autre jour je disais à E. : c’est normal d’écrire de la mauvaise poésie [6] quand on a 18 ans. Certains d’entre nous écrivent même de la mauvaise poésie à 33 ans. Et d’autres passent leur vie à écrire de la mauvaise poésie. Mais il suffit d’une fois. D’un rythme. D’un beat. D’une pulsation. On vit dans l’espoir de ça. Peut-on écrire de la poésie avec des mots comme ACAB ? Je cherche ce que veut dire ACAB. Ça n’a rien à voir avec le capitaine du même nom, encore que Achab puisse être considéré comme un bastard. Les gens d’Ulysses sont-ils des bâtards pour ne pas permettre l’export des projets qu’on écrit là-dedans en plusieurs sheets ? Dans ces applications d’écriture, on ne travaille pas sur un seul document par projet, on travaille sur des feuilles disjointes (sheets, donc), qui peuvent correspondre à une scène, ou un chapitre. Quand on veut les exporter (pour pouvoir les retravailler dans un vrai traitement de texte par exemple), on sélectionne toutes nos feuilles et ça en fait un fichier global. Un roman composé de chapitres devient alors un roman complet. Mais quand on veut exporter le tout, par exemple pour passer dans un autre outil d’écriture (Joplin), on ne peut pas garder la séparation en feuilles. On doit donc le faire feuille par feuille, ce qui est fastidieux et, de toute façon, il me faudra quoi qu’il arrive fastidier car je me rends compte en faisant mes tests que les tags et les mentions de type commentaires (entre %%) ne sont pas exportées. Misère à poil, aurait dit C., et j’ignore s’il faut ou non mettre un s à poil dans cette expression. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai toutes les peines du monde à remplir ma playlist 2020. Je crée une playlist par année dans Spotify, en plus d’une playlist dite instrumentale que j’écoute 80% du temps. La playlist annuelle, c’est plutôt pour la mobilité. Là, je plafonne à six chansons, 23 minutes de temps, et des trucs qui ne sont pas franchement actuels : telle reprise de The Man Who Sold the World que nous injecte la Secret Bowie Society depuis l’espace probablement, pendant que la Blackstar continue d’orbiter autour de nous dans l’ombre (ou le contraire), une autre de Because des Beatles par vérifier qui. En fait, une seule chose que je ne connaissais pas jusqu’à il y a quelques jours, mais quelle chose : Hana de vérifier encore. C’est très expérimental. C’est parlé. C’est le rythme de la parole et des mots. Sinon, rien. Quand ça chante, j’écoute pas. J’ai un problème avec le rock (le rock est mort depuis The Dark Side of The Moon dixit Benoît Vincent ), j’ai un problème avec la pop. J’allais écrire j’ai un problème avec la popo, mais je n’ai aucun problème avec la popo, sinon que ce courant musical du futur n’a pas encore été inventé. Ou peut-être est-ce cela que joue le sélecteur du lave-linge pendant plusieurs secondes ? Un espèce de rythme binaire froid. Justice nulle part, bip-bip de l’électroménager partout. C’est littéralement inhumain, comme son, et c’est sans doute ce qui me plait. Hier, je me disais que telle piste de Colleen ferait une bonne sonnerie de portable (car c’est à ça qu’est réduit la musique : à une forme de jingle). Une notification m’apprend qu’un grand magasin célèbre pour avoir été racheté par le Qatar fait sa rentrée. C’est ça, au fond, qui est inhumain. Et c’est ça qui me touche : c’est dans les récits d’aventure, chez les héros qui a priori n’ont rien d’humain, chez les super-héros pour commencer, chez les machines ou les être robotiques enfin, qu’on trouve des preuves d’humanité les plus touchantes (car imprévues a priori), alors que la majorité des gens réels qu’on nous montre partout fait surtout la preuve de leur absence d’humanité. C’est le problème des images et des récits simplistes. Ca nous arrache à notre sensibilité humaine, à nos fragilités. Par exemple, avoir montrueusement faim en plein milieu de la journée après avoir mal géré le nutriscore de soi, c’est une fragilité. Je me méfie de l’huile de sésame quand bien même l’huile de sésame semble être dotée d’un pouvoir doux : rendre les choses fades bonnes, notamment couplée à la sauce soja. Là, c’était des crevettes et des poivrons avec des nouilles de riz, et il a fallu que je m’en remette aux radis pour survivre. Je ne me fais pas d’illusions sur mes (non) capacités à pouvoir regarder le match de ce soir. Je fais l’erreur de croire que parce que j’ai râté un match spectaculaire dimanche, celui de ce soir, contre la même équipe le sera tout autant. Toutes les probabilités montrent en réalité quece sera un match ennuyeux. Je le regarde vaguement sur l’écran einké du BM3, ce qui est peu lisible. C’est saccadé. C’est amusant : à cause de la rémanence, très forte dans ce mode qui favorise la fluidité, sur les plans larges, on a la sensation que les déplacements de chaque joueur génère une trace grise qui les suit, comme si nous avions sous les yeux non pas vingt-deux millionaires en short (et un arbitre) mais vingt-deux escargots sécrétant leur trainée de bave (et un arbitre-escargot). Et, de toute évidence, ça va mieux. Je suis déormais capable de compter les chapitres de Chiasma qui me restent avant d’atteindre la fin d’un premier jet pour cette première partie. Moins de dix semble-t-il.

[6Je renvoie ici à Jérôme Orsoni non car j’estime qu’il écrit de la mauvaise poésie mais parce que cette expression-là, je la lui emprunte.

150120, version 10 (9 février 2020)

150120, version 9 (5 février 2020)

À la radio, quelqu’un dit : je ne lis que les morts. Pourquoi pas, après tout. Mais si on ne lit que les morts, et qu’on écrit aussi, la langue que l’on fait sortir de nous, est-elle une langue morte ? C’est une vraie question. Il n’y a pas de mépris, ou d’ironie, ou de jugement de ma part. Je m’interroge. Ce qui rend nos écritures contemporaines, puisque c’est le mot qu’il convient d’employer, cela vient de nos vies ou de ce qu’on lit d’autres vies que la nôtre, des vies actuelles, d’aujourd’hui ? L’autre jour je disais à E. : c’est normal d’écrire de la mauvaise poésie quand on a 18 ans. Certains d’entre nous écrivent même de la mauvaise poésie à 33 ans. Et d’autres passent leur vie à écrire de la mauvaise poésie. Mais il suffit d’une fois. D’un rythme. D’un beat. D’une pulsation. On vit dans l’espoir de ça. Peut-on écrire de la poésie avec des mots comme ACAB ? Je cherche ce que veut dire ACAB. Ça n’a rien à voir avec le capitaine du même nom, encore que Achab puisse être considéré comme un bastard. Les gens d’Ulysses sont-ils des bâtards pour ne pas permettre l’export des projets qu’on écrit là-dedans en plusieurs sheets ? Dans ces applications d’écriture, on ne travaille pas sur un seul document par projet, on travaille sur des feuilles disjointes (sheets, donc), qui peuvent correspondre à une scène, ou un chapitre. Quand on veut les exporter (pour pouvoir les retravailler dans un vrai traitement de texte par exemple), on sélectionne toutes nos feuilles et ça en fait un fichier global. Un roman composé de chapitres devient alors un roman complet. Mais quand on veut exporter le tout, par exemple pour passer dans sur un autre outil d’écriture (Joplin), on ne peut pas garder la séparation en feuilles. On doit donc le faire feuille par feuille, ce qui est fastidieux et, de toute façon, il me faudra quoi qu’il arrive fastidier car je me rends compte en faisant mes tests que les tags et les mentions de type commentaires (entre %%) ne sont pas exportées. Misère à poil, aurait dit C., et j’ignore s’il faut ou non mettre un s à poil dans cette expression. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai toutes les peines du monde à remplir ma playlist 2020. Je crée une playlist par année dans Spotify, en plus d’une playlist dite instrumentale que j’écoute 80% du temps. La playlist annuelle, c’est plutôt pour la mobilité. Là, je plafonne à six chansons, 23 minutes de temps, et des trucs qui ne sont pas franchement actuels : telle reprise de The Man Who Sold the World que nous injecte la Secret Bowie Society depuis l’espace probablement, pendant que la Blackstar continue d’orbiter autour de nous dans l’ombre (ou le contraire), une autre de Because des Beatles par vérifier qui. En fait, une seule chose que je ne connaissais pas jusqu’à il y a quelques jours, mais quelle chose : Hana de vérifier encore. C’est très expérimental. C’est parlé. C’est le rythme de la parole et des mots. Sinon, rien. Quand ça chante, j’écoute je n’écoute pas. J’ai un problème avec le rock (le rock est mort depuis The Dark Side of The Moon dixit Benoît longtemps ), j’ai un problème avec la pop. J’allais écrire j’ai un problème avec la popo, mais je n’ai aucun problème avec la popo, sinon que ce courant musical du futur n’a pas encore été inventé. Ou peut-être est-ce cela que joue le sélecteur du lave-linge pendant plusieurs secondes ? Un espèce de rythme binaire froid. Justice nulle part, bip-bip de l’électroménager partout. C’est littéralement inhumain, comme son, et c’est sans doute ce qui me plait. Hier, je me disais que telle piste de Colleen ferait une bonne sonnerie de portable (car c’est à ça qu’est réduit la musique : à une forme de jingle). Une notification m’apprend qu’un grand magasin célèbre pour avoir été racheté par le Qatar fait sa rentrée. C’est ça, au fond, qui est inhumain. Et c’est ça qui me touche : c’est dans les récits d’aventure, chez les héros qui a priori n’ont rien d’humain, chez les super-héros pour commencer, chez les machines ou les être robotiques enfin, qu’on trouve des preuves d’humanité les plus touchantes (car imprévues a priori), alors que la majorité des gens réels qu’on nous montre partout fait surtout la preuve de leur absence d’humanité. C’est le problème des images et des récits simplistes. Ca nous arrache à notre sensibilité humaine, à nos fragilités. Par exemple, avoir montrueusement faim en plein milieu de la journée après avoir mal géré le nutriscore de soi, c’est une fragilité. Je me méfie de l’huile de sésame quand bien même l’huile de sésame semble être dotée d’un pouvoir doux : rendre les choses fades bonnes, notamment couplée à la sauce soja. Là, c’était des crevettes et des poivrons avec des nouilles de riz, et il a fallu que je m’en remette aux radis pour survivre. Je ne me fais pas d’illusions sur mes (non) capacités à pouvoir regarder le match de ce soir. Je fais l’erreur de croire que parce que j’ai râté un match spectaculaire dimanche, celui de ce soir, contre la même équipe le sera tout autant. Toutes les probabilités montrent en réalité quece sera un match ennuyeux. Je le regarde vaguement sur l’écran einké du BM3, ce qui est peu lisible. C’est saccadé. C’est amusant : à cause de la rémanence, très forte dans ce mode qui favorise la fluidité, sur les plans larges, on a la sensation que les déplacements de chaque joueur génère une trace grise qui les suit, comme si nous avions sous les yeux non pas vingt-deux millionaires en short (et un arbitre) mais vingt-deux escargots sécrétant leur trainée de bave (et un arbitre-escargot). Et, de toute évidence, ça va mieux. Je suis déormais capable de compter les chapitres de Chiasma qui me restent avant d’atteindre la fin d’un premier jet pour cette première partie. Moins de dix semble-t-il.

150120, version 8 (15 janvier 2020)

À la radio, quelqu’un dit : je ne lis que les morts. Pourquoi pas, après tout. Mais si on ne lit que les morts, et qu’on écrit aussi, la langue que l’on fait sortir de nous, est-elle une langue morte ? C’est une vraie question. Il n’y a pas de mépris, ou d’ironie, ou de jugement de ma part. Je m’interroge. Ce qui rend nos écritures contemporaines, puisque c’est le mot qu’il convient d’employer, cela vient de nos vies ou de ce qu’on lit d’autres vies que la nôtre, des vies actuelles, d’aujourd’hui ? L’autre jour je disais à E. : c’est normal d’écrire de la mauvaise poésie quand on a 18 ans. Certains d’entre nous écrivent même de la mauvaise poésie à 33 ans. Et d’autres passent leur vie à écrire de la mauvaise poésie. Mais il suffit d’une fois. D’un rythme. D’un beat. D’une pulsation. On vit dans l’espoir de ça. Peut-on écrire de la poésie avec des mots comme ACAB ? Je cherche ce que veut dire ACAB. Ça n’a rien à voir avec le capitaine du même nom, encore que Achab puisse être considéré comme un bastard. Les gens d’Ulysses sont-ils des bâtards pour ne pas permettre l’export des projets qu’on écrit là-dedans en plusieurs sheets ? Dans ces applications d’écriture, on ne travaille pas sur un seul document par projet, on travaille sur des feuilles disjointes (sheets, donc), qui peuvent correspondre à une scène, ou un chapitre. Quand on veut les exporter (pour pouvoir les retravailler dans un vrai traitement de texte par exemple), on sélectionne toutes nos feuilles et ça en fait un fichier global. Un roman composé de chapitres devient alors un roman complet. Mais quand on veut exporter le tout, par exemple pour passer sur un autre outil d’écriture (Joplin), on ne peut pas garder la séparation en feuilles. On doit donc le faire feuille par feuille, ce qui est fastidieux et, de toute façon, il me faudra quoi qu’il arrive fastidier car je me rends compte en faisant mes tests que les tags et les mentions de type commentaires (entre %%) ne sont pas exportées. Misère à poil, aurait dit C., et j’ignore s’il faut ou non mettre un s à poil dans cette expression. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai toutes les peines du monde à remplir ma playlist 2020. Je crée une playlist par année dans Spotify, en plus d’une playlist dite instrumentale que j’écoute 80% du temps. La playlist annuelle, c’est plutôt pour la mobilité. Là, je plafonne à six chansons, 23 minutes de temps, et des trucs qui ne sont pas franchement actuels : telle reprise de The Man Who Sold the World que nous injecte la Secret Bowie Society depuis l’espace probablement, pendant que la Blackstar continue d’orbiter autour de nous dans l’ombre (ou le contraire), une autre de Because des Beatles par vérifier qui. En fait, une seule chose que je ne connaissais pas jusqu’à il y a quelques jours, mais quelle chose : Hana de vérifier encore. C’est très expérimental. C’est parlé. C’est le rythme de la parole et des mots. Sinon, rien. Quand ça chante, je n’écoute pas. J’ai un problème avec le rock (le rock est mort depuis longtemps), j’ai un problème avec la pop. J’allais écrire j’ai un problème avec la popo, mais je n’ai aucun problème avec la popo, sinon que ce courant musical du futur n’a pas encore été inventé. Ou peut-être est-ce cela que joue le sélecteur du lave-linge pendant plusieurs secondes ? Un espèce de rythme binaire froid. Justice nulle part, bip-bip de l’électroménager partout. C’est littéralement inhumain, comme son, et c’est sans doute ce qui me plait. Hier, je me disais que telle piste de Colleen ferait une bonne sonnerie de portable (car c’est à ça qu’est réduit la musique : à une forme de jingle). Une notification m’apprend qu’un grand magasin célèbre pour avoir été racheté par le Qatar fait sa rentrée. C’est ça, au fond, qui est inhumain. Et c’est ça qui me touche : c’est dans les récits d’aventure, chez les héros qui a priori n’ont rien d’humain, chez les super-héros pour commencer, chez les machines ou les être robotiques enfin, qu’on trouve des preuves d’humanité les plus touchantes (car imprévues a priori), alors que la majorité des gens réels qu’on nous montre partout fait surtout la preuve de leur absence d’humanité. C’est le problème des images et des récits simplistes. Ca nous arrache à notre sensibilité humaine, à nos fragilités. Par exemple, avoir montrueusement faim en plein milieu de la journée après avoir mal géré le nutriscore de soi, c’est une fragilité. Je me méfie de l’huile de sésame quand bien même l’huile de sésame semble être dotée d’un pouvoir doux : rendre les choses fades bonnes, notamment couplée à la sauce soja. Là, c’était des crevettes et des poivrons avec des nouilles de riz, et il a fallu que je m’en remette aux radis pour survivre. Je ne me fais pas d’illusions sur mes (non) capacités à pouvoir regarder le match de ce soir. Je fais l’erreur de croire que parce que j’ai râté un match spectaculaire dimanche, celui de ce soir, contre la même équipe le sera tout autant. Toutes les probabilités montrent en réalité quece sera un match ennuyeux. Je le regarde vaguement sur l’écran einké du BM3, ce qui est peu lisible. C’est saccadé. C’est amusant : à cause de la rémanence, très forte dans ce mode qui favorise la fluidité, sur les plans larges, on a la sensation que les déplacements de chaque joueur génère une trace grise qui les suit, comme si nous avions sous les yeux non pas vingt-deux millionaires en short (et un arbitre) mais vingt-deux escargots sécrétant leur trainée de bave (et un arbitre-escargot). Et, de toute évidence, ça va mieux. Je suis déormais capable de compter les chapitres de Chiasma qui me restent avant d’atteindre la fin d’un premier jet pour cette première partie. Moins de dix semble-t-il.

150120, version 7 (15 janvier 2020)

À la radio, quelqu’un dit : je ne lis que les morts. Pourquoi pas, après tout. Mais si on ne lit que les morts, et qu’on écrit aussi, la langue que l’on fait sortir de nous, est-elle une langue morte ? C’est une vraie question. Il n’y a pas de mépris, ou d’ironie, ou de jugement de ma part. Je m’interroge. Ce qui rend nos écritures contemporaines, puisque c’est le mot qu’il convient d’employer, cela vient de nos vies ou de ce qu’on lit d’autres vies que la nôtre, des vies actuelles, d’aujourd’hui ? L’autre jour je disais à E. : c’est normal d’écrire de la [mauvaise poésie->https://cahiersfantomes mauvaise poésie quand on a 18 ans .com/2018/12/28/28-12-18/] quand on a 18 ans. Certains d’entre nous écrivent même de la mauvaise poésie à 33 ans. Et d’autres passent leur vie à écrire de la mauvaise poésie. Mais il suffit d’une fois. D’un rythme. D’un beat. D’une pulsation. On vit dans l’espoir de ça. Peut-on écrire de la poésie avec des mots comme ACAB ? Je cherche ce que veut dire ACAB. Ça n’a rien à voir avec le capitaine du même nom, encore que Achab puisse être considéré comme un bastard. Les gens d’Ulysses sont-ils des bâtards pour ne pas permettre l’export des projets qu’on écrit là-dedans en plusieurs sheets ? Dans ces applications d’écriture, on ne travaille pas sur un seul document par projet, on travaille sur des feuilles disjointes (sheets, donc), qui peuvent correspondre à une scène, ou un chapitre. Quand on veut les exporter (pour pouvoir les retravailler dans un vrai traitement de texte par exemple), on sélectionne toutes nos feuilles et ça en fait un fichier global. Un roman composé de chapitres devient alors un roman complet. Mais quand on veut exporter le tout, par exemple pour passer sur un autre outil d’écriture (Joplin), on ne peut pas garder la séparation en feuilles. On doit donc le faire feuille par feuille, ce qui est fastidieux et, de toute façon, il me faudra quoi qu’il arrive fastidier car je me rends compte en faisant mes tests que les tags et les mentions de type commentaires (entre %%) ne sont pas exportées. Misère à poil, aurait dit C., et j’ignore s’il faut ou non mettre un s à poil dans cette expression. Ce que je sais en revanche, c’est que j’ai toutes les peines du monde à remplir ma playlist 2020. Je crée une playlist par année dans Spotify, en plus d’une playlist dite instrumentale que j’écoute 80% du temps. La playlist annuelle, c’est plutôt pour la mobilité. Là, je plafonne à six chansons, 23 minutes de temps, et des trucs qui ne sont pas franchement actuels : telle reprise de The Man Who Sold the World que nous injecte la Secret Bowie Society depuis l’espace probablement, pendant que la Blackstar continue d’orbiter autour de nous dans l’ombre (ou le contraire), une autre de Because des Beatles par vérifier qui. En fait, une seule chose que je ne connaissais pas jusqu’à il y a quelques jours, mais quelle chose : Hana de vérifier encore. C’est très expérimental. C’est parlé. C’est le rythme de la parole et des mots. Sinon, rien. Quand ça chante, je n’écoute pas. J’ai un problème avec le rock (le rock est mort depuis longtemps), j’ai un problème avec la pop. J’allais écrire j’ai un problème avec la popo, mais je n’ai aucun problème avec la popo, sinon que ce courant musical du futur n’a pas encore été inventé. Ou peut-être est-ce cela que joue le sélecteur du lave-linge pendant plusieurs secondes ? Un espèce de rythme binaire froid. Justice nulle part, bip-bip de l’électroménager partout. C’est littéralement inhumain, comme son, et c’est sans doute ce qui me plait. Hier, je me disais que telle piste de Colleen ferait une bonne sonnerie de portable (car c’est à ça qu’est réduit la musique : à une forme de jingle). Une notification m’apprend qu’un grand magasin célèbre pour avoir été racheté par le Qatar fait sa rentrée. C’est ça, au fond, qui est inhumain. Et c’est ça qui me touche : c’est dans les récits d’aventure, chez les héros qui a priori n’ont rien d’humain, chez les super-héros pour commencer, chez les machines ou les être robotiques enfin, qu’on trouve des preuves d’humanité les plus touchantes (car imprévues a priori), alors que la majorité des gens réels qu’on nous montre partout fait surtout la preuve de leur absence d’humanité. C’est le problème des images et des récits simplistes. Ca nous arrache à notre sensibilité humaine, à nos fragilités. Par exemple, avoir montrueusement faim en plein milieu de la journée après avoir mal géré le nutriscore de soi, c’est une fragilité. Je me méfie de l’huile de sésame quand bien même l’huile de sésame semble être dotée d’un pouvoir doux : rendre les choses fades bonnes, notamment couplée à la sauce soja. Là, c’était des crevettes et des poivrons avec des nouilles de riz, et il a fallu que je m’en remette aux radis pour survivre.

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