240619


Impossible de réserver en ligne mes billets de train pour juillet. Depuis deux jours, c’est le même message : erreur technique, veuillez réessayer plus tard. Mais plus tard, c’est-à-dire dans le temps, les prix s’envolent car, parait-il, ils sont volatiles. N’est-ce pas un monde merveilleux ? Un monde où les choses n’ont jamais de valeur fixe mais toujours relative, un monde encore doré de toute évidence, ce qui fait que fondamentalement rien ne vaut rien, tout est fictif, et c’est comme nos livres finalement : un livre neuf possède un prix arbitraire qui, en l’état actuel des choses, ne permet pas une rémunération juste et équitable de tous les acteurs de ce qu’on appelle la chaine, il est donc valorisé en-dessous de sa valeur réelle, sinon tout simplement personne ne l’achèterait. Mais dès qu’on le sort du circuit commercial, et qu’on veut par exemple le revendre, voilà qu’il perd la quasi intégralité de sa valeur, et c’est comme ça qu’on voit des livres végéter à 1€ ou 2€ dans des brocantes ou des solderies et ne pas trouver preneurs. Quand ils ne finissent pas tout simplement abandonnés (ou juste partagés si nous voyons le monde d’un meilleur œil) dans les boîtes à livre, donc sans valeur commerciale du tout. Ce qui fait qu’au final, un livre peut être à la fois trop cher et pas assez, et une même chose peut être et n’être pas son contraire en même temps. Encore une fois, rien n’a de sens (ce qui est probablement un soulagement quelque part, ça nous aide à nous en désintéresser, pour nous focaliser peut-être sur ce qui transcende la valeur, comprendre nos écritures elles-mêmes). Et quand tu appelles la SNCF pour réserver toi-même ton billet au téléphone plutôt qu’en ligne, on te fait patienter (c’est un message automatique), on te fait taper un, taper deux (c’est un message automatique), on te met en attente (c’est un message automatique), on ne te répond pas (là, ce n’est pas un message automatique, c’est rien du tout, des silences au carré), puis on te remercie de ton appel et on te souhaite bon vent (c’est de nouveau un message automatique). Et là, tu as envie de répondre à la voix dans le combiné (c’est-à-dire à personne) mais va bouffer mon short, ce qui est une expression qu’on n’utilise guère de nos jours. En réalité, c’est une expression qu’on n’a jamais utilisée, et qui n’existe pas. Sauf dans la série Les Simpson, où c’est un truc langagier, une invention de Bart, pour dire sans avoir à le dire (de façon plus policée, donc, plus inventive) va te faire foutre. En français, cette expression devient curieusement va te faire shampouiner, ce qui est encore plus incongru (on suppose qu’il fallait pour la forme de la bouche un son ch, preuve que les traducteurs et doubleurs de dessins (même pauvrement) animés comme Les Simpson font bien leur boulot). Ce qui donne une scène complètement incompréhensible en français, non pas dans Les Simpson mais cette fois dans Futurama, une autre série de Matt Groening, au cours de laquelle Bender, qui est un robot un peu destroy, envoyé sur un genre de décharge monumentale (je crois que c’est sur la lune ou, non, sur un astéroïde d’ordures), et confronté à un amoncellement de poupées parlante Bart Simpson abandonnées là, en tas, écoute le message enregistrée par elle (eat my shorts !) et le fait littéralement, il bouffe le short de la poupée. Voilà, ça n’a pas plus de sens que la valeur de nos livres quand c’est dit avec va te faire shampouiner mais ça en a avec va bouffer mon short, et ça aurait pu s’arrêter là cette histoire. Sauf que Tartelette, elle, qui a traversé il y a peu un genre d’épisode d’insatisfaction permanente (mais à qui cela n’arrive-t-il pas ?), a littéralement appliqué ce précepte, c’est-à-dire qu’elle s’est introduite dans la penderie et a bouffé mes shorts. Et je ne m’en rends compte qu’à présent, car la température monte dangereusement. Et il y a des trous dedans. Que faire ? Rien. Acheter un jour d’autres shorts. Trouver d’autres moyens de réserver ces billets. Faire ce que tout un chacun ferait en pareille circonstance. Attendre. Et me dire peut-être que si je n’étais pas en train de lire Le Dossier M, je n’écrirai pas aussi longuement dans le journal.

À cause de lui, M et moi étions condamnés à errer dans le monde intangible de la fiction, dont le centre est la circonférence et partout le nullipare ; à cause de lui, nous étions voués à une inexistence sans fin et aux joies blettes de la pure cérébralité ; à cause de lui, nous étions prisonniers de nos faits et gestes, coupés dans nos élans et coupables de les éprouver ; oui, par sa faute, nous devenions des spectres, des caricatures, nous étions risibles, nous étions des avortements de nous-mêmes sans cesse pratiqués. Du seul fait qu’il était dans les parages, nous étions voués à vivre un amour cavernicole, contraints de jouer une sinistre comédie qui rabaissait piteusement nos sentiments et faisait d’eux une affreuse parodie, les avilissait, les enfermait dans un frigo d’où ils ne pouvaient plus sortir. Où ils gelaient.

Grégoire Bouillier, Le Dossier M, Flammarion

Mais ce n’est pas là que je voulais en venir. Car, fatalement, côté Oui SNCF (c’est comme ça qu’il faut dire à présent), quelqu’un a bien fini par décrocher. Et passons les préconisations de la personne (essayez de nettoyer le navigateur, essayez plutôt sur Firefox que Safari ou Chrome, ça marche moins bien sur Safari ou Chrome, etc.). Le truc, c’est qu’elle m’a dit ensuite : vous avez essayé de réserver sur un ordinateur ? Il y a eu comme un blanc. Sur quoi voulait-elle que je réserve ? C’est que ça ne m’est même pas venu à l’esprit de le faire ailleurs, par exemple sur une application mobile. Sur mon téléphone, quoi. Et force est de constater que, dessus, ça marche. Je me suis senti con. Je me suis senti aussi con que jeudi dernier lorsqu’il m’a fallu réserver un Uber Ris-Orangis - Juvisy et que j’ai réalisé que, cette application, je ne savais pas comment elle fonctionnait. Si j’avais eu dix ans de moins, oui. Et j’aurais instinctivement fait ma réservation sur mon tel. Et, accessoirement (mais pas si accessoirement que ça en fait), je connaitrais par cœur mon numéro de téléphone. Alors, bon, les auteurs nativement numériques ont bon dos, les auteurs nativement numériques mon cul ; ils ne sont même pas capables, non pas de réserver un billet de train sur leur téléphone mais ne serait-ce que de penser à le faire ! Quand soudain, c’est limpide : dans Eff, qui s’appelle en réalité L’effervescence, les deux personnages principaux recherchent au fond la même chose (c’est ce que j’appelais l’autre jour l’équilibre), et qui se présentera à eux sous cette forme, l’effervescence, mais pas par le même sens. L’un le cherche par l’ouïe, l’autre par le toucher. Et le troisième personnage (dont je ne parviens pas à me rappeler le prénom), par le goût, ou par la vision. À voir. À un autre moment encore, pour autre chose encore, au sujet d’un passage assez long de ce texte : mais cette histoire, elle n’est pas pour Eff. Elle est pour Grieg. La déplacer là-bas alors. Là, si je relisais le texte écrit par quelqu’un d’autre, je passerais mon temps à corriger à pieds > à pied et je mettrais dans la marge tu as trop lu Réparer les vivants. C’était le cas. Mais tout de même, j’ai l’impression que quelque chose revient. Un flux ? M’abandonner à lui alors. Et sauver 3545 mots sur 5753.

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240619, version 11 (13 juillet 2019)

Impossible de réserver en ligne mes billets de train pour juillet. Depuis deux jours, c’est le même message : erreur technique, veuillez réessayer plus tard. Mais plus tard, c’est-à-dire dans le temps, les prix s’envolent car, parait-il, ils sont volatiles. N’est-ce pas un monde merveilleux ? Un monde où les choses n’ont jamais de valeur fixe mais toujours relative, un monde encore doré de toute évidence, ce qui fait que fondamentalement rien ne vaut rien, tout est fictif, et c’est comme nos livres finalement : un livre neuf possède un prix arbitraire qui, en l’état actuel des choses, ne permet pas une rémunération juste et équitable de tous les acteurs de ce qu’on appelle la chaine, il est donc valorisé en-dessous de sa valeur réelle, sinon tout simplement personne ne l’achèterait. Mais dès qu’on le sort du circuit commercial, et qu’on veut par exemple le revendre, voilà qu’il perd la quasi intégralité de sa valeur, et c’est comme ça qu’on voit des livres végéter à 1€ ou 2€ dans des brocantes ou des solderies et ne pas trouver preneurs. Quand ils ne finissent pas tout simplement abandonnés (ou juste partagés si nous voyons le monde d’un meilleur œil) dans les boîtes à livre, donc sans valeur commerciale du tout. Ce qui fait qu’au final, un livre peut être à la fois trop cher et pas assez, et une même chose peut être et n’être pas son contraire en même temps. Encore une fois, rien n’a de sens (ce qui est probablement un soulagement quelque part, ça nous aide à nous en désintéresser, pour nous focaliser peut-être sur ce qui transcende la valeur, comprendre nos écritures elles-mêmes). Et quand tu appelles la SNCF pour réserver toi-même ton billet au téléphone plutôt qu’en ligne, on te fait patienter (c’est un message automatique), on te fait taper un, taper deux (c’est un message automatique), on te met en attente (c’est un message automatique), on ne te répond pas (là, ce n’est pas un message automatique, c’est rien du tout, des silences au carré), puis on te remercie de ton appel et on te souhaite bon vent (c’est de nouveau un message automatique). Et là, tu as envie de répondre à la voix dans le combiné (c’est-à-dire à personne) mais va bouffer mon short, ce qui est une expression qu’on n’utilise guère de nos jours. En réalité, c’est une expression qu’on n’a jamais utilisée, et qui n’existe pas. Sauf dans la série Les Simpson, où c’est un truc langagier, une invention de Bart, pour dire sans avoir à le dire (de façon plus policée, donc, plus inventive) va te faire foutre. En français, cette expression devient curieusement va te faire shampouiner, ce qui est encore plus incongru (on suppose qu’il fallait pour la forme de la bouche un son chmais franchement , preuve que les traducteurs et doubleurs la forme de dessins ( même la bouche dans un dessin pauvrement) animés animé comme Les Simpson font bien leur boulot ). Simpson ... ). Ce qui donne une scène complètement incompréhensible en français, non pas dans Les Simpson mais cette fois dans Futurama, une autre série de Matt Groening, au cours de laquelle Bender, qui est un robot un peu destroy, envoyé sur un genre de décharge monumentale (je crois que c’est sur la lune ou , non , sur un astéroïde d’ordures ), et confronté à un amoncellement de poupées parlante Bart Simpson abandonnées là, en tas, écoute le message enregistrée par elle (eat my shorts !) et le fait littéralement, il bouffe le short de la poupée. Voilà, ça n’a pas plus de sens que la valeur de nos livres quand c’est dit avec va te faire shampouiner mais ça en a avec va bouffer mon short, et ça aurait pu s’arrêter là cette histoire. Sauf que Tartelette, elle, qui a traversé Sauf que Tartelette , elle , qui a traversé il y a peu un genre d’épisode d’insatisfaction permanente (mais à qui cela n’arrive-t-il pas ?), a littéralement appliqué ce précepte, c’est-à-dire qu’elle s’est introduite dans la penderie et a bouffé mes shorts. Et je ne m’en rends compte qu’à présent, car la température monte dangereusement. Et il y a des trous dedans. Que faire ? Rien. Acheter un jour d’autres shorts. Trouver d’autres moyens de réserver ces billets. Faire ce que tout un chacun ferait en pareille circonstance. Attendre. Et me dire peut-être que si je n’étais pas en train de lire Le Dossier M, je n’écrirai pas aussi longuement dans le journal.

240619, version 9 (11 juillet 2019)

Impossible de réserver en ligne mes billets de train pour juillet. Depuis Impossible de réserver en ligne mes billets de train pour juillet  : depuis maintenant deux jours, c’est le même message : erreur technique, veuillez réessayer plus tard. Mais plus tard, c’est-à-dire dans le temps, les prix s’envolent car, parait-il, ils sont volatiles. N’est-ce pas un monde merveilleux ? Un monde où les choses n’ont jamais de valeur fixe mais toujours relative, un monde encore doré Un monde les choses n’ont jamais de valeur fixe mais toujours relative , un monde encore doré de toute évidence, ce qui fait que fondamentalement rien ne vaut rien, tout est fictif, et c’est comme nos livres finalement : un livre neuf possède un prix arbitraire qui, en l’état actuel des choses, ne permet pas une rémunération juste et équitable de tous les acteurs de ce qu’on appelle la chaine, il est donc valorisé en-dessous de sa valeur réelle, sinon tout simplement personne ne l’achèterait. Mais dès qu’on le sort du circuit commercial, et qu’on veut par exemple le revendre, voilà qu’il perd la quasi intégralité de sa valeur, et c’est comme ça qu’on voit des livres végéter à 1€ ou 2€ dans des brocantes ou des solderies et ne pas trouver preneurs. Quand ils ne finissent pas tout simplement abandonnés (ou juste partagés si nous voyons le monde d’un meilleur œil oeil ) dans les boîtes à livre, donc sans valeur commerciale du tout. Ce qui fait qu’au final, un livre peut être à la fois trop cher et pas assez, et une même chose peut être et n’être pas son contraire en même temps. Encore une fois, rien n’a de sens (ce qui est probablement un soulagement quelque part, ça nous aide à nous en désintéresser, pour nous focaliser peut-être sur ce qui transcende la valeur, comprendre nos écritures elles-mêmes). Et quand tu appelles la SNCF pour réserver toi-même ton billet au téléphone plutôt qu’en ligne, on te fait patienter (c’est un message automatique), on te fait taper un, taper deux (c’est un message automatique), on te met en attente (c’est un message automatique), on ne te répond pas (là, ce n’est pas un message automatique, c’est rien du tout, des de longs silences au carré ), puis on te remercie de ton appel et on te souhaite bon vent (c’est de nouveau un message automatique). Et là, tu as envie de répondre à la voix dans le combiné (c’est-à-dire à personne) mais va bouffer mon short, ce qui est une expression qu’on n’utilise guère de nos jours. En réalité, c’est une expression qu’on n’a jamais utilisée, et qui n’existe pas. Sauf dans la série Les Simpson, où c’est un truc langagier, une invention de Bart, pour dire sans avoir à le dire (de façon plus policée, donc, plus inventive) va te faire foutre. En français, cette expression devient curieusement [va te faire shampouiner->https://www.youtube.com/watch?v=CbNkKdGuvao]En français , cette expression devient curieusement va te faire shampouiner , ce qui est encore plus incongru (on suppose qu’il fallait pour la forme de la bouche un son ch mais franchement, la forme de la bouche dans un dessin – pauvrement – animé comme Les Simpson... , ça me paraît un peu gros ). ). Ce qui donne [une scène->https://youtu.be/Erm2SU_rKGU?t=146] Ce qui donne une scène complètement incompréhensible en français, non pas dans Les Simpson mais cette fois dans Futurama, une autre série de Matt Groening, au cours de laquelle Bender, qui est un robot un peu destroy, envoyé sur un genre de décharge monumentale (je crois que c’est sur la lune), et confronté à un amoncellement de poupées parlante Bart Simpson abandonnées là, en tas, écoute le message enregistrée par elle ([ ( eat my shorts !->https://www.youtube.com/watch?v=Fb19zygsXjQ]) ) et le fait littéralement, il bouffe le short de la poupée. Voilà, ça n’a pas plus de sens que la valeur de nos livres quand c’est dit avec va te faire shampouiner mais ça en a avec va bouffer mon short, et ça aurait pu s’arrêter là cette histoire. Sauf que Tartelette, elle, qui a traversé il y a un peu plus d’un mois un genre d’épisode d’insatisfaction permanente (mais à qui cela n’arrive-t-il pas ?), a littéralement appliqué ce précepte, c’est-à-dire qu’elle s’est introduite introduit dans la penderie et a bouffé mes shorts. Et je ne m’en rends compte qu’à présent, car la température monte dangereusement. Et il y a des trous dedans. Que faire ? Rien. Acheter un jour d’autres shorts. Trouver d’autres moyens de réserver ces billets. Faire ce que tout un chacun ferait fait en pareille circonstance. Attendre. Et me dire peut-être que si je n’étais pas en train de lire [Le Le Dossier M->https://ledossierm M , je n’écrirai pas aussi longuement dans le journal .Dernier extrait d’hier. Mais ce n’est pas là que je voulais en venir. Car, fatalement, quelqu’un a bien fini par décrocher à ce maudit standard. Et passons les préconisations de la personne (essayez de nettoyer le navigateur, essayez plutôt sur Firefox que Safari ou Chrome, ça marge moins bien sur Safari ou Chrome, etc.Le truc, c’est qu’elle m’a dit ensuite : vous avez essayé de réserver sur un ordinateur ? Il y a eu comme un blanc. Sur quoi voulait-elle que je réserve ? C’est que ça ne m’est même pas venu à l’esprit de le faire sur une application mobile. Sur mon téléphone, quoi. Et force est de constater que, dessus, ça marche. Je me suis senti con. Je me suis senti aussi con que jeudi dernier lorsqu’il m’a fallu réserver un Uber Ris-Orangis - Juvisy et que j’ai réalisé que, cette application, je ne savais pas comment elle fonctionnait. Si j’avais eu dix ans de moins, oui. Et j’aurais instinctivement fait ma réservation sur mon tel. Et, accessoirement (mais pas si accessoirement que ça en fait), je connaitrais par cœur mon numéro. Alors, bon, les auteurs nativement numériques ont bon dos, les auteurs nativement numériques mon cul ; ils ne sont même pas capables, non pas de réserver un billet de train sur leur téléphone mais ne serait-ce que de penser à le faire ! Quand soudain, c’est limpide : dans Eff, qui s’appelle en réalité L’effervescence, les deux personnages principaux recherchent au fond la même chose (c’est ce que j’appelais l’autre jour l’équilibre), et qui en fait correspond à cela, l’effervescence, mais pas par le même sens. L’un le cherche par l’ouïe, l’autre par la vision. Et le troisième personnage (dont je ne parviens pas à me rappeler le prénom), par le toucher. À un autre moment encore, pour autre chose encore : cette histoire, elle n’est pas pour Eff. Elle est pour Grieg. La déplacer là-bas alors. Là, si je relisais le texte écrit par quelqu’un d’autre, je passerais mon temps à corriger à pieds > à pied et je mettrais dans la marge tu as trop lu Réparer les vivants. C’était le cas. Mais tout de même, j’ai l’impression que quelque chose revient. fr] Un flux  ? , je n’écrirai pas aussi longuement dans [le journal.->rubrique1]M’abandonner à lui alors. Et sauver 3545 mots sur 5753.
Train, Lapins, Les Simpson, Maylis de Kerangal, Grégoire Bouillier, L’effervescence
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240619, version 8 (8 juillet 2019)

Impossible de réserver en ligne mes billets de train pour juillet : depuis maintenant deux jours, le même message : erreur technique, veuillez réessayer plus tard. Mais plus tard, c’est-à-dire dans le temps, les prix s’envolent car, parait-il, ils sont volatiles. N’est-ce pas un monde merveilleux ? Un monde où les choses n’ont jamais de valeur fixe mais toujours relative, un monde encore doré de toute évidence , ce qui fait que fondamentalement rien ne vaut rien, tout est fictif, et c’est comme nos livres finalement : un livre neuf possède un prix arbitraire qui, en l’état actuel des choses, ne permet pas une rémunération juste et équitable de tous les acteurs de ce qu’on appelle la chaine , chaine , il est donc valorisé en-dessous de sa valeur réelle, sinon tout simplement personne ne l’achèterait . Mais dès qu’on le sort du circuit commercial, et qu’on veut par exemple le revendre, voilà qu’il perd la quasi intégralité de sa valeur, et c’est comme ça qu’on voit des livres végéter à 1€ ou 2€ dans des brocantes ou des solderies et ne pas trouver preneurs. Quand ils ne finissent pas tout simplement abandonnés (ou juste partagés si nous voyons le monde d’un meilleur oeil) dans les boîtes à livre, donc sans valeur commerciale du tout. Ce qui fait qu’au final, un livre peut être à la fois trop cher et pas assez, et une même chose peut être et n’être pas son contraire en même temps. Encore une fois, rien n’a de sensau bout du compte (ce qui est probablement un soulagement quelque part, ça nous aide à nous en désintéresser, pour nous focaliser peut-être sur ce qui transcende la valeur, comprendre nos écritures elles-mêmes). Et quand tu appelles la SNCF pour réserver toi-même ton billet au téléphone plutôt qu’en ligne, on te fait patienter (c’est un message automatique), on te fait taper un, taper deux (c’est un message automatique), on te met en attente (c’est un message automatique), on ne te répond pas (là, ce n’est pas un message automatique, c’est rien du tout, de longs silences), puis on te remercie de ton appel et on te souhaite bon vent (c’est de nouveau un message automatique). Et là, tu as envie de répondre à la voix dans le combiné (c’est-à-dire à personne) mais va bouffer mon short, ce qui est une expression qu’on n’utilise guère de nos jours. En réalité, c’est une expression qu’on n’a jamais utilisée, et qui n’existe pas. Sauf dans la série Les Simpson, où c’est un truc langagier, une invention de Bart, pour dire sans avoir à le dire (de façon plus policée, donc, plus inventive) va te faire foutre. En français, cette expression devient curieusement va te faire shampouiner, ce qui est encore plus incongru (on suppose qu’il fallait pour la forme de la bouche un son ch mais franchement, la forme de la bouche dans un dessin pauvrement animé comme Les Simpson, ça me paraît un peu gros). Ce qui donne une scène complètement incompréhensible en français, non pas dans Les Simpson mais cette fois dans Futurama, une autre série de Matt Groening, au cours de laquelle Bender, qui est un robot un peu destroy , envoyé sur un genre de décharge monumentale (je crois que c’est sur la lune), et confronté à un amoncellement de poupées parlante Bart Simpson abandonnées là, en tas , écoute le message enregistrée par elle (eat my shorts !) et le fait littéralement, il bouffe le son short de la poupée . Voilà, ça n’a pas plus de sens que la valeur de nos livres quand c’est dit avec va te faire shampouiner mais ça en a avec va bouffer mon short, et ça aurait pu s’arrêter là cette histoire. Sauf que Tartelette, elle, qui a traversé il y a un peu plus d’un mois un genre d’épisode d’insatisfaction permanente (mais à qui cela n’arrive-t-il pas ?), a littéralement appliqué ce précepte, c’est-à-dire qu’elle s’est introduit dans la penderie et a bouffé mes shorts. Et je ne m’en rends compte qu’à présent, car la température monte dangereusement. Et il y a des trous dedans. Que faire ? Rien. Acheter un jour d’autres shorts. Trouver d’autres moyens de réserver ces billets. Faire ce que chacun fait en pareille circonstance. Attendre. Et me dire peut-être que si je n’étais pas en train de lire Le Dossier dossier M, je n’écrirai pas aussi longuement dans le journal. Dernier extrait d’hier. Mais ce n’est pas là que je voulais en venir. Car, fatalement, quelqu’un a bien fini par décrocher à ce maudit standard. Et passons les préconisations de la personne (essayez de nettoyer le navigateur, essayez plutôt sur Firefox que Safari ou Chrome, ça marge moins bien sur Safari ou Chrome, etc.). Le truc, c’est qu’elle m’a dit ensuite : vous avez essayé de réserver sur un ordinateur ? Il y a eu comme un blanc. Sur quoi voulait-elle que je réserve ? C’est que ça ne m’est même pas venu à l’esprit de le faire sur une application mobile. Sur mon téléphone, quoi. Et force est de constater que, dessus, ça marche. Je me suis senti con. Je me suis senti aussi con que jeudi dernier lorsqu’il m’a fallu réserver un Uber Ris-Orangis - Juvisy et que j’ai réalisé que, cette application, je ne savais pas comment elle fonctionnait. Si j’avais eu dix ans de moins, oui. Et j’aurais instinctivement fait ma réservation sur mon tel. Et, accessoirement (mais pas si accessoirement que ça en fait), je connaitrais par cœur mon numéro. Alors, bon, les auteurs nativement numériques ont bon dos, les auteurs nativement numériques mon cul ; ils ne sont même pas capables, non pas de réserver un billet de train sur leur téléphone mais ne serait-ce que de penser à le faire ! Quand soudain, c’est limpide : dans Eff, qui s’appelle en réalité L’effervescence, les deux personnages principaux recherchent au fond la même chose (c’est ce que j’appelais l’autre jour l’équilibre), et qui en fait correspond à cela, l’effervescence, mais pas par le même sens. L’un le cherche par l’ouïe, l’autre par la vision. Et le troisième personnage (dont je ne parviens pas à me rappeler le prénom), par le toucher. À un autre moment encore, pour autre chose encore : cette histoire, elle n’est pas pour Eff. Elle est pour Grieg. La déplacer là-bas alors. Là, si je relisais le texte écrit par quelqu’un d’autre, je passerais mon temps à corriger à pieds > à pied et je mettrais dans la marge tu as trop lu Réparer les vivants. C’était le cas. Mais tout de même, j’ai l’impression que quelque chose revient. Un flux ? M’abandonner à lui alors. Et sauver 3545 mots sur 5753.

240619, version 7 (28 juin 2019)

Impossible de réserver en ligne mes billets de train pour juillet : depuis maintenant deux jours, le même message : erreur technique, veuillez réessayer plus tard. Mais plus tard, c’est-à-dire dans le temps, les prix s’envolent car, parait-il, ils sont volatiles. N’est-ce pas un monde merveilleux ? Un monde où les choses n’ont jamais de valeur fixe mais toujours relative, ce qui fait que fondamentalement rien ne vaut rien, tout est fictif, et c’est comme nos livres finalement : un livre neuf possède un prix arbitraire qui, en l’état actuel des choses, ne permet pas une rémunération juste et équitable de tous les acteurs de ce qu’on appelle la chaine, il est donc valorisé en-dessous de sa valeur réelle. Mais dès qu’on le sort du circuit commercial, et qu’on veut par exemple le revendre, voilà qu’il perd la quasi intégralité de sa valeur, et c’est comme ça qu’on voit des livres végéter à 1€ ou 2€ dans des brocantes ou des solderies et ne pas trouver preneurs. Quand ils ne finissent pas tout simplement abandonnés ( ou juste partagés si nous voyons le monde d’un meilleur oeil ) dans les boîtes à livre, sans valeur du tout. Ce qui fait qu’au final, un livre peut être à la fois trop cher et pas assez, et une même chose peut être et n’être pas son contraire en même temps. Encore une Ce qui fait qu’au final , un livre peut être à la foistrop cher et pas assez , et donc rien n’a de sens au bout du compte (ce qui est probablement un soulagement quelque part, ça nous aide à nous en désintéresser, pour nous focaliser peut-être sur ce qui transcende la valeur, comprendre nos écritures elles-mêmes). Et quand tu appelles la SNCF pour réserver toi-même ton billet au téléphone plutôt qu’en ligne, on te fait patienter (c’est un message automatique), on te fait taper un, taper deux (c’est un message automatique), on te met en attente (c’est un message automatique), on ne te répond pas (là, ce n’est pas un message automatique, c’est rien du tout, de longs silences), puis on te remercie de ton appel et on te souhaite bon vent (c’est de nouveau un message automatique). Et là, tu as envie de répondre à la voix dans le combiné (c’est-à-dire à personne) mais va bouffer mon short, ce qui est une expression qu’on n’utilise guère de nos jours. En réalité, c’est une expression qu’on n’a jamais utilisée, et qui n’existe pas. Sauf dans la série Les Simpson, où c’est un truc langagier, une invention de Bart, pour dire sans avoir à le dire (de façon plus policée, donc, plus inventive) va te faire foutre. En français, cette expression devient donne curieusement va te faire shampouiner, ce qui est encore plus incongru (on suppose qu’il fallait pour la forme de la bouche un son ch mais franchement , la forme de la bouche dans un dessin pauvrement animé comme Les Simpson , ça me paraît un peu gros ). Ce qui donne une scène complètement incompréhensible en français, non pas dans Les Simpson mais cette fois dans Futurama, une autre série de Matt Groening, au cours de laquelle Bender, envoyé sur un genre de décharge monumentale (je crois que c’est sur la lune), et confronté à un amoncellement de poupées parlante Bart Simpson abandonnées , écoute le message enregistrée par elle (eat my shorts !) et le fait littéralement, il bouffe son short. Voilà, ça n’a pas de sens avec va te faire shampouiner mais ça en a avec va bouffer mon short, et ça aurait pu s’arrêter là cette histoire. Sauf que Tartelette, elle, qui a traversé il y a un peu plus d’un mois un genre d’épisode d’insatisfaction permanente (mais à qui cela n’arrive-t-il pas ?), a littéralement appliqué ce précepte, c’est-à-dire qu’elle s’est introduit dans la penderie et a bouffé mes shorts. Et je ne m’en rends compte qu’à présent, car la température monte dangereusement. Et il y a des trous dedans. Que faire ? Rien. Acheter un jour d’autres shorts. Trouver d’autres moyens de réserver ces billets. Faire ce que chacun fait en pareille circonstance. Attendre. Et me dire peut-être que si je n’étais pas en train de lire Le dossier M, je n’écrirai pas aussi longuement dans le journal. Dernier extrait d’hier. Mais ce n’est pas là que je voulais en venir. Car, fatalement, quelqu’un a bien fini par décrocher à ce maudit standard. Et passons les préconisations de la personne (essayez de nettoyer nettoyer le navigateur, essayez plutôt sur Firefox que Safari ou Chrome, ça marge moins bien sur Safari Sagari ou Chrome, etc.). Le truc, c’est qu’elle m’a dit ensuite : vous avez essayé essayer de réserver sur un ordinateur ? Il y a eu comme un blanc. Sur quoi voulait-elle que je réserve ? C’est que ça ne m’est même pas venu à l’esprit de le faire sur une application mobile. Sur mon téléphone, quoi. Et force est de constater que, dessus, ça marche. Je me suis senti con. Je me suis senti aussi con que jeudi dernier lorsqu’il m’a fallu réserver un Uber Ris-Orangis - Juvisy et que j’ai réalisé que, cette application, je ne savais pas comment elle fonctionnait. Si j’avais eu dix ans de moins, oui. Et j’aurais instinctivement fait ma réservation sur mon tel. Et, accessoirement (mais pas si accessoirement que ça en fait), je connaitrais par cœur mon numéro. Alors, bon, les auteurs nativement numériques ont bon dos, les auteurs nativement numériques mon cul ; ils ne sont même pas capables, non pas de réserver un billet de train sur leur téléphone mais ne serait-ce que de penser à le faire ! Quand soudain, c’est limpide : dans Eff, qui s’appelle en réalité L’effervescence, les deux personnages principaux recherchent au fond la même chose (c’est ce que j’appelais l’autre jour l’équilibre), et qui en fait correspond à cela, l’effervescence, mais pas par le même sens. L’un le cherche par l’ouïe, l’autre par la vision. Et le troisième personnage (dont je ne parviens pas à me rappeler le prénom), par le toucher. À un autre moment encore, pour autre chose encore : cette histoire, elle n’est pas pour Eff. Elle est pour Grieg. La déplacer là-bas alors. Là, si je relisais le texte écrit par quelqu’un d’autre, je passerais mon temps à corriger à pieds > à pied et je mettrais dans la marge tu as trop lu Réparer les vivants Naissance d’un pont . C’était le cas. Mais tout de même, j’ai l’impression que quelque chose revient. Un flux ? M’abandonner à lui alors. Et sauver 3545 mots sur 5753.

240619, version 6 (24 juin 2019)

Impossible de réserver en ligne mes billets de train pour juillet : depuis maintenant deux jours, le même message : erreur technique, veuillez réessayer plus tard. Mais plus tard, c’est-à-dire dans le temps, les prix s’envolent car, parait-il, ils sont volatiles. N’est-ce pas un monde merveilleux ? Un monde où les choses n’ont jamais de valeur fixe mais toujours relative, ce qui fait que fondamentalement rien ne vaut rien, tout est fictif, et c’est comme nos livres finalement : un livre neuf possède un prix arbitraire qui, en l’état actuel des choses, ne permet pas une rémunération juste et équitable de tous les acteurs de ce qu’on appelle la chaine, il est donc valorisé en-dessous de sa valeur réelle. Mais dès qu’on le sort du circuit commercial, et qu’on veut par exemple le revendre, voilà qu’il perd la quasi intégralité de sa valeur, et c’est comme ça qu’on voit des livres végéter à 1€ ou 2€ dans des brocantes ou des solderies et ne pas trouver preneurs. Quand ils ne finissent pas tout simplement abandonnés dans les boîtes à livre, sans valeur du tout. Ce qui fait qu’au final, un livre peut être à la fois trop cher et pas assez, et donc rien n’a de sens au bout du compte (ce qui est probablement un soulagement quelque part, ça nous aide à nous en désintéresser, pour nous focaliser peut-être sur ce qui transcende la valeur, comprendre nos écritures elles-mêmes). Et quand tu appelles la SNCF pour réserver toi-même ton billet au téléphone plutôt qu’en ligne, on te fait patienter (c’est un message automatique), on te fait taper un, taper deux (c’est un message automatique), on te met en attente (c’est un message automatique), on ne te répond pas (là, ce n’est pas un message automatique, c’est rien du tout, de longs silences), puis on te remercie de ton appel et on te souhaite bon vent (c’est de nouveau un message automatique). Et là, tu as envie de répondre à la voix dans le combiné (c’est-à-dire à personne) mais va bouffer mon short, ce qui est une expression qu’on n’utilise guère de nos jours. En réalité, c’est une expression qu’on n’a jamais utilisée, et qui n’existe pas. Sauf dans la série Les Simpson, où c’est un truc langagier, une invention de Bart, pour dire sans avoir à le dire (de façon plus policée, donc, plus inventive) va te faire foutre. En français, cette expression donne curieusement va te faire shampouiner, ce qui est encore plus incongru (on suppose qu’il fallait pour la forme de la bouche un son ch). Ce qui donne une scène complètement incompréhensible en français, non pas dans Les Simpson mais dans Futurama, une autre série de Matt Groening, au cours de laquelle Bender, envoyé sur un genre de décharge monumentale (je crois que c’est sur la lune), et confronté à un amoncellement de poupées parlante Bart Simpson, écoute le message enregistrée par elle (eat my shorts !) et le fait littéralement, il bouffe son short. Voilà, ça n’a pas de sens avec va te faire shampouiner mais ça en a avec va bouffer mon short, et ça aurait pu s’arrêter là cette histoire. Sauf que Tartelette, elle, qui a traversé il y a un peu plus d’un mois un genre d’épisode d’insatisfaction permanente (mais à qui cela n’arrive-t-il pas ?), a littéralement appliqué ce précepte, c’est-à-dire qu’elle s’est introduit dans la penderie et a bouffé mes shorts. Et je ne m’en rends compte qu’à présent, car la température monte dangereusement. Et il y a des trous dedans. Que faire ? Rien. Acheter un jour d’autres shorts. Trouver d’autres moyens de réserver ces billets. Faire ce que chacun fait en pareille circonstance. Attendre. Et me dire peut-être que si je n’étais pas en train de lire Le dossier M, je n’écrirai pas aussi longuement dans le journal. Dernier extrait d’hier. Mais ce n’est pas là que je voulais en venir. Car, fatalement, quelqu’un a bien fini par décrocher à ce maudit standard. Et passons les préconisations de la personne (essayez de nettoyer le navigateur, essayez plutôt sur Firefox que Safari ou Chrome, ça marge moins bien sur Sagari ou Chrome, etc.). Le truc, c’est qu’elle m’a dit ensuite : vous avez essayer de réserver sur un ordinateur ? Il y a eu comme un blanc. Sur quoi voulait-elle que je réserve ? C’est que ça ne m’est même pas venu à l’esprit de le faire sur une application mobile. Sur mon téléphone, quoi. Et force est de constater que, dessus, ça marche. Je me suis senti con. Je me suis senti aussi con que jeudi dernier lorsqu’il m’a fallu réserver un Uber Ris-Orangis - Juvisy et que j’ai réalisé que, cette application, je ne savais pas comment elle fonctionnait. Si j’avais eu dix ans de moins, oui. Et j’aurais instinctivement fait ma réservation sur mon tel. Et, accessoirement (mais pas si accessoirement que ça en fait), je connaitrais par cœur mon numéro. Alors, bon, les auteurs nativement numériques ont bon dos, les auteurs nativement numériques mon cul ; ils ne sont même pas capables, non pas de réserver un billet de train sur leur téléphone mais ne serait-ce que de penser à le faire ! Quand soudain, c’est limpide : dans Eff, qui s’appelle en réalité L’effervescence, les deux personnages principaux recherchent au fond la même chose (c’est ce que j’appelais l’autre jour l’équilibre), et qui en fait correspond à cela, l’effervescence, mais pas par le même sens. L’un le cherche par l’ouïe, l’autre par la vision. Et le troisième personnage (dont je ne parviens pas à me rappeler le prénom), par le toucher. À un autre moment encore, pour autre chose encore : cette histoire, elle n’est pas pour Eff. Elle est pour Grieg. La déplacer là-bas alors. Là, si je relisais le texte écrit par quelqu’un d’autre, je passerais mon temps à corriger à pieds > à pied et je mettrais dans la marge tu as trop lu Naissance d’un pont. C’était le cas. Mais tout de même, j’ai l’impression que quelque chose revient. Un flux ? M’abandonner à lui alors. Et sauver 3545 mots sur 5753.

240619, version 5 (24 juin 2019)

Impossible de réserver en ligne mes billets de train pour juillet : depuis maintenant deux jours, le même message : erreur technique, veuillez réessayer plus tard. Mais plus tard, c’est-à-dire dans le temps, les prix s’envolent car, parait-il, ils sont volatiles. N’est-ce pas un monde merveilleux ? Un monde où les choses n’ont jamais de valeur fixe mais toujours relative, ce qui fait que fondamentalement rien ne vaut rien, tout est fictif, et c’est comme nos livres finalement : un livre neuf possède un prix arbitraire qui, en l’état actuel des choses, ne permet pas une rémunération juste et équitable de tous les acteurs de ce qu’on appelle la chaine, il est donc valorisé en-dessous de sa valeur réelle. Mais dès qu’on le sort du circuit commercial, et qu’on veut par exemple le revendre, voilà qu’il perd la quasi intégralité de sa valeur, et c’est comme ça qu’on voit des livres végéter à 1€ ou 2€ dans des brocantes ou des solderies et ne pas trouver preneurs. Quand ils ne finissent pas tout simplement abandonnés dans les boîtes à livre, sans valeur du tout. Ce qui fait qu’au final, un livre peut être à la fois trop cher et pas assez, et donc rien n’a de sens au bout du compte (ce qui est probablement un soulagement quelque part, ça nous aide à nous en désintéresser, pour nous focaliser peut-être sur ce qui transcende la valeur, comprendre nos écritures elles-mêmes). Et quand tu appelles la SNCF pour réserver toi-même ton billet au téléphone plutôt qu’en ligne, on te fait patienter (c’est un message automatique), on te fait taper un, taper deux (c’est un message automatique), on te met en attente (c’est un message automatique), on ne te répond pas (là, ce n’est pas un message automatique, c’est rien du tout, de longs silences), puis on te remercie de ton appel et on te souhaite bon vent (c’est de nouveau un message automatique). Et là, tu as envie de répondre à la voix dans le combiné (c’est-à-dire à personne) mais va bouffer mon short, ce qui est une expression qu’on n’utilise guère de nos jours. En réalité, c’est une expression qu’on n’a jamais utilisée, et qui n’existe pas. Sauf dans la série Les Simpson, où c’est un truc langagier, une invention de Bart, pour dire sans avoir à le dire (de façon plus policée, donc, plus inventive) va te faire foutre. En français, cette expression donne curieusement va te faire shampouiner, ce qui est encore plus incongru (on suppose qu’il fallait pour la forme de la bouche un son ch). Ce qui donne une scène complètement incompréhensible en français, non pas dans Les Simpson mais dans Futurama, une autre série de Matt Groening, au cours de laquelle Bender, envoyé sur un genre de décharge monumentale (je crois que c’est sur la lune), et confronté à un amoncellement de poupées parlante Bart Simpson, écoute le message enregistrée par elle (eat my shorts !) et le fait littéralement, il bouffe son short. Voilà, ça n’a pas de sens avec va te faire shampouiner mais ça en a avec va bouffer mon short, et ça aurait pu s’arrêter là cette histoire. Sauf que Tartelette, elle, qui a traversé il y a un peu plus d’un mois un genre d’épisode d’insatisfaction permanente (mais à qui cela n’arrive-t-il pas ?), a littéralement appliqué ce précepte, c’est-à-dire qu’elle s’est introduit dans la penderie et a bouffé mes shorts. Et je ne m’en rends compte qu’à présent, car la température monte dangereusement. Et il y a des trous dedans. Que faire ? Rien. Acheter un jour d’autres shorts. Trouver d’autres moyens de réserver ces billets. Faire ce que chacun fait en pareille circonstance. Attendre. Et me dire peut-être que si je n’étais pas en train de lire Le dossier M, je n’écrirai pas aussi longuement dans le journal. Dernier extrait d’hier. Mais ce n’est pas là que je voulais en venir. Car, fatalement, quelqu’un a bien fini par décrocher à ce maudit standard. Et passons les préconisations de la personne (essayez de nettoyer le navigateur, essayez plutôt sur Firefox que Safari ou Chrome, ça marge moins bien sur Sagari ou Chrome, etc.). Le truc, c’est qu’elle m’a dit ensuite : vous avez essayer de réserver sur un ordinateur ? Il y a eu comme un blanc. Sur quoi voulait-elle que je réserve ? C’est que ça ne m’est même pas venu à l’esprit de le faire sur une application mobile. Sur mon téléphone, quoi. Et force est de constater que, dessus, ça marche. Je me suis senti con. Je me suis senti aussi con que jeudi dernier lorsqu’il m’a fallu réserver un Uber Ris-Orangis - Juvisy et que j’ai réalisé que, cette application, je ne savais pas comment elle fonctionnait. Si j’avais eu dix ans de moins, oui. Et j’aurais instinctivement fait ma réservation sur mon tel. Et, accessoirement (mais pas si accessoirement que ça en fait), je connaitrais par cœur mon numéro. Alors, bon, les auteurs nativement numériques ont bon dos, les auteurs nativement numériques mon cul ; ils ne sont même pas capables, non pas de réserver un billet de train sur leur téléphone mais ne serait-ce que de penser à le faire ! Quand soudain, c’est limpide : dans Eff, qui s’appelle en réalité L’effervescence , L’effervescence les deux personnages principaux recherchent au fond la même chose (c’est ce que j’appelais l’autre jour l’équilibre), et qui en fait correspond à cela , l’effervescence , mais pas par le même sens. L’un le cherche par l’ouïe, l’autre par la vision. Et le troisième personnage (dont je ne parviens pas à me rappeler le prénom), par le toucher. À un autre moment encore, pour autre chose encore : cette histoire, elle n’est pas pour Eff. Elle est pour Grieg. La déplacer là-bas alors.

240619, version 4 (24 juin 2019)

Impossible de réserver en ligne mes billets de train pour juillet : depuis maintenant deux jours, le même message : erreur technique, veuillez réessayer plus tard. Mais plus tard, c’est-à-dire dans le temps, les prix s’envolent car, parait-il, ils sont volatiles. N’est-ce pas un monde merveilleux ? Un monde où les choses n’ont jamais de valeur fixe mais toujours relative, ce qui fait que fondamentalement rien ne vaut rien, tout est fictif, et c’est comme nos livres finalement : un livre neuf possède un prix arbitraire qui, en l’état actuel des choses, ne permet pas une rémunération juste et équitable de tous les acteurs de ce qu’on appelle la chaine, il est donc valorisé en-dessous de sa valeur réelle. Mais dès qu’on le sort du circuit commercial, et qu’on veut par exemple le revendre, voilà qu’il perd la quasi intégralité de sa valeur, et c’est comme ça qu’on voit des livres végéter à 1€ ou 2€ dans des brocantes ou des solderies et ne pas trouver preneurs. Quand ils ne finissent pas tout simplement abandonnés dans les boîtes à livre, sans valeur du tout. Ce qui fait qu’au final, un livre peut être à la fois trop cher et pas assez, et donc rien n’a de sens au bout du compte (ce qui est probablement un soulagement quelque part, ça nous aide à nous en désintéresser, pour nous focaliser peut-être sur ce qui transcende la valeur, comprendre nos écritures elles-mêmes). Et quand tu appelles la SNCF pour réserver toi-même ton billet au téléphone plutôt qu’en ligne, on te fait patienter (c’est un message automatique), on te fait taper un, taper deux (c’est un message automatique), on te met en attente (c’est un message automatique), on ne te répond pas (là, ce n’est pas un message automatique, c’est rien du tout, de longs silences), puis on te remercie de ton appel et on te souhaite bon vent (c’est de nouveau un message automatique). Et là, tu as envie de répondre à la voix dans le combiné (c’est-à-dire à personne) mais va bouffer mon short, ce qui est une expression qu’on n’utilise guère de nos jours. En réalité, c’est une expression qu’on n’a jamais utilisée, et qui n’existe pas. Sauf dans la série Les Simpson, où c’est un truc langagier, une invention de Bart, pour dire sans avoir à le dire (de façon plus policée, donc, plus inventive) va te faire foutre. En français, cette expression donne curieusement va te faire shampouiner, ce qui est encore plus incongru (on suppose qu’il fallait pour la forme de la bouche un son ch). Ce qui donne une scène complètement incompréhensible en français, non pas dans Les Simpson mais dans Futurama, une autre série de Matt Groening, au cours de laquelle Bender, envoyé sur un genre de décharge monumentale (je crois que c’est sur la lune), et confronté à un amoncellement de poupées parlante Bart Simpson, écoute le message enregistrée par elle (eat my shorts !) et le fait littéralement, il bouffe son short. Voilà, ça n’a pas de sens avec va te faire shampouiner mais ça en a avec va bouffer mon short, et ça aurait pu s’arrêter là cette histoire. Sauf que Tartelette, elle, qui a traversé il y a un peu plus d’un mois un genre d’épisode d’insatisfaction permanente (mais à qui cela n’arrive-t-il pas ?), a littéralement appliqué ce précepte, c’est-à-dire qu’elle s’est introduit dans la penderie et a bouffé mes shorts. Et je ne m’en rends compte qu’à présent, car la température monte dangereusement. Et il y a des trous dedans. Que faire ? Rien. Acheter un jour d’autres shorts. Trouver d’autres moyens de réserver ces billets. Faire ce que chacun fait en pareille circonstance. Attendre. Et me dire peut-être que si je n’étais pas en train de lire Le dossier M, je n’écrirai pas aussi longuement dans le journal. Dernier extrait d’hier. Mais ce n’est pas là que je voulais en venir. Car, fatalement, quelqu’un a bien fini par décrocher à ce maudit standard. Et passons les préconisations de la personne (essayez de nettoyer le navigateur, essayez plutôt sur Firefox que Safari ou Chrome, ça marge moins bien sur Sagari ou Chrome, etc.). Le truc, c’est qu’elle m’a dit ensuite : vous avez essayer de réserver sur un ordinateur ? Il y a eu comme un blanc. Sur quoi voulait-elle que je réserve ? C’est que ça ne m’est même pas venu à l’esprit de le faire sur une application mobile. Sur mon téléphone, quoi. Et force est de constater que, dessus, ça marche. Je me suis senti con. Je me suis senti aussi con que jeudi dernier lorsqu’il m’a fallu réserver un Uber Ris-Orangis - Juvisy et que j’ai réalisé que, cette application, je ne savais pas comment elle fonctionnait. Alors, bon, les auteurs nativement numériques ont bon dos, les auteurs nativement numériques mon cul ; ils ne sont même pas capables non pas de réserver un billet de train sur leur téléphone mais ne serait-ce que de penser à le faire ! Quand soudain, c’est limpide : dans Eff, qui s’appelle en réalité L’effervescence les deux personnages principaux recherchent au fond la même chose (c’est ce que j’appelais l’autre jour l’équilibre), mais pas par le même sens. L’un le cherche par l’ouïe, l’autre par la vision. Et le troisième personnage (dont je ne parviens pas à me rappeler le prénom), par le toucher.

240619, version 3 (24 juin 2019)

Impossible de réserver en ligne mes billets de train pour juillet : depuis maintenant deux jours, le même message : erreur technique, veuillez réessayer plus tard. Mais plus tard, c’est-à-dire dans le temps, les prix s’envolent car, parait-il, ils sont volatiles. N’est-ce pas un monde merveilleux ? Un monde où les choses n’ont jamais de valeur fixe mais toujours relative, ce qui fait que fondamentalement rien ne vaut rien, tout est fictif, et c’est comme nos livres finalement : un livre neuf possède un prix arbitraire qui, en l’état actuel des choses, ne permet pas une rémunération juste et équitable de tous les acteurs de ce qu’on appelle la chaine, il est donc valorisé en-dessous de sa valeur réelle. Mais dès qu’on le sort du circuit commercial, et qu’on veut par exemple le revendre, voilà qu’il perd la quasi intégralité de sa valeur, et c’est comme ça qu’on voit des livres végéter à 1€ ou 2€ dans des brocantes ou des solderies et ne pas trouver preneurs. Quand ils ne finissent pas tout simplement abandonnés dans les boîtes à livre, sans valeur du tout. Ce qui fait qu’au final, un livre peut être à la fois trop cher et pas assez, et donc rien n’a de sens au bout du compte (ce qui est probablement un soulagement quelque part, ça nous aide à nous en désintéresser, pour nous focaliser peut-être sur ce qui transcende la valeur, comprendre nos écritures elles-mêmes). Et quand tu appelles la SNCF pour réserver toi-même ton billet au téléphone plutôt qu’en ligne, on te fait patienter (c’est un message automatique), on te fait taper un, taper deux (c’est un message automatique), on te met en attente (c’est un message automatique), on ne te répond pas (là, ce n’est pas un message automatique, c’est rien du tout, de longs silences), puis on te remercie de ton appel et on te souhaite bon vent (c’est de nouveau un message automatique). Et là, tu as envie de répondre à la voix dans le combiné (c’est-à-dire à personne) mais va bouffer mon short, ce qui est une expression qu’on n’utilise guère de nos jours. En réalité, c’est une expression qu’on n’a jamais utilisée, et qui n’existe pas. Sauf dans la série Les Simpson, où c’est un truc langagier, une invention de Bart, pour dire sans avoir à le dire (de façon plus policée, donc, plus inventive) va te faire foutre. En français, cette expression donne curieusement va te faire shampouiner, ce qui est encore plus incongru (on suppose qu’il fallait pour la forme de la bouche un son ch). Ce qui donne une scène complètement incompréhensible en français, non pas dans Les Simpson mais dans Futurama, une autre série de Matt Groening, au cours de laquelle Bender, envoyé sur un genre de décharge monumentale (je crois que c’est sur la lune), et confronté à un amoncellement de poupées parlante Bart Simpson, écoute le message enregistrée par elle (eat my shorts !) et le fait littéralement, il bouffe son short. Voilà, ça n’a pas de sens avec va te faire shampouiner mais ça en a avec va bouffer mon short, et ça aurait pu s’arrêter là cette histoire. Sauf que Tartelette, elle, qui a traversé il y a un peu plus d’un mois un genre d’épisode d’insatisfaction permanente (mais à qui cela n’arrive-t-il pas ?), a littéralement appliqué ce précepte, c’est-à-dire qu’elle s’est introduit dans la penderie et a bouffé mes shorts. Et je ne m’en rends compte qu’à présent, car la température monte dangereusement. Et il y a des trous dedans. Que faire ? Rien. Acheter un jour d’autres shorts. Trouver d’autres moyens de réserver ces billets. Faire ce que chacun fait en pareille circonstance. Attendre. Et me dire peut-être que si je n’étais pas en train de lire Le dossier M, je n’écrirai pas aussi longuement dans le journal. Dernier extrait d’hier. Mais ce n’est pas là que je voulais en venir. Car, fatalement, quelqu’un a bien fini par décrocher à ce maudit standard. Et passons les préconisations de la personne (essayez de nettoyer le navigateur, essayez plutôt sur Firefox que Safari ou Chrome, ça marge moins bien sur Sagari ou Chrome, etc.). Le truc, c’est qu’elle m’a dit ensuite : vous avez essayer de réserver sur un ordinateur ? Il y a eu comme un blanc. Sur quoi voulait-elle que je réserve ? C’est que ça ne m’est même pas venu à l’esprit de le faire sur une application mobile. Sur mon téléphone, quoi. Et force est de constater que, dessus, ça marche. Je me suis senti con. Je me suis senti aussi con que jeudi dernier lorsqu’il m’a fallu réserver un Uber Ris-Orangis - Juvisy et que j’ai réalisé que, cette application, je ne savais pas comment elle fonctionnait. Alors, bon, les auteurs nativement numériques ont bon dos, les auteurs nativement numériques mon cul ; ils ne sont même pas capables non pas de réserver un billet de train sur leur téléphone mais ne serait-ce que de penser à le faire !

240619, version 2 (24 juin 2019)

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