Vendredifévrier


Quel âge ai-je ? Dépend de la personne en face la mienne. Je me réserve le droit (pirouette) de malmener très légèrement l’état civil (le mien). Quatre ou cinq ans maxi. C’est quoi, sur une vie, quatre ou cinq ans maxi ? C’est que dalle. C’est que dalle...

Paris, 17 août 1943

Entre autres choses, l’attaque sur Hambourg est le premier événement de cet ordre dont les statistiques ne peuvent rendre compte. L’état civil est incapable de faire connaître le nombre de morts. Les victimes ont péri comme des poissons ou des sauterelles, en dehors de l’histoire, dans la zone élémentaire où n’existe nulle comptabilité.

Ersnt Jünger, Second journal parisien, Livre de poche, traduction Henri Plard, P. 131-132

Chiffres : tombé -8°, dedans dessous les fatidiques 40% d’humidité, à l’intérieur la tête c’est pire. Je copie quelques 600 lignes Excel pour statistiques minables à rendre avant deadline mardi 14. Explosé, le budget Dubrovnik compte bien 6 chiffres. Besoin de pioncer 12 heures. Demain dirai à V., via l’écran, clavier, quelque chose dans ces eaux là (glacées).

Paris, 11 août 1943

Krause, qui s’était trouvé à Hambourg pendant l’attaque et peu après, nous a raconté qu’il y avait vu environ vingt cadavres calcinés et adossés à un parapet, l’un à côté de l’autre, comme sur un gril. Il devait s’agir de gens qui, arrosés de phosphore, avaient voulu se jeter à l’eau, mas avaient brûlé vifs avant d’y parvenir.

P. 126-127

Par dessus Jünger et via Oeuvres ouvertes j’ouvre, à mon tour, le Journal de la crise, 2006, de Laurent Grisel et me dis quelque part j’y étais. Quelque part super localisé et vide : à l’intérieur de toute ma propre tête.

Paris, 26 septembre 1943

Peut-être reviendrons-nous à l’Ecriture comme à la loi unique, tels les mutins de Pitcairn, après que nous aurons exterminé les neuf dixièmes de nos semblables.

P. 171

Des gars en bleu posent carpette rouge dans le hall, l’escalier du bureau, les étages, pour faire bien. Dans ce même hall, galerie des glaces, chaque matin il attend, chaque soir attend idem. C’est un type qui se laisse enfermer pour fuir, chaque soir, matin, face à son propre reflet, les -8° du dehors. Plus tard, bouffer, une fille au comptoir : vous avez quoi pour moins de 1€ ? Le sol est sec, si sec, que sous nos pompes c’est blanc.

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