L’ajout des notes dans Mueller, c’est fini. Plus qu’à toutes les relire, regrouper les treize (faux) chapitres en un seul fichier global, avant quelques ajustements de dernières minute à coup de rechercher/remplacer, et je serai enfin en mesure de relire le tout en conditions réelles. À force de relire toutes ces versions (fictives) du roman, c’est-à-dire des déclinaisons possible de Mueller, autant de pistes vers des réécritures, des continuations, des traductions imaginables d’une même trame se répétant à l’infini, je n’ai pas nécessairement envie de concrétiser aucune d’entre elles, par exemple en l’écrivant en entier. Sauf une. C’est le manuscrit de Bure, composé en deux colonnes, qui ne suit pas la trame ni les codes des autres versions du roman : il ne s’agit pas d’une transhumance. Il n’y a pas de corps à mener où que ce soit. Simplement un récit de chevalerie a priori classique, où un mentor et son disciple, censé être son ombre pendant la durée de sa pénitence, parcourent le monde pour le pacifier. L’un étant l’ombre de l’autre, les deux colonnes sont identiques, si ce n’est les noms de chacun des personnages. Parfois, quelques glitchs, car Mueller est humain, parfois il se trompe, notamment au début de sa formation. Puis, plus le récit progresse, plus Mueller progresse lui aussi et devient l’ombre parfaite de son maître. À la mort de celui-ci (passage figurant dans les notes de mon Mueller), sa colonne disparaît et Mueller continue sa vie seul dans l’errance... jusqu’à rencontrer son propre disciple qu’il devra former, et le cycle se répète. C’est un beau projet. Enfin, une idée parmi d’autres. Ce qui est beau avec les idées, c’est qu’elles n’ont pas encore eu l’occasion de devenir un échec. Mais un échec à quoi ? L’empressement, écrit Romain Graziani dans L’usage du vide, à produire l’effet escompté impose à autrui l’image d’un être qui gesticule et surjoue, en proie au besoin désagréablement insistant de plaire et d’être aimé. Voilà à quoi je pense. Ou à Maeterlinck : Je suis resté fidèle au principe qui m’a guidé (...) qui est de ne jamais céder à la tentation d’ajouter un merveilleux imaginé ou complaisant au merveilleux réel. Étant moins jeune, il m’est plus facile de résister à cette tentation, car les années apprennent peu à peu, à tout homme, que la vérité seule est merveilleuse. Entre autres choses, elles apprennent aussi à l’écrivain que ce sont les ornements qui vieillissent d’abord et plus vite que lui et que seuls les faits strictement exposés et les réflexions sobrement, nettement formulées, ont chance d’avoir demain peu près le même aspect qu’aujourd’hui. Ou à ce que m’avait dit T. au sujet d’une bribe de LS, passages qui veulent trop faire les malins. Je ne sais pas ce que c’est, la vérité dont parle Maeterlinck, et ça n’est pas mon intention que de l’élucider. Mais la justesse. Sans doute Mueller n’est-il pas juste, au sens où il est complètement artificiel (les vers justifiés tordent suffisamment l’écriture pour cela). Ce n’est pas juste et ça n’est pas grave que ce ne soit pas juste (bien que les vers, eux, sont appelés des vers justes, autre façon de dire justifiés). Mais ça ne m’aide en rien à savoir comment on écrit (et quoi) justement.

GV
jeudi 21 janvier 2021 - dimanche 28 février 2021




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211220, version 9 (21 janvier 2021)

L’ajout des notes dans Mueller, c’est fini. Plus qu’à toutes les relire, regrouper les treize (faux) chapitres en un seul fichier global, avant quelques ajustements de dernières minute à coup de rechercher/remplacer recherche/remplacer , et je serai enfin en mesure de relire le tout en conditions réelles. À force de relire toutes ces versions (fictives) du roman, c’est-à-dire des déclinaisons possible de Mueller, autant de pistes vers des réécritures, des continuations, des traductions imaginables d’une même trame se répétant à l’infini, je n’ai pas nécessairement envie de concrétiser aucune d’entre elles, par exemple en l’écrivant en entier. Sauf une. C’est le manuscrit de Bure, composé en deux colonnes, qui ne suit pas la trame ni les codes des autres versions du roman : il ne s’agit pas d’une transhumance. Il n’y a pas de corps à mener où que ce soit. Simplement un récit de chevalerie a priori classique, où un mentor et son disciple, censé être son ombre pendant la durée de sa pénitence, parcourent le monde pour le pacifier. L’un étant l’ombre de l’autre, les deux colonnes sont identiques, si ce n’est les noms de chacun des personnages. Parfois, quelques glitchs, car Mueller est humain, parfois il se trompe, notamment au début de sa formation. Puis, plus le récit progresse, plus Mueller progresse lui aussi et devient l’ombre parfaite de son maître. À la mort de celui-ci (passage figurant dans les notes de mon Mueller), sa colonne disparaît et Mueller continue sa vie seul dans l’errance... jusqu’à rencontrer son propre disciple qu’il devra former, et le cycle se répète. C’est un beau projet. Enfin, une idée parmi d’autres. Ce qui est beau avec les idées, c’est qu’elles n’ont pas encore eu l’occasion de devenir un échec. Mais un échec à quoi ? L’empressement, écrit Romain Graziani dans L’usage du vide, à produire l’effet escompté impose à autrui l’image d’un être qui gesticule et surjoue, en proie au besoin désagréablement insistant de plaire et d’être aimé. Voilà à quoi je pense. Ou à Maeterlinck : Je suis resté fidèle au principe qui m’a guidé (...) qui est de ne jamais céder à la tentation d’ajouter un merveilleux imaginé ou complaisant au merveilleux réel. Étant moins jeune, il m’est plus facile de résister à cette tentation, car les années apprennent peu à peu, à tout homme, que la vérité seule est merveilleuse. Entre autres choses, elles apprennent aussi à l’écrivain que ce sont les ornements qui vieillissent d’abord et plus vite que lui et que seuls les faits strictement exposés et les réflexions sobrement, nettement formulées, ont chance d’avoir demain peu près le même aspect qu’aujourd’hui. Ou à ce que m’avait dit T. au sujet d’une bribe de LS, passages qui veulent trop faire les malins. Je ne sais pas ce que c’est, la vérité dont parle Maeterlinck, et ça n’est pas mon intention que de l’élucider. Mais la justesse. Sans doute Mueller n’est-il pas juste, au sens où il est complètement artificiel (les vers justifiés tordent suffisamment l’écriture pour cela). Ce n’est pas juste et ça n’est pas grave que ce ne soit pas juste (bien que les vers, eux, sont appelés des vers justes, autre façon de dire justifiés). Mais ça ne m’aide en rien à savoir comment on écrit (et quoi) justement.

211220, version 8 (21 janvier 2021)

T., Mueller, Vers justifiés, LS, Maurice Maeterlinck, Romain Graziani
L’ajout des notes dans Mueller , c’est est fini. Plus qu’à On va toutes les relire, regrouper les treize (faux) chapitres en un seul fichier global, avant quelques ajustements de dernières minute à coup de recherche/remplacer, et je serai enfin en mesure de relire le tout en conditions réelles. À A force de relire toutes ces versions (fictives) du roman, c’est-à-dire des déclinaisons possible de Mueller, autant de pistes vers des réécritures, des continuations, des traductions imaginables d’une même trame se répétant à l’infini, je n’ai pas nécessairement envie de concrétiser aucune d’entre ellespour de vrai , par exemple en l’écrivant en entier. Sauf une. C’est le manuscrit de Bure, composé en deux colonnes, qui ne suit pas la trame ni les codes des autres versions du roman : il ne s’agit pas d’une transhumance. Il n’y a pas de corps à mener où que ce soit. Simplement un récit de chevalerie a priori classique, où un mentor et son disciple, censé être son ombre pendant la durée de sa pénitence, parcourent le monde pour le pacifier. L’un étant l’ombre de l’autre, les deux colonnes sont identiques, si ce n’est les noms de chacun des personnages. Parfois, quelques glitchs, car Mueller est humain, parfois il se trompe, notamment au début de sa formation. Puis, plus le récit progresse, plus Mueller progresse lui aussi et devient l’ombre parfaite de son maître. À A la mort de celui-ci (passage figurant dans les notes de mon Mueller), sa colonne disparaît et Mueller continue sa vie seul seule dans l’errance... jusqu’à rencontrer son propre disciple qu’il devra former, et le cycle se répète. C’est un beau projet. Enfin, une idée parmi d’autres. Ce qui est beau avec les idées, c’est qu’elles n’ont pas encore eu l’occasion de devenir un échec. Mais même après tout ce travail je ne parviens pas à m’ôter de l’idée que cette quatrième version du roman est de nouveau un échec , mais un échec à quoi ? L’empressement, écrit Romain Graziani dans [L’usage du vide->http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Idees/L-Usage-du-vide], L’empressement , écrit Romain Graziani dans L’usage du vide , à produire l’effet escompté impose à autrui l’image d’un être qui gesticule et surjoue, en proie au besoin désagréablement insistant de plaire et d’être aimé. Voilà à quoi je pense. Ou à Maeterlinck : Je suis resté fidèle au principe qui m’a guidé (...) qui est de ne jamais céder à la tentation d’ajouter un merveilleux imaginé ou complaisant au merveilleux réel. Étant moins jeune, il m’est plus facile de résister à cette tentation, car les années apprennent peu à peu, à tout homme, que la vérité seule est merveilleuse. Entre autres choses, elles apprennent aussi à l’écrivain que ce sont les ornements qui vieillissent d’abord et plus vite que lui et que seuls les faits strictement exposés et les réflexions sobrement, nettement formulées, ont chance d’avoir demain peu près le même aspect qu’aujourd’hui. Ou à [ce ce que m’avait dit T.->article4696] au sujet d’une bribe de LS, passages qui veulent trop faire les malins. Je ne sais pas ce que c’est, la vérité dont parle Maeterlinck, et ça n’est pas mon intention que de l’élucider. Mais la justesse. Sans doute Mueller Sans doute Mueller n’est-il pas juste, au sens où il est complètement artificiel (les vers justifiés tordent suffisamment l’écriture pour cela). ), sans que ce soit un problème par ailleurs . Ce n’est pas juste et ça n’est pas grave que ce ne soit pas juste ( bien que les vers , eux , sont appelés des vers justes , autre façon de dire justifiés ). . Mais ça ne m’aide en rien à savoir comment on écrit (et quoi) justement.

211220, version 7 (21 janvier 2021)

L’ajout des notes dans Mueller Mueller est fini . est fini. On va toutes les relire, regrouper les treize (faux) chapitres en un seul fichier global, avant quelques ajustements de dernières minute à coup de recherche/remplacer, et je serai enfin en mesure de relire le tout en conditions réelles. A force de relire toutes ces versions (fictives) du roman, c’est-à-dire des déclinaisons possible de Mueller, autant de pistes vers des réécritures, des continuations, des traductions imaginables d’une même trame se répétant à l’infini, je n’ai pas nécessairement envie de concrétiser aucune d’entre elles pour de vrai, par exemple en l’écrivant en entier. Sauf une. C’est le manuscrit de Bure, composé en deux colonnes, qui ne suit pas la trame ni les codes des autres versions du roman : il ne s’agit pas d’une transhumance. Il n’y a pas de corps à mener où que ce soit. Simplement un récit de chevalerie classique, où un mentor et son disciple, censé être son ombre pendant la durée de sa pénitence, parcourent le monde pour le pacifier. L’un étant l’ombre de l’autre, les deux colonnes sont identiques, si ce n’est les noms de chacun des personnages. Parfois, quelques glitchs, car Mueller est humain, parfois il se trompe, notamment au début de sa formation. Puis, plus le récit progresse, plus Mueller progresse lui aussi et devient l’ombre parfaite de son maître. A la mort de celui-ci (passage figurant dans les notes de mon Mueller), sa colonne disparaît et Mueller continue sa vie seule dans l’errance... jusqu’à rencontrer son propre disciple qu’il devra former, et le cycle se répète. C’est un beau projet. Enfin, une idée parmi d’autres. Mais même après tout ce travail je ne parviens pas à m’ôter de l’idée que cette quatrième version du roman est de nouveau un échec, mais un échec à quoi ? L’empressement, écrit Romain Graziani dans L’usage du vide, à produire l’effet escompté impose à autrui l’image d’un être qui gesticule et surjoue, en proie au besoin désagréablement insistant de plaire et d’être aimé. Voilà à quoi je pense. Ou à Maeterlinck : Je suis resté fidèle au principe qui m’a guidé (...) qui est de ne jamais céder à la tentation d’ajouter un merveilleux imaginé ou complaisant au merveilleux réel. Étant moins jeune, il m’est plus facile de résister à cette tentation, car les années apprennent peu à peu, à tout homme, que la vérité seule est merveilleuse. Entre autres choses, elles apprennent aussi à l’écrivain que ce sont les ornements qui vieillissent d’abord et plus vite que lui et que seuls les faits strictement exposés et les réflexions sobrement, nettement formulées, ont chance d’avoir demain peu près le même aspect qu’aujourd’hui. Ou à ce que m’avait dit T. au sujet d’une bribe de LS, passages qui veulent trop faire les malins. Je ne sais pas ce que c’est, la vérité dont parle Maeterlinck, et ça n’est pas mon intention que de l’élucider. Mais la justesse. Sans doute Mueller n’est-il pas juste, au sens où il est complètement artificiel (les vers justifiés tordent suffisamment l’écriture pour cela), sans que ce soit un problème par ailleurs. Ce n’est pas juste et ça n’est pas grave que ce ne soit pas juste. Mais ça ne m’aide en rien à savoir comment on écrit (et quoi) justement.

211220, version 5 (20 janvier 2021)

L’ajout des notes dans Mueller est fini terminé . On va Une relecture de toutes les relire , regrouper les un regroupement des treize (faux) chapitres en un seul fichier global, avant quelques ajustements de dernières minute à coup de recherche/remplacer, et je serai enfin en mesure de relire le tout en conditions réelles. A force de relire toutes ces versions (fictives) du roman, c’est-à-dire des déclinaisons possible de Mueller, autant de pistes possibles vers des réécritures, des continuations, des traductions imaginables possibles d’une même trame se répétant à l’infini, je n’ai pas nécessairement envie de concrétiser d’écrire aucune d’entre elles pour de vrai, par exemple en l’écrivant en entier . Sauf une. C’est le manuscrit de Bure, composé en deux colonnes, qui ne suit pas la trame ni les codes des autres versions du roman : il ne s’agit pas d’une transhumance. Il n’y a pas de corps à mener où que ce soit. Simplement un récit de chevalerie classique, où un mentor et son disciple, censé être son ombre pendant la durée de sa pénitence, parcourent parcourt le monde pour le pacifier. L’un étant l’ombre de l’autre, les deux colonnes sont identiques, si ce n’est les noms de chacun des personnages. Parfois, quelques glitchs, car Mueller est humain, et que parfois il se trompe, notamment au début de sa formation. Puis, plus le récit progresse, plus Mueller progresse lui aussi et devient l’ombre parfaite de son maître. A la mort de celui-ci (passage figurant dans les notes de mon Mueller), sa colonne disparaît et Mueller continue sa vie seule dans l’errance... jusqu’à rencontrer son propre disciple qu’il devra former, et le cycle se répète. C’est un beau projet. Enfin, une idée parmi d’autres. Mais même après tout reprenant pendant X semaines ce travail texte , bien que j’en sois satisfait , et que je m’en détache , je ne parviens pas à m’ôter de l’idée que cette quatrième version du roman tentative est de nouveau un échec, mais un échec à quoi ? . L’empressement, écrit Romain Graziani dans L’usage du vide, à produire l’effet escompté impose à autrui l’image d’un être qui gesticule et surjoue, en proie au besoin désagréablement insistant de plaire et d’être aimé. Voilà à quoi je pense. Ou à Maeterlinck : Je suis resté fidèle au principe qui m’a guidé (...) qui est de ne jamais céder à la tentation d’ajouter un merveilleux imaginé ou complaisant au merveilleux réel. Étant moins jeune, il m’est plus facile de résister à cette tentation, car les années apprennent peu à peu, à tout homme, que la vérité seule est merveilleuse. Entre autres choses, elles apprennent aussi à l’écrivain que ce sont les ornements qui vieillissent d’abord et plus vite que lui et que seuls les faits strictement exposés et les réflexions sobrement, nettement formulées, ont chance d’avoir demain peu près le même aspect qu’aujourd’hui. Ou à ce que m’avait dit T. au sujet d’une bribe de LS, à propos de passages qui veulent trop faire les malins. Je ne sais pas ce que c’est, la vérité dont parle Maeterlinck, et ça n’est pas mon intention que de l’élucider. Mais la justesse. Sans doute Mueller n’est-il pas juste, au sens où il est complètement artificiel (les vers justifiés tordent suffisamment l’écriture pour cela), sans que ce soit un problème par ailleurs. Ce n’est pas juste et ça n’est pas grave que ce ne soit pas juste. Mais ça ne m’aide en rien à savoir comment on écrit (et quoi) justement.

211220, version 4 (20 janvier 2021)

L’ajout des notes dans Mueller est terminé. Une relecture globale de toutes l’ensemble d’elles , un regroupement des treize (faux) chapitres en un seul fichier global, quelques ajustements de dernières minute à coup de recherche/remplacer, et je serai enfin en mesure de relire le tout en conditions réelles. A force de relire toutes ces versions (fictives) du roman de Mueller, autant de pistes possibles vers des réécritures, des continuations, des traductions possibles d’une même trame se répétant à l’infini, je n’ai pas nécessairement envie d’écrire aucune d’entre elles pour de vrai. Sauf une. C’est le manuscrit de Bure, composé en deux colonnes, qui ne suit pas la trame ni les codes des autres versions du roman : il ne s’agit pas d’une transhumance. Il n’y a pas de corps à mener que ce soit . Simplement un récit de chevalerie classique, où un mentor et son disciple, censé être son ombre pendant toute la durée de sa pénitence, parcourt le monde pour le pacifier. L’un étant l’ombre de l’autre, les deux colonnes sont identiques, si ce n’est les noms de chacun des personnages. ( Haunion d’un côté , Mueller de l’autre ). Parfois, quelques glitchs, car Mueller est humain, et que parfois il se trompe, notamment au début de sa formation. Puis, plus le récit progresse, plus Mueller progresse lui aussi et devient l’ombre parfaite de son maître. A la mort de celui-ci (passage figurant dans les notes de mon Mueller), sa colonne disparaît et Mueller continue sa vie seule dans l’errance... jusqu’à rencontrer son propre disciple qu’il devra former, et le cycle se répète. C’est un beau projet. Enfin, une idée parmi d’autres. Mais reprenant pendant X semaines ce texte, bien que j’en sois satisfait, et que je m’en détache, je ne parviens pas à m’ôter de l’idée que cette tentative est de nouveau un échec, mais un échec à quoi . L’empressement, écrit Romain Graziani dans L’usage du vide, à produire l’effet escompté impose à autrui l’image d’un être qui gesticule et surjoue, en proie au besoin désagréablement insistant de plaire et d’être aimé. Voilà à quoi je pense. Ou à Maeterlinck : Je suis resté fidèle au principe qui m’a guidé (...) qui est de ne jamais céder à la tentation d’ajouter un merveilleux imaginé ou complaisant au merveilleux réel. Étant moins jeune, il m’est plus facile de résister à cette tentation, car les années apprennent peu à peu, à tout homme, que la vérité seule est merveilleuse. Entre autres choses, elles apprennent aussi à l’écrivain que ce sont les ornements qui vieillissent d’abord et plus vite que lui et que seuls les faits strictement exposés et les réflexions sobrement, nettement formulées, ont chance d’avoir demain peu près le même aspect qu’aujourd’hui. Ou à ce que m’avait dit T. au sujet d’une bribe de LS à propos de passages qui veulent trop faire les malins. Je ne sais pas ce que c’est, la vérité dont parle Maeterlinck, et ça n’est pas mon intention que de l’élucider. Mais la justesse. Sans doute Mueller n’est-il pas juste, au sens où il est complètement artificiel (les vers justifiés tordent suffisamment l’écriture pour cela), sans que ce soit un problème par ailleurs. Ce n’est pas juste et ça n’est pas grave que ce ne soit pas juste. Mais ça ne m’aide en rien à savoir comment on écrit (et quoi) justement.

211220, version 3 (19 janvier 2021)

L’ajout des notes dans Mueller est terminé. Une relecture globale de l’ensemble d’elles, un regroupement des treize (faux) chapitres en un seul fichier global, quelques ajustements de dernières minute à coup de recherche/remplacer, et je serai enfin en mesure de relire le tout en conditions réelles, si je puis dire . A force de relire toutes ces versions (fictives) du roman de Mueller, autant de pistes possibles vers des réécritures, des continuations, des traductions possibles d’une même trame se répétant à l’infini, je n’ai pas nécessairement envie d’écrire aucune d’entre elles pour de vrai réellement . Sauf une. C’est le manuscrit de Bure, composé en deux colonnes, qui ne suit pas la trame ni les codes détonne dans le genre des autres versions du roman romans de Mueller : il ne s’agit pas d’une transhumance. Il n’y a pas de corps. Simplement un récit de chevalerie classique, où un mentor et son disciple, censé être son ombre pendant toute la durée de sa pénitence, parcourt le monde pour le pacifier. L’un étant l’ombre de l’autre, les deux colonnes sont identiques, si ce n’est les noms de chacun des personnages (Haunion d’un côté, Mueller de l’autre). Parfois, quelques glitchs, car Mueller est humain, et que parfois il se trompe, notamment au début de sa formation. Puis, plus le récit progresse, plus Mueller progresse lui aussi et devient l’ombre parfaite de son maître. A la mort de celui-ci (passage figurant dans les notes de mon Mueller), sa colonne disparaît et Mueller continue sa vie seule dans l’errance... jusqu’à rencontrer son propre disciple qu’il devra former, et le cycle se répète. C’est un beau projet. Mais reprenant pendant X semaines ce texte, bien que j’en sois satisfait, et que je m’en détache, je ne parviens pas à m’ôter de l’idée que cette tentative est de nouveau un échec, mais un échec à quoi . L’empressement, écrit Romain Graziani dans L’usage du vide, à produire l’effet escompté impose à autrui l’image d’un être qui gesticule et surjoue, en proie au besoin désagréablement insistant de plaire et d’être aimé. Voilà à quoi je pense. Ou à Maeterlinck : Je suis resté fidèle au principe qui m’a guidé (...) qui est de ne jamais céder à la tentation d’ajouter un merveilleux imaginé ou complaisant au merveilleux réel. Étant moins jeune, il m’est plus facile de résister à cette tentation, car les années apprennent peu à peu, à tout homme, que la vérité seule est merveilleuse. Entre autres choses, elles apprennent aussi à l’écrivain que ce sont les ornements qui vieillissent d’abord et plus vite que lui et que seuls les faits strictement exposés et les réflexions sobrement, nettement formulées, ont chance d’avoir demain peu près le même aspect qu’aujourd’hui. Ou à ce que m’avait dit T. au sujet d’une bribe de LS à propos de passages qui veulent trop faire les malins. Je ne sais pas ce que c’est, la vérité dont parle Maeterlinck, et ça n’est pas mon intention que de l’élucider. Mais la justesse. Sans doute Mueller n’est-il pas juste, au sens où il est complètement artificiel (les vers justifiés tordent suffisamment l’écriture pour cela), sans que ce soit un problème par ailleurs. Ce n’est pas juste et ça n’est pas grave que ce ne soit pas juste. Mais ça ne m’aide en rien à savoir comment on écrit (et quoi) justement.

211220, version 2 (21 décembre 2020)

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Guillaume Vissac est né dans la Loire un peu après Tchernobyl. Éditeur pour publie.net depuis 2015, il mène également ses propres chantiers d’écriture, de piratage littéraire et de traduction.

Livres : Vers Velvet (Pou, Histoires pédées, 2020). Accident de personne (Othello, réédition 2018) · Le Chien du mariage (traduction du recueil d'Amy Hempel, Cambourakis, 2018) · Mondeling (avec Junkuu Nishimura, publie.net, 2015) · Coup de tête (publie.net, 2013, réédité en 2017) · Accident de personne (publie.net, 2011) · Livre des peurs primaires (publie.net, 2010) · Qu'est-ce qu'un logement (publie.net, 2010)