200619


Plus je cogite à Eff, plus je me dis que c’est un problème de méthodologie. Je suis à l’aise avec l’idée de réduire 500 000 mots à dix ou vingt fois moins que ça. À l’aise avec l’idée de tout réécrire en changeant de perspective et de focalisation. À l’aise avec l’idée de laisser des pans entiers de récit hors champ, et d’en recomposer d’autres là où jusqu’alors il n’y avait rien. À l’aise aussi avec l’idée de laisser Frankenstein de côté, qui a servi d’impulsion (mais à l’aise également avec l’idée de le relire quand même). Ce que je ne parviens pas à faire, c’est décider dans quel ordre faire tout ça, quand et comment. Et j’envie quelque peu les auteurs qui ont une méthode qu’ils appliquent implacablement à chaque nouveau projet car moi, j’ai l’impression de devoir tout réinventer à chaque fois [1]. En réalité, voici ce qu’il faudrait que je fasse (c’est-à-dire voici ce que je recommanderai à autrui de faire s’il ou elle était à ma place et que je me trouvais moi en face d’elle ou de lui) : relire le tout de façon linéaire. Faire un tri extrêmement basique (on garde, on garde pas). Taguer ce qui est sauvé (personnages, thèmes, temporalité, etc.). Relire donc Frankenstein. Réorganiser tout ça, sans doute sous la forme d’un tableur. Réécrire. Relire ça. Réitérer cette opération aussi longtemps qu’il faudra. Dans un mail on me dit : j’espère que je ne te vole trop de temps. Réponse : il tend à s’évaporer de lui-même (c’est vrai). Et c’est déjà le moment où je serpente dans les rues de Ris Orangis, et je me souviens d’une année sur l’autre à quelle rue il faut tourner et où, et au final je retrouve mon chemin sans trop lorgner sur le GPS. E. est là aussi qui arrive précisément au même instant et ce sont les élèves d’H., derrière, qui réinventeront des trucs qui ont du sens pour moi comme « Heroes » ou « La nuit je mens » sur scène. C’est la fin d’une partie de leur parcours et c’est assez touchant, je trouve, d’être témoin de ça et là je me dis : qui a été témoin de mes fins de parcours ? Pas moi en tout cas. Le retour est plus laborieux. C’est un Uber jusqu’à Juvisy pour attraper un D après de longues minutes d’attente sur un quai avec E., T., mais également C., M. et M. que nous avons retrouvés en cours de route, et M. qui me demande si on me verra à la Gay Pride cette année, mais qu’est-ce que j’irai y faire ? Il y a d’ailleurs une phrase pour Eff qui intervient entre deux gares, je la note mentalement, c’est-à-dire non je ne la note pas mais je me la répète. Un contact comme ça sur de la peau à nu, même plusieurs secondes après qu’il s’est produit on continue de le sentir sur soi.

20 juillet 2019
par Guillaume Vissac
Journal
#Alain Bashung #C. #David Bowie #E. #H. #Homosexualité #Jacques Ancet #L’effervescence #M. #Mary Shelley #Rainer Maria Rilke #T. #Train

[1Là-dessus, dans Amnésie du présent, Jacques Ancet écrit : Pour l’artiste véritable, tout commence quand il ne sait plus faire. Quand il se retrouve seul, démuni, comme au premier jour, devant le pas à risquer dans l’obscur. Il croyait savoir : il ne sait rien. Les oeuvres qu’il a pu produire jusque-là ne lui sont d’aucun secours. Au contraire, même : elles approfondissent en lui l’angoisse d’avoir été et de n’être plus ; d’avoir réussi (mais comment ?) ce que jamais plus, peut-être, il ne réussira. « Ce qu’il y a de terrible dans l’art, écrit Rilke, c’est que plus on y avance, plus on est obligé à l’extrême et presqu’à l’impossible. »

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200619, version 10 (13 juillet 2019)

Plus je cogite à Eff, plus je me dis que c’est un problème de méthodologie. Je suis à l’aise avec l’idée de réduire 500 000 mots à dix ou vingt fois moins que ça. À l’aise avec l’idée de tout réécrire en [changeant changeant de perspective et de focalisation->article4451 ]. focalisation . À l’aise avec l’idée de laisser des pans entiers de récit hors champ, et d’en recomposer d’autres là où jusqu’alors il n’y avait rien. À l’aise aussi avec l’idée de laisser Frankenstein de côté, qui a servi d’impulsion (mais à l’aise également avec l’idée de le relire quand même). Ce que je ne parviens pas à faire, c’est décider dans quel ordre faire tout ça, quand et comment. Et j’envie quelque peu les auteurs qui ont une méthode qu’ils appliquent implacablement à chaque nouveau projet car moi, j’ai l’impression de devoir tout réinventer à chaque fois [1]. En réalité, voici ce qu’il faudrait que je fasse (c’est-à-dire voici ce que je recommanderai à autrui de faire s’il ou elle était à ma place et que je me trouvais moi en face d’elle ou de lui ) : relire le tout de façon linéaire. Faire un tri extrêmement basique (on garde, on garde pas). Taguer ce qui est sauvé (personnages, thèmes, temporalité, etc.). Relire donc Frankenstein. Réorganiser Voir dans quel ordre redéployer tout ça, sans doute sous la forme d’un tableur . Réécrire. Relire ça. Réitérer cette opération aussi longtemps qu’il faudra. Dans un mail on me dit : j’espère que je ne te vole trop de temps. Réponse : il tend à s’évaporer de lui-même (c’est vrai). Et c’est déjà bientôt le moment où je serpente dans les rues de Ris Orangis, et je me souviens d’une année sur l’autre à quelle rue il faut tourner et où, et au final je retrouve mon chemin sans trop lorgner sur le GPS. E. est là aussi qui arrive précisément au même instant et ce sont les élèves d’H., derrière, qui réinventeront des trucs qui ont du sens pour moi comme « Heroes » ou « La nuit je mens » sur scène. C’est la fin d’une partie de leur parcours et c’est assez touchant, je trouve, d’être témoin de ça et là je me dis : qui a été témoin de mes fins de parcours ? Pas moi en tout cas. Le retour est plus laborieux. C’est un Uber jusqu’à Juvisy pour attraper un D après de longues minutes d’attente sur un quai avec E., T., mais également C., M. et M. que nous avons retrouvés en cours de route, et M. qui me demande si on me verra à la Gay Pride cette année, mais qu’est-ce que j’irai y faire ? Il y a d’ailleurs une phrase pour Eff qui intervient entre deux gares, je la note mentalement, c’est-à-dire non je ne la note pas mais je me la répète. Un contact comme ça sur de la peau à nu, même plusieurs secondes après qu’il s’est produit on continue de le sentir sur soi.

[1Là-dessus, dans Amnésie du présent, Jacques Ancet écrit : Pour l’artiste véritable, tout commence quand il ne sait plus faire. Quand il se retrouve seul, démuni, comme au premier jour, devant le pas à risquer dans l’obscur. Il croyait savoir : il ne sait rien. Les oeuvres qu’il a pu produire jusque-là ne lui sont d’aucun secours. Au contraire, même : elles approfondissent en lui l’angoisse d’avoir été et de n’être plus ; d’avoir réussi (mais comment ?) ce que jamais plus, peut-être, il ne réussira. « Ce qu’il y a de terrible dans l’art, écrit Rilke, c’est que plus on y avance, plus on est obligé à l’extrême et presqu’à l’impossible. »

200619, version 9 (10 juillet 2019)

Train, David Bowie, E., Homosexualité, H., Alain Bashung, M., Rainer Maria Rilke, C., Mary Shelley, T., Jacques Ancet, L’effervescence
Plus je cogite à Eff, plus je me dis que c’est un problème de méthodologie. Je suis à l’aise avec l’idée de réduire 500 000 mots à dix ou vingt fois moins que ça. À l’aise avec l’idée de tout réécrire en changeant de perspective et de focalisation. À l’aise avec l’idée de laisser des pans entiers de récit hors champ, et d’en recomposer d’autres là où jusqu’alors il n’y avait rien. À l’aise aussi avec l’idée de laisser Frankenstein de côté, qui a servi d’impulsion (mais à l’aise également avec l’idée de le relire quand même). Ce que je ne parviens pas à faire, c’est décider dans quel ordre faire tout ça, quand et comment. Et j’envie quelque peu les auteurs qui ont une méthode qu’ils appliquent implacablement à chaque nouveau projet car moi, j’ai l’impression de devoir tout réinventer à chaque fois [2]. En réalité, voici ce qu’il faudrait que je fasse (c’est-à-dire voici ce que je recommanderai à autrui de faire s’il ou elle était à ma place) : relire le tout de façon linéaire. Faire un tri extrêmement basique (on garde, on garde pas). Taguer ce qui est sauvé (personnages, thèmes, temporalité, etc.). Relire donc Frankenstein. Voir dans quel ordre redéployer tout ça. Réécrire. Dans un mail on me dit : j’espère que je ne te vole trop de temps. Réponse : il tend à s’évaporer de lui-même (c’est vrai). Et c’est bientôt le moment où je serpente dans les rues de Ris Orangis, et je me souviens d’une année sur l’autre à quelle rue il faut tourner et où, et au final je retrouve mon chemin sans trop lorgner sur le GPS. E. est là aussi qui arrive précisément au même instant et ce sont les élèves d’H., derrière, qui réinventeront des trucs qui ont du sens pour moi comme « Heroes » ou « La nuit je mens » sur scène. C’est la fin d’une partie de leur parcours et c’est assez touchant, je trouve, d’être témoin de ça et là je me dis : qui a été témoin de mes fins de parcours ? Pas moi en tout cas. Le retour est plus laborieux. C’est un Uber jusqu’à Juvisy pour attraper un D après de longues minutes d’attente sur un quai avec E., T., mais également C., M. et M. que nous avons retrouvés en cours de route, et M. qui me demande si on me verra à la Gay Pride cette année, mais qu’est-ce que j’irai y faire ? Il y a d’ailleurs une phrase pour Eff qui intervient entre deux gares, je la note mentalement, c’est-à-dire non je ne la note pas mais je me la répète. Un contact comme ça sur de la peau à nu, même plusieurs secondes après qu’il s’est produit on continue de le sentir sur soi.

[2Là-dessus , dans Amnésie du présent , Jacques Ancet écrit  : Pour l’artiste véritable , tout commence quand il ne sait plus faire fois . Quand il se retrouve seul, démuni, comme au premier jour, devant le pas à risquer dans l’obscur. Il croyait savoir : il ne sait rien. Les oeuvres qu’il a pu produire jusque-là ne lui sont d’aucun secours. Au contraire, même : elles approfondissent en lui l’angoisse d’avoir été et de n’être plus ; d’avoir réussi (mais comment ?) ce que jamais plus, peut-être, il ne réussira. « Ce qu’il y a de terrible dans l’art, écrit Rilke, c’est que plus on y avance, plus on est obligé à l’extrême et presqu’à l’impossible.  »

200619, version 8 (8 juillet 2019)

Plus je cogite à Eff, plus je me dis que c’est un problème de méthodologie. Je suis à l’aise avec l’idée de réduire 500 000 mots à dix ou vingt fois moins que ça. À l’aise avec l’idée de quasi tout réécrire en changeant de perspective et de focalisation. À l’aise avec l’idée de laisser des pans entiers de récit hors champ, et d’en recomposer d’autres là où jusqu’alors il n’y avait rien. À l’aise aussi avec l’idée de laisser Frankenstein de côté, qui a servi d’impulsion (mais à l’aise également avec l’idée de le relire quand même au cas ). Ce que je ne parviens pas à faire, c’est décider dans quel ordre faire tout ça, quand et comment. Et j’envie quelque peu les auteurs qui ont une méthode qu’ils appliquent implacablement à chaque nouveau projet car moi, j’ai l’impression de devoir tout réinventer à chaque fois. En réalité, voici ce qu’il faudrait que je fasse (c’est-à-dire voici ce que je recommanderai à autrui de faire s’il ou elle était à ma place) : relire le tout de façon linéaire. Faire un tri extrêmement basique (on garde, on garde pas). Taguer ce qui est sauvé que l’on garde (personnages, thèmes, temporalité, etc . que sais-je ). ). E . Relire donc Frankenstein. Voir dans quel ordre redéployer tout ça. Réécrire. Dans un mail on me dit : j’espère que je ne te vole trop de temps. Réponse Et moi ce que je réponds : il tend à s’évaporer de lui-même (c’est vrai). Et c’est bientôt le moment où je serpente dans les rues de Ris Orangis, et je me souviens d’une année sur l’autre à quelle rue il faut tourner et où, et au final je retrouve mon chemin sans trop lorgner sur le GPS. [E.->mot28] est là aussi qui arrive précisément au même à cet instant précis et ce sont les élèves d’[H d’H .->mot59], derrière, qui réinventeront des trucs qui ont du sens pour moi comme «  Heroes Heroes  » ou «  La La nuit je mens  » mens sur une scène. C’est la fin d’une partie de leur parcours et c’est assez touchant, je trouve, d’être témoin de ça et là je me dis : qui a été témoin de mes des fins de mon parcours ? Pas moi en tout cas. Le retour est plus laborieux. C’est un Uber jusqu’à Juvisy pour attraper un D après de longues minutes d’attente sur un quai avec E[. . ->mot28], [T T .->mot503], mais également [C C .->mot331], [M M .->mot229] et [M M .->mot229] que nous avons retrouvés en cours de route, et [M .->mot229] M. qui me demande si on me verra à la Gay Pride cette année, et je dois faire une drôle de tête , mais qu’est-ce que j’irai y faire ? Il y a d’ailleurs une phrase pour Eff qui intervient entre deux gares, je la note mentalement, c’est-à-dire non je ne la note pas mais je me la répète. Un contact comme ça sur de la peau à nu, même plusieurs secondes après qu’il s’est produit on continue de le sentir sur soi. Et si on faisait de ça, Eff, un genre de roman total dont chacune des phrases qui l’habillent, ou qui l’habitent, serait une miniature du roman en lui-même ? Un genre de cristallisation. Au fond, n’est-ce pas toujours le cas dans un bon livre ?
Train, David Bowie, E., Homosexualité, H., Alain Bashung, M., C., Mary Shelley, T., L’effervescence
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200619, version 7 (7 juillet 2019)

Plus je cogite à Eff, et plus je me dis que c’est le problème , s’il y en a un problème , relève de la méthodologie. Je suis à l’aise avec l’idée de réduire 500 000 mots à dix ou vingt fois moins que ça. À l’aise avec l’idée de quasi tout réécrire en changeant de perspective et de focalisation. À l’aise avec l’idée de laisser des pans entiers de récit récits hors champ, et d’en recomposer d’autres là où jusqu’alors il n’y avait rien. À l’aise aussi avec l’idée de laisser Frankenstein de côté, qui a servi d’impulsion (mais à l’aise également avec l’idée de le relire au jusqu’au cas où). Ce que je ne parviens pas à faire, en revanche , c’est décider dans quel ordre faire tout ça, quand et comment. Et j’envie quelque peu les auteurs qui ont une méthode qu’ils appliquent implacablement à chaque nouveau projet car moi, j’ai l’impression de devoir tout réinventer à chaque fois. En réalité, voici ce qu’il faudrait que je fasse (c’est-à-dire voici ce que je recommanderai à autrui de faire s’il ou elle était à ma place) : relire le tout de façon linéaire. Faire un tri extrêmement basique (on garde, on garde pas). Taguer ce que l’on garde (personnages, thèmes, temporalité, que sais-je). Relire Frankenstein. Voir dans quel ordre redéployer tout ça. Réécrire. Dans un mail on me dit : j’espère que je ne te vole trop de temps. Et moi ce que je réponds : il tend à s’évaporer de lui-même (c’est vrai). Et c’est bientôt le nous revoilà déjà à ce moment de l’année où je serpente dans les rues de Ris Orangis, et je me souviens d’une année sur l’autre à quelle rue il faut tourner et où, et au final je retrouve mon chemin sans trop lorgner sur le GPS. E. est là aussi qui arrive précisément à cet instant précis et ce sont les élèves d’H., derrière, qui réinventeront des trucs qui ont du sens pour moi forts comme Heroes ou La nuit je mens sur une scène. C’est la fin d’une partie de leur parcours et c’est assez touchant, je trouve, d’être témoin de ça et là je me dis : qui a été témoin des fins de mon parcours ? Pas moi en C’est tout cas . Personne. Pas même moi. Le retour est plus laborieux. C’est un Uber jusqu’à Juvisy pour attraper un D après de longues minutes d’attente sur un quai avec E., T., mais également C., M. et M. que nous avons retrouvés en cours de route. M. qui me demande si on me verra à la Gay Pride cette année, et je dois faire une drôle de tête, qu’est-ce que j’irai y faire ? On pourrait me proposer de participer aux 24h du Mans de caisses-à-savon que ça ne me paraîtrait pas plus incongru et je n’ai pas le temps de répondre ce qu’au fond de moi j’aurai envie de répondre : je n’y serai pas à ma place. Pas plus que je ne me sentirais à ma place dans une manif anti Macron (ou, comme ça a pu être le cas dans ma vie, c’est-à-dire n’être pas le cas donc, dans une manif anti-CPE). Ma place, elle se trouve derrière une page ouverte dans un logiciel de traitement de texte ou un espace de composition d’article d’un site web, avec le curseur qui clignote, en noir sur fond blanc ou le contraire. Il y a d’ailleurs une phrase pour Eff qui intervient entre deux gares, je la note mentalement, c’est-à-dire non je ne la note pas mais je me la répète. Un contact comme ça sur de la peau à nu, même plusieurs secondes après qu’il s’est produit on continue de le sentir sur soi. Et si on faisait de ça, Eff, un genre de roman total dont chacune des phrases qui l’habillent, ou qui l’habitent, serait une miniature du roman en lui-même ? Un genre de cristallisation. Au fond, n’est-ce pas toujours le cas dans un bon livre ?

200619, version 6 (28 juin 2019)

Plus je cogite à Eff et plus je me dis que le problème, s’il si problème il y en a un , relève de la méthodologie. Je suis à l’aise avec l’idée de réduire 500 000 mots à dix ou vingt fois moins que ça. À l’aise avec l’idée de quasi tout réécrire en changeant de perspective et de focalisation. À l’aise avec l’idée de laisser des pans entiers de récits hors champ, et d’en recomposer d’autres d’autre là où jusqu’alors il n’y avait rien. À l’aise aussi avec l’idée de laisser Frankenstein de côté, qui a servi d’impulsion (mais à l’aise également avec l’idée de le relire jusqu’au cas où). Ce que je ne parviens pas à faire, en revanche, c’est décider dans quel ordre faire tout ça, quand et comment. Et j’envie quelque peu les auteurs qui ont une méthode qu’ils appliquent implacablement à chaque nouveau projet car moi, j’ai l’impression de devoir tout réinventer à chaque fois. En réalité, voici ce qu’il faudrait que je fasse (c’est-à-dire voici ce que je recommanderai à autrui de faire s’il ou elle était à ma place) : relire le tout de façon linéaire. Faire un tri extrêmement basique (on garde, on garde pas). Taguer ce que l’on garde (personnages, thèmes, temporalité, que sais-je). Relire Frankenstein . Frankenstein . Voir dans quel ordre on peut redéployer tout ça. Réécrire. Dans un mail on me dit m’écrit : j’espère que je ne te vole trop de temps. Et moi ce que je réponds : il tend à s’évaporer de lui-même (c’est vrai). Et nous revoilà déjà à ce moment de dans l’année où je serpente dans les rues de Ris Orangis, et je me souviens d’une année sur l’autre à quelle rue il faut tourner et où, et au final je retrouve mon chemin sans trop lorgner sur le GPS. E. est là aussi qui arrive précisément à cet instant précis et ce sont les élèves d’H., derrière, qui réinventeront des trucs forts comme Heroes ou La nuit je mens sur une scène. C’est la fin d’une partie de leur parcours et c’est assez touchant, je trouve, d’être témoin de ça et je me dis  : qui a été témoin des fins de mon parcours  ? . Personne. Pas même moi. Le retour est plus laborieux. C’est un Uber jusqu’à Juvisy pour attraper un D après de longues minutes d’attente sur un quai avec E., T., mais également C., M. et M. que nous avons retrouvés en cours de route. M. qui me demande si on me verra à la Gay Pride cette année, et je dois faire une drôle de tête, qu’est-ce que j’irai y faire ? On pourrait me proposer de participer aux 24h du Mans de caisses-à-savon que ça ne me paraîtrait pas plus incongru et je n’ai pas le temps de répondre ce qu’au fond de moi j’aurai envie de répondre : je n’y serai pas à ma place. Pas plus que je ne me sentirais à ma place dans une manif anti Macron (ou, comme ça a pu être le cas dans ma vie, c’est-à-dire n’être pas le cas donc, dans une manif anti-CPE). Ma place, elle se trouve derrière une page ouverte dans un logiciel de traitement de texte ou un espace de composition d’article d’un site web, avec le curseur qui clignote, en noir sur fond blanc ou le contraire. C’est tout. Il y a d’ailleurs une phrase pour Eff qui intervient entre deux gares, je la note mentalement, c’est-à-dire non je ne la note pas mais je me la répète. Un contact comme ça sur de la peau à nu, même plusieurs secondes après qu’il s’est produit on continue de le sentir sur soi. Et si on faisait de ça, Eff, un genre de roman total dont donc chacune des phrases qui l’habillent, ou qui l’habitent, serait une miniature du roman en lui-même ? Un genre de cristallisation. Au fond, n’est-ce pas toujours le cas dans un bon livre ?

200619, version 5 (21 juin 2019)

Plus je cogite à Eff et plus je me dis que le problème, si problème il y a, relève de la méthodologie. Je suis à l’aise avec l’idée de réduire 500 000 mots à dix ou vingt fois moins que ça. À l’aise avec l’idée de quasi tout réécrire en changeant de perspective et de focalisation. À l’aise avec l’idée de laisser des pans entiers de récits hors champ, et d’en recomposer d’autre là où jusqu’alors il n’y avait rien. À l’aise aussi avec l’idée de laisser Frankenstein de côté, qui a servi d’impulsion (mais à l’aise également avec l’idée de le relire jusqu’au cas où). Ce que je ne parviens pas à faire, en revanche, c’est décider dans quel ordre faire tout ça, quand et comment. Et j’envie quelque peu les auteurs qui ont une méthode qu’ils appliquent implacablement à chaque nouveau projet car moi, j’ai l’impression de devoir tout réinventer à chaque fois. En réalité, voici ce qu’il faudrait que je fasse (c’est-à-dire voici ce que je recommanderai à autrui de faire s’il ou elle était à ma place) : relire le tout de façon linéaire. Faire un tri extrêmement basique (on garde, on garde pas). Taguer ce que l’on garde (personnages, thèmes, temporalité, que sais-je). Relire Frankenstein. Voir dans quel ordre on peut redéployer tout ça. Réécrire. Dans un mail on m’écrit : j’espère que je ne te vole trop de temps. Et moi ce que je réponds : il tend à s’évaporer de lui-même (c’est vrai). Et nous revoilà déjà à ce moment dans l’année où je serpente dans les rues de Ris Orangis, et je me souviens d’une année sur l’autre à quelle rue il faut tourner et où, et au final je retrouve mon chemin sans trop lorgner sur le GPS. E. est là aussi qui arrive précisément à cet instant précis et ce sont les élèves d’H., derrière, qui réinventeront des trucs forts comme Heroes ou La nuit je mens sur une scène. C’est la fin d’une partie de leur parcours et c’est assez touchant, je trouve, d’être témoin de ça. Le retour est plus laborieux. C’est un Uber jusqu’à Juvisy pour attraper un D après de longues minutes d’attente sur un quai avec E., T., mais également C., M. et M. que nous avons retrouvés en cours de route. M. qui me demande si on me verra à la Gay Pride cette année, et je dois faire une drôle de tête, qu’est-ce que j’irai y faire ? On pourrait me proposer de participer aux 24h du Mans de caisses-à-savon que ça ne me paraîtrait pas plus incongru et je n’ai pas le temps de répondre ce qu’au fond de moi j’aurai envie de répondre : je n’y serai pas à ma place. Pas plus que je ne me sentirais à ma place dans une manif anti Macron (ou, comme ça a pu être le cas dans ma vie, c’est-à-dire n’être pas le cas donc, dans une manif anti-CPE). Ma place, elle se trouve derrière une page ouverte dans un logiciel de traitement de texte ou un espace de composition d’article d’un site web, avec le curseur qui clignote, en noir sur fond blanc ou le contraire. C’est tout. Il y a d’ailleurs une phrase pour Eff qui intervient entre deux gares, je la note mentalement, c’est-à-dire non je ne la note pas mais je me la répète. Un contact comme ça sur de la peau à nu, même plusieurs secondes après qu’il s’est produit on continue de le sentir sur soi. Et si on faisait de ça, Eff, un genre de roman total donc chacune des phrases qui l’habillent, ou qui l’habitent, serait une miniature du roman en lui-même ? Un genre de cristallisation.

200619, version 4 (21 juin 2019)

Plus je cogite à Eff et plus je me dis que le problème, si problème il y a, relève de la méthodologie. Je suis à l’aise avec l’idée de réduire 500 000 mots à dix ou vingt fois moins que ça. À l’aise avec l’idée de quasi tout réécrire en changeant de perspective et de focalisation. À l’aise avec l’idée de laisser des pans entiers de récits hors champ, et d’en recomposer d’autre là où jusqu’alors il n’y avait rien. À l’aise aussi avec l’idée de laisser Frankenstein de côté, qui a servi d’impulsion (mais à l’aise également avec l’idée de le relire jusqu’au cas où). Ce que je ne parviens pas à faire, en revanche, c’est décider dans quel ordre faire tout ça, quand et comment. Et j’envie quelque peu les auteurs qui ont une méthode qu’ils appliquent implacablement à chaque nouveau projet car moi, j’ai l’impression de devoir tout réinventer à chaque fois. En réalité, voici ce qu’il faudrait que je fasse (c’est-à-dire voici ce que je recommanderai à autrui de faire s’il ou elle était à ma place) : relire le tout de façon linéaire. Faire un tri extrêmement basique (on garde, on garde pas). Taguer ce que l’on garde (personnages, thèmes, temporalité, que sais-je). Relire Frankenstein. Voir dans quel ordre on peut redéployer tout ça. Réécrire. Dans un mail on m’écrit : j’espère que je ne te vole trop de temps. Et moi ce que je réponds : il tend à s’évaporer de lui-même (c’est vrai). Et nous revoilà déjà à ce moment dans l’année où je serpente dans les rues de Ris Orangis, et je me souviens d’une année sur l’autre à quelle rue il faut tourner et où, et au final je retrouve mon chemin sans trop lorgner sur le GPS. E. est là aussi qui arrive précisément à cet instant précis et ce sont les élèves d’H., derrière, qui réinventeront des trucs forts comme Heroes ou La nuit je mens sur une scène. C’est la fin d’une partie de leur parcours et c’est assez touchant, je trouve, d’être témoin de ça. Le retour est plus laborieux. C’est un Uber jusqu’à Juvisy pour attraper un D après de longues minutes d’attente sur un quai avec E., T., mais également C., M. et M. que nous avons retrouvés en cours de route. Il y a une phrase pour Eff qui intervient entre deux gares, je la note mentalement, c’est-à-dire non je ne la note pas mais je me la répète. Un contact comme ça sur de la peau à nu, même plusieurs secondes après qu’il s’est produit on continue de le sentir sur soi. Et si on faisait de ça, Eff, un genre de roman total donc chacune des phrases qui l’habillent, ou qui l’habitent, serait une miniature du roman en lui-même ? Un genre de cristallisation.

200619, version 3 (20 juin 2019)

Plus je cogite à Eff et plus je me dis que le problème, si problème il y a, relève de la méthodologie. Je suis à l’aise avec l’idée de réduire 500 000 mots à dix ou vingt fois moins que ça. À l’aise avec l’idée de quasi tout réécrire en changeant de perspective et de focalisation. À l’aise avec l’idée de laisser des pans entiers de récits hors champ, et d’en recomposer d’autre là où jusqu’alors il n’y avait rien. À l’aise aussi avec l’idée de laisser Frankenstein de côté, qui a servi d’impulsion (mais à l’aise également avec l’idée de le relire jusqu’au cas où). Ce que je ne parviens pas à faire, en revanche, c’est décider dans quel ordre faire tout ça, quand et comment. Et j’envie quelque peu les auteurs qui ont une méthode qu’ils appliquent implacablement à chaque nouveau projet car moi, j’ai l’impression de devoir tout réinventer à chaque fois. En réalité, voici ce qu’il faudrait que je fasse (c’est-à-dire voici ce que je recommanderai à autrui de faire s’il ou elle était à ma place) : relire le tout de façon linéaire. Faire un tri extrêmement basique (on garde, on garde pas). Taguer ce que l’on garde (personnages, thèmes, temporalité, que sais-je). Relire Frankenstein. Voir dans quel ordre on peut redéployer tout ça. Réécrire. Dans un mail on m’écrit : j’espère que je ne te vole trop de temps. Et moi ce que je réponds : il tend à s’évaporer de lui-même (c’est vrai).

200619, version 2 (20 juin 2019)

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