091217


Quand j’en serai à ne plus vivre à Paris, je me rappellerai quoi de cette ville ? Lac Daumesnil autour de quoi je cours [1] (toujours dans le même sens) ? Ou remonter la Seine à pieds jusqu’à Notre Dame avec H. ? Rouler la nuit, longer la place des Vosges après avoir vu T. rue Mandar ? La cour carrée dans quoi je me couperai du bruit après avoir quitté le taf, sous l’enseigne Duluc Détective ? La bonne âme du Setchouan aux Ateliers Bertier avec le porteur d’eau courant sur place ? Aller signer les statuts de la SAS un matin ? Lire en marchant tant de fois ? Scotché sur le quai du métro pour terminer Under the volcano ? Ou bien errer de pharmacie en pharmacie en quête de Nocertone jusqu’à ce que j’en trouve une, peut-être si j’ai de la chance deux, boîte(s) ? The Tunnel, book of beasts. Le narrateur se construisant un temps antagoniste à celui de Proust [2]. Il y a refus du souvenir. Pour construire une autre mémoire ? Plus sincère [3] ? Ça fait beaucoup de questions.

I remember . . . Do I remember my parents ? I refuse. My family ? No, indeed. My childhood ? children ? birthdays ? brothers ? Not even appellations, titles, derivations, deaths. I remember the scuffs on my shoes. Do I recall the war ? the first order given me ? the humiliations of obedience ? a pride that finally had no elevation in it but lay crushed and treaded as a box run over in the road ? I won’t remember. I refuse. And the last man I saw hanged as well, and the last one shot. History has that nice advantage now. We no longer feel obliged to say, “Of the events of the war I have not ventured to speak from chance” ; to claim, “I have described nothing but what I saw myself” ; or pretend, either, to be composing “a history of great praise.” Nazis ? I saw nothing of them.

Le souvenir, construction mentale. On est tenu d’en douter. De questionner sa duplicité. Même sa part inventée.

“I remember protesting . . .” Did I protest the smashing of windows, the burning of books, the teasing of helpless girls ? Did I protest power ? Did I protest poetry ? Did I protest the poor shine on my shoes ? I pretend to remember doing so. Ah, well, then, did I ? Did I protest my two sons’ circumcisions ? did I ? Did I complain when men were beaten for having beards ? for wearing skullcaps instead of freshman beanies ? for poisoning the pure blood of the nice ? Did I ? Did I protest the schoolyard bully ? the coldness of my wife ? mass bombing ? overeating ? public beatings ? Did I ? Did I protest red tape ? black presumption ? white whips ? useless meetings ? hair hysteria ? bomb business ? the elders of Zion ? Zion ? Did I ? Did I ?

Pile 500 mots pour Eff sur cette histoire de chiens attachés devant la laverie du bas de la rue T. Ça ne s’appelle plus la rue T. en fait, il me semble, à cet endroit. C’était rue des fonds verts. Bon. Un groupe de cinq ou six chiens attachés là à un lampadaire pendant que leurs maîtres (un type et une fille qui s’engueulaient sous le tunnel Proudhon) ils lavent leur linge à l’intérieur. Il devait y avoir trois ou quatre chiots à couiner là, à essayer d’aller au-delà de leur corde, et deux adultes qui attendaient plus placidement en respirant des odeurs animales ou humaines perlant d’un sac poubelle en suspension. Il est probable que le Morphines 03 touche à sa fin ici. Peut-être encore relire un peu demain, puis attaquer lundi le 04. Le Tunnel encore :

The next victims clamber awkwardly to the top of the pile where they’ll be shot by a young man with a submachine gun and a cigarette. Some of the dead have not yet died. They tremble their heads and elevate their arms, and their pardons are begged as they’re stepped on ; however, the wounded worry only that the earth will cover their open eyes ; they want to be shot again ; but the bullets bring down only those above them, and for a few the weight is eventually so great it crushes their chests. How nice and white death is. So serene.

9 janvier 2018
par Guillaume Vissac
Journal
#/// #André Gide #Boulot #Courir #Froid #H. #Malcolm Lowry #Marcel Proust #Mémoire #Métro #Migraine #Paris #Publie.net #T. #Temps #William Gass

[1Mais là c’est hésiter longtemps, peser le pour — l’hyper beau temps qui te réchauffe —, le contre — les 3° ou quoi. Finalement je laisse passer ma chance : le ciel blanc va vite venir l’emporter ce soleil.

[2I haven’t Marcel’s made-up memory.

[3It was Gide’s fear. He wondered, worried : would he be sincere ? I had a fever, he wrote. My nose bled all day. That was true, no doubt, but was it sincere ? What is sincere or not about a nosebleed ?

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091217, version 8 (9 janvier 2018)

Migraine, Publie.net, Boulot, Métro, Paris, Froid, H., Temps, Mémoire, Marcel Proust, ///, Malcolm Lowry, T., Courir, William Gass, André Gide
Quand j’en serai à ne plus vivre à Paris, je me rappellerai quoi de cette ville ? Lac Le lac Daumesnil autour de quoi je cours [1] (toujours dans le même sens) ? Ou remonter la Seine à pieds jusqu’à Notre Dame avec [H H .->mot59]  ? Rouler la nuit, longer la place des Vosges après avoir vu [T T .->mot503] rue Mandar ? La cour carrée dans quoi je me couperai du bruit après avoir quitté le taf, sous l’enseigne Duluc Détective ? La bonne âme du Setchouan aux Ateliers Bertier avec le porteur d’eau courant sur place ? Aller signer les statuts de la [SAS->http://www . SAS un matin  ? publie.net] un matin ? Lire en marchant tant de fois ? Scotché sur le quai du métro pour terminer Under the volcano ? Ou bien errer de pharmacie en pharmacie en quête de Nocertone jusqu’à ce que j’en trouve une, peut-être si j’ai de la chance deux, boîte(s) ? The Tunnel, un book of beasts. Le narrateur se construisant un temps antagoniste à celui de Proust [2]. , écrit-il .]]. Il y a refus du souvenir. Pour construire une autre mémoire ? Plus sincère [3] ? Ça fait beaucoup de questions.

[1Mais là c’est hésiter longtemps longuement , peser le pour — l’hyper beau temps qui te réchauffe —, le contre — les le froid , fait 3° ou quoi. Finalement je laisse laisserai passer ma chance : le ciel blanc va vite venir l’emporter ce soleil.

[2I haven’t Marcel’s made-up memory.

[3It was Gide’s fear. He wondered, worried : would he be sincere ? I had a fever, he wrote. My nose bled all day. That was true, no doubt, but was it sincere ? What is sincere or not about a nosebleed ?

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091217, version 7 (4 janvier 2018)

Quand j’en serai à ne plus vivre à Paris, je me rappellerai quoi de cette ville ? Le Est-ce que ce sera plutôt le lac Daumesnil autour de quoi je cours [4] (toujours dans le même sens) ? Ou remonter la Seine à pieds jusqu’à Notre Dame avec H. ? Rouler la nuit, longer la place des Vosges après avoir vu T. rue Mandar ? La cour carrée dans quoi je me couperai du bruit après avoir quitté le taf mon boulot , sous près de l’enseigne Duluc Détective ? La bonne âme du Setchouan aux Ateliers Bertier avec le porteur d’eau courant sur place ? Aller signer les statuts de la SAS Créateurs & associés un matin ? Lire en marchant tant de fois un peu partout ? Scotché sur Ne pas quitter le quai du banc de l’arrêt de métro pour terminer Under the volcano ? Ou bien errer de pharmacie en pharmacie en quête de Nocertone jusqu’à ce que j’en trouve une, peut-être si j’ai de la chance deux, boîte(s) ? The Tunnel, un book of beasts . beasts  ? Le narrateur se construisant un temps antagoniste à celui de Proust [5]. .]] Il y a refus du souvenir. Pour construire une autre mémoire ? Plus sincère [6]  ?  ? ]]  ? Ça fait beaucoup de questions.

[4Mais là c’est hésiter longuement, peser le pour — l’hyper beau temps qui te réchauffe —, le contre — le froid, fait 3° ou quoi. Finalement laisserai passer ma chance : le ciel blanc va vite venir l’emporter ce soleil.

[5I haven’t Marcel’s made-up memory, écrit-il.

[6It was Gide’s fear. He wondered, worried : would he be sincere ? I had a fever, he wrote. My nose bled all day. That was true, no doubt, but was it sincere ? What is sincere or not about a nosebleed ?

091217, version 6 (30 décembre 2017)

Quand j’en serai à ne plus vivre à Paris, je me rappellerai quoi de cette ville ? Est-ce que ce sera plutôt le lac Daumesnil autour de quoi je cours [7] (toujours dans le même sens) ? Ou remonter la Seine à pieds jusqu’à Notre Dame avec H. ? Rouler la nuit, longer la place des Vosges après avoir vu T. rue Mandar ? La cour carrée dans quoi je me couperai du bruit après avoir quitté mon boulot, près de l’enseigne Duluc Détective ? La bonne âme du Setchouan aux Ateliers Bertier avec le porteur d’eau courant sur place ? Aller signer les statuts de la SAS Créateurs & associés un matin ? Lire en marchant un peu partout ? Ne pas quitter le banc de l’arrêt de métro pour terminer Under the volcano ? Ou bien errer de pharmacie en pharmacie en quête de Nocertone jusqu’à ce que j’en trouve une, peut-être si j’ai de la chance deux, boîte(s) ? The Tunnel, un book of beasts ? Le narrateur se construisant un temps antagoniste à celui de Proust [8] ? Il y a refus du souvenir. Pour construire une autre mémoire ? Plus sincère [9] ? Ça fait beaucoup de questions.

Pile 500 mots pour Eff sur cette histoire de chiens attachés devant cette laverie, en bas de la rue T. Ça ne s’appelle plus la rue T. d’ailleurs, à ce qu’il me semble, à cet endroit. C’était rue des fonds verts. Bon. Un groupe de cinq ou six chiens attachés là à un lampadaire pendant que leurs maîtres maître (un type et une fille qui s’engueulait sous le tunnel Proudhon) ils lavent leur linge à l’intérieur. Il devait y avoir trois ou quatre chiots à couiner là, à essayer d’aller au-delà de leur corde, et deux adultes qui attendaient plus placidement en respirant des odeurs animales ou humaines perlant d’un sac poubelle en suspension. Il est probable que le Morphines 03 touche à sa fin. Peut-être encore relire un peu demain, puis attaquer dès lundi le 04. Le Tunnel encore :

[7Mais là c’est hésiter longuement, peser le pour — l’hyper beau temps qui te réchauffe —, le contre — le froid, fait 3° ou quoi. Finalement laisserai passer ma chance : le ciel blanc va vite venir l’emporter ce doux soleil.

[8I haven’t Marcel’s made-up memory, écrit-il.

[9It was Gide’s fear. He wondered, worried : would he be sincere ? I had a fever, he wrote. My nose bled all day. That was true, no doubt, but was it sincere ? What is sincere or not about a nosebleed ?

091217, version 5 (10 décembre 2017)

Quand j’en serai à ne plus vivre à Paris, je me rappellerai quoi de cette villecomment ? Est-ce que ce sera plutôt le lac Daumesnil autour de quoi je cours [10] (toujours Est-ce que ce sera plutôt le lac Daumesnil autour de quoi je cours ( toujours dans le même sens) ? Ou remonter la Seine à pieds jusqu’à Notre Dame avec H. ? Rouler la nuit, longer la place des Vosges après avoir vu T. rue Mandar ? La cour carrée dans quoi je me couperai du bruit après avoir quitté mon boulot, près de l’enseigne Duluc Détective ? La bonne âme du Setchouan aux Ateliers Bertier avec le porteur d’eau courant sur place ? Aller signer les statuts de la SAS Créateurs & associés un matin ? Lire en marchant un peu partout ? Ne pas quitter le banc de l’arrêt de métro pour terminer Under the volcano ? Ou bien errer de pharmacie en pharmacie en quête de Nocertone jusqu’à ce que j’en trouve une, peut-être si j’ai de la chance deux, boîte(s) ? The Tunnel, un book of beasts ? Le narrateur se construisant un temps antagoniste à celui de Proust [11] ? Il y a refus du souvenir. Pour construire une autre mémoire ? Plus sincère [12] ? Ça fait beaucoup de questions.

[10Mais là c’est hésiter longuement, peser le pour — l’hyper beau temps qui te réchauffe —, le contre — le froid, fait 3° ou quoi. Finalement laisserai passer ma chance : le ciel blanc va vite venir l’emporter ce doux soleil.

[11I haven’t Marcel’s made-up memory, écrit-il.

[12It was Gide’s fear. He wondered, worried : would he be sincere ? I had a fever, he wrote. My nose bled all day. That was true, no doubt, but was it sincere ? What is sincere or not about a nosebleed ?

091217, version 4 (9 décembre 2017)

Ça fait beaucoup de questions. Pile 500 mots pour Eff sur cette histoire de chiens attachés devant la laverie, en bas de la rue T. Ça ne s’appelle plus la rue T. d’ailleurs, à ce qu’il me semble, à cet endroit. C’était rue des fonds verts. Bon. Un groupe de cinq ou six chiens attachés là à un lampadaire pendant que leurs maître (un type et une fille qui s’engueulait sous le tunnel Proudhon) lavent leur linge à l’intérieur. Il devait y avoir trois ou quatre chiots à couiner là, à essayer d’aller au-delà de leur corde, et deux adultes qui attendaient plus placidement en respirant des odeurs animales ou humaines perlant d’un sac poubelle en suspension. Il est probable que le Morphines 03 touche à sa fin. Peut-être encore relire un peu demain, puis attaquer dès lundi le 04. Le Tunnel encore :

<blockquote></blockquote>

091217, version 3 (9 décembre 2017)

Quand j’en serai à ne plus vivre à Paris, je me rappellerai cette ville comment ? Est-ce que ce sera plutôt le lac Daumesnil autour de quoi je cours (toujours dans le même sens) ? Ou remonter la Seine à pieds jusqu’à Notre Dame avec H. ? Rouler la nuit, longer la place des Vosges après avoir vu T. rue Mandar ? La cour carrée dans quoi je me couperai du bruit après avoir quitté mon boulot près de l’enseigne Duluc Détective ? La bonne âme du Setchouan aux Ateliers Bertier avec le porteur d’eau ? Aller signer les statuts de la SAS Créateurs & associés un matin ? Lire en marchant un peu partout ? Ou bien errer de pharmacie en pharmacie en quête de Nocertone jusqu’à ce que j’en trouve une, peut-être si j’ai de la chance deux, boîte(s) ? The Tunnel, un book of beasts ? Le narrateur se construisant un temps antagoniste à celui de Proust [13] ? Il y a refus du souvenir. Pour construire une autre mémoire ? Plus sincère [14] ?

<blockquote></blockquote>

Le souvenir, c’est une construction mentale. On est tenu d’en douter. De questionner sa duplicité. Sa part inventée.

<blockquote></blockquote>

Ça fait beaucoup de questions. Pile 500 mots pour Eff sur cette histoire de chiens attachés devant la laverie, en bas de la rue T. Ça ne s’appelle plus la rue T. d’ailleurs, à ce qu’il me semble, à cet endroit. C’était rue des fonds verts. Bon. Un groupe de cinq ou six chiens attachés là à un lampadaire pendant que leurs maître (un type et une fille qui s’engueulait sous le tunnel Proudhon) lavent leur linge à l’intérieur. Il devait y avoir trois ou quatre chiots à couiner là, à essayer d’aller au-delà de leur corde, et deux adultes qui attendaient plus placidement en respirant des odeurs animales ou humaines perlant d’un sac poubelle en suspension.

[13I haven’t Marcel’s made-up memory, écrit-il.

[14It was Gide’s fear. He wondered, worried : would he be sincere ? I had a fever, he wrote. My nose bled all day. That was true, no doubt, but was it sincere ? What is sincere or not about a nosebleed ?

091217, version 2 (9 décembre 2017)

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