070513


“Goddess, if I have offended you . . .” begins Achilles, raising his eyes but keeping his head bowed.
“SILENCE !!” I bellow. “CAN AN ANT CRAWLING IN THE DIRT OFFEND A MAN ? CAN THE LOWEST AND UGLIEST FISH IN THE SEA OFFEND THE SAILOR WHOSE THOUGHTS ARE ON OTHER THINGS ?”
“An ant ?” repeats Achilles, his handsome, sculpted face showing a rebuked child’s confusion.
“YOU’RE ALL LESS THAN ANTS TO THE GODS,”I roar, taking a step closer so that Athena’s radiance flickers over them like radioactive light. “YOU’VE AMUSED US WITH YOUR DEATHS, ACHILLES . . . SON OF PELEUS AND IDIOT CHILD OF THETIS.”
“Idiot child,” repeats Achilles, red rising to his high cheekbones. “Goddess, how have I . . .”
“SILENCE, COWARD !” I’ve amplified Athena’s voice until they could hear this insult in Agamemnon’s camp almost a mile down the beach. “WE CARE NOTHING FOR YOU. NOTHING FOR ANY OF YOU. YOUR DEATHS AMUSE US . . . BUT YOUR COWARDICE DOES NOT, SWIFT-RUNNING ACHILLES !” I sneer these last few words, turning the poet’s honorific into a demeaning insult.
Achilles balls his fists and takes a half step forward, as if approaching a foe. “Goddess, Pallas Athena, Defender of Achaeans, I have always offered you the finest sacrifices . . .”
“A COWARD’S SACRIFICE MEANS NOTHING TO US ON OLYMPOS,” I roar. I feel the probability wave that is the real goddess Athena approaching critical collapse. I have only seconds in this half-morphed form.
“WE’LL TAKE AND BURN OUR OWN SACRIFICE FROM THIS MOMENT ON,” I say and Athena’s arm extends toward Patroclus, the baton hidden under my forearm, my finger on the activator. “IF YOU WANT YOUR BOYFRIEND’S CORPSE, FIGHT YOUR WAY TO THE HALLS OF OLYMPOS TO GET IT, COWARD ACHILLES !”
I taser Patroclus in the center of his tanned, hairless chest, the near-invisible electrodes and invisible wires carrying 50,000 volts into him.
Patroclus seizes his chest as if struck by a lightning bolt, cries out, twitches and writhes as if in the throes of an epileptic fit, pisses himself, and collapses.

Dan Simmons, Ilium

Pas souvenir être tombé dans un bouquin béat depuis longtemps, le cas pour Dan Simmons. D’autres textes m’arrivent en même temps ces jours-ci et je regarde, avant lire, ce que leurs colonnes vertébrales enfouies sous des giclées de colle industrielle ou sous les billes de la technologie eink ont à me dire. Par exemple, dans Vous n’étiez pas là d’Alban Lefranc, trouvé samedi chez un bouquiniste à Sainté, quelqu’un a écrit quelque chose à l’encre délibile sur la toute dernière page :

13, « on dit »
17, Avançons ds la genèse
29, le ???? de ce qui se donne pour tel
54, 2nds couteaux, p. 126
81, appartements privés
97, clown blanc

Suis incapable de te dire combien de temps s’écoule entre l’achat compulsif d’un texte et sa lecture. Je suis capable de te dire ça : dans un futur alternatif ou lointain, on serait capable de produire en série des cocktails à boire ou à s’injecter par voie intraveineuse. Ces liquides seraient gorgés de nos fictions actuelles et l’acte de lire via l’œil deviendrait obsolète. Bien sûr, comme toujours, ces nouvelles pratiques feraient débat, et y en aurait toujours pour dire des moi jamais, et y en aurait toujours pour lire et se piquer et boire en même temps, causant peut-être des situations de stases ou d’hallucinations, de cross-over narratifs ou de comas irréversibles. Bien sûr, comme toujours, ces trucs chimiques pondraient dans nos tempes et nos os des tumeurs de la taille de ton poing, on ferait semblant de pas le savoir mais on le saurait et on lirait quand même.

Ces bribes sont applicables à tout un tas d’autres trucs actuels comme par exemple : les ondes circulatoires autour de nous, l’alimentation industrielle de masse, les cartouches de toner qu’on remue religieusement avant usage dans la bécane au taf, les gazs à effet de serre, la production d’énergie électrique d’origine nucléaire, les encres cancérigènes sur nos journaux et magazines et boites de Chocapic, les pesticides, les isolants chimiques qui ont bouffé l’amiante, les colorants artificiels et synthétiques textiles, les médocs qu’on prend sur ordonnance pour mieux dormir, courir, bosser, bander, marcher, les phtalates prisonniers de chaque gangue de plastique sur laquelle crépitent nos empreintes digitales, nos yeux, nos langues et surtout : l’encre sur nos iris crachée, le soir, avant d’éteindre la lumière du jour sous les halos luminescents de nos radio-réveils. On le sait bien que nos modes de vie ils sont niqués. On est des vrais connards. On en a rien à foutre.

Mueller (76 mots) :

Mueller gémit en langue lifye, cela donne : - uh
hh uh uh & ça ne veut rien dire, ou peut-être je
n’y vois rien, aidez-moi à marcher. Les corps ne
se substituent pas au guide pour autant. Mueller
appelle alors vers lui le cervidé noir & triste.
A lui à présent de nous guider quelque part, sur
cette terre ou ailleurs. A lui de fendre la nuit
& le jour. A lui de savoir sur quel sol marcher.

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070513, version 6 (11 mai 2013)

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“Goddess, if I have offended you . . .” begins Achilles, raising his eyes but keeping his head bowed.
“SILENCE !!” I bellow. “CAN AN ANT CRAWLING IN THE DIRT OFFEND A MAN ? CAN THE LOWEST AND UGLIEST FISH IN THE SEA OFFEND THE SAILOR WHOSE THOUGHTS ARE ON OTHER THINGS ?”
“An ant ?” repeats Achilles, his handsome, sculpted face showing a rebuked child’s confusion.
“YOU’RE ALL LESS THAN ANTS TO THE GODS,”I roar, taking a step closer so that Athena’s radiance flickers over them like radioactive light. “YOU’VE AMUSED US WITH YOUR DEATHS, ACHILLES . . . SON OF PELEUS AND IDIOT CHILD OF THETIS.”
“Idiot child,” repeats Achilles, red rising to his high cheekbones. “Goddess, how have I . . .”
“SILENCE, COWARD !” I’ve amplified Athena’s voice until they could hear this insult in Agamemnon’s camp almost a mile down the beach. “WE CARE NOTHING FOR YOU. NOTHING FOR ANY OF YOU. YOUR DEATHS AMUSE US . . . BUT YOUR COWARDICE DOES NOT, SWIFT-RUNNING ACHILLES !” I sneer these last few words, turning the poet’s honorific into a demeaning insult.
Achilles balls his fists and takes a half step forward, as if approaching a foe. “Goddess, Pallas Athena, Defender of Achaeans, I have always offered you the finest sacrifices . . .”
“A COWARD’S SACRIFICE MEANS NOTHING TO US ON OLYMPOS,” I roar. I feel the probability wave that is the real goddess Athena approaching critical collapse. I have only seconds in this half-morphed form.
“WE’LL TAKE AND BURN OUR OWN SACRIFICE FROM THIS MOMENT ON,” I say and Athena’s arm extends toward Patroclus, the baton hidden under my forearm, my finger on the activator. “IF YOU WANT YOUR BOYFRIEND’S CORPSE, FIGHT YOUR WAY TO THE HALLS OF OLYMPOS TO GET IT, COWARD ACHILLES !”
I taser Patroclus in the center of his tanned, hairless chest, the near-invisible electrodes and invisible wires carrying 50,000 volts into him.
Patroclus seizes his chest as if struck by a lightning bolt, cries out, twitches and writhes as if in the throes of an epileptic fit, pisses himself, and collapses.

Dan Simmons, Ilium

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Pas J’ai pas souvenir être tombé dans un bouquin béat depuis longtemps, le cas pour Dan Simmons. D’autres textes m’arrivent en même temps ces jours-ci et je regarde, avant lire, ce que leurs colonnes vertébrales enfouies sous des giclées de colle industrielle ou sous les billes de la technologie eink ont à me dire. Par exemple, dans Vous n’étiez pas là d’Alban Lefranc, trouvé samedi chez un bouquiniste à Sainté, quelqu’un a écrit quelque chose à l’encre délibile sur la toute dernière page :

<blockquote>

13, « on dit »
17, Avançons ds la genèse
29, le ???? de ce qui se donne pour tel
54, 2nds couteaux, p. 126
81, appartements privés
97, clown blanc

</blockquote>

Suis incapable de te dire combien de temps s’écoule entre l’achat compulsif d’un texte et sa lecture. Je suis capable de te dire ça : dans un futur alternatif ou lointain, on serait capable de produire en série des cocktails de liquides à boire ou à s’injecter par voie intraveineuse. Ces liquides seraient gorgés de nos fictions actuelles et l’acte de lire via l’œil deviendrait obsolète. Bien sûr, comme toujours, ces nouvelles pratiques feraient débat, et y en aurait toujours pour dire des moi jamais, et y en aurait toujours pour lire et se piquer et boire en même temps, causant peut-être des situations de stases ou d’hallucinations, de cross-over narratifs ou de comas irréversibles. Bien sûr, comme toujours, ces trucs chimiques pondraient dans nos tempes et nos os des tumeurs de la taille de ton poing, on ferait semblant de pas le savoir mais on le saurait et on lirait quand même.

Ces bribes sont applicables à tout un tas d’autres trucs actuels comme par exemple : les ondes circulatoires autour de nous, l’alimentation industrielle de masse, les cartouches de toner qu’on remue religieusement avant usage dans la bécane au taf, les gazs gaz à effet de serre, la production d’énergie électrique d’origine nucléaire, les encres cancérigènes sur nos journaux et magazines et boites de Chocapic, les pesticides, les isolants chimiques qui ont bouffé l’amiante, les colorants artificiels et synthétiques textiles, les médocs qu’on prend sur ordonnance pour mieux dormir, courir, bosser, bander, marcher, les phtalates prisonniers de chaque gangue de plastique sur laquelle crépitent nos empreintes digitales, nos yeux, nos langues et surtout : l’encre sur nos iris crachée, le soir, avant d’éteindre la lumière du jour sous les halos luminescents de nos radio-réveils. On le sait bien que nos modes de vie ils sont niqués. On est des vrais connards. On en a rien à foutre.

Mueller (76 mots) :

Mueller gémit en langue lifye, cela donne : - uh
hh uh uh & ça ne veut rien dire, ou peut-être je
n’y vois rien, aidez-moi à marcher. Les corps ne
se substituent pas au guide pour autant. Mueller
appelle alors vers lui le cervidé noir & triste.
A lui à présent de nous guider quelque part, sur
cette terre ou ailleurs. A lui de fendre la nuit
& le jour. A lui de savoir sur quel sol marcher.

Postapocalypse, Mueller, Dan Simmons, Alban Lefranc

070513, version 5 (11 mai 2013)

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“Goddess, if I have offended you . . .” begins Achilles, raising his eyes but keeping his head bowed.
“SILENCE !!” I bellow. “CAN AN ANT CRAWLING IN THE DIRT OFFEND A MAN ? CAN THE LOWEST AND UGLIEST FISH IN THE SEA OFFEND THE SAILOR WHOSE THOUGHTS ARE ON OTHER THINGS ?”
“An ant ?” repeats Achilles, his handsome, sculpted face showing a rebuked child’s confusion.
“YOU’RE ALL LESS THAN ANTS TO THE GODS,”I roar, taking a step closer so that Athena’s radiance flickers over them like radioactive light. “YOU’VE AMUSED US WITH YOUR DEATHS, ACHILLES . . . SON OF PELEUS AND IDIOT CHILD OF THETIS.”
“Idiot child,” repeats Achilles, red rising to his high cheekbones. “Goddess, how have I . . .”
“SILENCE, COWARD !” I’ve amplified Athena’s voice until they could hear this insult in Agamemnon’s camp almost a mile down the beach. “WE CARE NOTHING FOR YOU. NOTHING FOR ANY OF YOU. YOUR DEATHS AMUSE US . . . BUT YOUR COWARDICE DOES NOT, SWIFT-RUNNING ACHILLES !” I sneer these last few words, turning the poet’s honorific into a demeaning insult.
Achilles balls his fists and takes a half step forward, as if approaching a foe. “Goddess, Pallas Athena, Defender of Achaeans, I have always offered you the finest sacrifices . . .”
“A COWARD’S SACRIFICE MEANS NOTHING TO US ON OLYMPOS,” I roar. I feel the probability wave that is the real goddess Athena approaching critical collapse. I have only seconds in this half-morphed form.
“WE’LL TAKE AND BURN OUR OWN SACRIFICE FROM THIS MOMENT ON,” I say and Athena’s arm extends toward Patroclus, the baton hidden under my forearm, my finger on the activator. “IF YOU WANT YOUR BOYFRIEND’S CORPSE, FIGHT YOUR WAY TO THE HALLS OF OLYMPOS TO GET IT, COWARD ACHILLES !”
I taser Patroclus in the center of his tanned, hairless chest, the near-invisible electrodes and invisible wires carrying 50,000 volts into him.
Patroclus seizes his chest as if struck by a lightning bolt, cries out, twitches and writhes as if in the throes of an epileptic fit, pisses himself, and collapses.

Dan Simmons, Ilium

</blockquote>

J’ai pas souvenir être tombé dans un bouquin béat depuis longtemps, c’est le cas pour Dan Simmons. D’autres textes m’arrivent en même temps ces jours-ci et je regarde, avant lire, ce que leurs colonnes vertébrales enfouies vissées sous des giclées de colle industrielle ou sous les billes de la technologie eink ont à me dire. Par exemple, dans Vous n’étiez pas là d’Alban Lefranc, trouvé samedi chez un bouquiniste à SaintéPar exemple , dans truc d’Alban Lefranc , trouvé samedi chez un bouquiniste à Sainté , quelqu’un a écrit quelque chose à l’encre délibile sur la toute dernière page :

<blockquote>

13, « on dit »
17, Avançons ds la genèse
29, le ???? de ce qui se donne pour tel
54, 2nds couteaux, p. 126
81, appartements privés
97, clown blanc

</blockquote>

Suis incapable de te dire combien de temps s’écoule entre l’achat compulsif d’un texte et sa lecture. Je suis capable de te dire ça : dans un futur alternatif ou lointain, on serait capable de produire en série des cocktails de liquides à boire ou à s’injecter s’administrer par voie intraveineuse. Ces liquides seraient gorgés de nos fictions actuelles et l’acte de lire via l’œil un œil deviendrait obsolète. Bien sûr, comme toujours, ces nouvelles pratiques feraient débat, et y en aurait toujours pour dire des moi jamais, et y en aurait toujours pour lire et se piquer et boire en même temps, causant peut-être des situations de stases ou d’hallucinations, de cross-over narratifs ou de comas irréversibles. Bien sûr, comme toujours, ces trucs chimiques pondraient dans nos tempes et nos os des tumeurs de la taille de ton poing, on ferait semblant de pas le savoir mais on le saurait et on lirait quand même.

Ces bribes sont applicables à tout un tas d’autres trucs actuels comme par exemple : les ondes circulatoires autour de nous, l’alimentation industrielle de masse, les cartouches de toner qu’on remue religieusement avant usage dans la bécane au taf, les gaz à effet de serre, la production d’énergie électrique d’origine nucléaire, les encres cancérigènes sur nos journaux et magazines magasines et boites de Chocapic, les pesticides, les isolants chimiques qui ont bouffé bouffés l’amiante, les colorants artificiels et synthétiques textiles, les médocs qu’on prend sur ordonnance pour mieux dormir, courir, bosser, bander, marcher, les phtalates prisonniers de chaque gangue de plastique sur laquelle crépitent nos empreintes digitales, nos yeux, nos langues et surtout : l’encre sur nos iris crachée, le soir, avant d’éteindre la lumière du jour sous les halos luminescents de nos radio-réveils. On le sait bien que nos modes de vie ils sont niqués. On est des vrais connards. On en a rien à foutre.

Mueller (76 Mueller ( 76 mots) :

Mueller gémit en langue lifye, cela donne : - uh
hh uh uh & ça ne veut rien dire, ou peut-être je
n’y vois rien, aidez-moi à marcher. Les corps ne
se substituent pas au guide pour autant. Mueller
appelle alors vers lui le cervidé noir & triste.
A lui à présent de nous guider quelque part, sur
cette terre ou ailleurs. A lui de fendre la nuit
& le jour. A lui de savoir sur quel sol marcher.

070513, version 4 (10 mai 2013)

<blockquote>

“Goddess, if I have offended you . . .” begins Achilles, raising his eyes but keeping his head bowed.
“SILENCE !!” I bellow. “CAN AN ANT CRAWLING IN THE DIRT OFFEND A MAN ? CAN THE LOWEST AND UGLIEST FISH IN THE SEA OFFEND THE SAILOR WHOSE THOUGHTS ARE ON OTHER THINGS ?”
“An ant ?” repeats Achilles, his handsome, sculpted face showing a rebuked child’s confusion.
“YOU’RE ALL LESS THAN ANTS TO THE GODS,”I roar, taking a step closer so that Athena’s radiance flickers over them like radioactive light. “YOU’VE AMUSED US WITH YOUR DEATHS, ACHILLES . . . SON OF PELEUS AND IDIOT CHILD OF THETIS.”
“Idiot child,” repeats Achilles, red rising to his high cheekbones. “Goddess, how have I . . .”
“SILENCE, COWARD !” I’ve amplified Athena’s voice until they could hear this insult in Agamemnon’s camp almost a mile down the beach. “WE CARE NOTHING FOR YOU. NOTHING FOR ANY OF YOU. YOUR DEATHS AMUSE US . . . BUT YOUR COWARDICE DOES NOT, SWIFT-RUNNING ACHILLES !” I sneer these last few words, turning the poet’s honorific into a demeaning insult.
Achilles balls his fists and takes a half step forward, as if approaching a foe. “Goddess, Pallas Athena, Defender of Achaeans, I have always offered you the finest sacrifices . . .”
“A COWARD’S SACRIFICE MEANS NOTHING TO US ON OLYMPOS,” I roar. I feel the probability wave that is the real goddess Athena approaching critical collapse. I have only seconds in this half-morphed form.
“WE’LL TAKE AND BURN OUR OWN SACRIFICE FROM THIS MOMENT ON,” I say and Athena’s arm extends toward Patroclus, the baton hidden under my forearm, my finger on the activator. “IF YOU WANT YOUR BOYFRIEND’S CORPSE, FIGHT YOUR WAY TO THE HALLS OF OLYMPOS TO GET IT, COWARD ACHILLES !”
I taser Patroclus in the center of his tanned, hairless chest, the near-invisible electrodes and invisible wires carrying 50,000 volts into him.
Patroclus seizes his chest as if struck by a lightning bolt, cries out, twitches and writhes as if in the throes of an epileptic fit, pisses himself, and collapses.

Dan Simmons, Ilium

</blockquote>

J’ai pas souvenir être tombé dans un bouquin béat depuis longtemps, c’est le cas pour Dan Simmons. D’autres textes m’arrivent en même temps ces jours-ci et je regarde, avant lire, ce que leurs colonnes vertébrales vissées sous des giclées de colle industrielle ou sous les billes de la technologie eink ont à me dire. Par exemple, dans truc d’Alban Lefranc, trouvé samedi chez un bouquiniste à Sainté, quelqu’un a écrit quelque chose à l’encre délibile sur la toute dernière page :

<blockquote>

13, « on dit »
17, Avançons ds la genèse
29, le ???? de ce qui se donne pour tel
54, 2nds couteaux, p. 126
81, appartements privés
97, clown blanc

</blockquote>

J’ai pas souvenir être tombé dans un bouquin béat depuis longtemps, c’est le cas pour Dan Simmons. D’autres textes m’arrivent en même temps ces jours-ci et je regarde, avant lire, ce que leurs colonnes vertébrales vissées sous des giclées de colle industrielle ou sous les billes de la technologie eink ont à me dire. Par exemple, dans truc d’Alban Lefranc, trouvé samedi chez un bouquiniste à Sainté, quelqu’un a écrit quelque chose à l’encre délibile sur la toute dernière page : « … ». Et si je lis au hasard dans les six autres textes reçus récemment et que je mets ces mots arbitrairement côte à côte cela donne  : «   …  » Suis incapable de te dire combien de temps s’écoule entre l’achat compulsif d’un texte et sa lecture. Je suis capable de te dire ça : dans un futur alternatif ou lointain, on serait capable de produire produit en série des cocktails de liquides à boire ou à s’administrer par voie intraveineuse. Ces liquides seraient gorgés de nos fictions actuelles , à venir ou passées et l’acte de lire via un œil par l’intermédiaire de l’œil deviendrait obsolète. Bien sûr, comme toujours, ces nouvelles pratiques feraient débat, et il y en aurait toujours pour dire des moi moi jamais, , et il y en aurait toujours pour lire et se piquer et boire en même temps, causant peut-être des situations de stases ou d’hallucinations, de cross-over narratifs ou de comas irréversibles. Bien sûr, comme toujours, ces trucs chimiques pondraient dans nos tempes et nos os des tumeurs de la taille de ton poing, on ferait semblant de pas le savoir mais on le saurait et on lirait quand même.Moi je lirai.

Ces bribes sont applicables à tout un tas d’autres de trucs actuels comme par exemple : les ondes circulatoires autour de nous, l’alimentation industrielle de masse, les cartouches de toner qu’on remue religieusement avant usage dans la bécane au taf, les gaz à effet de serre, la production d’énergie électrique d’origine nucléaire, les encres cancérigènes sur nos journaux et magasines et boites de Chocapic, les pesticides, les isolants chimiques qui ont bouffés l’amiante, les colorants artificiels et synthétiques textiles, les médocs qu’on prend sur ordonnance pour mieux dormir, courir, bosser, bander, marcher, les phtalates prisonniers de chaque gangue de plastique sur laquelle crépitent nos empreintes digitales, nos yeux, nos langues et surtout : l’encre sur nos iris crachée, le soir, avant d’éteindre la lumière du jour sous les halos luminescents de nos radio-réveils. On le sait bien que nos modes de vie sont niqués. On est des vrais connards. On en a rien à foutre.

Mueller (76 mots) :

Mueller gémit en langue lifye, cela donne : - uh
hh uh uh & ça ne veut rien dire, ou peut-être je
n’y vois rien, aidez-moi à marcher. Les corps ne
se substituent pas au guide pour autant. Mueller
appelle alors vers lui le cervidé noir & triste.
A lui à présent de nous guider quelque part, sur
cette terre ou ailleurs. A lui de fendre la nuit
& le jour. A lui de savoir sur quel sol marcher.

070513, version 3 (9 mai 2013)

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“Goddess, if I have offended you . . .” begins Achilles, raising his eyes but keeping his head bowed.
“SILENCE !!” I bellow. “CAN AN ANT CRAWLING IN THE DIRT OFFEND A MAN ? CAN THE LOWEST AND UGLIEST FISH IN THE SEA OFFEND THE SAILOR WHOSE THOUGHTS ARE ON OTHER THINGS ?”
“An ant ?” repeats Achilles, his handsome, sculpted face showing a rebuked child’s confusion.
“YOU’RE ALL LESS THAN ANTS TO THE GODS,”I roar, taking a step closer so that Athena’s radiance flickers over them like radioactive light. “YOU’VE AMUSED US WITH YOUR DEATHS, ACHILLES . . . SON OF PELEUS AND IDIOT CHILD OF THETIS.”
“Idiot child,” repeats Achilles, red rising to his high cheekbones. “Goddess, how have I . . .”
“SILENCE, COWARD !” I’ve amplified Athena’s voice until they could hear this insult in Agamemnon’s camp almost a mile down the beach. “WE CARE NOTHING FOR YOU. NOTHING FOR ANY OF YOU. YOUR DEATHS AMUSE US . . . BUT YOUR COWARDICE DOES NOT, SWIFT-RUNNING ACHILLES !” I sneer these last few words, turning the poet’s honorific into a demeaning insult.
Achilles balls his fists and takes a half step forward, as if approaching a foe. “Goddess, Pallas Athena, Defender of Achaeans, I have always offered you the finest sacrifices . . .”
“A COWARD’S SACRIFICE MEANS NOTHING TO US ON OLYMPOS,” I roar. I feel the probability wave that is the real goddess Athena approaching critical collapse. I have only seconds in this half-morphed form.
“WE’LL TAKE AND BURN OUR OWN SACRIFICE FROM THIS MOMENT ON,” I say and Athena’s arm extends toward Patroclus, the baton hidden under my forearm, my finger on the activator. “IF YOU WANT YOUR BOYFRIEND’S CORPSE, FIGHT YOUR WAY TO THE HALLS OF OLYMPOS TO GET IT, COWARD ACHILLES !”
I taser Patroclus in the center of his tanned, hairless chest, the near-invisible electrodes and invisible wires carrying 50,000 volts into him.
Patroclus seizes his chest as if struck by a lightning bolt, cries out, twitches and writhes as if in the throes of an epileptic fit, pisses himself, and collapses.

Dan Simmons, Ilium

</blockquote>

J’ai pas souvenir être tombé dans un bouquin béat depuis longtemps, c’est le cas pour Dan Simmons. D’autres textes m’arrivent en même temps ces jours-ci et je regarde, avant lire, ce que leurs colonnes vertébrales vissées sous des giclées de colle industrielle ou sous les billes de la technologie eink ont à me dire. Par exemple, dans truc d’Alban Lefranc, trouvé samedi chez un bouquiniste à Sainté, quelqu’un a écrit quelque chose à l’encre délibile sur la toute dernière page : « … ». Et si je lis au hasard dans les six autres textes reçus récemment et que je mets ces mots arbitrairement côte à côte cela donne : « … » Suis incapable de te dire combien de temps s’écoule entre l’achat compulsif d’un texte et sa lecture. Je suis capable de te dire ça : dans un futur alternatif ou lointain, on serait capable de produit en série des cocktails de liquides à boire ou à s’administrer par voie intraveineuse. Ces liquides seraient gorgés de nos fictions actuelles, à venir ou passées et l’acte de lire par l’intermédiaire de l’œil deviendrait obsolète. Bien sûr, comme toujours, ces nouvelles pratiques feraient débat, et il y en aurait toujours pour dire moi jamais, et il y en aurait toujours pour lire et se piquer et boire en même temps, causant peut-être des situations de stases ou d’hallucinations, de cross-over ou de comas irréversibles. Bien sûr, comme toujours, ces trucs chimiques pondraient dans nos tempes et nos os des tumeurs de la taille de ton poing, on ferait semblant de pas le savoir mais on le saurait et on lirait quand même. Moi je lirai.

Ces bribes sont applicables à tout un tas de trucs actuels comme par exemple : les ondes circulatoires autour de nous, l’alimentation industrielle de masse, les cartouches de toner qu’on remue religieusement avant usage dans la bécane au taf, les gaz à effet de serre, la production d’énergie électrique d’origine nucléaire, les encres cancérigènes sur nos journaux et magasines et boites de Chocapic, les pesticides, les isolants chimiques qui ont bouffés l’amiante, les colorants artificiels et synthétiques textiles, les médocs qu’on prend sur ordonnance pour mieux dormir, courir, bosser, bander, marcher, les phtalates prisonniers de chaque gangue de plastique sur laquelle crépitent nos empreintes digitales, nos yeux, nos langues et surtout : l’encre sur nos iris crachée, le soir, avant d’éteindre la lumière du jour sous les halos luminescents de nos radio-réveils. On le sait bien que nos modes de vie sont niqués. On est des vrais connards. On en a rien à foutre.

Mueller (76 mots) :

Mueller gémit en langue lifye, cela donne : - uh
hh uh uh & ça ne veut rien dire, ou peut-être je
n’y vois rien, aidez-moi à marcher. Les corps ne
se substituent pas au guide pour autant. Mueller
appelle alors vers lui le cervidé noir & triste.
A lui à présent de nous guider quelque part, sur
cette terre ou ailleurs. A lui de fendre la nuit
& le jour. A lui de savoir sur quel sol marcher.

070513, version 2 (7 mai 2013)

“Goddess, if I have offended you . 070513 . ” begins...
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“Goddess, if I have offended you . . .” begins Achilles, raising his eyes but keeping his head bowed.
“SILENCE !!” I bellow. “CAN AN ANT CRAWLING IN THE DIRT OFFEND A MAN ? CAN THE LOWEST AND UGLIEST FISH IN THE SEA OFFEND THE SAILOR WHOSE THOUGHTS ARE ON OTHER THINGS ?”
“An ant ?” repeats Achilles, his handsome, sculpted face showing a rebuked child’s confusion.
“YOU’RE ALL LESS THAN ANTS TO THE GODS,”I roar, taking a step closer so that Athena’s radiance flickers over them like radioactive light. “YOU’VE AMUSED US WITH YOUR DEATHS, ACHILLES . . . SON OF PELEUS AND IDIOT CHILD OF THETIS.”
“Idiot child,” repeats Achilles, red rising to his high cheekbones. “Goddess, how have I . . .”
“SILENCE, COWARD !” I’ve amplified Athena’s voice until they could hear this insult in Agamemnon’s camp almost a mile down the beach. “WE CARE NOTHING FOR YOU. NOTHING FOR ANY OF YOU. YOUR DEATHS AMUSE US . . . BUT YOUR COWARDICE DOES NOT, SWIFT-RUNNING ACHILLES !” I sneer these last few words, turning the poet’s honorific into a demeaning insult.
Achilles balls his fists and takes a half step forward, as if approaching a foe. “Goddess, Pallas Athena, Defender of Achaeans, I have always offered you the finest sacrifices . . .”
“A COWARD’S SACRIFICE MEANS NOTHING TO US ON OLYMPOS,” I roar. I feel the probability wave that is the real goddess Athena approaching critical collapse. I have only seconds in this half-morphed form.
“WE’LL TAKE AND BURN OUR OWN SACRIFICE FROM THIS MOMENT ON,” I say and Athena’s arm extends toward Patroclus, the baton hidden under my forearm, my finger on the activator. “IF YOU WANT YOUR BOYFRIEND’S CORPSE, FIGHT YOUR WAY TO THE HALLS OF OLYMPOS TO GET IT, COWARD ACHILLES !”
I taser Patroclus in the center of his tanned, hairless chest, the near-invisible electrodes and invisible wires carrying 50,000 volts into him.
Patroclus seizes his chest as if struck by a lightning bolt, cries out, twitches and writhes as if in the throes of an epileptic fit, pisses himself, and collapses.

Dan Simmons, Ilium

</blockquote>

J’ai pas souvenir être tombé dans un bouquin béat depuis longtemps, c’est le cas pour Dan Simmons. D’autres textes m’arrivent en même temps ces jours-ci et je regarde, avant lire, ce que leurs colonnes vertébrales vissées sous des giclées de colle industrielle ou sous les billes de la technologie eink ont à me dire. Par exemple, dans truc d’Alban Lefranc, trouvé samedi chez un bouquiniste à Sainté, quelqu’un a écrit quelque chose à l’encre délibile sur la toute dernière page : « … ». Et si je lis au hasard dans les six autres textes reçus récemment et que je mets ces mots arbitrairement côte à côte cela donne : « … » Suis incapable de te dire combien de temps s’écoule entre l’achat compulsif d’un texte et sa lecture. Je suis capable de te dire ça : dans un futur alternatif ou lointain, on serait capable de produit en série des cocktails de liquides à boire ou à s’administrer par voie intraveineuse. Ces liquides seraient gorgés de nos fictions actuelles, à venir ou passées et l’acte de lire par l’intermédiaire de l’œil deviendrait obsolète. Bien sûr, comme toujours, ces nouvelles pratiques feraient débat, et il y en aurait toujours pour dire moi jamais, et il y en aurait toujours pour lire et se piquer et boire en même temps, causant peut-être des situations de stases ou d’hallucinations, de cross-over ou de comas irréversibles. Bien sûr, comme toujours, ces trucs chimiques pondraient dans nos tempes et nos os des tumeurs de la taille de ton poing, on ferait semblant de pas le savoir mais on le saurait et on lirait quand même. Moi je lirai.

Ces bribes sont applicables à tout un tas de trucs actuels comme par exemple : les ondes circulatoires autour de nous, l’alimentation industrielle de masse, les cartouches de toner qu’on remue religieusement avant usage dans la bécane au taf, les gaz à effet de serre, la production d’énergie électrique d’origine nucléaire, les encres cancérigènes sur nos journaux et magasines et boites de Chocapic, les pesticides, les isolants chimiques qui ont bouffés l’amiante, les colorants artificiels et synthétiques textiles, les médocs qu’on prend sur ordonnance pour mieux dormir, courir, bosser, bander, marcher, les phtalates prisonniers de chaque gangue de plastique sur laquelle crépitent nos empreintes digitales, nos yeux, nos langues et surtout : l’encre sur nos iris crachée, le soir, avant d’éteindre la lumière du jour sous les halos luminescents de nos radio-réveils. On le sait bien que nos modes de vie sont niqués. On est des vrais connards. On en a rien à foutre.

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