Joachim Séné, La crise


Après Hapax et Roman, La crise : depuis quelques jours sur Publie.net. Déjà eu l’occasion de le dire (écrire), peut-être pas en ces termes, mais je kiffe Joachim Séné. Je suis ce qu’il fait (écrit, twitte, propose) et j’aime ça pouce levé façon Facebook.

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Avec La crise, on reste dans le court, dans l’instant, dans le bref. La lecture dure une vingtaine de minutes en prenant son temps. Et La crise est litanie, slogan, chanson, refrain. La crise et tous ses visages. La crise ondule.

Une preuve d’existence de « la crise » c’est « la crise ».

La vie chère nourrit « la crise » qui nourrit la vie chère.

« La crise » mène la vie chère.

Joachim Séné, La crise, Publie.net, P.10

J’aime La crise, aussi, car c’est un pur produit web. Pensé depuis. Développé par. Propulsé sur. Diffusé entre. On sent d’avance les impulsions Twitter et statuts Facebook. On reconnaît dans la brièveté des messages la forme fixe des 140 caractères max (du moins pour la plupart d’entre eux). On sent que ces plateformes, formats, statuts, sont des rampes de lancement, et derrière programmés par Publie.net pour diffusion numérique. Ce texte n’est pas un déçu du papier, n’aurait pas vraiment eu de sens sur papier.

« La crise », de ses millions de bras musclés sait manier la grue, poser des cloisons de béton armé au trente-septième étage, creuser des tunnels, extraire le pétrole et le diamant tout ça pour un salaire d’une remarquable humilité.

P.15

Comme Mangez-Moi, proposé depuis le week-end dernier sur Publie, La crise est bien sûr éminemment politique. Il dit en quelques phrases cruelles car lapidaires (et inversement) non pas une réalité économique ou sociale mais une réalité du langage. La crise, après centaine de fragments écumés successifs, n’est plus qu’un son, deux syllabes, sept lettres, qui font échos aux mille et unes paroles d’information de masse qui les dégainent à la moindre dépêche. La crise c’est tout, c’est rien, c’est ce tag sur un mur qui dit : « La crise c’est chaque fin de mois » et qui sert de couverture au texte. La crise est dopée aux anaphores, la crise est mécanique, la crise est un mythe, est une aliénation.

« La crise » a mis son usine mexicaine à Casablanca, son usine de Gdansk à Skopje, celle de Grenoble à Sfax, Madrid à Dacca, Dakar au Chili, Pékin à Bangkok.

« La crise » imprime son journal en Pologne sans payer d’impôt.

« La crise » fait des économies.

P.17

La crise commence toujours ses fragments par « La crise » car « La crise » est au centre de tout, comme ils disent, comme on avale, à commencer par La crise.

« La crise » fouille ta bibliothèque, trouve une échelle et des horaires SNCF de terroriste dans ton garage, t’arrête dans la rue, arrache ta boucle d’oreille, te perce un oeil, te place en garde à vue, laisse les clés sur ton scooter, publie un démenti, mène l’enquête.

P.21

Il faut lire La crise puisque la Crise, l’autre, avec son C majuscule, s’impose à nous matins, demains, midis et soirs. Il faut lire La crise et en taguer des extraits sur les murs, puisque, la couverture le dit, La crise vient de la rue où elle a pris. Et pour lire La crise, la lire vraiment, extraits ouverts au feuilletoir et texte disponible pour 5.50€ on suit Publie : de là poser l’oeil sur La crise puisque La crise est un oeil.

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