250219


Comme il y a eu des cercles vertueux (45 jours sans), il y a des cercles vicieux de la douleur. Souvent à J+2 se retrouver particulièrement sensible à tout. C’est le cas aujourd’hui. J’ignore si c’est parce que le triptan pris plus de 24 h en amont a fini de faire effet et que la migraine subsiste ou si l’état vaseux qui fait suite au calme après la tempête (J+1) est un de ses effets secondaires. Ce que je sais en revanche, c’est que je multiplie les feuilles volantes sur lesquelles j’écris, j’écris, j’écris, à la fois personnellement et professionnellement, pour me défaire de l’emprise des écrans. En général, ce sont des chutes de trucs imprimés longtemps en amont et dont je me sers à présent, au verso, comme brouillon. Je reporterai ça dans les touches du Macbook un peu plus tard, j’ignore encore quand à l’instant t de ces choses (qui est aussi celui de la bille sur la page). Mais j’ai souvenir d’une conversation que j’ai eu avec quelqu’un il y a quelques années. C’était au cours d’un diner au restaurant après une de ces rencontres en librairie où l’on avait simplement rassemblé les fidèles de l’auteur, et encore, comme ça arrive malheureusement assez souvent. Le genre de moment où la pression retombe et où on peut simplement apprécier d’être en compagnie des uns et des autres sans plus avoir à se soucier de trucs aussi triviaux que, par exemple, combien de personnes viendraient et combien de livres ces personnes achèteraient, et combien de bouteilles de vin elles boiront, et si les bénéfices supposés de ces supposées ventes couvriraient entièrement l’achat desdites bouteilles. Justement, lors de ce repas je suis en face de quelqu’un que je ne connaissais pas et que je saurais parfaitement reconnaître si d’aventure je le croisais à l’improviste dans la rue ou lors d’un salon (du reste c’est déjà arrivé) et il m’avait demandé pourquoi je n’avais pas bu une goutte d’alcool. Ça arrive en réalité assez fréquemment (qu’on me pose la question) car dans le contexte assez festif des rencontres littéraires, c’est perçu pratiquement comme une anomalie. Je me souviens même qu’à La Haye, durant le festival Crossing Borders, quand j’avais donné l’une de mes habituelles raisons types à quelqu’un qui me posait la question, à savoir que c’était lié à une histoire de migraines, on m’avait répondu bon mais alors tu te drogues ? Et si j’avais réellement voulu rassurer la personne, il aurait fallu que je réponde oui. Bref, j’avais donc expliqué tout ça à celui qui était en face de moi au restaurant et, contre toute attente, il m’avait répondu « moi aussi » (ou alors, ce n’est pas dans ce sens-là que ça s’était passé et c’était lui qui m’avait devancé en me disant c’est pour une raison médicale ?, je ne sais plus très bien, c’était il y a plusieurs années). Mais c’était assez inhabituel pour être signalé ; en fait je ne crois pas que la situation se soit reproduite depuis. Où je veux en venir avec cette histoire ? Qu’à ce moment-là, cet homme qui, si ma mémoire est bonne, aurait presque pu être mon père, m’avait dit (et c’est là que tout cette affaire se corse) soit ça s’arrange avec l’âge soit ça empire avec l’âge. Sincèrement, je ne sais plus. Je revois tout le reste : la soirée, combien nous étions, où, ce que nous avons commandé à manger, ce dont vous avons parlé même, mais pas la phrase finalement la plus importante de toutes, et qui motive à n’en pas douter l’inscription de ce souvenir dans le cuir d’une mémoire, peut-être la mienne, peut-être pas. La logique voudrait que la phrase fût ça s’arrange avec l’âge mais toujours au seuil du souvenir, quand j’y repense, j’en viens à osciller et à ne plus savoir si, finalement, ce qu’il avait dit n’était pas plutôt ça empire avec l’âge et on peut dire sans doute qu’une vie, la nôtre, se joue toujours dans ce genre de balancements, ce mouvement-là mais infime, une forme de fibrillation.

 [1]

28 mars 2019
par Guillaume Vissac
Journal
#Migraine #Paris #Publie.net

[1Je précise à toutes fins utiles que cette photo ne témoigne pas d’un message politique quelconque à l’égard de qui que ce soit, mais juste de l’incongruité d’avoir trouvé ce message tatoué sur le sol de la ville au hasard de mes pérégrinations.

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250219, version 6 (28 mars 2019)

Comme il y a eu des cercles vertueux (45 jours sans), il y a des cercles vicieux de [la douleur->mot1 ]. la douleur . Souvent à J+2 se retrouver particulièrement sensible à tout. C’est le cas aujourd’hui. J’ignore si c’est parce que le triptan pris plus de 24 h en amont a fini de faire effet et que la migraine subsiste ou si l’état vaseux qui fait suite au calme après la tempête (J+1) est un de ses effets secondaires. Ce que je sais en revanche, c’est que je multiplie les feuilles volantes sur lesquelles j’écris, j’écris , j’écris , à la fois personnellement et professionnellement, pour me défaire de l’emprise des écrans. En général, ce sont des chutes de trucs imprimés longtemps en amont et dont je me sers à présent, au verso, comme brouillon. Je reporterai ça dans les touches du Macbook un peu plus tard, j’ignore encore quand à l’instant t de ces choses (qui est aussi celui de la bille sur la page). Mais j’ai souvenir d’une conversation que j’ai eu avec quelqu’un il y a quelques années. C’était au cours d’un diner au restaurant après une de ces rencontres en librairie où l’on avait simplement rassemblé les fidèles de l’auteur, et encore, comme ça arrive malheureusement assez souvent. Le genre de moment où la pression retombe et où on peut simplement apprécier d’être en compagnie des uns et des autres sans plus avoir à se soucier de trucs aussi triviaux que, par exemple, combien de personnes viendraient et combien de livres ces personnes achèteraient, et combien de bouteilles de vin elles boiront, et si les bénéfices supposés de ces des supposées ventes couvriraient entièrement l’achat desdites bouteilles. Justement, lors de ce repas je suis en face de quelqu’un que je ne connaissais pas et que dont j’ai oublié le nom ( mais je saurais en revanche parfaitement reconnaître son visage si d’aventure je le croisais à l’improviste dans la rue ou lors d’un salon ( , du reste c’est déjà arrivé) et il m’avait demandé pourquoi je n’avais pas bu une goutte d’alcool. Ça arrive en réalité assez fréquemment (qu’on me pose la question) car dans le contexte assez festif des rencontres littéraires, c’est perçu pratiquement comme une anomalie. Je me souviens même qu’à La Haye, durant [le festival Crossing Borders->http://thechronicles.eu]Je me souviens même qu’à La Haye , durant le festival Crossing Borders , quand j’avais donné l’une de mes habituelles raisons types à quelqu’un qui me posait la question, à savoir que c’était lié à une histoire de migraines, on m’avait répondu bon mais alors tu te drogues ? Et si j’avais réellement voulu rassurer la personne, il aurait fallu que je réponde oui. Bref, j’avais donc expliqué tout ça à celui qui était en face de moi au restaurant et, contre toute attente, il m’avait répondu « moi aussi » (ou alors, ce n’est pas dans ce sens-là que ça s’était passé et c’était lui qui m’avait devancé en me disant c’est pour une raison médicale ?, ou quelque chose comme ça , je ne sais plus très bien, c’était il y a plusieurs années). Mais c’était assez inhabituel pour être signalé ; , en fait je ne crois pas que la situation se soit reproduite depuis. Où je veux en venir avec cette histoire ? Qu’à ce moment-là, cet homme qui, si ma mémoire est bonne , aurait presque pu être mon père, m’avait dit (et c’est là que tout cette affaire se corse) soit ça s’arrange avec l’âge soit ça empire avec l’âge. Sincèrement, je ne sais plus. Je revois tout le reste : la soirée, combien nous étions, où, ce que nous avons commandé à manger, ce dont vous avons parlé même , mais pas la phrase finalement la plus importante de toutes, et qui motive à n’en pas douter l’inscription de ce souvenir dans le cuir d’une mémoire, peut-être la mienne, peut-être pas . La logique voudrait que la phrase fût ça s’arrange avec l’âge mais toujours au seuil du souvenir, quand j’y repense, j’en viens à osciller et à ne plus savoir si, finalement, ce qu’il avait dit n’était pas plutôt ça empire avec l’âge et on peut dire sans doute qu’une vie, la nôtre, se joue toujours dans ce genre de balancements balancement , ce mouvement-là mouvement mais infime, une forme de fibrillation.
Migraine, Publie.net, Paris
jpg/dsc_1448.jpg
 [1]

[1Je précise à toutes fins utiles que cette photo ne témoigne pas d’un message politique quelconque à l’égard de qui que ce soit, mais juste de l’incongruité d’avoir trouvé ce message tatoué sur le sol de la ville au hasard de mes pérégrinations.

250219, version 5 (27 mars 2019)

Comme il y a eu des cercles vertueux (45 jours sans), il y a des cercles vicieux de la douleur. Souvent à J+2 se retrouver je suis particulièrement sensible à tout. C’est le cas aujourd’hui. J’ignore si c’est parce que le triptan pris plus de 24 h 24h en amont a fini de faire effet et que la migraine subsiste ou si l’état vaseux qui fait suite au calme après la tempête (J+1) est un de ses effets secondaires. Ce que je sais en revanche, c’est que je multiplie les feuilles volantes sur lesquelles j’écris, à la fois personnellement et professionnellement, pour me défaire de l’emprise des écrans. En général, ce sont des chutes de trucs imprimés longtemps en amont et dont je me sers à présent, au verso, comme brouillon. Je reporterai ça dans les touches du Macbook plus tard, j’ignore encore quand à l’instant t de ces choses (qui est aussi celui de la bille sur la page). Mais j’ai souvenir d’une conversation que j’ai eu avec quelqu’un il y a quelques années. C’était au cours d’un diner au restaurant après une de ces rencontres en librairie où l’on avait simplement rassemblé les fidèles de l’auteur, et encore, comme ça arrive malheureusement assez souvent. Le genre de moment où la pression retombe et où on peut simplement apprécier d’être en compagnie des uns et des autres sans plus avoir à se soucier de trucs aussi triviaux que, par exemple, combien de personnes viendraient et combien de livres ces personnes achèteraient, et combien de bouteilles de vin elles boiront, et si les bénéfices supposés des supposées ventes couvriraient entièrement totalement l’achat desdites bouteilles. Justement, lors de ce repas je suis en face de quelqu’un que je ne connaissais pas et dont j’ai oublié le nom (mais je saurais en revanche parfaitement reconnaître son visage si je le croisais à l’improviste dans la rue ou lors d’un salon, du reste c’est déjà arrivé) et il m’avait demandé pourquoi je n’avais pas bu une goutte d’alcool. Ça arrive en réalité assez fréquemment (qu’on me pose la question) car dans le contexte assez festif des rencontres littéraires, c’est perçu pratiquement comme une anomalie. Je me souviens même qu’à La Haye, durant le festival Crossing Borders, quand j’avais donné l’une de mes habituelles raisons types à quelqu’un qui me posait la question, à savoir que c’était lié à une histoire de migraines, on m’avait répondu bon mais alors tu te drogues ? Et si j’avais réellement voulu rassurer la personne, il aurait fallu que je réponde oui. Il fallait bien nécessairement que je prenne quelque chose, n’importe quoi faisant l’affaire, pour supporter les béances de ce monde. Bref, j’avais donc expliqué tout ça à celui qui était en face de moi au restaurant et, contre toute attente, il m’avait répondu « moi aussi » (ou alors, ce n’est pas dans ce sens-là que ça s’était passé et c’était lui qui m’avait devancé en me disant c’est pour une raison médicale ? ou quelque chose comme ça, je ne sais plus très bien, c’était il y a plusieurs années). Mais c’était assez inhabituel pour être signalé, en fait je ne crois pas que la situation se soit reproduite depuis. Où je veux en venir avec cette histoire ? Qu’à ce moment-là, cet homme qui aurait presque pu être mon père, m’avait dit (et c’est là que tout cette affaire se corse) soit ça s’arrange avec l’âge soit ça empire avec l’âge. Sincèrement, je ne sais plus. Je revois tout le reste : la soirée, combien nous étions, où, ce que nous avons commandé à manger, mais pas la phrase finalement la plus importante de toutes, et qui motive à n’en pas douter l’inscription de ce souvenir dans le cuir d’une mémoire, la mienne. La logique voudrait que la phrase fût ça s’arrange avec l’âge mais toujours au seuil du souvenir, quand j’y repense, j’en viens à osciller et à ne plus savoir si, finalement, ce qu’il avait dit n’était pas plutôt ça empire avec l’âge et on peut dire sans doute qu’une que c’est la vie, la nôtre , se joue toujours dans ce balancement , ce mouvement mais infime , une forme de fibrillation .

250219, version 4 (26 mars 2019)

Comme il y a eu des cercles vertueux (45 jours sans), il y a des cercles vicieux de la douleur. Souvent à J+2 je suis particulièrement sensible à tout. C’est le cas aujourd’hui. J’ignore si c’est parce que le triptan pris plus de 24h en amont a fini de faire effet et que la migraine subsiste ou si l’état vaseux qui fait suite au calme après la tempête (J+1) est un de ses effets secondaires. Ce que je sais en revanche, c’est que je multiplie les feuilles volantes sur lesquelles j’écris, à la fois personnellement et professionnellement, pour me défaire de l’emprise des écrans. En général, ce sont des chutes de trucs imprimés longtemps en amont et dont je me sers à présent, au verso, comme brouillon brouillons . Je reporterai ça dans les touches du Macbook plus tard, j’ignore encore quand à l’instant t de ces choses ( qui est aussi celui de la bille sur la page). . Mais j’ai souvenir d’une conversation que j’ai eu avec quelqu’un il y a quelques années. C’était au cours d’un diner au restaurant après une de ces rencontres en librairie où l’on avait simplement rassemblé les fidèles de l’auteur, et encore, comme ça arrive malheureusement assez souvent. Le genre de moment où la l’a pression retombe et où on l’on peut simplement apprécier d’être en compagnie des uns et des autres sans plus avoir à se soucier de trucs aussi triviaux que, par exemple, combien de personnes viendraient et combien de livres ces personnes achèteraient, et combien de bouteilles de vin elles boiront, et si les bénéfices supposés des supposées ventes couvriraient totalement l’achat desdites bouteilles. Justement, lors de ce repas je suis repais j’étais en face de quelqu’un que je ne connaissais pas et dont j’ai oublié le nom (mais je saurais en revanche parfaitement reconnaître son visage si je le croisais à l’improviste dans la rue ou lors d’un salon, du reste c’est déjà arrivé) et il m’avait demandé comme souvent pourquoi je n’avais pas bu une goutte d’alcool. Ça arrive en réalité assez fréquemment (qu’on me pose la question) car dans le contexte assez festif des rencontres littéraires, c’est perçu pratiquement comme une anomalie. Je me souviens même qu’à La Haye, durant le festival Crossing Borders, quand j’avais donné l’une de mes habituelles raisons types à quelqu’un qui me posait la question ( il m’est arrivé d’en donner plusieurs , pas toujours cohérentes les unes vis à vis des autres d’ailleurs ), à savoir que c’était lié à une histoire de migraines, on m’avait répondu bon mais alors tu te drogues ? Et si j’avais réellement voulu rassurer la personne, il aurait fallu que je réponde oui. Il Et si j’avais réellement voulu rassurer la personne , il aurait fallu que je réponde oui ( il fallait bien nécessairement que je prenne quelque chose, n’importe quoi faisant l’affaire, pour supporter les béances de ce monde. ). Bref, j’avais donc expliqué tout ça cela à celui qui était en face de moi au restaurant et, contre toute attente, il m’avait répondu « moi aussi » (ou alors, ce n’est pas dans ce sens-là que ça s’était passé et c’était lui qui m’avait devancé en me disant c’est pour une raison médicale ? ou quelque chose comme ça, je ne sais plus très bien, c’était il y a plusieurs années). Mais c’était assez inhabituel pour être signalé, en fait je ne crois pas que la situation se soit reproduite depuis. Où je veux en venir avec cette histoire ? Qu’à ce moment-là, cet homme qui aurait presque pu être mon père, m’avait dit (et c’est là que tout cette affaire se corse) soit ça s’arrange avec l’âge soit ça empire avec l’âge. Sincèrement, je ne sais plus. Je revois tout le reste : la soirée, combien nous étions, où, ce que nous avons commandé à manger, mais pas la phrase finalement la plus importante de toutes, et qui motive à n’en pas douter l’inscription de ce souvenir dans le cuir d’une de ma mémoire, la mienne . La logique voudrait que la phrase fût ça s’arrange avec l’âge mais toujours au seuil du souvenir, quand j’y repense, j’en viens à osciller et à ne plus savoir si, finalement, ce qu’il avait dit n’était pas plutôt ça empire avec l’âge et on peut dire sans doute que c’est la vie . l’âge . C’est la vie.

250219, version 3 (24 mars 2019)

Comme il y a eu des cercles vertueux (45 jours sans), il y a des cercles vicieux de la douleur. Souvent à J+2 je suis particulièrement sensible à tout. C’est le cas aujourd’hui. J’ignore si c’est parce que le triptan pris plus de 24h en amont a fini de faire effet et que la migraine subsiste ou si l’état vaseux qui fait suite au calme après la tempête (J+1) est un de ses effets secondaires. Ce que je sais en revanche, c’est que je multiplie les feuilles volantes sur lesquelles j’écris, à la fois personnellement et professionnellement, pour me défaire de l’emprise des écrans. En général, ce sont des chutes de trucs imprimés longtemps en amont et dont je me sers à présent, au verso, comme brouillons. Je reporterai ça dans les touches du Macbook plus tard, j’ignore encore quand à l’instant t de la bille sur la page. Mais j’ai souvenir d’une conversation que j’ai eu avec quelqu’un il y a quelques années. C’était au cours d’un diner au restaurant après une de ces rencontres en librairie où l’on avait simplement rassemblé les fidèles de l’auteur, et encore, comme ça arrive souvent. Le genre de moment où l’a pression retombe et où l’on peut simplement apprécier d’être en compagnie des uns et des autres sans plus avoir à se soucier de trucs aussi triviaux que, par exemple, combien de personnes viendraient et combien de livres ces personnes achèteraient, et combien de bouteilles de vin elles boiront, et si les bénéfices supposés des supposées ventes couvriraient totalement l’achat desdites bouteilles. Justement, lors de ce repais j’étais en face de quelqu’un que je ne connaissais pas et dont j’ai oublié le nom (mais je saurais en revanche parfaitement reconnaître son visage si je le croisais à l’improviste dans la rue ou lors d’un salon, du reste c’est déjà arrivé) et il m’avait demandé comme souvent pourquoi je n’avais pas bu une goutte d’alcool. Ça arrive en réalité assez fréquemment (qu’on me pose la question) car dans le contexte assez festif des rencontres littéraires, c’est perçu pratiquement comme une anomalie. Je me souviens même qu’à La Haye, durant le festival Crossing Borders, quand j’avais donné l’une de mes raisons à quelqu’un qui me posait la question (il m’est arrivé d’en donner plusieurs, pas toujours cohérentes les unes vis à vis des autres d’ailleurs), à savoir que c’était lié à une histoire de migraines, on m’avait répondu bon mais alors tu te drogues ? Et si j’avais réellement voulu rassurer la personne, il aurait fallu que je réponde oui (il fallait bien nécessairement que je prenne quelque chose, n’importe quoi faisant l’affaire, pour supporter les béances de ce monde). Bref, j’avais donc expliqué tout cela à celui qui était en face de moi au restaurant et, contre toute attente, il m’avait répondu « moi aussi » (ou alors, ce n’est pas dans ce sens-là que ça s’était passé et c’était lui qui m’avait devancé en me disant c’est pour une raison médicale ? ou quelque chose comme ça, je ne sais plus très bien, c’était il y a plusieurs années). Mais c’était assez inhabituel pour être signalé, en fait je ne crois pas que la situation se soit reproduite depuis. Où je veux en venir avec cette histoire ? Qu’à ce moment-là, cet homme qui aurait presque pu être mon père, m’avait dit (et c’est là que tout cette affaire se corse) soit ça s’arrange avec l’âge soit ça empire avec l’âge. Sincèrement, je ne sais plus. Je revois tout le reste : la soirée, combien nous étions, où, ce que nous avons commandé à manger, mais pas la phrase finalement la plus importante de toutes, et qui motive à n’en pas douter l’inscription de ce souvenir dans le cuir de ma mémoire. La logique voudrait que la phrase fût ça s’arrange avec l’âge mais toujours au seuil du souvenir, quand j’y repense, j’en viens à osciller et à ne plus savoir si, finalement, ce qu’il avait dit n’était pas plutôt ça empire avec l’âge. C’est la vie.

250219, version 2 (26 février 2019)

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