020213


L’impression d’ouvrir l’oeil au milieu d’un désert neige et sel et rien voir d’autre que rien 360° autour moi-même : des fois c’est ça ouvrir les yeux matin et voir venir le jour tel qu’il est réellement.

Envie de faire exception ce jour, de surtout pas écrire une ligne, de faire que lire, tout aujourd’hui que lire, et des choses différentes, mais c’est trop tard, pas vrai ?

Suis les mises en lignes des 5 lectures de Dante chez Antoine Brea, celui du jour particulièrement marquant. Sais pas pourquoi mais ce que ça m’évoque : Jünger, tu sais, Sur les falaises de marbre, ce passage sur lequel j’ai bossé, étudiant, et c’était quoi son nom, c’était un truc précis, tu sais, faut que j’aille y chercher dans le livre pour trouver, voilà, le mot précis, ce mot : les tables d’équarrisseur (le lieu dit Köppels-Bleek).

Sur les falaises de marbre : me souviens d’un texte âpre à la première lecture (j’ai 19 ans), jamais relu depuis. Aucun souvenir ni du début ni de la faim, me souviens Köppels-Bleek. Le livre il s’ouvre sur des réminiscences des temps civilisés, ceux « salués d’un bonjour ou d’un bonsoir également tendres » (civilisation, c’est dit), au coeur desquels on trouve encore un peu des temps mythologiques :

Nous regardions comme avec des yeux auxquels il est accordé de voir l’or et les cristaux qui courent en veines brillantes dans la profondeur des terres vitreuses. Et, pâles, semblables à des ombres, voici que s’approchèrent de nous les antiques génies de la contrée, dont ce fut ici la patrie bien avant que sonnent les cloches aux églises des couvents, bien avant qu’une charrue ait entamé la glèbe.

Ersnt Jüner, Sur les falaises de marbre, L’imaginaire, traduction Henri Thomas, P.12-13

Les temps dépliés dans les premiers chapitres correspondent à un temps païen (danses des hommes travestis en oiseaux autour de l’arbre des Fous, chapitre II, offrandes aux serpents, chapitre III, dont une Griffonne mythologique, qui « vivait dans les crevasses depuis des temps reculés », puis, après cinq pages décrivant l’offrande aux bêtes, trois lignes achèvent sèchement le chapitre quant à la collation des hommes : « Puis Lampusa nous apportait la collation du soir, deux coupes de vin médiocre, et deux tranches d’un pain sombre et salé »).

P. 30 : « Cet art d’aiguiser ainsi son regard, frère Othon l’appelait « étancher le temps », mais il pensait qu’en deçà de la mort, le temps ne se laisse point tarir. » Étancher le temps...

Plus loin dans le chapitre VI, dernière épiphanie avant la grande respiration du territoire des morts :

Un matin, tandis que du haut de la terrasse je parcourais des yeux la Marina, ses eaux m’apparurent plus profondes et plus lumineuses, comme si pour la première fois j’eusse posé sur elles un regard non troublé. J’eus en cet instant même le sentiment presque douloureux du mot se séparant des choses, comme se brise la corde trop tendue d’un arc.

P. 31

Le reste du jour tenté, avec les doigts tenté, de m’arracher le visage (part pas) et tué des dragons près des forêts avec le sort de magie bleue Hadès Niveau 5.

Mueller (65 mots) :

Pendant que les foules sont gluées dans le khôl,
dans le dos de Mueller, les corps osent un pied,
en silence, en dehors de la grange & Ils portent
leurs yeux dans leurs épaules battues. Ce qu’ils
hument : l’oeil solaire. Le ciel & le nimbus les
froncent. Le Cap se retournant verra : ces corps
tels qu’ils sont : quelques figures géométriques
& des flammes si secrètes prêtes à s’éparpiller.

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020213, version 7 (7 février 2013)

L’impression d’ouvrir l’oeil au milieu d’un désert ( un désert neige et sel ) et rien voir d’autre que rien 360° autour moi-même soi-même : des fois c’est ça ouvrir les yeux matin et voir venir le jour tel qu’il est réellement.

Suis les mises en lignes des 5 lectures de Dante chez Antoine Brea, celui du jour particulièrement marquant. Sais pas pourquoi mais ce que ça m’évoque : Jünger, tu sais, Sur les falaises de marbre, ce passage sur lequel j’ai bossé, étudiant, et c’était quoi son nom, c’était un truc précis, tu sais, faut que j’aille y chercher dans le livre pour trouver, voilà, le mot précis, ce mot : les tables d’équarrisseur (le lieu dit Köppels-Bleek).

Sur les falaises de marbre : me souviens d’un texte âpre à la première lecture (j’ai 19 ans), jamais relu depuis. Aucun souvenir ni du début ni de la faim, me souviens Köppels-Bleek. Le livre il s’ouvre sur des réminiscences des temps civilisés, ceux « salués d’un bonjour ou d’un bonsoir également tendres » (civilisation, c’est dittel ), au coeur desquels on trouve encore un peu des temps mythologiques :

Les temps dépliés dans les premiers chapitres correspondent à un temps païen (danses des hommes travestis en oiseaux autour de l’arbre des Fous, chapitre dans le II, offrandes aux serpents, chapitre dans le III, dont une Griffonne mythologique, qui « vivait dans les crevasses depuis des temps reculés », puis, après cinq pages décrivant l’offrande aux bêtes, trois lignes achèvent sèchement le chapitre quant à la collation des hommes : « Puis Lampusa nous apportait la collation du soir, deux coupes de vin médiocre, et deux tranches d’un pain sombre et salé »).

Vide, Ernst Jünger, Final Fantasy, Dante Alighieri, Antoine Brea, Mueller

020213, version 6 (7 février 2013)

L’impression d’ouvrir l’oeil les yeux comme planté au milieu d’un désert (un désert neige et sel) et rien voir d’autre que rien 360° autour soi-même : des fois c’est ça ouvrir les yeux matin et voir venir le jour tel qu’il est réellement.

Suis les mises en lignes des 5 lectures de Dante chez Antoine Brea, celui du jour particulièrement marquant fascinant . Sais pas pourquoi mais ce que ça m’évoque JüngerSais pas pourquoi mais ce que ça m’évoque  : Jünger , tu sais , Sur les falaises de marbre, ce passage sur lequel j’ai bossé, étudiant, et comment c’était quoi son nom, c’était un truc précis, tu sais allez , faut que j’aille y chercher dans le livre pour trouver, voilà, le mot précis, ce mot : les tables d’équarrisseur (le lieu dit Köppels-Bleek).

020213, version 5 (4 février 2013)

L’impression d’ouvrir les yeux comme planté au milieu d’un désert (un désert neige et sel) et rien voir d’autre que rien que ça 360° autour soi-même : des fois c’est ça ouvrir les yeux le matin et voir venir le jour tel qu’il est réellement.

Envie de faire exception ce jour, de surtout pas écrire une ligne, de faire que lire, tout aujourd’hui que lire, et des choses différentes, mais c’est trop tard, pas vrai ?

Suis les mises en lignes des 5 lectures de Dante chez Antoine Brea, celui du jour particulièrement fascinantje trouve . Sais pas J’ignore pourquoi mais ce que ça m’évoque : c’est Jünger, Sur les falaises de marbre, ce passage sur lequel j’ai bossé, étudiant, comment c’était son nom, c’était un truc précis, allez, faut que j’aille y chercher dans le livre pour trouver, voilà, le mot précis, ce mot voilà : les tables d’équarrisseur (le lieu dit Köppels-Bleek).

020213, version 4 (3 février 2013)

Le reste de la journée tenté avec les doigts (mais sans les ongles) de s’arracher le visage (ça part pas) et tué des dragons près des forêts avec le sort de magie bleue Hadès Niveau 5.

020213, version 3 (2 février 2013)

Les temps dépliés dans les premiers chapitres correspondent à un temps païen (danses des hommes travestis en oiseaux autour de l’arbre des Fous dans le II, offrandes aux serpents dans le III dont une Griffonne mythologique, qui « vivait dans les crevasses depuis des temps reculés », puis, après cinq pages décrivant l’offrande aux bêtes, trois lignes achèvent sèchement le chapitre quant à la collation des hommes : « Puis Lampusa nous apportait la collation du soir, deux coupes de vin médiocre, et deux tranches d’un pain sombre et salé »).

P. 30 : « Cet art d’aiguiser ainsi son regard, frère Othon l’appelait « étancher le temps », mais il pensait qu’en deçà de la mort, le temps ne se laisse point tarir. » Étancher le temps.

Plus loin dans le chapitre VI, dernière épiphanie avant la grande respiration du territoire des morts :

<blockquote>

Un matin, tandis que du haut de la terrasse je parcourais des yeux la Marina, ses eaux m’apparurent plus profondes et plus lumineuses, comme si pour la première fois j’eusse posé sur elles un regard non troublé. J’eus en cet instant même le sentiment presque douloureux du mot se séparant des choses, comme se brise la corde trop tendue d’un arc.

P. 31

</blockquote>

020213, version 2 (2 février 2013)

Sur les falaises de marbre : me souviens d’un texte âpre à la première lecture (j’ai 19 ans), jamais relu depuis. Aucun souvenir ni du début ni de la faim, me souviens Köppels-Bleek. Le livre s’ouvre sur des réminiscences des temps civilisés, ceux « salués d’un bonjour ou d’un bonsoir également tendres » (civilisation est dans les mots), temps dans lesquels il subsiste encore un peu des temps mythologiques :

<blockquote>

Nous regardions comme avec des yeux auxquels il est accordé de voir l’or et les cristaux qui courent en veines brillantes dans la profondeur des terres vitreuses. Et, pâles, semblables à des ombres, voici que s’approchèrent de nous les antiques génies de la contrée, dont ce fut ici la patrie bien avant que sonnent les cloches aux églises des couvents, bien avant qu’une charrue ait entamé la glèbe.

Ersnt Jüner, Sur les falaises de marbre, L’imaginaire, traduction Henri Thomas, P.12-13

</blockquote>

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