151018


Des gens vivent, le temps passe, mais écrire ne se peut qu’en l’absence d’histoire, car l’écriture reproduit, en l’aggravant, le mouvement de balancier de la vie monotone, jusqu’à désarticuler ce quotidien. Il ne s’agit pas de raconter, mais d’occuper une position au moyen du langage, de conquérir un lieu sans considération pour celui qui se trouvait là, et de défendre cette position concurrente de la réalité jusqu’à la mort.

Philippe Rahmy, Pardon pour l’Amérique, La table ronde

Après avoir hier mis en ligne le journal du 13 septembre dernier, je réalise que quelque chose m’échappe. C’est dû aux discussions qui sont venues suite à la lecture de l’article, notamment une formule, ça marche (ou ça ne marche pas). Or je suis passé à côté de quelque chose de central, là. Ça veut dire quoi, s’agissant de publier des livres (et d’en vendre), marcher ? Et en réalité, j’imagine qu’il y aurait autant de réponses différentes qu’il y a d’éditeurs, d’éditrices, d’autrices et d’auteurs. Ça marche, c’est quand le livre il vit. Quand il y a de l’écho, quand il est lu et qu’on en parle autour de soi. Quand il s’en vend, aussi, mais de combien d’exemplaires parle-t-on ? Quelques centaines ? Quelques centaines, à notre échelle, est-ce que ça marche ? Et surtout, quand il s’en vend mais sur combien de temps ? Un livre qui se vend bien sur six semaines avant silence radio derrière vaut-il mieux qu’un livre qui se vend peu chaque mois mais sur une période beaucoup plus longue ? Chez le généraliste près de Picpus pour faire renouveler une ordonnance, tester de nouveaux trucs. On vit dans l’illusion qu’un jour, l’un de ces trucs marchera tellement que c’en sera miraculeux. Et les douleurs elles se tairont. Par exemple, la mélatonine ? Chez Auchan près des tapis roulants, aux caisses, une cliente qui me précède ouvre la bombe d’aérosol anti-poussière qu’elle s’apprête à payer et s’en vaporise une partie sur ses vêtements, pourquoi ? Est-ce que ça marche pour elle ? Il doit y avoir toute une histoire derrière ce geste mais je n’aurai pas vraiment le loisir d’y songer : le temps s’enfonce toujours un peu plus et manque et il y a tant, tant à faire marcher. Par exemple, voilà qu’un festival à l’étranger m’informe deux semaines avant qu’un de nos auteurs y figurera et ce serait bien si on pouvait envoyer des livres. Où, quand, comment ? Personne ne le sait. Ailleurs, pour un autre festival, il faut faire des pieds et des mains pour que l’on accepte que l’on envoie des livres d’un auteur qui sera en signature. Il ne faut pas croire que ça aille de soi. Il faut donc qu’on se batte pour ça. Ailleurs encore, un libraire six mois après une rencontre ne me répond pas pour savoir où sont les exemplaires de nos livres censés nous avoir été retournés mais jamais reçus. Tout ça, on le sait, ça ne marche pas. Mais c’est là. Présent.

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151018, version 7 (19 novembre 2018)

Migraine, Publie.net, Paris, Philippe Rahmy
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Des gens vivent, le temps passe, mais écrire ne se peut qu’en l’absence d’histoire, car l’écriture reproduit, en l’aggravant, le mouvement de balancier de la vie monotone, jusqu’à désarticuler ce quotidien. Il ne s’agit pas de raconter, mais d’occuper une position au moyen du langage, de conquérir un lieu sans considération pour celui qui se trouvait là, et de défendre cette position concurrente de la réalité jusqu’à la mort.

Philippe Rahmy , Pardon Pardon pour l’Amérique, La table ronde

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Après avoir hier Après avoir hier mis en ligne [le le journal du 13 septembre dernier->article4145] dernier , je réalise que quelque chose m’échappe . , je réalise que quelque chose m’échappe. C’est dû aux discussions qui sont venues suite à la lecture de l’article, notamment une formule, ça marche (ou ça ne marche pas). Or Et je réalise que je suis passé à côté de quelque chose de d’important ici , peut-être même central, . Ça veut dire quoi, s’agissant de publier des livres (et d’en vendre), marcher ça marche ? Et en réalité, j’imagine qu’il y aurait autant de réponses différentes qu’il y a d’éditeurs, d’éditrices , d’autrices et d’auteurs. Ça marche, c’est quand le livre il vit. Quand il y a de l’écho, quand il est lu et qu’on en parle autour de soi. Quand il s’en vend, aussi, mais de combien d’exemplaires parle-t-on ? Quelques centaines ? Quelques centaines, à [notre échelle->https://www . notre échelle , est-ce que ça marche  ? publie.net] Je ne lui ai pas demandé . , est-ce que ça marche ? Et surtout, quand il s’en vend mais sur combien de temps ? Un livre qui se vend bien sur six semaines avant , puis c’est silence radio derrière vaut-il mieux qu’un livre qui se vend peu chaque mois mais sur une période beaucoup plus longue ? Chez le généraliste près de Picpus pour faire renouveler une ordonnance, tester de nouveaux trucs. On vit dans l’illusion qu’un jour, l’un de ces trucs marchera tellement que c’en sera miraculeux. Et les douleurs Et les douleurs elles se tairont. Par exemple, la mélatonine ? Chez Auchan près des tapis roulants, aux caisses, une la cliente qui me précède ouvre la bombe d’aérosol anti-poussière qu’elle s’apprête à payer et s’en vaporise une partie sur ses vêtements, pourquoi ? Est-ce que ça marche pour elle ? Il doit y avoir toute une histoire derrière ce geste mais je n’aurai pas vraiment le loisir d’y songer : le temps s’enfonce toujours un peu plus et manque et il y a tant, tant à faire marcher. Par exemple, voilà qu’un festival à l’étranger m’informe deux semaines avant l’échéance qu’un de nos auteurs y figurera et ce serait bien si on pouvait envoyer des livres. Où, quand, comment ? Personne ne le sait. Ailleurs, pour un autre festival, il faut faire des pieds et des mains pour que l’on accepte que l’on envoie ( à nos frais , et le retour idem ) des livres d’un auteur qui sera en signature. Il ne faut pas croire que ça aille de soi. Il faut donc qu’on se batte pour ça. Ailleurs encore, un libraire six mois après une rencontre ne me répond pas pour savoir où sont les exemplaires de nos livres censés nous avoir été retournés mais jamais reçus. Tout ça, on le sait, ça ne marche pas. Mais c’est là. Présent.

151018, version 6 (19 novembre 2018)

Après avoir hier mis en ligne le journal du 13 septembre dernier, je réalise que quelque chose m’échappe. C’est dû aux discussions qui sont venues suite à la lecture de l’article, notamment une formule, ça marche (ou ça ne marche pas). Et je réalise que je suis passé à côté de quelque chose d’important ici, peut-être même de central. Ça veut dire quoi, s’agissant de publier des livres (et d’en vendre), ça marche ? Et en réalité, j’imagine qu’il y aurait autant de réponses différentes qu’il y a d’éditeurs et d’auteurs. Ça marche, c’est quand le livre vit. Quand il y a de l’écho, quand il est lu et qu’on en parle autour de soi. Quand il s’en vend, aussi, mais de combien d’exemplaires parle-t-on ? Quelques centaines ? Quelques centaines, à notre échelle, est-ce que ça marche ? Et surtout, quand il s’en vend mais sur combien de temps ? Un livre qui se vend bien sur six semaines, puis c’est silence radio derrière vaut-il mieux qu’un livre qui se vend peu chaque mois mais sur une période beaucoup plus longue ? Chez le généraliste près de Picpus pour faire renouveler une ordonnance, tester de nouveaux trucs. On vit dans l’illusion qu’un jour, l’un de ces trucs marchera tellement que c’en ce sera miraculeux. Et les douleurs elles se tairont. Par exemple, la mélatonine ? Chez Auchan près des tapis roulants, aux caisses, la cliente qui me précède ouvre la bombe d’aérosol d’aérosole anti-poussière qu’elle s’apprête à payer et s’en vaporise une partie sur ses vêtements, pourquoi ? Est-ce que ça marche pour elle ? Je ne lui ai pas demandé. Il doit y avoir toute une histoire derrière ce geste mais je n’aurai pas vraiment le loisir d’y songer : le temps s’enfonce toujours un peu plus et manque et il y a tant à faire marcher. Par exemple, voilà qu’un festival à l’étranger m’informe deux semaines avant l’échéance qu’un de nos auteurs y figurera et ce serait bien si on pouvait envoyer des livres. Où, quand, comment ? Personne ne le sait. Ailleurs, pour un autre festival, il faut faire des pieds et des mains pour que l’on accepte que l’on envoie (à nos frais, et le retour idem) des livres d’un auteur qui sera en signature. Il ne faut pas croire que ça aille de soi. Il faut donc qu’on se batte pour ça. Ailleurs encore, un libraire six mois après une rencontre ne me répond pas pour savoir où sont les exemplaires de nos livres censés nous avoir été retournés il y a des mois mais jamais reçus. Tout ça, on le sait, ça ne marche pas.

151018, version 5 (8 novembre 2018)

Après avoir hier mis en ligne le journal du 13 septembre dernier, je réalise que quelque chose m’échappe. C’est dû aux discussions qui sont venues suite à la lecture de l’article, notamment une formule, ça marche (ou ça ne marche pas). Et je réalise que je suis passé à côté de quelque chose d’important ici, peut-être même de central. Ça veut dire quoi, s’agissant de publier des livres (et d’en vendre), ça marche ? Et en réalité, j’imagine qu’il y aurait autant de réponses différentes qu’il y a d’éditeurs et d’auteurs. Ça marche, c’est quand le livre vit. Quand il y a de l’écho, quand il est lu et qu’on en parle autour de soi. Quand il s’en vend, aussi, mais de combien d’exemplaires parle-t-on ? Quelques centaines ? Quelques centaines, à notre échelle, est-ce que ça marche ? Et surtout, quand il s’en vend mais sur combien de temps ? Un livre qui se vend bien sur six semaines, puis c’est silence radio derrière vaut-il mieux qu’un livre qui se vend peu chaque mois mais sur une période beaucoup plus longue ? Chez le généraliste près de Picpus pour faire renouveler une ordonnance, tester de nouveaux trucs. On vit Je vis dans l’illusion qu’un jour, l’un de ces trucs marchera tellement que ce sera miraculeux. Et les douleurs elles se tairont. Par exemple, la mélatonine ? Chez Auchan près des tapis roulants, aux caisses, la cliente qui me précède ouvre la bombe d’aérosole anti-poussière antipoussière qu’elle s’apprête à payer et s’en vaporise une partie sur ses vêtements, pourquoi ? Est-ce que ça marche pour elle ? Je ne lui ai pas demandé. Il doit y avoir toute une histoire derrière ce geste mais je n’aurai n’ai pas vraiment le loisir d’y songer : le temps s’enfonce toujours un peu plus et manque et il y a tant à faire marcher. Par exemple, voilà qu’un festival à l’étranger m’informe deux semaines avant l’échéance qu’un de nos auteurs y figurera et ce serait bien si on pouvait envoyer des livres. Où, quand, comment ? Personne ne le sait. Ailleurs, pour un autre festival, il faut faire des pieds et des mains pour que l’on accepte que l’on envoie (à nos frais, et le retour idem) des livres d’un auteur qui sera en signature. Il ne faut pas croire que ça aille de soi. Il faut donc qu’on se batte pour ça. Ailleurs encore, un libraire six mois après une rencontre ne me répond pas pour savoir où sont les exemplaires de nos livres censés nous avoir été retournés il y a des mois mais jamais reçus. Tout ça, on le sait, ça ne marche pas.

151018, version 4 (16 octobre 2018)

Pardon pour l’Amérique

151018, version 3 (15 octobre 2018)

Après avoir hier mis en ligne le journal du 13 septembre dernier, je réalise que quelque chose m’échappe. C’est dû aux discussions qui sont venues suite à la lecture de l’article, notamment une formule, ça marche (ou ça ne marche pas). Et je réalise que je suis passé à côté de quelque chose d’important ici, peut-être même de central. Ça veut dire quoi, s’agissant de publier des livres (et d’en vendre), ça marche ? Et en réalité, j’imagine qu’il y aurait autant de réponses différentes qu’il y a d’éditeurs et d’auteurs. Ça marche, c’est quand le livre vit. Quand il y a de l’écho, quand il est lu et qu’on en parle autour de soi. Quand il s’en vend, aussi, mais de combien d’exemplaires parle-t-on ? Quelques centaines ? Quelques centaines, à notre échelle, est-ce que ça marche ? Chez le généraliste près de Picpus pour faire renouveler une ordonnance, tester de nouveaux trucs. Je vis dans l’illusion qu’un jour, l’un de ces trucs marchera tellement que ce sera miraculeux. Et les douleurs elles se tairont. Par exemple, la mélatonine ? Chez Auchan près des tapis roulants, aux caisses, la cliente qui me précède ouvre la bombe d’aérosole antipoussière qu’elle s’apprête à payer et s’en vaporise une partie sur ses vêtements, pourquoi ? Est-ce que ça marche pour elle ? Je ne lui ai pas demandé. Il doit y avoir toute une histoire derrière ce geste mais je n’ai pas vraiment le loisir d’y songer : le temps s’enfonce toujours un peu plus et manque et il y a tant à faire marcher. Par exemple, voilà qu’un festival à l’étranger m’informe deux semaines avant l’échéance qu’un de nos auteurs y figurera et ce serait bien si on pouvait envoyer des livres. Où, quand, comment ? Personne ne le sait. Ailleurs, pour un autre festival, il faut faire des pieds et des mains pour que l’on accepte que l’on envoie (à nos frais, et le retour idem) des livres d’un auteur qui sera en signature. Il ne faut pas croire que ça aille de soi. Il faut donc qu’on se batte pour ça. Ailleurs encore, un libraire six mois après une rencontre ne me répond pas pour savoir où sont les exemplaires de nos livres censés nous avoir été retournés il y a des mois mais jamais reçus. Tout ça, on le sait, ça ne marche pas.

151018, version 2 (15 octobre 2018)

Après avoir hier mis en ligne le journal du 13 septembre dernier, je réalise que quelque chose m’échappe. C’est dû aux discussions qui sont venues suite à la lecture de l’article, notamment une formule, ça marche (ou ça ne marche pas). Et je réalise que je suis passé à côté de quelque chose d’important ici, peut-être même de central. Ça veut dire quoi, s’agissant de publier des livres (et d’en vendre), ça marche ? Et en réalité, j’imagine qu’il y aurait autant de réponses différentes qu’il y a d’éditeurs et d’auteurs. Ça marche, c’est quand le livre vit. Quand il y a de l’écho, quand il est lu et qu’on en parle autour de soi. Quand il s’en vend, aussi, mais de combien d’exemplaires parle-t-on ? Quelques centaines ? Quelques centaines, à notre échelle, est-ce que ça marche ? Chez le généraliste près de Picpus pour faire renouveler une ordonnance, tester de nouveaux trucs. Je vis dans l’illusion qu’un jour, l’un de ces trucs marchera tellement que ce sera miraculeux. Et les douleurs elles se tairont. Chez Auchan près des tapis roulants, aux caisses, la cliente qui me précède ouvre la bombe d’aérosole antipoussière qu’elle s’apprête à payer et s’en vaporise une partie sur ses vêtements, pourquoi ? Est-ce que ça marche pour elle ? Je ne lui ai pas demandé. Il doit y avoir toute une histoire derrière ce geste mais je n’ai pas vraiment le loisir d’y songer : le temps s’enfonce toujours un peu plus et manque et il y a tant à faire marcher. Par exemple, voilà qu’un festival à l’étranger m’informe deux semaines avant l’échéance qu’un de nos auteurs y figurera et ce serait bien si on pouvait envoyer des livres. Où, quand, comment ? Personne ne le sait. Ailleurs, pour un autre festival, il faut faire des pieds et des mains pour que l’on accepte que l’on envoie (à nos frais, et le retour idem) des livres d’un auteur qui sera en signature. Il ne faut pas croire que ça aille de soi. Il faut donc qu’on se batte pour ça. Ailleurs encore, un libraire six mois après une rencontre ne me répond pas pour savoir où sont les exemplaires de nos livres censés nous avoir été retournés il y a des mois mais jamais reçus. Tout ça, on le sait, ça ne marche pas.
Guillaume Vissac

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