Je me retrouve à dire ou penser des trucs comme ce sont des têtes universelles ou c’est sans doute un genre de namasté du CAC. Surtout, je vais sur Facebook. Je ne vais plus désormais sur Facebook que pour promouvoir des articles pour publie : j’y vais, je poste, j’en sors comme si c’était une zone radioactive (c’est). Là, je tombe, sur la homepage et dans ma timeline, tout en haut, que d’ordinaire je ne regarde pas mais que là oui, sur une publication d’Éric Emmanuel-Schmidt (ou l’un de ces sbires qu gérerait sa page) avec une citation de lui-même entre guillemets, le titre de son livre dont la phrase est tirée, son nom, une photo standardisée piquée dans une banque d’images et non sourcée. Il est évident que je ne suis pas ami avec Éric-Emmanuel Schmidt, pas plus que je ne suis abonné à son fil. Ce n’est pas non plus considéré comme de la publicité. Sa publication a plus de 1K (sic) de likes en tous genres, 25 commentaires, 150 partages. C’est, évidemment, une citation inepte. Que fait-elle dans mon flux et comment ne pas considérer ce flux comme toxique ? Bien sûr, je ne m’y retrouve pas. Non, je me retrouve parfaitement dans des sites que je visite quotidiennement (ils ne sont pas si nombreux) et où je vais m’abreuver. Bien que de natures différentes, les textes que j’y lis font état d’un même rapport à la fois réconforté et inconfortable à l’écriture, à la lecture, à la traduction, au langage, au monde. Il y a quelque chose de pas net là-dedans et tout à fait tordu pour qui est vivant dans un art qui est mort, et difficilement ressuscitable. Faut-il jeter l’éponge avec l’eau du bain ? Non, car il suffit d’une fois pour faire passer le signal électrique dans la chair et que tout se remette à bouger : Pétrole, ce serait ça pour moi ? Injecter du Pétrole dans Biopic ? En faire un roman inachevé, mais fictivement inachevé ? Mais dans ce cas, et mon ambition de base d’en faire un roman normé (Pasolini, lui, dit, austèrement normal) ? J’ai tellement travaillé à l’harmonie du plan que tout est trop rond, artificiel. Pourquoi vouloir user des codes éculés du roman fabriqué pour ne pas le détruire ? En l’état, Biopic ne détruit rien du tout ni ne dissone. C’est sans doute le problème. Si je le fais dissoner trop, je le rendrais anormal, ce qui serait sans doute le meilleur service qu’on pourrait rendre à un livre, mais alors je rate mon projet. Au fond j’en viens à me demander si la forme idéale du roman dans mon esprit n’est pas celui d’un bot sur Twitter : qui injecte ses phrases dans le réseau chaque jour à heures fixes, et recommençant interminablement, de manière à laisser les lecteurs l’apercevoir aléatoirement sans jamais réellement y avoir prise. Ainsi serait-il toujours à la fois actuel et inactuel. On le lirait et on ne pourrait pas le lire. Le roman comme train en marche, le roman comme Transperceneige. Ce serait bien. La dernière phrase d’Environs et mesures semble aller dans ce sens : Difficile de savoir, tandis que les banquises s’affinent, si le passage du Nord-Ouest deviendra un lieu par où l’on pourra s’échapper, ou bien l’endroit où tout finira par fuir.

GV
jeudi 3 juin 2021 - lundi 7 juin 2021


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8 révisions

030521, version 9 (3 juin 2021)

Pierre Senges, Pier Paolo Pasolini, Biopic, Gundam
Je me retrouve à dire ou penser des trucs comme ce sont des têtes universelles ou c’est sans doute un genre de de namasté du CAC. Surtout, je vais sur Facebook. Je ne vais plus désormais sur Facebook que pour promouvoir des articles pour [publie->https://www . publie  : j’y vais , je poste , j’en sors comme si c’était une zone radioactive ( c’est ). publie.net]  : j’y vais, je poste, j’en sors comme si c’était une zone radioactive (c’est). Là, je tombe, sur la homepage et dans ma timeline, tout en haut, que d’ordinaire je ne regarde pas mais que là oui, sur une publication d’Éric Emmanuel-Schmidt (ou l’un de ces sbires qu gérerait sa page) avec une citation de lui-même entre guillemets, le titre de son livre dont la phrase est tirée, son nom, une photo standardisée piquée dans une banque d’images et non sourcée sans source . Il est évident que je ne suis pas ami avec Éric-Emmanuel Schmidt, pas plus que je ne suis abonné à son fil. Ce n’est pas non plus considéré comme de la publicité. Sa publication a plus de 1K (sic) de likes en tous genres, 25 commentaires, 150 partages. C’est, évidemment, une citation inepte. Que fait-elle dans mon flux et comment ne pas considérer ce flux comme toxique ? Bien sûr, je ne m’y retrouve pas. Non, je me retrouve parfaitement dans des sites que je visite quotidiennement (ils ne sont pas si nombreux) et je vais m’abreuver . ). Bien que de natures différentes, les textes que j’y lis font état d’un même rapport à la fois réconforté et inconfortable à l’écriture, à la lecture, à la traduction, au langage, au monde. Il y a quelque chose de pas net là-dedans et tout à fait tordu pour qui est vivant dans un art qui est mort, et difficilement ressuscitable. Faut-il jeter l’éponge avec l’eau du bainpour autant ? Non, car il suffit d’une fois pour faire passer le signal électrique dans la chair et que tout se remette à bouger : Pétrole , ce serait Pétrole ( me ) fait ça pour moi  ? . Injecter du Pétrole dans Biopic ? En faire un roman inachevé, mais fictivement inachevé ? . Mais dans ce cas, et mon ambition de base d’en faire un roman normé (Pasolini, lui, dit, austèrement normal) ? J’ai tellement travaillé à l’harmonie du plan que tout est trop rond, artificiel. Je repense aux Furtifs : une maîtrise parfaite des canons du genre, un truc vraiment léché, mais tellement harmonieux donc qu’il ne dynamite pas le carcan dans lequel il s’insère. Pourquoi vouloir user des codes éculés du roman fabriqué pour ne pas le détruire ? En l’état, Biopic ne détruit rien du tout ni ne dissone. C’est sans doute le problème. Si je le fais dissoner trop, je le rendrais anormal, ce qui serait sans doute le meilleur service qu’on pourrait rendre à un livre, mais alors je rate mon projet. Au fond j’en viens à me demander si la forme idéale du roman dans mon esprit n’est pas celui d’un bot sur Twitter : qui injecte ses phrases dans le réseau chaque jour à heures fixes, et recommençant interminablement, de manière à laisser les lecteurs l’apercevoir aléatoirement sans jamais réellement y avoir prise. Ainsi serait-il toujours à la fois actuel et inactuel. On le lirait et on ne pourrait pas le lire. Le roman comme train en marche, le roman comme Transperceneige. Ce serait bien. La dernière phrase d’Environs et mesures semble aller dans ce sens abonder : Difficile de savoir, tandis que les banquises s’affinent, si le passage du Nord-Ouest deviendra un lieu par où l’on pourra s’échapper, ou bien l’endroit où tout finira par fuir.
Image tirée de Turn A Gundam

030521, version 8 (3 juin 2021)

Je me retrouve à dire ou penser des trucs comme ce sont des têtes universelles ou c’est sans doute un genre de namasté du CAC. Surtout, je vais sur Facebook. Je ne vais plus désormais sur Facebook que pour promouvoir des articles pour publie : j’y vais, je poste, j’en sors comme si c’était une zone radioactive (c’est). ),. Là, je tombe, sur la homepage et dans ma timeline, tout en haut, que d’ordinaire je ne regarde pas mais que là oui, sur une publication d’Éric Emmanuel-Schmidt (ou l’un de ces sbires qu gérerait sa page) avec une citation de lui-même entre guillemets, le titre de son livre dont la phrase est tirée, son nom, une photo standardisée piquée dans une banque d’images et sans source. Il est évident que je ne suis pas ami avec Éric-Emmanuel Eric-Emmanuel Schmidt, pas plus que je ne suis abonné à son fil. Ce n’est pas non plus considéré comme de la publicité. Sa publication a plus de 1K (sic) de likes en tous genres, 25 commentaires, 150 partages. C’est, évidemment, une citation inepte. Que fait-elle dans mon flux et comment ne pas considérer ce flux comme toxique ? Bien sûr, je ne m’y retrouve pas. Non, je me retrouve parfaitement dans des sites que je visite quotidiennement (ils ne sont pas si nombreux). ), particulièrement les Relevés de Quentin et les Cahiers fantômes de Jérôme . Bien que de natures différentes, les textes que j’y lis trouve font état d’un même rapport à la fois réconforté et inconfortable à l’écriture, à la lecture, à la traduction, au langage, au monde. Il y a quelque chose de pas net là-dedans et tout à fait tordu pour qui est vivant dans un art qui est mort, et difficilement ressuscitable resuscitable . Faut-il jeter l’éponge avec l’eau du bain pour autant ? Non, car il suffit d’une fois pour faire passer le signal électrique dans la chair le cadavre et que tout se remette à bouger : ces jours-ci , pour moi , la lecture de Pétrole ( me ) fait ça cela . Injecter du Pétrole dans Biopic ? En Je me dis que je devrais injecter du Pétrole dans Biopic  : en faire un roman inachevépar exemple , mais fictivement inachevé. Une mise en scène d’incomplétude. Mais dans ce cas, et mon ambition de base d’en faire un roman normé (Pasolini, lui, dit, austèrement normal) ? J’ai tellement travaillé à l’harmonie du plan que tout est trop rond, artificiel. Je repense aux Furtifs : une maîtrise parfaite des canons du genre, un truc vraiment léché, mais tellement harmonieux donc qu’il ne dynamite pas le carcan dans lequel il s’insère. Pourquoi vouloir user des codes éculés du roman fabriqué pour ne pas le détruire ? En l’état, Biopic ne détruit rien du tout ni ne dissone. C’est sans doute le problème. Si je le fais dissoner trop, je le rendrais anormal, ce qui serait sans doute le meilleur service qu’on pourrait rendre à un livre, mais alors je rate mon projet.C’est peut-être, là encore, le meilleur service à lui rendre. Au Et au fond j’en viens à me demander si la forme idéale du roman dans mon esprit n’est pas celui d’un bot sur Twitter : qui injecte ses phrases dans le réseau chaque jour à heures fixes, et recommençant interminablement, de manière à laisser les lecteurs l’apercevoir aléatoirement sans jamais réellement y avoir prise. Ainsi serait-il toujours à la fois actuel et inactuel. On le lirait et on ne pourrait pas le lire. Le roman comme train en marche, le roman comme Transperceneige. Ce serait bien. La dernière phrase d’Environs et mesures semble abonder : Difficile de savoir, tandis que les banquises s’affinent, si le passage du Nord-Ouest deviendra un lieu par où l’on pourra s’échapper, ou bien l’endroit où tout finira par fuir.
Biopic, Gundam

030521, version 7 (28 mai 2021)

Je me retrouve à dire ou penser des trucs comme ce sont des têtes universelles ou c’est sans doute un genre de namasté du CAC. Surtout, je vais sur Facebook. Je ne vais plus désormais sur Facebook que pour promouvoir des articles pour publie : j’y vais, je poste, j’en sors comme si c’était une zone radioactive (c’est),. Là, je tombe sur la homepage et dans ma timeline, tout en haut, que d’ordinaire je ne regarde pas mais que là oui, une publication d’Éric Emmanuel-Schmidt (ou l’un de ces sbires qu gérerait sa page) avec une citation de lui-même entre guillemets, le titre de son livre dont la phrase est tirée, son nom, une photo standardisée piquée dans une banque d’images et sans source. Il est évident que je ne suis pas ami avec Eric-Emmanuel Schmidt, pas plus que je ne suis abonné à son fil. Ce n’est pas non plus considéré comme de la publicité. Sa publication a plus de 1K (sic) de likes en tous genres, 25 commentaires, 150 partages. C’est, évidemment, une citation inepte. Que fait-elle dans mon flux et comment ne pas considérer ce flux comme toxique ? Bien sûr, je ne m’y retrouve pas. Non, je me retrouve parfaitement dans des sites que je visite quotidiennement (ils ne sont pas si nombreux), particulièrement les Relevés de Quentin et les Cahiers fantômes de Jérôme. Bien que de natures différentes, les textes que j’y trouve font état d’un même rapport à la fois réconforté et inconfortable à l’écriture, à la lecture, à la traduction, au langage, au monde. Il y a quelque chose de pas net là-dedans et tout à fait tordu pour qui est vivant dans un art qui est mort, et difficilement resuscitable. Faut-il jeter l’éponge avec l’eau du bain pour autant ? Non, car il suffit d’une fois pour faire passer le signal électrique dans le cadavre et que tout se remette à bouger : ces jours-ci, pour moi, la lecture de Pétrole fait cela. Je me dis que je devrais injecter du Pétrole dans Biopic : en faire un roman inachevé par exemple, mais fictivement inachevé. Une mise en scène d’incomplétude. Mais dans ce cas, et quid de mon ambition de base d’en faire un roman normé (Pasolini, lui, dit, austèrement normal) ? J’ai tellement travaillé à l’harmonie du plan que tout est trop rond, artificiel. Je repense aux Furtifs : une maîtrise parfaite des canons du genre, un truc vraiment léché, mais tellement harmonieux donc qu’il ne dynamite pas le carcan dans lequel il s’insère. Pourquoi vouloir user des codes éculés du roman fabriqué pour ne pas le détruire ? En l’état, Biopic ne détruit rien du tout ni et il ne dissone. C’est sans doute le problème. Si je le fais dissoner trop, je le rendrais anormal, ce qui serait sans doute le meilleur service qu’on pourrait rendre à un livre, mais alors je rate mon projet. C’est peut-être, là encore, le meilleur service à lui rendre. Et au fond j’en viens à me demander si la forme idéale du roman dans mon esprit n’est pas celui d’un bot sur Twitter : qui injecte ses phrases dans le réseau chaque jour à heures fixes, et recommençant interminablement, de manière à laisser les lecteurs l’apercevoir aléatoirement sans jamais réellement y avoir prise. Ainsi serait-il toujours à la fois actuel et inactuel. On le lirait et on ne pourrait pas le lire. Le roman comme train en marche, le roman comme Transperceneige. Ce serait bien. La dernière phrase d’Environs et mesures semble abonder : Difficile de savoir, tandis que les banquises s’affinent, si le passage du Nord-Ouest deviendra un lieu par où l’on pourra s’échapper, ou bien l’endroit où tout finira par fuir.

030521, version 6 (21 mai 2021)

Je me retrouve à dire ou penser des trucs comme ce sont des têtes universelles ou c’est sans doute un genre de namasté du CAC. Surtout, je vais sur Facebook. Je ne vais plus désormais sur Facebook que pour promouvoir des articles pour publie : j’y vais, je poste, j’en sors comme si c’était une zone radioactive ( c’est ),. . Là, je tombe sur la homepage et dans ma timeline, tout en haut, que d’ordinaire je ne regarde pas mais que là oui, une publication d’Éric Emmanuel-Schmidt (ou l’un de ces sbires qu gérerait sa page) avec une citation de lui-même entre guillemets, le titre de son livre dont la phrase est tirée, son nom, une photo standardisée piquée dans une banque d’images et sans source. Il est évident que je ne suis pas ami avec Eric-Emmanuel Schmidt, pas plus que je ne suis abonné à son fil. Ce n’est pas non plus considéré comme de la publicité. Sa publication a plus de 1K (sic) de likes en tous genres, 25 commentaires, 150 partages. C’est, évidemment, une citation inepte. Que fait-elle dans mon flux et comment ne pas considérer ce flux comme toxique ? Bien sûr, je ne m’y retrouve pas. Non, je me retrouve parfaitement dans des sites que je visite quotidiennement (ils ne sont pas si nombreux), particulièrement les Relevés de Quentin et les Cahiers fantômes de Jérôme. Bien que de natures différentes, les textes que j’y trouve font état d’un même rapport à la fois réconforté et inconfortable à l’écriture, à la lecture, à la traduction, au langage, au monde. Il y a quelque chose de pas net là-dedans et tout à fait tordu pour qui est vivant dans un art qui est mort, et difficilement resuscitable. Faut-il jeter l’éponge pour autant ? Non, car il suffit d’une fois pour faire passer le signal électrique dans le cadavre et que tout se remette à bouger : ces jours-ci, pour moi, la lecture de Pétrole fait cela. Je me dis que je devrais injecter du Pétrole dans Biopic : en faire un roman inachevé par exemple, mais fictivement inachevé. Une mise en scène d’incomplétude. Mais dans ce cas, quid de mon ambition de base d’en faire un roman normé (Pasolini, lui, dit, austèrement normal) ? J’ai tellement travaillé à l’harmonie du plan que tout est trop rond, artificiel. Je repense aux Furtifs : une maîtrise parfaite des canons du genre, un truc vraiment léché, mais tellement harmonieux donc qu’il ne dynamite pas le carcan dans lequel il s’insère. Pourquoi vouloir user des codes éculés du roman fabriqué pour ne pas le détruire ? En l’état, Biopic ne détruit rien du tout et il ne dissone. C’est sans doute le problème. Si je le fais dissoner trop, je le rendrais anormal, ce qui serait sans doute le meilleur service qu’on pourrait rendre à un livre, mais alors je rate mon projet. C’est peut-être, là encore, le meilleur service à lui rendre. Et au fond j’en viens à me demander si la forme idéale du roman dans mon esprit n’est pas celui d’un bot sur Twitter : qui injecte ses phrases dans le réseau chaque jour à heures fixes, et recommençant interminablement, de manière à laisser les lecteurs l’apercevoir aléatoirement sans jamais réellement y avoir prise. Ainsi serait-il toujours à la fois actuel et inactuel. On le lirait et on ne pourrait pas le lire. Le roman comme train en marche, le roman comme Transperceneige. Ce serait bien. La dernière phrase d’Environs et mesures semble abonder : Difficile de savoir, tandis que les banquises s’affinent, si le passage du Nord-Ouest deviendra un lieu par où l’on pourra s’échapper, ou bien l’endroit où tout finira par fuir.

030521, version 5 (3 mai 2021)

Je me retrouve à dire ou penser des trucs comme ce sont des têtes universelles ou c’est sans doute un genre de namasté du CAC. Surtout, je vais sur Facebook. Je ne vais plus désormais sur Facebook que pour promouvoir des articles pour publie : j’y vais, je poste, j’en sors comme si c’était une zone radioactive. Là, je tombe sur la homepage et dans ma timeline, tout en haut, que d’ordinaire je ne regarde pas mais que là oui, une publication d’Éric Emmanuel-Schmidt (ou l’un de ces sbires qu gérerait sa page) avec une citation de lui-même entre guillemets, le titre de son livre dont la phrase est tirée, son nom, une photo standardisée piquée dans une banque d’images et sans source. Il est évident que je ne suis pas ami avec Eric-Emmanuel Schmidt, pas plus que je ne suis abonné à son fil. Ce n’est pas non plus considéré comme de la publicité. Sa publication a plus de 1K (sic) de likes en tous genres, 25 commentaires, 150 partages. C’est, évidemment, une citation inepte. Que fait-elle dans mon flux et comment ne pas considérer ce flux comme toxique ? Bien sûr, je ne m’y retrouve pas. Non, je me retrouve parfaitement dans des sites que je visite quotidiennement (ils ne sont pas si nombreux), particulièrement les Relevés de Quentin et les Cahiers fantômes de Jérôme. Bien que de natures différentes, les textes que j’y trouve font état d’un même rapport à la fois réconforté et inconfortable à l’écriture, à la lecture, à la traduction, au langage, au monde. Il y a quelque chose de pas net là-dedans et tout à fait tordu pour qui est vivant dans un art qui est mort, et difficilement resuscitable. Faut-il jeter l’éponge pour autant ? Non, car il suffit d’une fois pour faire passer le signal électrique dans le cadavre et que tout se remette à bouger : ces jours-ci, pour moi, la lecture de Pétrole fait cela. Je me dis que je devrais injecter du Pétrole dans Biopic : en faire un roman inachevé par exemple, mais fictivement inachevé. Une mise en scène d’incomplétude. Mais dans ce cas, quid de mon ambition de base d’en faire un roman normé ( Pasolini , lui , dit , austèrement normal )  ? J’ai tellement travaillé à l’harmonie du plan que tout est trop rond, artificiel. Je repense aux Furtifs : une maîtrise parfaite des canons du genre, un truc vraiment léché, mais tellement harmonieux donc qu’il ne dynamite pas le carcan dans lequel il s’insère. Pourquoi vouloir user des codes éculés du roman fabriqué pour ne pas le détruire ? En l’état, Biopic ne détruit rien du tout et il ne dissone. C’est sans doute le problème. Si je le fais dissoner trop, je le rendrais anormal, ce qui serait sans doute le meilleur service qu’on pourrait rendre à un livre, mais alors je rate mon projet. C’est peut-être, là encore, le meilleur service à lui rendre. Et au fond j’en viens à me demander si la forme idéale du roman dans mon esprit n’est pas celui d’un bot sur Twitter : qui injecte ses phrases dans le réseau chaque jour à heures fixes, et recommençant interminablement, de manière à laisser les lecteurs l’apercevoir aléatoirement sans jamais réellement y avoir prise. Ainsi serait-il toujours à la fois actuel et inactuel. On le lirait et on ne pourrait pas le lire. Le roman comme train en marche, le roman comme Transperceneige. Ce serait bien. La dernière phrase d’Environs et mesures semble abonder : Difficile de savoir, tandis que les banquises s’affinent, si le passage du Nord-Ouest deviendra un lieu par où l’on pourra s’échapper, ou bien l’endroit où tout finira par fuir.

030521, version 4 (3 mai 2021)

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Je me retrouve à dire ou penser des trucs comme ce sont des têtes universelles ou c’est sans doute un genre de namasté du CAC. Surtout, je vais sur Facebook. Je ne vais plus désormais sur Facebook que pour promouvoir des articles pour publie : j’y vais, je poste, j’en sors comme si c’était une zone radioactive. Là, je tombe sur la homepage et dans ma timeline, tout en haut, que d’ordinaire je ne regarde pas mais que là oui, une publication d’Éric Emmanuel-Schmidt (ou l’un de ces sbires qu gérerait sa page) avec une citation de lui-même entre guillemets, le titre de son livre dont la phrase est tirée, son nom, une photo standardisée piquée dans une banque d’images et sans source. Il est évident que je ne suis pas ami avec Eric-Emmanuel Schmidt, pas plus que je ne suis abonné à son fil. Ce n’est pas non plus considéré comme de la publicité. Sa publication a plus de 1K (sic) de likes en tous genres, 25 commentaires, 150 partages. C’est, évidemment, une citation inepte. Que fait-elle dans mon flux et comment ne pas considérer ce flux comme toxique ? Bien sûr, je ne m’y retrouve pas. Non, je me retrouve parfaitement dans des sites que je visite quotidiennement (ils ne sont pas si nombreux), particulièrement les Relevés de Quentin et les Cahiers fantômes de Jérôme. Bien que de natures différentes, les textes que j’y trouve font état d’un même rapport à la fois réconforté et inconfortable à l’écriture, à la lecture, à la traduction, au langage, au monde. Il y a quelque chose de pas net là-dedans et tout à fait tordu pour qui est vivant dans un art qui est mort, et difficilement resuscitable. Faut-il jeter l’éponge pour autant ? Non, car il suffit d’une fois pour faire passer le signal électrique dans le cadavre et que tout se remette à bouger : ces jours-ci, pour moi, la lecture de Pétrole fait cela. Je me dis que je devrais injecter du Pétrole dans Biopic : en faire un roman inachevé par exemple, mais fictivement inachevé. Une mise en scène d’incomplétude. Mais dans ce cas, quid de mon ambition de base d’en faire un roman normé ? J’ai tellement travaillé à l’harmonie du plan que tout est trop rond, artificiel. Je repense aux Furtifs : une maîtrise parfaite des canons du genre, un truc vraiment léché, mais tellement harmonieux donc qu’il ne dynamite pas le carcan dans lequel il s’insère. Pourquoi vouloir user des codes éculés du roman fabriqué pour ne pas le détruire ? En l’état, Biopic ne détruit rien du tout et il ne dissone. C’est sans doute le problème. Si je le fais dissoner trop, je le rendrais anormal, ce qui serait sans doute le meilleur service qu’on pourrait rendre à un livre, mais alors je rate mon projet. C’est peut-être, là encore, le meilleur service à lui rendre. Et au fond j’en viens à me demander si la forme idéale du roman dans mon esprit n’est pas celui d’un bot sur Twitter : qui injecte ses phrases dans le réseau chaque jour à heures fixes, et recommençant interminablement, de manière à laisser les lecteurs l’apercevoir aléatoirement sans jamais réellement y avoir prise. Ainsi serait-il toujours à la fois actuel et inactuel. On le lirait et on ne pourrait pas le lire. Le roman comme train en marche, le roman comme Transperceneige. Ce serait bien. La dernière phrase d’Environs et mesures semble abonder : Difficile de savoir, tandis que les banquises s’affinent, si le passage du Nord-Ouest deviendra un lieu par où l’on pourra s’échapper, ou bien l’endroit où tout finira par fuir.

030521, version 3 (3 mai 2021)

Je me retrouve à dire ou penser des trucs comme ce sont des têtes universelles ou c’est sans doute un genre de namasté du CAC. Surtout, je vais sur Facebook. Je ne vais plus désormais sur Facebook que pour promouvoir des articles pour publie : j’y vais, je poste, j’en sors comme si c’était une zone radioactive. Là, je tombe sur la homepage et dans ma timeline, tout en haut, que d’ordinaire je ne regarde pas mais que là oui, une publication d’Éric Emmanuel-Schmidt (ou l’un de ces sbires qu gérerait sa page) avec une citation de lui-même entre guillemets guillemet , le titre de son livre dont la phrase est tirée, son nom, une photo standardisée piquée dans une banque d’images et sans source. Il est évident que je ne suis pas ami avec Eric-Emmanuel Schmidt, pas plus que je ne suis abonné à son fil. Ce n’est pas non plus considéré comme de la publicité. Sa publication a plus de 1K (sic) de likes en tous genres, 25 commentaires, 150 partages. C’est, évidemment, une citation inepte. Que fait-elle dans mon flux et comment ne pas considérer considéré ce flux comme toxique ? Bien sûr, je ne m’y retrouve pas. Non , Mais en revanche je me retrouve parfaitement dans des sites que je visite quotidiennement (ils ne sont pas si nombreux), particulièrement les Relevés relevés de Quentin et les Cahiers fantômes de Jérôme. Bien que de natures différentes nature différente , les textes que j’y trouve font état d’un même rapport tourmenté à la fois réconforté et inconfortable à l’écriture, à la lecture, à la traduction, au langage, au monde. Il y a quelque chose de pas net là-dedans et tout à fait tordu inconfortable pour qui est vivant dans un art qui est mort, et difficilement resuscitable. Faut-il jeter l’éponge pour autant ? Non, car il suffit d’une fois pour faire passer le signal électrique dans le cadavre et que tout se remette à bouger : ces jours-ci, pour moi, la lecture de Pétrole fait cela. Je me dis que je devrais injecter du Pétrole dans Biopic : en faire un roman inachevé par exemple, mais fictivement inachevé. Une mise en scène d’incomplétude. Mais dans ce cas, quid de mon ambition de base d’en faire un roman normé ? J’ai tellement travaillé à l’harmonie du plan que tout est trop rond, artificiel. Je repense aux Furtifs : une maîtrise parfaite des canons du genre, un truc vraiment léché, mais tellement harmonieux donc qu’il ne dynamite pas le carcan dans lequel il s’insère. Pourquoi vouloir user des codes éculés du roman fabriqué pour ne pas le détruire ? En l’état, Biopic ne détruit rien du tout et il ne dissone. C’est sans doute le problème. Si je le fais dissoner trop, je le rendrais anormal, ce qui serait sans doute le meilleur service qu’on pourrait rendre à un livre, mais alors je rate mon projet. C’est peut-être, là encore, le meilleur service à lui rendre. Et au fond j’en viens à me demander si la forme idéale du roman dans mon esprit n’est pas celui d’un bot sur Twitter : qui injecte ses phrases dans le réseau chaque jour à heures fixes, et recommençant interminablement, de manière à laisser les lecteurs l’apercevoir aléatoirement sans jamais réellement y avoir prise. Ainsi serait-il toujours à la fois actuel et inactuel. On le lirait et on ne pourrait pas le lire. Le roman comme train en marche, le roman comme Transperceneige. Ce serait bien.

030521, version 2 (3 mai 2021)

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Guillaume Vissac est né dans la Loire un peu après Tchernobyl. Éditeur pour publie.net depuis 2015, il mène également ses propres chantiers d’écriture, de piratage littéraire et de traduction.

Livres : Vers Velvet (Pou, Histoires pédées, 2020). Accident de personne (Othello, réédition 2018) · Le Chien du mariage (traduction du recueil d'Amy Hempel, Cambourakis, 2018) · Mondeling (avec Junkuu Nishimura, publie.net, 2015) · Coup de tête (publie.net, 2013, réédité en 2017) · Accident de personne (publie.net, 2011) · Livre des peurs primaires (publie.net, 2010) · Qu'est-ce qu'un logement (publie.net, 2010)