Ailleurs #3


Même ailleurs (et même surtout ailleurs, car ici que se trouve ce que Mulder appelle « la vérité », la vraie) apprendre via le monolithe de poche (ici ne recevoir les infos du monde que par la paume et le pouce, le web tient dans la main) l’annonce de la déclassification de ce qu’on appelle là-bas les X-Files, parmi lesquels bien sûr, tout ce qui relève de l’observation et l’investigation ufologique, c’est à dire la quête de l’en-haut, OVNIs en tête bien sûr. Quelque part l’oeil pris entre deux ondes, entre deux cloches, entre deux abbayes, j’ai décrypté la phrase suivante.

At 6:30, this date, MR. ___________ telephonically contacted this office, and advised that he had found a strange object in his back yard. MR. ___________ described the object as a metallic corrugated ball, slightly larger than a baseball, with a wire attached to it. The writer asked MR. ___________ what he thought the object was, and he replied, ‘not being a geologist he could not say’. MR. ___________ was asked if he thought the object was a bomb, and he replied that he did not know, but it hadn’t blown up yet.

Le sujet hérisson trouvé hier et enlevé à son milieu naturel pour être nourri, bu et soigné sera rendu à la nature ce soir, dès nuit tombée, et le sujet n’aura plus aucune mémoire d’avoir jamais été enlevé par qui que soit et retrouvera son milieu naturel, justement, le plus naturellement possible, comme si rien de tout ça n’avait jamais vécu, pour y survivre ou y crever, ça nous ne savons pas encore, mais comme le disent tous les toubibs dans tous les épisodes d’Urgences que j’ai déjà appris par coeur, nous nous dirons mutuellement que nous avons fait jusque là « tout notre possible pour lui donner une chance » et que « malheureusement tous nos efforts sont restés vains » et nous « serons très désolés, vraiment » sauf que bien sûr cette issue nous ne la connaissons pas, n’avons même carrément aucun moyen de la connaître alors il nous faudra faire comme si tout ira bien et le rendre là-bas, à la nature, avec les meilleures, les meilleures intentions du monde, car nous-sommes, autant que faire se peut, de véritables gentlemen.

His fever is way worse, and his little snatches of dreams have a dismantled cubist aspect he associates in memory with childhood flu. He dreams he looks in a mirror and sees nothing and keeps trying to clean the mirror with his sleeve. One dream consists only of the color blue, too vivid, like the blue of a pool. An unpleasant smell keeps coming up his throat. He’s both in a bag and holding a bag. Visitors flit in and out, but never Ferocious Francis or Joelle van D. He dreams there’s people in his room but he’s not one of them. He dreams he’s with a very sad kid and they’re in a graveyard digging some dead guy’s head up and it’s really important, like Continental-Emergency important, and Gately’s the best digger but he’s wicked hungry, like irresistibly hungry, and he’s eating with both hands out of huge economy-size bags of corporate snacks so he can’t really dig, while it gets later and later and the sad kid is trying to scream at Gately that the important thing was buried in the guy’s head and to divert the Continental Emergency to start digging the guy’s head up before it’s too late, but the kid moves his mouth but nothing comes out, and Joelle van D. appears with wings and no underwear and asks if they knew him, the dead guy with the head, and Gately starts talking about knowing him even though deep down he feels panic because he’s got no idea who they’re talking about, while the sad kid holds something terrible up by the hair and makes the face of somebody shouting in panic : Too Late.

David Foster Wallace, Infinite Jest.

Trop tard. C’est arrivé dans les bois, et dans les bois les bêtes, celles invisibles, rôdaient. Elle s’est plantée dans ma peau et son corps dans le mien, tête la première, pour que je sois sa chose. Pour l’arracher surtout ne pas ni l’écraser ni y laisser la tête, la sienne, car le sang dans son corps est toxique et pourrait nuire au mien. J’ai eu l’idée du cutter par moi-même, car si je ne peux plus me servir de mon corps librement, et bien, personne ne le pourra, pas même un truc d’un millimètre de long, voilà pourquoi cutter et coupe, coupe, coupe, voilà ce que disait la voix dans ma tête pour libérer ma peau de tous ces parasites, et j’ai coupé bien sûr, et c’est bien fait pour elle.

J’ai battu H. à une partie d’échecs géante. À la place de ces pièces qui tapissent les plateaux, les pièces c’était des gens et à la place du plateau c’était de l’herbe verte et simplement se demander : si j’ai compris qui est censé incarner et la reine et la tour et les pions, qui peut bien jouer le rôle du fou ? Dans le ciel aucune soucoupe volante ni forme volatile ni flash d’éclair quelconque mais il y avait bien ce panneau, un peu plus haut sur la route qui menait vers des ruines et une affiche qui indiquait qu’à quelques mètres à peine se trouvait une enseigne intitulée « MUTANT » et qui vendait de la viande, de la viande au détail, alors peut-être que c’est lié ?, oui mais problème : nous n’en sommes pas revenus

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